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	<title>Comments on: Rabbi Fred</title>
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	<link>http://blog.tcrouzet.com/2006/04/27/rabbi-fred/</link>
	<description>La politique change. Voter n’est plus qu’un engagement parmi d’autres. Dans un monde toujours plus complexe, les partis et les systèmes hiérarchiques pyramidaux n’ont plus leur place. Il faut apprendre à vivre en réseau, à penser global et agir local.</description>
	<pubDate>Fri, 08 Aug 2008 19:40:29 +0000</pubDate>
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		<title>By: Thierry</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2006/04/27/rabbi-fred/#comment-12084</link>
		<dc:creator>Thierry</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2007 22:53:03 +0000</pubDate>
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		<description>Je ne pense pas que D.ieu soit absent du Talmud.

Simplement, pour les Juifs, l'existence de D.ieu est un présupposé tellement évident qu'aucune argumentation ne se soucie de démontrer son existence.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne pense pas que D.ieu soit absent du Talmud.</p>
<p>Simplement, pour les Juifs, l&#8217;existence de D.ieu est un présupposé tellement évident qu&#8217;aucune argumentation ne se soucie de démontrer son existence.</p>
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		<title>By: Rabbi Fred</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2006/04/27/rabbi-fred/#comment-1191</link>
		<dc:creator>Rabbi Fred</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Aug 2006 12:14:50 +0000</pubDate>
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		<description>« Rabbi Fred », c’est ma mère qui serait contente.
Etablir un lien entre Judaïsme et Internet, après judaïsme et Psychanalyse ou Judaïsme et argent, ou judaïsme et … un de plus avec une sorte de prescience incroyable ? Non mais l’occasion de mettre en avant une présentation trop souvent délaissée. De façon schématique, on peut établir un parallèle entre cette religion et trois particularités d’Internet : la non linéarité, une circulation extrême, et l’absence d’organisation hiérarchisée.
Tout d’abord, il existe un certain du judaïsme, celui des sages du Talmud, qui « oublie » la transcendance ou qui la place à un niveau inattendu pour des oreilles greco-chretiennes. Le propre du judaïsme n’est pas la prière, ni la dévotion mais l’étude du Talmud et le respect des Mitsvot (commandements). L’étude du Talmud revient à se plonger quotidiennement dans des milliers de pages qui soulèvent toutes sortes de problèmes moraux encrés dans la vie (presque) quotidienne. Un désert, deux amis, une gourde d’eau qui ne fera survivre que l’un des deux, que faire ? Des rabbis prennent alors des positions différentes (la donner, la boire,…), et il ressort non une solution, mais à travers l’étude de leurs points de vue, un enseignement sur les notions de vie, de responsabilité envers soi, autrui,…Ce qui est intéressant, outre la problématique, est l’approche de la morale qui se fait alors à des « case study ». Pas d’édification de règles figées mais la recherche constante, à partir de situations concrètes, d’un enseignement sur le comportement juste. Et la typologie même du Talmud l’y encourage : un texte, entouré de commentaires, de points de vues qui s’opposent, avec des commentateurs qui se répondent sur plusieurs générations et encouragent une lecture qui renvoit à d’autres pages, à l’infini. Pas de linéarité du raisonnement, mais la reproduction du foisonnement humain des points de vue. De plus, le texte ne se suffit pas par lui-même. La conclusion ne ressort pas. Le texte est une invitation faite au lecteur de prendre place, de faire vivre les références croisées et de mettre à jour une signification, sinon oubliée.
Dès lors, le parallèle avec Internet est frappant : pas de système linéaire, un réseau de textes et de significations, une possibilité d’entrée à l’infini et, surtout, un rôle nécessairement actif. Pas de lecture passive du Talmud comme il ne peut y avoir d’utilisation passive d’Internet. Le lecteur/surfeur fait la valeur de l’échange.
Ensuite, le judaïsme met l’accent sur l’arrachement au sol. Dans l’opposition entre le propriétaire et le nomade, le judaïsme choisit de manière constante (et aussi forcée) la mobilité. Abraham quitte sa terre, comme le peuple juif quitte l’Egypte pour un voyage dont le but n’est pas le retour (à l’inverse de l’autre grand voyage entrepris dans la culture grecque, celui d’Ulysse, tel que le souligne Emmanuel Levinas dans Difficile Liberté). Le mouvement, l’absence d’attachement à la terre, le refus de dieux locaux comme les Saints. Cela se poursuit dans le peu de cas fait aux biens matériels (qui entraveraient cette liberté de mouvement). Dès les premières lignes de la Genèse, ce qui bénéficie de la Sainteté, n’est ni le monde, ni un lieu, ni l’homme, mais le temps : 
« Et Dieux bénit le septième jour et le rendit Saint. » (Gen II, 3)
et comme le montre Abraham Heschel dans les Bâtisseurs du Temps, cela conduira à une prédominance de ce qui ne peut s’accumuler, du qualitatif. Arrachement au monde des biens, de la possession, porteuse de violence pour rendre prédominant l’échange avec autrui ; liberté extrême de mouvements qui se traduira par une diaspora survivant aux expulsions multiples et constantes des pouvoirs en place.
Là aussi, le parallélisme est trop évident pour être trop mis en avant. Internet par sa mise en relation à l’infini, permet cette circulation des biens et des idées avec un détachement du lieu, jusque là inconnu. L’information circule sans que l’on connaisse son cheminement physique, les biens peuvent être commandés et produits dans une contrée reculée, les idées en permanence échangées quelque soit le lieu  de connexion. La circulation est reine, comme détachée de la pesanteur du lieu.
Enfin, il n’existe pas de structure hiérarchisée dans le Judaisme. Pas de clergé, d’Eglise de glorification de personnes (le Talmud prend un soin particulier à montrer les défauts des personnages illustres pour éviter leur divination jusqu’à Moise qui ne pourra rentrer en terre d’Israel). Pas de représentant de Dieu sur terre, ni de porteur de la parole divine. Seuls les lieux d’étude comptent, les échanges faits, les réseaux de personnes, la réputation. Cette organisation peut, aussi, expliquer (en plus du fait que le judaïsme n’est pas prosélyte contrairement aux deux autres monothéismes), le peu d’acceptation possible, d’assimilation, par les pouvoirs en place à l’inverse d’un christianisme qui reproduit des schémas politiques et rend son intégration et son acceptation dès lors plus facile (l’Islam, quant à lui naît, aussi, comme force politique).
Est-il besoin de souligner la comparaison avec un système sans centre, fortement auto-géré, sans supervision d’une autorité supérieure ?
Bref oui, il existe une véritable culture du réseau dans le judaisme ; de l’étude de textes de manière non linéaire, à la prédominance du mouvement sur le lieu, en passant par l’absence de système hierarchisé remplacé par une forme d’auto-gestion décentralisée. 
Faut-il dès lors voir dans ce parallélisme une trace nouvelle d’une élection du peuple juif ? Plus prosaiquement, le peuple juif a pris une décision étrange et forcée. Celle de se retirer des affaires du monde (mettant, soit dit en passant, à mal l’approche hégélienne du monde); à la suite de la destruction du Temple, un rabbi (un vrai) alla voir les romains qui venaient de vaincre le peuple juif et ne demanda ni terre, ni monnaie, ni armée pour les survivants, mais le droit de bâtir des écoles. Le judaïsme allait se consacrer à l’étude de textes, du Talmud, et à l’édification d’un groupe dédié à parfaire sa relation à l’autre. C’était alors une incongruité et le restera pendant des siècles ; seule l’évolution du monde lui offre une actualité nouvelle.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>« Rabbi Fred », c’est ma mère qui serait contente.<br />
Etablir un lien entre Judaïsme et Internet, après judaïsme et Psychanalyse ou Judaïsme et argent, ou judaïsme et … un de plus avec une sorte de prescience incroyable ? Non mais l’occasion de mettre en avant une présentation trop souvent délaissée. De façon schématique, on peut établir un parallèle entre cette religion et trois particularités d’Internet : la non linéarité, une circulation extrême, et l’absence d’organisation hiérarchisée.<br />
Tout d’abord, il existe un certain du judaïsme, celui des sages du Talmud, qui « oublie » la transcendance ou qui la place à un niveau inattendu pour des oreilles greco-chretiennes. Le propre du judaïsme n’est pas la prière, ni la dévotion mais l’étude du Talmud et le respect des Mitsvot (commandements). L’étude du Talmud revient à se plonger quotidiennement dans des milliers de pages qui soulèvent toutes sortes de problèmes moraux encrés dans la vie (presque) quotidienne. Un désert, deux amis, une gourde d’eau qui ne fera survivre que l’un des deux, que faire ? Des rabbis prennent alors des positions différentes (la donner, la boire,…), et il ressort non une solution, mais à travers l’étude de leurs points de vue, un enseignement sur les notions de vie, de responsabilité envers soi, autrui,…Ce qui est intéressant, outre la problématique, est l’approche de la morale qui se fait alors à des « case study ». Pas d’édification de règles figées mais la recherche constante, à partir de situations concrètes, d’un enseignement sur le comportement juste. Et la typologie même du Talmud l’y encourage : un texte, entouré de commentaires, de points de vues qui s’opposent, avec des commentateurs qui se répondent sur plusieurs générations et encouragent une lecture qui renvoit à d’autres pages, à l’infini. Pas de linéarité du raisonnement, mais la reproduction du foisonnement humain des points de vue. De plus, le texte ne se suffit pas par lui-même. La conclusion ne ressort pas. Le texte est une invitation faite au lecteur de prendre place, de faire vivre les références croisées et de mettre à jour une signification, sinon oubliée.<br />
Dès lors, le parallèle avec Internet est frappant : pas de système linéaire, un réseau de textes et de significations, une possibilité d’entrée à l’infini et, surtout, un rôle nécessairement actif. Pas de lecture passive du Talmud comme il ne peut y avoir d’utilisation passive d’Internet. Le lecteur/surfeur fait la valeur de l’échange.<br />
Ensuite, le judaïsme met l’accent sur l’arrachement au sol. Dans l’opposition entre le propriétaire et le nomade, le judaïsme choisit de manière constante (et aussi forcée) la mobilité. Abraham quitte sa terre, comme le peuple juif quitte l’Egypte pour un voyage dont le but n’est pas le retour (à l’inverse de l’autre grand voyage entrepris dans la culture grecque, celui d’Ulysse, tel que le souligne Emmanuel Levinas dans Difficile Liberté). Le mouvement, l’absence d’attachement à la terre, le refus de dieux locaux comme les Saints. Cela se poursuit dans le peu de cas fait aux biens matériels (qui entraveraient cette liberté de mouvement). Dès les premières lignes de la Genèse, ce qui bénéficie de la Sainteté, n’est ni le monde, ni un lieu, ni l’homme, mais le temps :<br />
« Et Dieux bénit le septième jour et le rendit Saint. » (Gen II, 3)<br />
et comme le montre Abraham Heschel dans les Bâtisseurs du Temps, cela conduira à une prédominance de ce qui ne peut s’accumuler, du qualitatif. Arrachement au monde des biens, de la possession, porteuse de violence pour rendre prédominant l’échange avec autrui ; liberté extrême de mouvements qui se traduira par une diaspora survivant aux expulsions multiples et constantes des pouvoirs en place.<br />
Là aussi, le parallélisme est trop évident pour être trop mis en avant. Internet par sa mise en relation à l’infini, permet cette circulation des biens et des idées avec un détachement du lieu, jusque là inconnu. L’information circule sans que l’on connaisse son cheminement physique, les biens peuvent être commandés et produits dans une contrée reculée, les idées en permanence échangées quelque soit le lieu  de connexion. La circulation est reine, comme détachée de la pesanteur du lieu.<br />
Enfin, il n’existe pas de structure hiérarchisée dans le Judaisme. Pas de clergé, d’Eglise de glorification de personnes (le Talmud prend un soin particulier à montrer les défauts des personnages illustres pour éviter leur divination jusqu’à Moise qui ne pourra rentrer en terre d’Israel). Pas de représentant de Dieu sur terre, ni de porteur de la parole divine. Seuls les lieux d’étude comptent, les échanges faits, les réseaux de personnes, la réputation. Cette organisation peut, aussi, expliquer (en plus du fait que le judaïsme n’est pas prosélyte contrairement aux deux autres monothéismes), le peu d’acceptation possible, d’assimilation, par les pouvoirs en place à l’inverse d’un christianisme qui reproduit des schémas politiques et rend son intégration et son acceptation dès lors plus facile (l’Islam, quant à lui naît, aussi, comme force politique).<br />
Est-il besoin de souligner la comparaison avec un système sans centre, fortement auto-géré, sans supervision d’une autorité supérieure ?<br />
Bref oui, il existe une véritable culture du réseau dans le judaisme ; de l’étude de textes de manière non linéaire, à la prédominance du mouvement sur le lieu, en passant par l’absence de système hierarchisé remplacé par une forme d’auto-gestion décentralisée.<br />
Faut-il dès lors voir dans ce parallélisme une trace nouvelle d’une élection du peuple juif ? Plus prosaiquement, le peuple juif a pris une décision étrange et forcée. Celle de se retirer des affaires du monde (mettant, soit dit en passant, à mal l’approche hégélienne du monde); à la suite de la destruction du Temple, un rabbi (un vrai) alla voir les romains qui venaient de vaincre le peuple juif et ne demanda ni terre, ni monnaie, ni armée pour les survivants, mais le droit de bâtir des écoles. Le judaïsme allait se consacrer à l’étude de textes, du Talmud, et à l’édification d’un groupe dédié à parfaire sa relation à l’autre. C’était alors une incongruité et le restera pendant des siècles ; seule l’évolution du monde lui offre une actualité nouvelle.</p>
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