Dans le vent

Cet article est une réponse à un article posté sur Ago­ra­vox par Vincent Cha­pin suite à mon propre article sur le bon sens.

Tout ce que dit Vincent est juste mais n’a pas beau­coup de rap­port avec ce dont j’ai parlé. Je n’ai jamais dit qu’en met­tant des éoliennes sur nos toits nous allions cou­vrir tous nos besoins éner­gé­tiques. Même en met­tant des éoliennes géantes par­tout on n’y arri­ve­rait d’ailleurs pas. Pour atteindre l’autonomie éner­gé­tique, il fau­dra addi­tion­ner des dizaines de micro-sources : solaire, géo­ther­mique, éolien… et, sans doute, recou­rir à de nou­velles tech­nos encore plus que balbutiantes.

Dans mon article, j’ai juste sous-entendu, et vrai­ment sous entendu car ce n’était pas mon pro­pos, qu’il y avait deux solu­tions pour pro­duire de l’énergie éolienne. Soit construire des champs d’éoliennes géantes, approche cen­tra­li­sée qui fait plai­sir aux gens comme EDF, soit faire de la micro-production locale, approche qui laisse les consom­ma­teurs maîtres d’œuvre.

Ce que je crois, d’après ce que je lis en ce moment dans la lit­té­ra­ture scien­ti­fique, c’est que l’approche décen­tra­li­sée peut pro­duire autant d’énergie que l’approche cen­tra­li­sée, et poten­tiel­le­ment beau­coup plus, car rien n’empêchera par exemple de mettre des micro-turbines dans tous les conduits de che­mi­née, donc de déployer plus lar­ge­ment ces tech­no­lo­gies.

Il y a beau­coup de pro­jets de ce type en cours de déve­lop­pe­ment. Et qui contrai­re­ment à ce qui s’est dit sur Ago­ra­vox ne défi­gu­re­ront pas les villes (comme si les pavillons Bouygues et les antennes en tout genre ne les défi­gu­raient pas déjà). Au pas­sage, je fais tout de même remar­quer que les éoliennes défi­gurent un peu les cam­pagnes, je suis assez bien placé pour le dire car il y a un champ d’éoliennes non loin de chez moi.

C’était une paren­thèse. Les approches cen­tra­li­sée et décen­tra­li­sée ne sont pas incom­pa­tibles et elles se déve­lop­pe­ront de pair. Pour ma part, je pré­fère la pro­duc­tion locale car elle nous laisse acteur, nous pou­vons nous y mettre sans attendre que l’État ne fasse le bou­lot pour nous.

Avant de décou­vrir les tra­vaux de Richard Lind­say sur les éoliennes, j’étais per­suadé que les éoliennes étaient par­faites, que le bilan éner­gé­tique était génial… Je sais, je suis naïf, mais je crois ne pas être le seul. Les tra­vaux de Lind­say m’ont juste fait prendre garde à ne pas trop m’emballer. Déployer de nou­velles tech­no­lo­gies à grande échelle, peu importe les­quelles, peut s’avérer dan­ge­reux. Ce qui marche très bien dans le cas d’une éolienne n’est pas du tout extra­po­lable à des centaines.

Et le dan­ger ne peut pas être anti­cipé. Voilà pour­quoi l’approche locale, qui est plus pro­gres­sive, plus contrô­lable, vaut la peine d’être pri­vi­lé­giée. Bon, je ne vais pas me lan­cer à nou­veau dans un éloge de l’action locale. J’aurais d’autres occasions.

Un der­nier mot. En fait, j’ai pour l’essentiel rap­porté les pro­pos de Lind­say. Mais je ne vois per­sonne qui ne semble reve­nir à ses papiers. À entendre tout ces experts de l’éolienne, ce que je ne suis abso­lu­ment pas, j’ai l’impression que Lind­say est un cancre. Je crois que sa réflexion mérite d’être prise en compte.

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