11 May 2008
Je passe juste mon temps à écrire mon prochain livre, Ératosthène, et, tous les jours, je me dis que je vais écrire en plus un billet, celui-ci par exemple, et tous les jours le temps passe et je n’écris pas mon billet. Hier, Pacco m’a envoyé un dessin qui me force la main.

J’ai toujours mené de front deux modes d’écriture, celui fulgurant propre au carnet, donc au blog, et celui plus continu et plus réflexif du livre. Souvent, ils n’ont pas été exclusifs chez moi mais maintenant avec les enfants, coZop et mes autres sites je manque de temps pour tout concilier. C’est donc le blog qui trinque. Franchement, je trouve que c’est une bonne chose.
Depuis le début 2006, j’écris des billets qui prolongent Le peuple des connecteurs, même Le cinquième pouvoir est une excroissance d’un travail de synthèse effectué essentiellement en 2005. J’ai l’impression maintenant d’achever un cycle qui d’ailleurs pour moi a commencé avec les versions préliminaires d’Ératosthène. Je ne vais pas éternellement appliquer ma grille de lecture aux évènements qui surviennent dans le monde.
Je pourrais me moquer de presque toutes les mesures du gouvernement Sarkozy et après ? Si Ségolène Royal avait été élue, elle aurait fait preuve du même manque d’imagination. Je n’ai pas envie, plus envie, de tourner en rond.
Lorsque j’aurai achevé mon roman, je me remettrai à bloguer plus assidument car j’écris tous les jours quoi qu’il arrive. J’espère que ma pensée prendra une direction ou une forme imprévue. Je discuterai peut-être de l’idée centrale qui soutient mon Ératosthène, le généralisme. Je m’attaquerai à la brèves histoire de l’informatique, qui sera une tentative de vulgarisation de la société en réseau. Ce travail sera dans la continuité de la matière actuelle mais avec une vocation de vulgarisation, donc je devrai travailler la forme, notamment parce que le projet doit commencer par une série de conférences.
J’ai lu beaucoup de journaux intimes. La plupart, en tout cas ceux que j’ai appréciés, ont été écris en parallèle d’œuvres plus réfléchies. Je crois que c’est inévitable. D’un côté, on s’immerge dans une matière que l’ont porte parfois durant des années, d’un autre, on se laisse aller à ses intuitions et ses impulsions sans souvent prendre le temps de se relire. Le travail d’arrache-pied nourrit notre pensée mais souvent nous avons besoin de prendre un peu d’air.
Le blog est ainsi pour moi un atelier où je déverse ce que je n’ai pas casé ailleurs ou ce que, antérieurement, je n’ai pas développé. J’y propulse aussi des esquisses qui pour la plupart resteront dans cet état. Cette activité n’existe qu’en complément du travail assidu sur un livre. Je ne place pas une forme au-dessus de l’autre, elles vont côte-à-côte, elles s’alimentent l’une l’autre.
Le blog me procure un plaisir instantané. Une brusque libération. Le livre me fait partir ailleurs. C’est souvent un voyage douloureux mais, en chemin, je découvre parfois des trésors que je ne cherchais pas. J’ai besoin de cette aventure. Elle m’anime.
Notes
- Je conçois que pour certains auteurs le blog puisse être l’unique forme d’expression. Un art en soi. Mais je demande à voir. Pacco fait un gros un truc en ce moment mais tout cela s’inscrit dans une histoire. Les carnets de Delacroix sont sublimes mais ils n’auraient pas existé sans les toiles.
- Mon généralisme, que j’élève comme Ératosthène en art de vivre, m’interdit de m’enfermer dans une forme et même une matière unique. Voilà pourquoi j’attache de l’importance à la programmation. Elle fait travailler mon esprit dans une autre direction. J’ai longtemps aussi dessiné pour la même raison. Même la vie de famille a cette vertu d’ouvrir des directions imprévues.
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17 April 2008
Lors d’un diner à Marseille, Pacco m’a dit « les hommes ont toujours été persuadés de vivre une époque charnière. » Il a raison. Comment supporter une époque où rien de fondamental ne changerait ? C’est en tout cas pour moi inimaginable. N’empêche, je crois qu’il existe des époques où il se passe des choses plus extraordinaires que d’autres.
Pour m’en convaincre, j’ai fais un détour par l’antiquité. Anaxagore de Clazomènes (500–428 av. J.-C.), le premier des philosophes athéniens, pensait que le monde était plat et relativement limité. Notre philosophe, né en Ionie, sur les côtes d’Asie mineure, avait voyagé. Entre l’Égypte et Athènes, entre le sud et le nord, il avait noté que la taille de son ombre s’allongeait. Pour expliquer ce phénomène, il supposa que le soleil était petit et très près de la terre. Tel était alors l’univers dans lequel vivaient les Grecs.

Deux cent ans plus tard, Ératosthène (285–194 av. J.-C.) découvrit que nous vivions dans un tout autre univers. La terre était sphérique comme Aristote (384–322 av. J.-C.) l’avait démontré. Le soleil était infiniment loin comme Aristarque (310–230 av. J.-C.) l’avait calculé. Ératosthène estima la circonférence terrestre à 42 000 kilomètres, traça les tropiques et cartographia le monde connu qui lui apparut minuscule par rapport à l’immensité du globe.

Tout sépare l’univers d’Anaxagore de celui d’Ératosthène. Cette nouvelle représentation physique impliquait de développer de nouvelles aptitudes. Alexandre les avait anticipées en traînant ses armées en Orient, tentant de repousser les frontières du monde des Grecs. L’immensité impliquait l’existence d’autres civilisations. L’humilité devenait le corolaire de cette découverte.
Mais les Grecs ne s’adaptèrent pas à ce nouveau monde. Ils se replièrent sur eux-mêmes pendant que les Romains montaient en puissance. Et même eux ne prirent pas en compte la vastitude. Ératosthène avait révélé une autre possibilité mais l’histoire ne voulut pas l’essayer en ces temps là. Il fallut attendre la renaissance et notamment Christophe Colomb pour penser et habiter un monde sphérique et immense.
Ératosthène et ses contemporains virent devant eux une transition se profiler et ils ne réussirent pas à la traverser. Nous sommes dans la même situation. Nous avons face à nous deux représentations de nos structures sociales : la pyramide et le réseau. Nous nous trouvons dans une phase de transition, vivant dans une structure hybride. Aurons-nous la force de transiter ou nous rabattrons-nous sur le modèle pyramidal propre à l’âge industriel ?

L’informatique nous permet de voir le réseau, de le construire et, en même temps, de le cartographier. Je considère souvent le cadran solaire et la bibliothèque d’Alexandrie qui permirent à Ératosthène de mesurer la terre comme une métaphore de nos technologies numériques. Les Grecs nous enseignent que voir la transition n’implique pas la franchir. Malgré notre lucidité, nous pouvons stagner ou entrer en récession pour de longues années, voire des siècles. La croissance exponentielle dont rêve Kurzweil n’est pas garantie. D’une certaine manière, les Grecs connurent une telle croissance, sur une partie bien moins inclinée de la courbe, et elle se brisa.
Notes
- Nous pouvons dire que nous vivons une époque de transition si nous sommes capables d’opposer deux visions du monde entre lesquelles nous transiterions. D’une certaine manière en 1968, nous étions encore dans une époque relativement stable. La seconde vision n’existait pas encore (sans informatique par de représentation possible des réseaux). On se tendait vers elle instinctivement. Nous sommes un pas plus loin, un pied dans le vide, un pied encore sur la terre ferme. Allons-nous tomber ou transiter ?
- Les civilisations anciennes s’écroulèrent. La notre fera de même. Mais les écroulements ne sont pas nécessairement spectaculaires. Le passage de la pyramide au réseau pourrait se faire sans cassure. La transition pourrait être imperceptible.
- La complexité grandissante de nos sociétés, l’interdépendance grandissante, peut entraîner des effets en chaîne catastrophiques. Nous ne devons pas nous croire à l’abri d’un cataclysme. La société en réseau ne sera robuste que si de multiples connexions existent entre tous les nœuds.
- Le réseau apparaît parce qu’il est la suite logique de la complexification sociale. Nos cerveaux reposent sur un réseau parce que c’est la voie vers l’intelligence. À chaque époque, notamment à chaque densité de population, correspond une structure optimale. Si nous voulons rester aussi nombreux sur terre, et même plus nombreux, nous devons nous adapter. La pyramide par ses coûts de fonctionnement, le maintien de la hiérarchie notamment, n’est pas soutenable.
- Joseph Tainter a essayé d’évaluer les coûts engendrés par la complexité croissante. Par exemple, il a constaté que le nombre de brevets déposés par dollar investi baisse. Tainter postule l’existence d’une law of diminishing return. À un moment donné, il serait impossible de soutenir la complexité de la société et ce serait l’écroulement.
- avec sa law of accelerating returns, Kurzweil propose d’échapper à ce piège par la rupture de paradigme. L’innovation technologique permettrait de nous fournir toujours plus pour un même investissement (ce qui est le cas en informatique). Si la courbe des brevets par dollar est vérifiée, elle contredit Kurzweil. À mon sens, Kurzweil n’a pas pris en compte l’ensemble de la société dans ses prévisions. En s’intéressant à l’évolution exponentielle des technologies, il a oublié de mesurer l’évolution sociale, celle de la pauvreté par exemple. Une partie du système peut évoluer exponentiellement sans que ce soit le cas de l’ensemble.
- Peut-il exister plusieurs visions du monde qui cohabitent concurremment ? Sans doute que oui dans des espaces isolés mais est-ce possible dans notre monte interdépendant ? J’en doute. Voilà pourquoi je parle de deux visions et non d’une diversité de visions (en plus je ne crois pas qu’elles existent sinon comme variante d’une ou l’autre des deux grandes formes qui s’opposent aujourd’hui).
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14 April 2008
Étienne Chouard vient de diffuser par mail un document intéressant (voir aussi son blog) où il nous invite à manifester tous les lundis contre la dictature européenne. Étienne nous alarme à juste raison. Si nous ne réagissons pas, nous verrons nos libertés peu à peu se réduire.
Étienne liste des signaux d’alarme. Je ne les trouve pas assez génériques à mon goût et trop connotés à gauche. De mon côté, je dénonce avant tout la centralisation, cette tentation pour les gens aux pouvoir d’accaparer toujours plus de pouvoir. Tous les maux qu’évoquent Étienne découlent de la centralisation de plus en plus excessive de nos sociétés. Quand Monsanto aura toutes les cartes en mains, il fera ce qu’il voudra avec les OGM par exemple.
Étienne pense que nous ne pouvons défendre nos libertés qu’en écrivant nous-même la constitution. Nous avons souvent évoqué ce sujet ensemble. J’ai tendance à me méfier de la constitution car elle est pour moi centralisée par principe et elle régit une organisation centrale. Je vois mal comment elle peut de ce fait garantir nos libertés. Sa simple existence n’est-ce pas déjà un dénie de liberté ?
Nous ne pouvons être libres qui si nous minimisons les structures qui nous dépassent. Je suis donc contre tous les traités constitutionnels et je voudrais que nous décentralisions aux maximums les institutions pour les ramener le plus possible à notre niveau. Pour exercer nos libertés et vivre dignement, nous avons besoin de plates-formes de services et non pas de points d’autorité.
Je ne vais pas parler de la droite qui partout dans le monde, surtout aux États-Unis, milite pour un pouvoir fort, donc central. La gauche, quant à elle, ne s’oppose pas à la droite. Au contraire, elle propose elle aussi de renforcer la centralisation, donc de réduire nos libertés (même si tel n’est pas son objectif bien sûr).
Si nous voulons rester libres, si nous voulons gagner plus de liberté, nous devons penser une société décentralisée. Elle ne reposerait pas sur une constitution mais un grand nombre de constitutions qui régiraient différents secteurs. Elles pourraient dialoguer entre-elles, elles devraient être compatibles mais elles n’auraient pas d’autorité l’une sur l’autre.
Cette société décentralisée est possible. Elle s’appuie sur un état pluriel, une Europe plurielle et non sur un document de nature presque divine et qui aurait plus de force que les anciens livres sacrés. Au fait n’est-on pas en train de vouloir réécrire le livre des livres avec cette fameuse constitution, tant bien même elle serait révisable à tout instant ?
PS : Manifester n’est-ce pas se mettre à genoux devant ceux là-même qu’on dénonce ? Pour cette raison, manifester n’est pas dans mon code génétique même si je conviens que la manifestation a pour vertu de rassembler, de créer le débat et de compter les forces en présence.
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9 April 2008
J’essaie de lire l’histoire avec les outils d’aujourd’hui. Interpréter 9/11 dans le vieux cadre des nations omnipotentes est absurde. Ce cadre se craquelle de toutes parts.
Pour moi, 9/11 n’est pas une date charnière. C’est la conséquence d’une nouvelle organisation du monde. 9/11 révèle la supériorité des structures décentralisées sur les gouvernements centralisées. 9/11 a été rendu possible grâce à la décentralisation massive qu’engendrent les nouvelles technologies.
Les forces centralisées font tout pour survivre. Quelles manipulent a posteriori 9/11 est logique. Elles ne veulent surtout pas que nous prenions conscience que 9/11 est possible. Tous les conspirationnistes font le jeu du système qu’ils dénoncent. Par leur activité, ils le renforcent, ils lui attribuent encore un pouvoir qu’il n’a plus. Grâce à eux, le système se donne un répit car si 9/11 est un complot ont reste dans le vieux système. Et rien de change.
Je suis triste quand je vois des gens dénoncer le système et user pour le combattre de la même rhétorique que lui. C’est ce que font les conspirationnistes. Ils pensent monde central. Ils sont incapables de se mettre dans la tête une autre possibilité alors que c’est une façon d’abattre le monstre qui nous conduit à notre perte.
Au fond, j’ai le même espoir que les conspirationnistes. Mais je ne pense pas qu’user des armes de l’adversaire, surtout quand il est aussi puissant, soit une bonne idée. Comme je l’avais conseillé à Bayrou lors de la présidentielle 2007, quand on est petit il faut employer des stratégies disruptives.
C’est exactement ce que font les terroristes dans le domaine de la terreur, c’est ce que font les paysans des AMAP dans le domaine de la distribution alimentaire. Pour combattre les vieux monstres, il faut leur opposer des méthodes nouvelles. Il faut accepter de croire à l’efficacité de ces méthodes quand elles sont mises en œuvre par d’autres et pas sans cesse croire à la manipulation exercée par le monstre. Il est blessé, il n’est plus aussi puissant que par le passé.
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9 April 2008
J’ai commencé à écrire ce billet comme une réponse aux échanges un peu enflammés entre Carlo Revelli et Axel Karakartal, puis je me suis dit qu’il était préférable d’ouvrir la conversation.
Historiquement, le contre-pouvoir c’est le quatrième, il s’est souvent construit par opposition aux trois pouvoirs officiels (même s’il a souvent été aux mains de ces pouvoirs). Les contre-pouvoirs médiatiques qui apparaissent sur internet reviennent aux fondements du quatrième-pouvoir. La plupart des blogs et des journaux citoyens étendent le champ du quatrième pouvoir en le transformant en longue traîne. C’est une révolution structurelle du quatrième pouvoir mais pas une révolution philosophique suffisante pour justifier une nouvelle appellation (d’autant plus que le modèle économique reste inchangé, donc les contraintes afférentes aussi).
Si le cinquième pouvoir intègre le quatrième, il ouvre de nouvelles pistes pour les citoyens, notamment celles de la construction sur le modèle open source décentralisé. Nous devenons capables de construire des structures sociales, économiques, culturelles… sans consulter les gouvernements, donc en nous affranchissant de leur corruption congénitale, de leur manque d’efficacité, de leur incompétence, de leurs vues à court-terme…
Si le cinquième pouvoir doit nous apporter quelque chose de neuf c’est en nous aidant à construire, la longue traîne par exemple, non seulement dans le domaine médiatique mais dans tous les domaines (la longue traîne est une simple conséquence de la décentralisation extrême, elle apparaît dès que la technologie facilite l’émergence d’une multitude d’acteurs).
En se limitant aux fonctions du quatrième, le cinquième pouvoir aurait une fonction de régulation du système (par feedback négatif) mais ne générerait aucun changement notable (par feedback positif).
Si je critique souvent le quatrième pouvoir (traditionnel ou sur le net), c’est parce qu’il nous fait perdre du temps et pire ne nous procure aucun avantage en tant qu’être humain (lire Taleb pour la démonstration). Nous consommons les médias parce que ça nous amuse (puisqu’ils ne nous enrichissent pas). Ils sont un divertissement.
Bien sûr la plupart des infovores, c’est-à-dire la plupart d’entre-nous, ne considèrent pas les médias comme un divertissement. C’est une affaire sérieuse. Et tout ce qui se dit dans les médias est sérieux. Cette perspective erronée entraîne toute une série de confusions. Elle entraîne des débats sans fin sur ce que les médias disent ou auraient dû dire. Elle les intègre à des complots et à mille autres magouilles alors qu’au final ces médias sont tout simplement le nouvel opium du peuple.
Quel que soient leur support, ils cherchent à nous éloigner de la réalité alors même qu’il nous la dépeigne sans cesse. Devant un tableau, nous ne sommes jamais dans le tableau. Nous discutons des intentions du peintre, nous nous posons des questions sur la vie du modèle mais nous ne sommes pas le modèle. Les médias nous ont fait oublier cette dichotomie en finissant par nous faire croire qu’ils parlaient de nous. C’est une illusion. Les médias sont ni plus ni moins qu’une galerie de peintures.
Comme les artistes, ils nous imposent leur perspective. Ce prisme n’est pas propre aux médias qui seraient détenus par le grand capital mais à tous les médias. Par exemple, Carlo Revelli, fondateur d’Agoravox, est partisan de la théorie du complot pour 9/11 et de nombreux partisans de cette théorie se sont regroupés autour d’Agoravox. C’est un phénomène naturel qui nous démontre que l’objectivité médiatique est impossible.
Même dans les médias citoyens ouverts à tous une forme de sélection naturelle du lectorat s’effectue. Des articles repoussent les uns et attirent les autres, font de même avec les auteurs et, peu à peu, une ligne éditoriale s’impose. Elle n’a pas besoin d’être choisie volontairement. Elle est consubstantielle de l’espace médiatique.
Les grands médias tentent à tout prix de résister à cette dérive car ils veulent séduire le plus grand nombre. Ils évitent les thèses marginales pour ne pas focaliser leur audience. Se faisant, ils deviennent insipides.
Pour toutes ces raisons, je ne lis pas les médias. J’utilise les moteurs de recherche qui m’envoient un peu partout sans m’enfermer sur un support. Je déteste les agrégateurs de flux RSS qui nous attachent à des sources. Je suis des auteurs en particulier et jamais des médias en particulier.
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8 April 2008
Je suis souvent mal compris, surtout sur Agoravox. Je voudrais essayer de mettre ma pensée au clair. Tout d’abord, je ne m’intéresse pas à 9/11, je m’en sers comme exemple pour discuter d’une possibilité : celle des choses extraordinaires.
À la limite, je veux bien envisager dans l’ensemble des possibles la théorie du complot mais je veux aussi envisager le black swan, la survenue de l’improbable, de l’extraordinaire. Selon moi, tant que nous n’avons pas de certitude, cette possibilité du black swan ne peut pas être écartée.
En discutant avec les partisans de la théorie du complot, je découvre qu’ils ne veulent pas admettre l’extraordinaire, ils ne croient pas à sa possibilité, non seulement pour 9/11 mais de manière plus générale. D’une certaine façon, pour eux, rien ne se fait par hasard. Il y a toujours des intentions. J’aimerais tenir ma vie avec autant de certitude… J’aimerais que rien ne soit au hasard… mais ce serait peut-être ennuyeux.
Je ne sais pas si intrinsèquement le monde repose ou non sur le hasard. La mécanique quantique semble témoigner d’un hasard fondamental mais rien ne nous prouve qu’il ne cache pas un ordre sous-jacent. Cette question fondamentale ultime a peu d’intérêt pour mon sujet. Nous savons aujourd’hui générer du hasard avec des méthodes déterminismes (automates cellulaires par exemple). Inversement, à partir de phénomène hasardeux, nous savons engendrer de l’ordre (notamment grâce à l’auto-organisation et à l’évolution). En conséquence, le hasard et l’ordre coexistent. La vie s’appuie sur cette dualité qui elle est fondamentale.
Venons-en justement à l’apparition de la vie. Est-ce un concours de circonstances extraordinaires ou un projet divin, une espèce de complot ? Là encore, nous ne pouvons pas trancher. Mais le simple fait que le hasard existe laisse une chance à une apparition spontanée.
Voir à l’œuvre les algorithmes évolutifs m’a persuadé que cette apparition hasardeuse n’était pas improbable. J’ai tendance à croire à cette hypothèse car elle ne nécessite aucun autre présupposé que le hasard qui est là de toute façon. Recourir à Dieu me paraît superflu.
Alors je ne vois pas pourquoi le hasard n’aurait pas joué avec 9/11, évènement bien moins extraordinaire que l’apparition de la vie. Quelques hommes décident de sacrifier leurs vies pour provoquer un électrochoc et ils réussissent avec toutes les conséquences que nous connaissons.
Nous ne pouvons pas évacuer cette possibilité comme le font les conspirationnistes. Je leur fais remarquer que jamais je ne dis qui sont les terroristes. Je ne fais aucune hypothèse quant à leur nationalité ou à leur motivation. Ce n’est pas mon propos. Je veux juste mettre le doigt sur la possibilité des black swans.
Chaque fois que quelque chose survient, il n’y a pas au-delà nécessairement une causalité implacable. Des gens ne tirent pas tout le temps les ficelles. Derrière la vie, il n’y a pas obligatoirement Dieu. Je ne demande pas aux conspirationnistes de ne pas croire mais d’admettre qu’il soit possible d’être athée.
L’étude des systèmes complexes nous montre que l’extraordinaire est consubstantiel de l’existence. Je trouve que c’est merveilleux et source d’espoir. Nier cette possibilité, c’est nier la vie.
Notes
- Un ami m’a un jour parlé de la mort de son frère, tué brutalement en Afrique. Sa mère qui vivait en France a alors sursauté et su qu’il était mort. Pour mon ami, c’était la preuve de l’existence d’une force spirituelle. Avec mon tact habituel, je lui ai dit que je voyais au moins trois possibilités. 1/ Il y a effectivement un lien de nature spirituelle entre les mères et leur enfants. 2/ Ta mère n’a jamais sursauté, elle s’est persuadé a posteriori de l’avoir fait, s’inventant un faux souvenir. 3/ Ta mère a effectivement sursauté mais comme conséquence d’une coïncidence. À chaque instant des mères perdent un enfant. Il est logique que de tant à autre les évènements coïncident. Ce don on parle peu c’est toutes les fois où une mère sursaute alors qu’il ne s’est rien passé. Dans cette histoire où est la vérité ? Je n’en sais rien mais nous devons nous garder de nous précipiter sur la première hypothèse sous prétexte qu’elle nous satisfait spirituellement.
- En l’état de nos connaissances, 9/11 peut donc être un complot tout comme un simple acte terroriste. Admettre cette possibilité du terrorisme me paraît la meilleure façon de nous en protéger à l’avenir. En revanche, si les complots existent, nous ne pouvons pas nous en protéger parce qu’ils se jouent trop haut au-dessus de nous.
- Avec 9/11, les gens mélangent souvent ce qui se serait passé avant les attentats et ce qui se serait passé après (les indices inventés ou cachés par exemple). Il peut se passer des choses après même si les choses d’avant n’ont pas été préméditées. Le gouvernement US peut après coup avoir tiré les ficelles sans avoir organisé l’attentat. Il peut avoir profité du black swan. Taleb montre que c’est ce que nous faisons toujours lorsqu’ils surviennent.
- Autre argument souvent énoncé : si les US avaient voulu empêcher l’attentat, elles l’auraient fait. Avec de tels si, on aurait fait évacuer les populations côtières en 2004 lors du tsunami si on l’avait voulu. Idem pour la Nouvelle Orléans. Nous ne pouvons pas nous préparer à tous les possibles parce que par définition leur nombre est infini. Non, les US n’auraient pu empêcher l’attentat car ils n’avaient pas imaginé cet attentat là. Est-ce donc que tous les attentats seraient évitables ? Et tous les accidents aussi ? Que j’aimerais vivre dans un tel monde… malheureusement je ne crois pas que le notre lui ressemble.
- Je ne réfute pas le fait que des hommes mentent à d’autres hommes ou que des populations puissent être tenues dans l’ignorance. 9/11 n’a aucun rapport avec la Shoa. 9/11 est un évènement ponctuel, comme la mort de JFK, auquel on cherche une signification à tout prix… et qui, à mon sens, dépasse de loin les intentions des protagonistes. Cette intention initiale est dépassée, surpassée même, parce qu’après coup une myriade de partis, les gouvernements tout comme les conspirationnistes eux-mêmes, tentent d’exploiter la situation.
- Savoir comment les gens se servent de 9/11 me paraît intéressant mais chercher un grand projet démoniaque à l’origine de ce drame puis de ce raffut médiatique me paraît de l’ordre de la paranoïa.
- Les conspirationnistes s’arrêtent toujours sur ce qui n’est pas explicable ou pas compréhensible (l’absence des boîtes noires). Leur logique étant de vouloir tout expliquer par un système causal, chaque cassure de ce système leur fait croire à de nouvelles manipulations. Ils entretiennent ainsi leur paranoïa. Ils oublient que chaque semaine des joueurs gagnent au loto même si la probabilité est infime.
- Si les fameuses zones d’ombres correspondent à des cassures du système causal (surabondance de coïncidences), personne ne les éclaircira jamais. Dans la vie, il existe ainsi toujours des mystères. Nous ne saurons jamais tout sur tout ce qui ne veut pas dire que toutes ces choses inconnues et inconnaissables résultent d’un complot.
- Les conspirationnistes ont un argument de poids, sans cesse répété pour justifier la théorie du complot. Les grands médias n’en parlent jamais. Pourquoi ? Parce qu’ils sont aux mains des comploteurs. Je me demande alors comment nos conspirationnistes sont informés. Sont-ils tous des hommes de terrains qui ont fouillé New York au lendemain de 9/11 ? Non. Ils ne font que piquer des infos dans les médias dont ils dénoncent la corruption et ils montent ces informations en boucle. Au passage, ils exercent notre merveilleux don à trouver des liens entre tout ce que nous voyons.
- Non, la théorie du complot n’est pas oblitérée. Elle déborde de partout sur internet. Seuls les conspirationnistes se sentent ostracisés. Cela fait partie de leur stratégie paranoïaque. Cessez donc de parler de grands et de petits medias. Il y a des medias qui font plus ou moins bien leur travail. Que la majorité le fasse mal n’est pas une découverte.
- Depuis quand passer au 20h de TF1 donne une valeur de vérité à quelque chose ? Car c’est ça au fond que les conspirationnistes attendent. Ils ne rêvent que d’une chose, voir leurs théories confirmées par les gens qu’ils dénoncent. Mais on se fiche de TF1. Qu’une chose soit médiatisée ou non ne lui donne pas plus de valeur de vérité. La vérité reste un idéal à poursuivre mais elle n’existe jamais pour nous.
- Est-ce que les conspirationnistes n’abuseraient pas de la télévisions et des médias en général ? Ils construisent leur vision du monde à partir de ce qu’ils voient dans les médias ? Ils les citent, ils s’énervent contre eux, on dirait que ces médias font le monde alors qu’ils ne font que nous en renvoyer une image déformée. C’est ça que vous êtes en train de découvrir ? Alors arrêter de perdre du temps avec eux.
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7 April 2008
Après mon papier sur le scénario catastrophe de Robb, j’ai vu sur Agoravox, et même sur mon blog, les adeptes des théories du complot se rebiffer. J’avoue que je les supporte mal et que j’adore les agacer. Outre le fait que leur psychologie déviante est de mieux en mieux comprise, je viens de noter certains traits de leurs caractères.
Pour eux que « dix-neuf pirates armés de cutters aient déjoué la première armée du monde » est une absurdité. Ils ne croient pas à cet exploit macabre. Non ils ne veulent pas y croire car ils ne veulent pas croire d’une manière générale qu’il existe des hommes exceptionnels (je ne porte aucun jugement de valeur). Que des héros s’exhibent sur les stades de foot, ça passe, c’est le spectacle. Mais qu’un homme ordinaire puisse sacrifier sa vie pour un idéal ça les dépasse. Ils n’y croient pas car s’ils y croyaient ils devraient se demander pourquoi eux-mêmes se contentent de critiquer sans cesse le monde.
S’ils croyaient que dix-neuf pirates armés de cutters ont déjoué l’armée américaine, ils seraient obligés de croire que dix-neuf mecs peuvent faire des choses extraordinaires. Ils ne veulent pas y penser, ils ne veulent surtout pas penser qu’ils pourraient être ces hommes (et notamment leur pendant positif). Ils ne veulent pas penser que plutôt que de cautionner des théories du complot, ils pourraient passer de l’autre côté (celui de l’action… positive s’entend).
Suivant un point de vue semblable, beaucoup de gens ne croient pas qu’on puisse devenir riche par son travail. Tout ce qui sort de l’ordinaire est suspect à leurs yeux. Les riches chercheraient toujours des magouilles, des appuis, des pistons, des malversations. Je connais bien cette façon de penser. Ma grand-mère maternelle, communiste indécrottable, pratiquait à merveille ce raisonnement. C’est plus confortable de dire que les riches sont des vauriens que de reconnaître qu’on n’a pas la force de devenir riche soi-même.
Dans un autre domaine, je retrouve la même attitude. Il y a des artistes d’un génie si éclatant qu’ils attirent la suspicion. Shakespeare par exemple. Les artistes ordinaires leur cherchent des noises pour justifier leur impuissance relative. J’ai connu des photographes qui ne croyaient pas que Cartier-Bresson ait pu prendre toutes ses photos sur le vif. Une chance pareille était impossible. J’ai toujours préféré rester en admiration devant le coup d’œil extraordinaire de Cartier-Bresson.
Qu’il y ait des hommes extraordinaires ne me dérange pas. Au contraire, ils me servent de guide. Je crois au génie négatif des pirates de 9/11. Je ne les admire pas mais je reconnais qu’ils ont réussi leur coup. Des coups improbables sont possibles dans notre monde comme l’explique Nicolas Taleb.
Vous ne voulez toujours pas le croire. Si vous commencez à croire ces pirates géniaux, vous allez vous sentir moins que rien. Rester dans votre fauteuil, affalé devant la télé, vous deviendra insupportable. Alors vous préférez croire que des forces quasi-surnaturelles sont à l’œuvre. Sauvé. Vous avez trouvé une bonne raison de renoncer à votre responsabilité. Si le monde va mal, vous n’y pouvez rien.
Je préfère tirer mon chapeau à ceux qui agissent au nom de leurs idées même si ces idées me dérangent. Je préfère ceux qui agissent à ceux qui justifient leur inaction politique. Si tous les hommes se disaient qu’agir seul est impossible, il ne se passerait rien dans le monde.
La vérité est plus prosaïque : l’avenir est ouvert. Quelques hommes courageux peuvent créer un carnage. C’est peut-être triste mais c’est comme ça. Des experts comme John Robb expliquent qu’il est possible de causer bien plus de victimes que lors de 9/11 en prenant moins de risques.
Contrepartie de cette vérité difficile à accepter : nous pouvons par notre courage changer le monde. Rassurez-vous, je n’encourage pas le terrorisme. Il nous démontre simplement que de petites actions peuvent avoir de grands effets dans nos sociétés interdépendantes. Nous pouvons reprendre ses méthodes, déjà commencer par les retourner contre lui, puis les utiliser pour construire.
Les adeptes des conspirations ne veulent surtout pas l’entendre de peur de renoncer sur le champ à leur confort. Pour ma part, je me contente de pleurer face à l’horreur. L’homme est un monstre. Chacun de nous peut devenir un monstre pour des milliers d’autres. C’est une terrible révélation. Dans notre monde technologique, nous pouvons devenir des monstres encore plus facilement que par le passé. Heureusement, la contrepartie est toujours possible. Nous pouvons aussi faire des choses merveilleuses. Alors je retrouve le sourire.
Notes
- Tout ce que je dis sur 9/11, je pourrais le dire sur toutes les théories conspirationnistes qui ne sont imaginables qu’a posteriori et jamais a priori par ceux qui les auraient fomentées. Prendre 9/11 comme exemple est juste une façon de frapper les esprits.
- 9/11 est une merveilleuse théorie conspirationniste car elle a fédéré a posteriori une armée de conspirationnistes (j’aime ce mot dont on ne sait jamais s’il désigne ceux qui complotent ou ceux qui fabulent le complot ou ceux qui discutent du complot effectif). Ils ont abattu un travail formidable, découvrant des coïncidences troublantes. Ça avait commencé dès le 9/11 avec les dingsbats trafiqués dans tous les sens qui voulaient nous faire croire que Microsoft était dans le coup.
- Que le gouvernement Bush ait tenté d’utiliser après coup 9/11, j’en conviens. Qu’il ait lui-même perpétré l’attentat, je n’y crois pas une seconde. Depuis quand ce gouvernement serait intelligent ? Depuis quand la CIA maîtriserait le sens de l’histoire ? Vous y croyez vous ? Moi je crois qu’ils sont incompétents comme peut l’être toute organisation kafkaïenne.
- Qui dit gouvernement, dit institution centralisée avec une multiplicité hiérarchique. 9/11 n’aurait pu être organisé par une instance centralisée sans que des centaines de personnes ne soient plus ou moins informées. Aujourd’hui, elles pourraient témoigner. Si elles ont été achetées, elles pourraient l’être une seconde fois.
- Que les conspirationnistes imaginent donc un complot aussi complexe que 9/11. Je voudrais les voir à l’œuvre. Je crois qu’aucune personne créative ne peut croire cela possible. En revanche, que quelques hommes décident de faire un coup d’éclat est plus crédible. Ils agissent par conviction, sans penser qu’ils jouent au billard à dix bandes.
- L’absence de preuve ne prouve rien (les fameuses boîtes noires introuvables). Nous n’avons pas de preuve de l’existence ou de la non existence de dieu. Même si le gouvernement US a fait disparaître les fameuses boîtes a posteriori, ça ne change rien à ce que je dis (la conspiration a posteriori, ça c’est facile… ils peuvent faire comme vous).
- 9/11 est un black swan, un évènement totalement inattendu, aux conséquences totalement inattendues, la chute de tours par exemple. C’est un accident. Personne n’avait imaginé qu’elles tomberaient comme ça, surtout pas les terroristes.
- J’ai vu 9/11 comme la démonstration d’un système complexe. On a tapé à un endroit et nous avons obtenu des réactions cataclysmiques que personne n’aurait pu anticiper. Pour moi, il n’y a rien d’extraordinaire. Les réactions extraordinaires sont le propre des systèmes complexes.
- Si 9/11 est un complot, pourquoi ne pas dire que la vie sur terre est aussi un complot ? Il peut se passer des choses extraordinaires sans que quelqu’un soit aux commandes et contrôle la chaîne de bout en bout.
- Si je crois à la thèse de l’attentat, c’est parce que le complot me paraît au-delà de notre capacité cognitive. Aucun homme ou institution n’est capable de planifier un 9/11 avec les conséquences que nous connaissons. En revanche, que des fanatiques se crashent sur des tours est bien plus humain (malheureusement).
- Lors du tsunami de 2004, des conspirationnistes ont aussi crié au complot. Ils ne sont pas allés jusqu’à dire qu’une puissance avait provoqué le cataclysme mais que les gouvernements avaient volontairement négligé la sécurité côtière. Il s’agit alors du complot en négatif, le complot par manque d’action. Tout ce qui advient ou n’advient pas est donc manipulable. Mais qui a un cerveau suffisamment gros pour exercer cette manipulation. Dieu ? Je ne vois pas d’autre possibilité technique.
- Tout manager sait qu’en ajoutant du personnel, on ajoute peu d’intelligence au système. L’intelligence ne s’accroît vraiment qu’avec les systèmes ouverts et collaboratifs. Alors 9/11 ne pourrait être que le fruit d’un complot open source. En 2001, je crois qu’il était trop tôt. En revanche, depuis, l’open source fonctionne à fond chez les conspirationnistes et ils nous démontrent que cette méthode de travail fournit des résultats extraordinaires. Dommage, vous auriez dû consacrer toutes cette énergie à nous créer une application révolutionnaire (et pourquoi pas qui aurait révolutionné la lutte anti-terroriste).
- Il est plus facile d’agir du côté obscur de la force que du côté lumineux. Aller vers la lumière nécessite souvent d’inventer alors que la recette pour nuire est connue depuis l’éternité : empêcher d’avancer. Même les scénaristes de série TV tombent dans le piège. Hier soir, je regardais un épisode de Heores. Les auteurs n’ont pas le génie de montrer des hommes qui avancent vraiment. Même avec des superpouvoirs, leurs héros font du surplace.
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