Thierry Crouzet

Troll story

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Tous les auteurs qui publient sur Agoravox ont pris leur parti des trolls en maraude qui polluent les fils de commentaires. J’ai beau me persuader que les trolls sont un mal nécessaire, le prix de la liberté en quelque sorte, je n’arrive pas à m’habituer à leur présence, surtout quand ils influencent tous les commentaires qui suivent et que le trolling devient la règle. Aujourd’hui, j’en viens à chercher les rares commentateurs de bonne foi parmi une armée de trolls qui s’ignorent.

C’est un commentaire publié hier soir suite à mon article sur le bon sens qui m’a remonté contre les trolls inconscients de l’être. Mais toutes les remarques qui suivent sont valables pour 99 % des commentaires publiés sur Agoravox, suite à mes articles mais aussi suite à la plupart des articles.

1/ Exit la netiquette.

Par le passé, avant de publier sur un forum, on devait s’imprégner de sa philosophie. C’était un des points essentiels d’une politesse qui semble oubliée. Si elle était toujours d’actualité, les commentateurs devraient s’imprégner de la philosophie de l’auteur dont ils vont commenter l’article, au moins lire sa biographie, visiter son blog, lire quelques uns de ces autres articles, ça éviterait bien des incompréhensions, comme d’accuser un auteur d’ignorer les sciences de l’ingénieur alors qu’il est lui-même ingénieur.

2/ Un jeu perdant-gagnant.

Dans les médias traditionnels, il ne viendrait pas à l’idée d’un journaliste d’attaquer quelqu’un dont il ignore tout, ce serait suicidaire. Sur le web, les trolls n’ont pas peur du suicide (tous les joueurs de Donjons & Dragons savent que les trolls régénèrent). Comme les commentateurs n’ont rien à perdre, ils se lâchent. Presque toujours, ils jouent un stupide jeu perdant-gagnant avec les auteurs. Ils se croient être les gagnants parce qu’ils parlent en dernier. Au final, personne ne gagne, tout le monde perd, l’auteur, le commentateur, les lecteurs, Agoravox… qui devient lieu de débats tout aussi stériles que ceux des plateaux TV.

3/ Les grandes gueules anonymes.

La plupart des commentateurs se cachent. Ils ne s’enregistrent pas comme rédacteur sur Agoravox ou n’indiquent pas l’adresse de leur blog. Du coup, ils ont un courage qu’ils n’auraient jamais en face à face. Il m’est arrivé de demander à ce type de contradicteur de discuter de vive voix et ils ont refusé. Cette attitude est assez commune dans les forums. La plupart des gens ne sont pas là pour discuter mais pour tenir un rôle. Je me demande pourquoi ils ne jouent pas à WOW. Là, il y a de vrais trolls !

Pour moi, le web n’a rien de virtuel, quand je dis quelque chose je m’engage personnellement et j’attends que ceux qui discutent avec moi agissent de même. Sur mon blog, tout le monde peut trouver mon mail et mon adresse postale. Combien de commentateurs sur Agoravox sont prêts à cette transparence ?

Je crois que si nous étions tous identifiés, les débats seraient plus constructifs. Aujourd’hui, il est trop facile d’aller pourrir les articles des autres en sachant que les siens ne risquent rien puisqu’on agit sous de multiples pseudos. Allez lire les commentaires des auteurs Agoravox. Ils sont généralement posés et argumentés.

Sur Agoravox, il devrait ĂŞtre possible de masquer les commentaires de tous les auteurs inconnus. Personnellement, je ne lirais que dans ce mode.

4/ Les attaques contre l’homme pleuvent.

L’auteur est soit traité de tous les noms d’oiseaux, soit accusé de commettre des erreurs inexcusables. Un auteur, en général, quand il avance quelque chose donne ses sources, c’est la règle de base de tout journalisme, même du journalisme citoyen. Les commentateurs ne prennent pas les mêmes précautions. Ils donnent des chiffres qu’ils tirent de leur chapeau.

Dans le cas de mon article sur le bon sens, j’avais cité deux articles. Au vu des commentaires, je suis certains qu’aucun critique n’est remonté aux sources. Car pour dénoncer mes erreurs, il aurait fallut dénoncer les erreurs des auteurs des articles cités puis les erreurs des auteurs cités dans ces articles cités… Là, ça devient plus difficile et personne ne s’y risque car c’est du travail.

Pour éviter, les argumentations légères, il faudrait peut-être que tous les chiffres donnés soient liés à leur source. Tous les chiffres devraient être hypertextualisés. Ça ne les rendrait pas justes mais au moins les lecteurs pourraient approfondir.

5/ Le règne des petits profs.

Les pires des commentateurs sont ceux qui croient que tout le monde, l’auteur en premier lieu, est plus con qu’eux. J’ai été journaliste. La première chose que j’ai apprise en faisant ce métier est de considérer mes lecteurs comme plus intelligents que moi.

Suite Ă  mon article sur le bon sens, plusieurs commentateurs on fait les fanfarons. Ils ont dĂ©bitĂ© au sujet du mĂ©thane ce que tout prof de biologie de lycĂ©e apprend Ă  ses Ă©lèves. S’ils avaient lu l’article de NewScientist auquel j’ai fait rĂ©fĂ©rence, ils auraient compris que nous venions tout juste de dĂ©couvrir une nouvelle source de mĂ©thane. C’est justement pour cette raison que j’ai parlĂ© des limites du bon sens. Nous sommes tous persuadĂ©s que planter des arbres est bon, ce n’est pas nĂ©cessairement Ă©vident (je n’ai pas dit que planter des arbres Ă©tait mauvais mais qu’il fallait toujours mettre en doute le bon sens).

La controverse sur le méthane est anecdotique. Elle montre juste comment tout le monde peut dire n’importe quoi et accuser les autres de dire n’importe quoi. Encore une fois, je crois que pour éviter une telle impasse auteurs et commentateurs doivent se plier aux mêmes règles du journalisme : commencer par citer les sources et ne pas jouer au prof face à ses élèves.

Je sens déjà que les trolls vont se déchaîner. Du coup, je n’ai même pas envie de publier cet article sur Agoravox. Je profite encore un peu des vacances.

PS : Les trolls les plus nocifs sont ceux qui s’ignorent. Ils croient Ă©clairer les lecteurs en conspuant l’auteur et, l’accusant de se tromper, ils se trompent eux-mĂŞmes. Le problème : l’auteur ne peut rĂ©pondre Ă  tous. Du coup, les attaques laissĂ©es sans rĂ©ponse laissent penser qu’il est dans l’erreur. J’ai souvent beaucoup de mal Ă  garder mon calme quand je vois des anneries m’ĂŞtre reprochĂ©es par des ânnes. Mais si je rĂ©ponds, je suis mort car je vais devoir passer des heures en argumentation inutiles avec des gens de mauvaises foi. Parfois je me dis que les vieux mĂ©dias ont du bon. Comme il faut un peu ramer pour y accĂ©der, après on est entre gentlemen.

/ Coup de gueule /96 lectures

24 commentaires pour “Troll story”

  1. Manuel
    17/08/2006 @ 11:38

    Tu as bien raison Thierry !
    Pourfendons les trolls !
    La plupart du temps ils servent une idéologie alimentaire à laquelle il ne croient même pas (socialisme, libéralisme).

  2. koz
    17/08/2006 @ 11:56

    C’est assez bien vu, et bien catĂ©goriser. Publier sur Agoravox m’a intĂ©ressĂ© et plu un temps. Mais la lecture des commentaires est trop souvent dĂ©primante, ou d’une grande pauvretĂ©. Inutile de rĂ©pĂ©ter ce que vous avez vous-mĂŞmes Ă©crit ci-dessus puisque j’y adhère.

    Je sais en revanche que Carlo Revelli essaie de trouver un moyen de parer Ă  ce problème. Il souhaitait, un temps, adopter un classement des commentaires en “pour”, “contre”, et les assortir d’une “note”, afin de valoriser les commentaires les plus intĂ©ressants et entraĂ®ner un effet vertueux. Comme beaucoup d’idĂ©es, elle a soulevĂ© suffisamment d’objections pour que peu de choses bougent.

  3. Vincent
    17/08/2006 @ 12:14

    C’est le danger de toute libertĂ©… La plupart du temps, les gens comprennent cette “autonomie” comme une capacitĂ© de libĂ©rer leur loghorrĂ©e. On revient sur un dĂ©bat qui a eu lieu dans un autre billet: il est intĂ©ressant de critiquer, pas de construire. Le statu quo est quelque part l’Ă©tat idĂ©al qui reçoit le moins de critique.

    Ceci posĂ©, ça me repose une question que j’ai dĂ©jĂ  posĂ© dans un autre post… En voyant comment l’avancement des idĂ©es un peu dĂ©calĂ©es est accueilli, est-ce que le “bonheur” de la rĂ©volution tranquille est possible?

    Je reformule. Les connecteurs, que l’on estime Ă  tort ou Ă  raison ĂŞtre, pensons ĂŞtre en train de changer le monde. En silence. Nous n’aimons pas manifester, nous ne votons pas. Et les trolls nous les brisent menu-meun (si je puis me permettre une telle formule)… Pourquoi nous les brisent-ils ainsi? Parce que nous nous exposons.

    Comment faire pour se “structurer” (au sens particulier, prendre conscience de qui l’on est, entrer en contact les uns avec les autres, tout ce genre de choses… ? Le faut-il? Oui, c’est connectant.

    Mais faut-il le faire de manière “militante”? (on s’entend, hein… ce militantisme ressemble plus Ă  une gentille sensibilisation) Quelque part, est-ce que la prise de tĂŞte du troll n’est pas supĂ©rieure Ă  notre capacitĂ© Ă©ventuelle de rĂ©sistance?

  4. Thierry Crouzet
    17/08/2006 @ 12:32

    J’espère que les trolls ne sont pas plus forts que nous Vincent. Ton initiative de carte des connecteurs va dans le bon sens. Ce qui compte c’est que nous dessinions peu Ă  peu un rĂ©seau de gens de bonne volontĂ©, pas nĂ©cessairement d’accord sur tout, mais optimistes avant tout. Je vais essayer de pondre un truc Ă  ce sujet.

    Je sais aussi que Carlo est pris au piège sur Agoravox. Les commentaires sont nĂ©cessaires et, Ă  la fois, ils limitent la portĂ©e des articles. Je serais pour que tous les commentaires s’effectuent sous forme de tracback. Au moins tu t’engages nĂ©cessairement quand tu commente.

  5. Vincent
    17/08/2006 @ 13:19

    Je ne doute pas franchement de la “force”… Les Ă©volutions ont toujours Ă  passer au-delĂ  de rĂ©sistances, le problème n’est pas lĂ … ;-)

    En fait, c’est un peu une question de jĂ©suitique… Sachant que l’on n’est pas dans une dĂ©marche prosĂ©lyte vers les sceptiques, mais dans une dĂ©marche “d’alerte” vers les connecteurs qui s’ignorent, on est obligĂ© de “cotoyer” les trolls…

    Qui de toute manière sont douĂ©s pour s’inviter, j’en conviens…

    Mais donc, c’est simplement qu’il est par moment dommage qu’aujourd’hui tellement de gens pensent encore ĂŞtre “pertinents” en aboyant plutĂ´t qu’en articulant…

    Sinon, pour finir sur les trolls, Maester leur avait réglé leur compte de plutôt belle manière je trouvais: http://maester.over-blog.com/article-2900464-6.html

  6. Manuel
    17/08/2006 @ 15:04

    Lors du non Ă  la constitution, c’est vrai qu’il y e navait beaucoup des trolls. Trop. J’essayais pour ma part Ă  ce que l’on Ă©crive une autre Constitution dans les forums, mais ça n’avait pas de succès, il fallait trop travailler. Dès qu’un article Ă©tait Ă©crit c’Ă©tait immĂ©diatement descendu en flamme.
    Dans les nonistes, il y avait une grande part de trolls, et une autre partie qui argumentait et qui disait pourqoui ils n’en voulaient pas.

    Le remède contre un troll : le feu.

  7. Patrick B.
    17/08/2006 @ 15:22

    Sinon, il y a Néthique qui est bien. Il faut les promouvoir. Plus on sera nombreux, plus ça se saura, et plus les trolls auront conscience de leur état.

    Car souvent il y a confusion entre discussion et polĂ©mique, avis et commentaire perfide…

    Et aussi une charte pour les blogs

    ::

  8. Thierry Crouzet
    17/08/2006 @ 16:19

    La netiquette existe mais les trolls ne la respectent pas. Et pour moi, comme je l’ai Ă©crit, les trolls les plus nocifs sont ceux qui s’ignorent. Ils croient Ă©clairer les lecteurs en conspuant l’auteur et l’accusant de se tromper en se trompant eux-mĂŞmes. Le problème pour l’auteur : il ne peut rĂ©pondre Ă  tous, du coup les attaques laissĂ©es sans rĂ©ponse laissent penser qu’il est dans l’erreur. Heureusement, les lecteurs sont intelligents. Mais je l’ai souvent un peu en travers quand je vois des conneries suite Ă  mes articles Agoravox et que je ne peux rĂ©pondre, faute de temps et parce que souvent ces attaques n’en valent pas la peine. Si l’on se laisse tenter par rĂ©pondre, on est mort. Parfois je me dis que les vieux mĂ©dias ont du bon. :-) Comme il faut un peu ramer pour y accĂ©der, après on est entre “gentlemen”. Mais bon, je vais pas arrĂŞter de bloguer.

  9. ~laurent
    17/08/2006 @ 21:06

    TRANSPARENCE ?

    Je pense que l’on peut imposer Ă  ceux qui publient des commentaires de signer. On sait que l’on peut facilement localiser ou retrouver un commentateur qui dĂ©rappe, donc pourquoi ne pas imposer la transparence.

    Sur un plateau de tĂ©lĂ©, tu montre ta face, sur internet c’est le règne des corbeaux, c’est l’obscuritĂ©. Et pour Ă©largir un peu le sujet, aujourd’hui tout le monde peut signer de mon nom et de mon URL sur n’importe quel site, ce qui fait froid dans le dos.

    Je pense qu’il faut lever sur certains site l’anonymat. Lorsqu’un auteur s’engage et blog a visage dĂ©couvert, la moindre des politesse est de faire de mĂŞme pour les commentateurs.

    Il n’est pas très compliquĂ© de mettre en place des système peu contragnants qui assurent cette transparence

  10. Page2007.com
    17/08/2006 @ 22:13

    \”aujourd’hui tout le monde peut signer de mon nom et de mon URL sur n’importe quel site, ce qui fait froid dans le dos.”

    j’ai connu ce genre de problèmes!
    et le pire, c’est Google! qui garde trace de tout, mĂ©lange les vraies interventions et les usurpations, les papiers sĂ©rieux et les commentaires de trolls dĂ©posĂ©s sur des forums ou des blogs, les analyses fruits d’un travail rĂ©el, et les fausses analyses qui cachent des règlements de compte…

    La seule vraie rĂ©ponse c’est d’Ă©duquer le lecteur, pour qu’il prenne avec beaucoup de recul ce qu’il lit sur le net. Face Ă  un Ă©crit sur Internet, on ne peut jamais savoir :

    - s’il est vrai
    - s’il est Ă©crit par celui qui le “signe” ou par quelqu’un qui Ă©crit sous son nom ou par quelqu’un d’autre que le signataire pille
    - s’il a la moindre rigueur Ă©ditoriale, du fait de l’absence de filtres journalistiques dont parlait Thierry.

    Voir aussi le cas de la fausse interview :
    “Depuis plusieurs mois, un entretien de Guillaume Faye circule sur internet. Cet entretien est un faux.” http://fr.novopress.info/?p=5682

    Il faut Ă©duquer le lecteur, lui apprendre Ă  croiser les sources, lui apprendre Ă  rĂ©flĂ©chir sur les dessous d’un article, ne jamais rien prendre pour argent comptant, et surtout pas Google qui n’est qu’un robot, pas un directeur Ă©ditorial garantissant le sĂ©rieux ou la vĂ©ritĂ© d’une source.

    Internet est un formidable booster d’activitĂ©s, qui favorise le meilleur comme le pire. A chacun d’aiguiser son regard et son jugement.

  11. Carlo Revelli
    17/08/2006 @ 22:22

    N.B. Thierry qui n’aime pas les trolls a mis en place un truc invraisemblable qui bloque mon commentaire visiblement trop long pour ce robot. Je retente le coup en deux fois!

    Salut Thierry,

    Article bien intéressant. Tu fais bien à ne pas le publier chez nous,
    on pourrait te troller jusqu’à la moelle épinière! :-)

    Débat éternel. On l’a déjà eu chez nous en long et en large. Va voir
    cet article et ces 300 commentaires:
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11190

    J’avoue que je ne suis convaincu par aucune solutions mais en même
    temps le status quo m’énervent. La solution d’obliger à s’enregistrer
    je suis pas sûr qu’elle marche. Elle va dissuader plein de gens de
    bonne volonté et en revanche le troll va s’inscrire! Car le troll a du
    temps libre, de l’énergie à vendre et rien à faire de ses journées…

    Ton idée sur les trackbackq est super élitiste. A ce jour, j’ai environ
    4-5 TB par jour sur AgoraVox et quelques centaines de commentaires
    avec disons une moyenne de “trollage” de 20-30%.

    Ton idée de mettre en avant les rédacteurs ayant déjà écrit est pas
    mal en revanche. Je me demande si je vais pas adopter un truc avec des
    codes couleurs. Tu as remarqué que quand un rédacteur répond
    maintenant son commentaire est encadré en vert. On pourrait imaginer
    que quand un rédacteur qui est déjà écrit un article commente, son
    commentaire apparaît en bleu. Quand c’est un rédacteur qui s’est
    inscrit mais qui n’a pas encore publié c’est en blanc (comme
    actuellement). Et quand c’est un anonyme qui a fait aucun effort c’est
    en grisé clair en caractère petit petit… Qu’en penses tu?

    Alternative: adopter l’outil de Slashdot.org qui semble être en
    open-source. C’est ce que conseille pas mal de gens dans notre
    article. Je sens le truc un peu usine Ă  gaz technophile mais chez eux
    ça semble marcher. Voici quelques extraits pris des commentaires de
    notre article:

    ———————————————————————-
    personnellement, j’aime bien le système de slashdot. Eux, c’est
    encore pire, il n’y a pratiquement pas d’articles, la quasi-totalité
    du contenu du site, ce sont les commentaires des visiteurs. Et ils ont
    assez de visiteurs pour que le nom du site soit devenu un verbe
    (slashdotté un site: le mettre à genoux en postant son url sur un site
    très visité).

  12. Carlo Revelli
    17/08/2006 @ 22:23

    (suite de mon commentaire trollesque pour duper le robot de Thierry)

    Leur système de modération n’est pas mauvais: si vous visitez le site
    souvent, vous êtes de temps en temps tiré au sort et vous recevez 5
    points “modération”. Vous pouvez utiliser chaque point pour augmenter
    ou diminuer la notation d’un commentaire lié à un article, mais
    seulement si vous ne postez vous-mĂŞme aucun commentaire pour cet
    article. De plus chaque augmentation ou diminution est faite dans une
    catégorie (”-1, troll”, “+1, informatif”, “-1, redondant”, “+1,
    marrant”, etc…) qui “tag” le commentaire. Chaque visiteur peut
    ensuite se faire son propre filtre et décider par exemple d’enlever
    systématiquement 2 points au commentaires taggé “marrant”, s’il n’est
    pas intéressé par ceux-ci. Si vos commentaires sont souvent bien
    notés, alors la note initiale de tous les commentaires que vous faites
    augmente, améliorant votre visibilité.

    Ca marche plutôt bien et j’aime bien ce système où tout le monde finit
    par être modérateur, mais pas en permanence et où modérer a un coût
    (ne pas participer à la conversation). Il y a un tas d’autres
    subtilités dans le système, aller voir sur place pour plus d’infos (en
    anglais).

    Je rejoins complètement cet avis. Malgré ses défauts, ce vieux
    Slashdot reste un précurseur (et d’un paquet d’années) des blogs. Et
    son système de gestion des commentaires (modération, structure, etc) a
    été éprouvé par le temps.

    Perso. je lis Ă  +4 ou +5 quand je cherche des avis intelligents, et je
    lis à 0 ou -1 quand je modère (ce que je prends la peine de faire une
    fois tous les 6 mois).
    http://slashdot.org/faq/com-mod.shtml

    Pour compléter, les points de modération Slashdot ne sont attribués
    qu’à ceux qui postent des commentaires.

    Et il faut ajouter à cela le système de contre-modération
    (meta-moderate) qui permet à un autre habitué de valider que la
    notation attribuée est correcte: chaque notation d’un commentaire est
    soumise Ă  une meta-notation: juste/injuste.

    Le code de Slashdot est libre et disponible sur
    http://www.slashcode.com/.

    Un systeme du type slashdot est effectivement un bon système qui passe
    outre les questions d’anonymat/Identification pour ne s interresser
    qu’au fond du commentaire. De plus ce genre de système donne une
    valeur ajoutée certaines aux lecteurs qui marquent les posts.
    Actuellement le type qui vient de lire les 3423 réactions ne peut
    qu’en rajouter une, pour exprimer son avis.

    Je pense que la population des nombreux lecteurs d’agoravox est assez
    intelligente pour profiter au mieux d’un tel système afin de faire
    ressortir les meilleurs commentateurs, essayons de sortir agoravox
    vers le haut sans lui enlever le bas….
    ———————————————————————-

    Qu’en pensez-vous?

    Amitiés

    Carlo

  13. Anonyme
    18/08/2006 @ 00:31

    1/ L’anonymat n’est-il pas aux commentaires ce que le vote Ă  bulletin secret est Ă  la dĂ©mocratie ?

    2/ Supprimer l’anonymat serait couper la branche sur laquelle les blogues sont assis (et surtout les sociĂ©tĂ©s qui en vivent)

    3/ Rien n’empĂŞche les ceux qui le souhaitent de crĂ©er des blogues aux conditions d’accès aux droits en Ă©criture plus contraignantes pour les commentateurs; l’audience s’en ressentira certainement un peu, mais au moins ils pourront travailler dans de meilleures conditions.

    4/ Rien n’oblige les rĂ©dacteurs de billets Ă  publier sur les platte-forme tropllĂ©es !

    5/ Personnellement je n’ai pas fait le choix de laisser des traces partout sur le net contrairement Ă  certains qui en attendent un dĂ©but, un surcroĂ®t, de notoriĂ©tĂ©.

    Et puis il ne faut pas dĂ©sespĂ©rer qu’avec le temps, les commentateurs puissent dans leur ensemble ĂŞtre Ă©duquĂ©s Ă  mesure que la pratique s’ancrera dans les habitudes.

  14. ~laurent
    18/08/2006 @ 08:31

    > carlo

    > Un systeme du type slashdot est effectivement un bon système qui
    > passe outre les questions d’anonymat/Identification pour ne s interresser
    > qu’au fond du commentaire.

    je pense en effet le pense que c’est la bonne dĂ©marche pour Agoravox mais qui n’est valable que pour un site très visitĂ©. Reste malgrĂ© tout ouvert, dans le cas des commentaires ouvert, le problème de la fausse signature.

    Un système simple : une boite a cochĂ©e (par dĂ©faut) “Ne voir que les commentaires signĂ©s” qui n’affiche dans la liste des commentaires que ceux qui sont signĂ©s.
    On peut la dĂ©cocher si l’on veut voir la liste avec trolls.

  15. Anonyme
    18/08/2006 @ 10:51

    Ă  Laurent

    Si je ne m’abuse, un troll prĂ©sente un caractère (pas frcĂ©ment volontaire) de dĂ©nigrement et/ou dĂ©livre des jugements Ă  l’emporte pièce.

    Aussi il est dommage d’assimiler un commentaire d’anonyme, comme celui-ci, Ă  un troll .

    Alors, simple prĂ©caution sĂ©mantique, ne serait-il pas plus appropriĂ© et moins offensant pour les anonymes qui n’ont pas pour projet de dĂ©nigrer ou de dĂ©monter sans autre forme de procès, de remplacer trolls par anonymes dans ta dernière phrase ?

  16. borneo
    18/08/2006 @ 11:06

    Sur Agoravox, les commentateurs “compulsifs” sont bien souvent le fait d’auteurs “enregistrĂ©s” et tout aussi pĂ©nible que les trolleurs. Parfois les trollers sont ces mĂŞmes auteurs qui interviennent anonymement.
    Quant a vouloir faire des blogeurs des journalistes : stop. Non, non et non.

    Beaucoup de blogs forts intĂ©rĂ©ssants, tant que relativement anonymes perdent, de mon point de vue, beaucoup de leurs intĂ©rĂŞts quant leurs auteurs sous la fausse impression d’une notoriĂ©tĂ© illusoire se prennent pour une nouvelle pythie des temps modernes.
    ObsĂ©dĂ©s par la nĂ©cĂ©ssitĂ© d’une Ă©criture quotidienne pour maintenir leur “Rank”, ils en viennent malheureusement Ă  exprimer une opinion sur tout et rien et le plus souvent alors en dehors de leurs domaines de compĂ©tences (on peut leur pardonner, c’est le principe de Peter), mais aussi en contradiction avec leur sensibilitĂ© originale qui nous avait fait les apprĂ©cier Ă  l’origine.

    A chacun de faire son tri et surtout de partir Ă  la dĂ©couverte de nouveaux auteurs ayant conservĂ©s leur “fraicheur” et leur spontanĂ©itĂ©.

  17. Pierre Barré
    18/08/2006 @ 12:16

    Les commentaires, point de tension / d’équilibre, de l’information sur Internet ?

    On retrouve ici les éléments principaux de la question des commentaires : néthique, médiation, certification de l’information, compétence des contributeurs, anonymat, place du lecteur.

    Dans les travaux que je mène actuellement (en quoi la participation citoyenne sur Internet entre, ou non, dans le cadre de la démocratie locale), la question des commentaires représente une transition, un point d’articulation, entre deux étapes : celle de l’information et celle du débat.

    1. Si on considère la personne qui lit il s’agît de venir chercher de l’information.
    2. Si on s’intéresse à l’auteur, il s’agît de publier un contenu.

    3. Si on s’intéresse aux contributeurs (aux commentaires, donc), il peut s’agir de plusieurs choses, et c’est de là que naît la complexité : poser une question, demander un complément, proposer un complément, donner son avis, critiquer pour critiquer (le troll)…

    J’ai parlé de complexité, et effectivement il est dur de trouver un consensus. Mais une chose est sûre, la confrontation est nécessaire, il serait néfaste d’accoucher d’un système communautaire où on discute uniquement avec les personnes qui partagent le même avis.
    C’est une rengaine. Certes. Mais le danger n’est jamais loin dès lors qu’on cherche une structuration, une formule de popularitĂ©, une mĂ©thode de vote…

  18. Thierry Crouzet
    18/08/2006 @ 14:38

    Vos commentaires montrent que cette histoire est loin d’être simple. Et on a de la chance, mon blog n’est pas encore trollé ! Je suis d’accord qu’il ne faut pas censurer, qu’il faut ouvrir les vannes… un système d’auto-organisation à la slashdot marche surtout pour qualifier les articles. Mais qui a envie de noter les commentaires ? Les trolls vont pouvoir casser les bons commentaires. Et les trolls qui s’ignorent, en toute bonne-foi naïve, vont faire encore plus de dégâts.

    Quand je publie sur Agoravox, c’est avant tout pour recevoir quelques bons commentaires. Il y en a, heureusement. Surtout au début des threads, après sa part en couille. Pour un lecteur, c’est pas compliqué, suffit de s’arrêter assez vite de lire. Pour un auteur, je crois qu’il faut accepter de prendre des coups sans répliquer. Je vais essayer de me tenir à cette règle. Peut-être simplement refuser de répondre aux commentaires et réserver mes réponses pour un d’autres articles.

    La prochaine fois que je publie sur Agoravox, j’annoncerai la couleur dans un ps. Je présenterai mes article comme des scénarios de jeu de rôle où les commentateurs seront les joueurs.

  19. Thierry Crouzet
    18/08/2006 @ 14:49

    En lisant le commentaire de Rabbi Fred, je me dis que les rabbis ont sans doute déjà résolu le problème auquel nous faisons face. Et je vais tout de suite appeler Rabbi Fred pour lui dire de publier son texte sur Agoravox. :-)

  20. Vincent
    18/08/2006 @ 17:25

    Juste pour illustrer par l’exemple, il ne faut pas toujours ĂŞtre dĂ©sespĂ©rĂ© par les commentaires. Sur lafraise, il vient d’avoir le premier post des repreneurs du site…

    Le postage de commentaires sur lafraise est soumis Ă  une identification “claire”… On peut mettre un pseudo et une adresse e-mail spĂ©cialisĂ©e dans le spam, mais en attendant, il faut s’identifier.

    Et en attendant, donc, sur ce premier post, on a dĂ©passĂ© la centaine de commentaires… ça s’enflamme, ça polĂ©mique, mais ça reste somme toute bien Ă©levĂ©… ou au pire lĂ©gèrement inutile… (Ă€ lire ici: http://www.lafraise.com/blog/2006/08/plutat_quun_lon.php#comments).

  21. claude
    25/08/2006 @ 14:20

    je viens de découvrir ce blog et en lien la charte Néthique

    une suggestion pour “moraliser” un peu AgoraVox qui va finir par mourir

    pourquoi ne pas imposer Ă  tout nouvel arrivant sur AgoraVox, dès lors qu’une personne souhaiterait poster, avant la toute première participation, la lecture obligĂ©e de la charte NĂ©thique et ensuite un engagement sur l’honneur, ni plus ni moins, Ă  la respecter ?

    Ă  dĂ©couvrir la charte NĂ©thique j’ai quand mĂŞme Ă©tĂ© surpris de lire qu’ ils y sont prĂ©conisĂ© des principes qui partent du simple bon sens ou de la simple politesse !….

    valable aussi pour les ” vĂ©tĂ©rants ” d’ailleurs ( je plaide coupable pour avoir fautĂ© et m’ĂŞtre laissĂ© aller Ă  une rĂ©ction viscĂ©rale, donc nous avons tous besoin de limites Ă  un moment ou Ă  un autre et malheureusement certains plus que d’autres )

    sanctions prĂ©vues pour les entorses : un système de cartons jaunes ( Ă  dĂ©finir ) et un carton rouge au bout de X cartons jaunes ; ces cartons jaunes pourraient apparaitrent sous forme d’un drapeau devant le posteur fautif avec un chiffre ( 1, 2, …etc) qui laisserait au fauteur le loisir de rĂ©flĂ©chir sur la marge qui lui reste avant son exclusion dĂ©finitive, drapeaux Ă  moduler en fonction de l’espacement ou de la concentration dans le temps des entorses Ă  la charte NĂ©thique

    par ailleurs il faut bien admettre, sans vouloir prendre le parti des trolls, que certains articles dès l’abord, par leur titre, provoquent les dĂ©rapages immĂ©diats; lĂ  peut ĂŞtre que l’Ă©quipe AgoraVox pourrait y faire quelque chose.

    de dĂ©rapages en dĂ©rives, de rĂ©ponses Ă  l’article en rĂ©ponses aux commentaires beaucoup de rĂ©actions viennent dĂ©naturer l’objectif d’AgoraVox que j’apprĂ©cie pourtant; il ne faut pas renoncer Ă  trouver une solution sinon les âmes de bonne volontĂ© dĂ©serteront ce forum qui deviendra un Ă©gout

  22. Thierry Crouzet
    25/08/2006 @ 14:23

    Sur le sujet, un débat tourne en ce moment sur agoravox.

  23. enfant terrible
    11/09/2006 @ 03:43

    avant de lire cet article, je ne savais mĂŞme pas ce qu’Ă©tait AGORAVOX.
    Mais mĂŞme sans cela, je penses tout comme toi qu’il est plus que nĂ©cessaire de bien lire les articles avant de lire les commentaires.
    On finit bien souvent par comprendre que les commentaires les plus fumeux sont rédigés par des gens qui ne prennent même pas la peine de regarder les sources des articles.
    Les idĂ©es interressantes sont rares, la tienne est très interressante, et il est dommage de voir que certains commentaires ne prennent pas le parti d’engager les lecteurs dans la voie de la reflexion. J’espère sincèrement que le web ne se pliera pas aussi facilement aux dangers du rĂ©ductionnisme et que des initiatives comme la tienne ne seront pas brisĂ©e Ă  cause de ça.

  24. Mikaël Cabon
    31/05/2010 @ 13:04

    J’ai constatĂ© cela sur Agoravox aussi. Si l’on distribuait les points Godwin Ă  tous ceux qui Ă©voquent le nazisme ou assimilĂ©s dans leurs commentaires, et en les vendant sur les marchĂ©s financiers, on pourrait financer les retraites et rembourser le dĂ©ficit des pays de l’UE. Ton article date de quatre ans, mais la rĂ©alitĂ© reste la mĂŞme aujourd’hui sur AV.

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