Matrix reloaded

Que vous dire sur ma confé­rence matri­cienne de Fri­bourg samedi der­nier ? Mal­gré la bis­bille avec les phi­lo­sophes, Patrice Mani­glier et Fré­dé­ric Grol­leau, je me suis bien amusé. Peut-être pas le public autant que moi comme le raconte Natha­lie.

Je dois dire qu’après la confé­rence j’ai dîné avec mes deux phi­lo­sophes et que nous nous sommes fort bien enten­dus. Devant le public, nous nous sommes pris au jeu. Je trouve d’ailleurs inté­res­sant l’exercice de ne pas être d’accord et j’aime le pra­ti­quer depuis long­temps. Après avoir assisté à une superbe confé­rence sur la rhé­to­rique byzan­tine par Gré­goire Som­mer, l’occasion était trop bonne de me com­por­ter en sophiste.

Voici quelques idées qui m’ont tra­versé durant la conférence :

1/ Dans la ligné de Karl Pop­per, je crois que la phi­lo­so­phie doit ouvrir la route devant la science. Donc un phi­lo­sophe doit être au fait des der­nières avan­cées intel­lec­tuelles, sur­tout les avan­cées objec­tives. Par exemple, il me paraît invrai­sem­blable de se pré­tendre phi­lo­sophe aujourd’hui sans maî­tri­ser le théo­rème d’incomplétude de Gödel et ses déve­lop­pe­ments par Turing. Bien sûr, je consi­dère qu’il faut aussi avoir lu des gens comme Wol­fram ou Chai­tin… pour ne citer qu’eux. Leurs décou­vertes me paraissent plus impor­tantes pour la phi­lo­so­phie que les théo­ries phy­siques, comme la méca­nique quan­tique, qui res­tent des modèles.

2/ Je ne dis pas que Mani­glier ou Grol­leau ignorent les scien­ti­fiques dont je parle (moi j’ignore presque tout des phi­lo­sophes aux­quels ils se réfèrent). Durant la confé­rence, je me suis juste dit voilà deux vieux phi­lo­sophes qui croulent sous le poids de la post­mo­der­nité fran­chouillarde (ils ont cha­cun dix ans de moins que moi). En par­lant avec eux après, j’ai com­pris que je me trom­pais. Je vais d’ailleurs leur envoyer tout de suite un mail pour leur pro­po­ser de boire un coup à Paris la semaine prochaine.

3/ Je crois que nous nous devons d’agir, de trou­ver une solu­tion pour éviter une catas­trophe pla­né­taire. Entendre des argu­ties au sujet de la nature du réel me paraît presque immo­ral. Pour moi, la pen­sée doit mener à des appli­ca­tions pra­tiques. Tout ce que je fais ici le plus sou­vent c’est essayer de mon­trer qu’il existe de nou­velles pos­si­bi­li­tés poli­tiques. Ça me paraît plus impor­tant que me deman­der si un verre est à moi­tié plein ou à moi­tié vide.

4/ Quant à Matrix, je per­siste et je signe. Ce film n’est ni un chef d’œuvre ciné­ma­to­gra­phique et ni une somme phi­lo­so­phique. Que les frères Wachowski se soient pro­je­tés dans le film en incar­nant les laveurs de glaces, ça ne suf­fit pas pour faire intel­li­gent. Hit­ch­cock fai­sait tou­jours ça. Nombre de peintres comme Van Eyck se sont repré­sen­tés dans des miroirs à l’arrière plan de leur œuvre. Chaque fois ils ont ques­tionné la réa­lité repré­sen­tée, signi­fiant qu’elle n’était qu’un simu­lacre. Ce n’est pas nouveau.

5/ En fait, je crois que je me suis mal fait com­prendre samedi. Tout ce que j’ai dit au sujet de la matrice vaut pour notre monde. Si Dieu archi­tecte existe, c’est un Dieu contem­pla­teur. Mani­glier a fait remar­quer que ça ne ser­vait donc à rien de savoir si un tel Dieu exis­tait. Je suis d’accord avec lui sur ce point. Mais pas quand il dit que cette conclu­sion est sans inté­rêt. Des gens se font encore explo­ser au nom de Dieu. S’ils accep­taient l’idée d’un Dieu impuis­sant, il serait peut-être moins prompt à pres­ser sur le détonateur.

6/ Nous avons aussi parlé de la pos­si­bi­lité d’entrer et de sor­tir de la matrice. J’ai évoqué WOW (Word of War­craft) avec Mani­glier. Voilà une matrice en ges­ta­tion. De façon plus géné­rale, beau­coup de gens entrent et sortent sans cesse de la matrice, tant ils séparent leur tra­vail de leur vie pri­vée. Pour ma part, j’essaie de res­ter dans ce que je crois être la réa­lité (ma réa­lité sans aucun doute).

7/ Je me sou­viens d’un autre point d’accrochage. Mani­glier m’a demandé de défi­nir la liberté ou la conscience, peu importe, j’ai refusé. Je ne vais pas reve­nir sur un sujet dont j’ai déjà beau­coup parlé. J’en pro­fite juste pour rap­pe­ler ma conver­sa­tion avec Geof­frey West. Il est direc­teur d’un ins­ti­tut dédié à l’étude de la com­plexité et il n’éprouve même pas le besoin de défi­nir la com­plexité. Quand tu la vois la com­plexité, tu com­prends ce que c’est. Idem pour la liberté et la conscience. Quand tu les éprouves, tu sais de quoi il s’agit. Ne pas les défi­nir ne nous empê­chera pas d’en créer. Refu­ser de défi­nir, ce n’est pas refu­ser la conver­sa­tion. C’est refu­ser de perdre du temps et pré­fé­rer aller de l’avant.

En tout cas, je suis prêt à renou­ve­ler l’expérience fri­bour­geoise. Si les gens accep­taient de se fric­tion­ner un peu plus, je crois que ça revi­go­re­rait tout le monde. La langue de bois et le poli­ti­que­ment cor­rect, c’est pas trop mon genre.

PS1 : Pour moi, la simu­la­tion est une réa­lité. Dans le cadre de la simu­la­tion, les Sim vivent dans un mode réel. J’ai expli­qué tout ça dans Le peuple des connec­teurs. Un simu­lacre, c’est quand on per­çoit une réa­lité autre que celle de la simu­la­tion. La drogue, le rêve, les jeux… nous plongent cha­cun à leur façon dans des simu­lacres. On en sort en s’éveillant. Mais on n’est jamais sûr de ne pas être dans un simu­lacre. On pour­rait dire qu’on peut sor­tir d’un simu­lacre, jamais d’une simu­la­tion (car elle est la réalité).

PS2 : WOW n’est pas une simu­la­tion au sens où je l’entends. C’est un jeu, une drogue pour­quoi pas, qui peut nous arra­cher du réel, nous faire entrer dans un ailleurs, mais cet ailleurs n’est pas un monde en soit, auto­nome, il dépend de notre réel, de celui des joueurs en tout cas.

PS3 : Je dis pas que notre monde est une matrice mais que si Dieu existe il res­semble au grand archi­tecte d’une matrice, en ce sens qu’il ne peut être ni omni­scient ni omni­po­tent ni rien dans ce genre.

PS4 : J’aimerais que nous dis­po­sions effec­ti­ve­ment d’un libre-arbitre. Je le crois mais rien ne le prouve. Dans une matrice, il peut aussi y avoir liberté ou non. Dans le film, les humains pri­son­niers de la matrice sont libres. Ils font ce qu’ils veulent dans le simu­lacre de réa­lité. Que ce soit un simu­lacre ne change rien au pro­blème du libre-arbitre.

PS5 : Une simu­la­tion peut-être binaire, bio­lo­gique, quan­tique… Notre monde est peut-être binaire d’ailleurs. Nous n’en savons rien. Une simu­la­tion est un monde en soit tout comme notre monde.

PS6 : Une matrice ne pourra jamais être déter­mi­niste, c’est impos­sible. Tout ne peut être cal­culé à l’avance, pas plus dans une matrice que dans notre monde. Je ne crois pas au contrôle. Dans Matrix, le monde des machines semble cen­tra­lisé. On ne sait rien de celui de la matrice. Tech­ni­que­ment, il ne peut l’être à mon sens.

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12 commentaires à “Matrix reloaded”

  1. gravatar.com frank ip:1
    19 September 2006 @ 23:28

    Oui j’étais à Fri­bourg égale­ment et j’ai regretté que le débat avec le public était assez limité. Pour des ques­tions de temps ? Je l’ignore…

    Bref une ques­tion que j’aurais voulu abor­der est la ques­tion de la per­cep­tion. Com­ment passe-t-on de la simu­la­tion au simu­lacre ? Com­ment un être humain fait-il la dif­fé­rence ? Dans Matrix (film que je n’ai hélas pas revu récem­ment), le héros a le choix entre deux pilules. A l’époque je m’étais demandé si ces pilules étaient hal­lu­ci­no­gènes. Peut-on consi­dé­rer un état second comme une sorte de “matrice” ? La défi­ni­tion même de Matrice n’a pas été clai­re­ment exposée.

    Qu’est-ce que le WOW ?

    En tout cas, nous avons eu beau­coup de plai­sir à suivre votre conférence

  2. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    20 September 2006 @ 8:30

    WOW, c’est World of War­craft.

    Pour la conf, tout devait se ter­mi­ner avant 22h. On a respecté.

    Pour moi, la simu­la­tion est une réa­lité. Dans le cadre de la simu­la­tion, les Sim vivent dans un mode réel. J’ai expli­qué tout ça dans Le peuple des connec­teurs.

    Un simu­lacre, c’est quand on per­çoit une réa­lité autre que celle de la simu­la­tion. La drogue, le rêve, les jeux… nous plongent cha­cun à leur façon dans des simu­lacres. On en sort en s’éveillant. Mais on n’est jamais sûr de ne pas être dans un simulacre.

    On pour­rait dire qu’on peut sor­tir d’un simu­lacre, jamais d’une simu­la­tion (car elle est la réalité).

  3. gravatar.com Nathalie ip:3
    20 September 2006 @ 19:55

    En fait, j’ai fini par pen­ser que par­tir du film Matrix n’était pas le meilleur point de départ pour par­ler des mondes vir­tuels. Je m’intéresse beau­coup au concept de vir­tua­lité et j’utilise, pour en par­ler, la défi­ni­tion de Pierre Lévy: le vir­tuel consti­tue ce qui est en puis­sance (comme la graine par rap­port à l’arbre). Son corol­laire est l’actualisation: une par­tie des pos­si­bi­li­tés du vir­tuel s’actualise dans le réel. Je trouve cette idée très opé­rante quand on s’intéresse aux aspects véri­ta­ble­ment vir­tuels d’Internet. Ainsi, il y a pour moi un musée vir­tuel sur Inter­net: il s’agit de toutes les oeuvres d’art, tous les objets his­to­riques, archéo­lo­giques, eth­no­gra­phiques dont les pho­tos sont dis­per­sés sur le Net. Avec un moteur de recherche, on peut actua­li­ser une col­lec­tion, grâce à quelques mots clés. On a le même phé­no­mène avec un sys­tème de chat: on est poten­tiel­le­ment en contact avec des mil­liers de per­sonnes, mais le contact ne se fait qu’avec quelques dizaines. Ces connec­tions sont des actua­li­sa­tions. Ainsi, à mon sens, entrer et sor­tir de la matrice, c’est aussi pas­ser du vir­tuel à l’actuel et, éven­tuel­le­ment, de ren­trer dans un pro­ces­sus de vir­tua­li­sa­tion (ex: on ren­contre des gens dans un sys­tème de chat et on les admet comme amis dans un site de net­wor­king: ces per­sonnes, si elles l’acceptent, sont trans­por­tés dans un autre uni­vers vir­tuel).
    La pro­blé­ma­tique simulacre/simulation est inté­res­sante, mais je crois qu’on ne peut pas sim­ple­ment oppo­ser ces deux termes. Quand on pense à des sys­tèmes comme WOW ou Second Life, les uti­li­sa­teurs peuvent glis­ser presque sans s’en rendre compte de la simu­la­tion au simu­lacre. Com­ment leurs dif­fé­rentes per­son­na­li­tés, celle de la carte d’identité et celle du login, coha­bitent? Quel est le sta­tut des expé­riences vécu dans un monde simulé? Voilà encore bien des ques­tions. Je suis d’accord avec les construc­ti­vistes pour dire que notre per­cep­tion du monde est construite au fur et à mesure de nos expé­riences. Dans ce cadre, com­ment intégrons-nous les expé­riences de type WOW? Il n’est pas inima­gi­nable de pen­ser qu’elles peuvent consti­tuer une par­tie de l’expérience d’une per­sonne. Enfin, je trouve toutes ces ques­tions fascinantes.

  4. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    20 September 2006 @ 20:09

    WOW n’est pas une simu­la­tion au sens où je l’entends. C’est un jeu, une drogue pour­quoi pas, qui peut nous arra­cher du réel, nous faire entrer dans un ailleurs, mais cet ailleurs n’est pas un monde en soit, auto­nome, il dépend de notre réel, de celui des joueurs en tout cas.

  5. gravatar.com Sterne ip:4
    22 September 2006 @ 12:48

    Le Monde de Matrix:
    ———————–

    Vous pen­sez faire par­tie d’une matrice au sein de laquelle évolue les êtres humains aujourd’hui. Le lien qui ferait la démons­tra­tion de cette matrice serait de trou­ver selon
    vous une simu­la­tion qui la rende pos­sible. Cepen­dant la dif­fé­rence entre le monde de Matrix
    et le notre est que la matrice est impo­sée aux hommes par le grand archi­tecte de la matrice, homme froid, fou et qui se veut humain. Dans notre monde actuel, les hommes ont le libre-arbitre tan­dis que dans Matrix les êtres humains ont l’illusion d’un libre-arbitre, car ils appar­tiennent tous à un même moule à quelques dif­fé­rences près. En effet, ils sont au ser­vice
    de cette machi­ne­rie bien hui­lée qu’est la matrice, inven­tée par le grand archi­tecte.
    Tou­te­fois, il sub­siste dans le monde binaire de Matrix une part d’irrationnel que repré­sente l’Oracle. Il est une sorte de défi pour la matrice dans le but de cor­ri­ger ses propre bugs et d’atteindre une pos­sible per­fec­tion un jour.

    Dans notre monde d’aujourd’hui, si un homme arrive à trou­ver une simu­la­tion qui amène une matrice de logique sem­blable à celle de Matrix, le risque est de généré une matrice qui parait pro­met­teuse au départ pour répondre en fait au monde de Matrix. Tou­te­fois, elle reste impar­faite pour le moment et demande chaque jour à être amé­lio­rée. Alors, le dan­ger pour notre huma­nité est de mon­ter de toute pièce une telle pos­si­bi­lité pour mettre en place à un Dieu, édifié par les hommes. Ce Dieu serait à leur tête et cor­res­pon­drait en tout point au grand archi­tecte du monde de Matrix. Le dan­ger est qu’il receuille­rait tous les suf­frages pour mieux mys­ti­fier son monde. Avec quelle force?

    Ses outils seraient:
    Primo, la vir­tua­lité afin de rendre l’humanité dépen­dante d’un tel sys­tème et de faire croire à un monde lisse, humain et para­di­siaque de façon artificielle.

    Secondo, la pro­gram­ma­tion de tous les êtres humains par le biais de la science et des tech­no­lo­gies, appli­cables à tous les domaines de la connaissance.

    Ter­tio, la volonté de domi­na­tion qui lui est monté à la tête et qui cor­res­pond à un des­sein inavoué et inavouable dans le but pré­cis de se main­te­nir au pou­voir et à sa place pri­vi­lé­giée
    de Dieu sur Terre.

    Le résul­tat:
    Prise de pos­ses­sion de sa posi­tion domi­nante de Dieu avec du machia­vé­lisme en perspective.

    Apti­tude:
    Habi­lité à mani­pu­ler les autres par la ruse avec un esprit malin.

    Main­tien:
    Pro­pa­ga­tion d’un manque de repères et d’un manque de valeurs au sein de notre société.

    Dan­ger:
    Dérives de la science qui peut abou­tir au chaos

    Pers­pec­tives:
    Risque d’impasse et du Néant. Déshu­ma­ni­sa­tion, Absur­di­tés, Non-sens, Aber­ra­tions, Abo­mi­na­tions et mani­pu­la­tions per­verses.
    Causes:
    Folies des hommes pour une construc­tion de la per­fec­tion, non vouée à l’amour pur et au divin. Super­fi­cia­lité dans l’amour, dû à un manque de pro­fon­deur spirituelle.

    Choix mal­heu­reux:
    L’humanité à opter pour la voie de la Rai­son Pure, c’est-à-dire la voie de la logique pous­sée à l’extrême qui jus­ti­fie tout moyen avec l’entraînement de dérives de la science et des poli­tiques de domi­na­tion, car elle ne per­met pas la liberté.

    Abou­tis­se­ment:
    Géné­rer le Diable sur Terre alors qu’il n’était qu’un concept des temps pas­sés et qu’il est devenu l’œuvre des hommes du fait qu’ils sont tous fice­lés à lui d’une manière ou d’une autre.
    En effet, le rôle de grand archi­tecte aurait dévié en celui du diable personnifié.

    Espoirs:
    Choix de la voie spi­ri­tuelle Res­pon­sa­bi­li­sa­tions de cha­cun  Paix pos­sible sans la domination.

    Des­ti­na­tion:
    Après le cau­che­mar de la voie de la rai­son pure, une éclair­cie est pos­sible pour avoir une Ouver­ture à l’Esprit Spi­ri­tuel et deve­nir peut-être tous des Dieux, car notre monde est plus com­plexe que celui de Matrix du fait qu’il ne soit pas tota­le­ment binaire. En effet, la pos­si­bi­lité de mondes paral­lèles n’est pas à exclure et est peut-être plau­sible.
    La liberté nous offre de pos­si­bi­li­tés infi­nies pour autant que le monde ne soit pas cal­qué sur celui de la matrice de Matrix où tout semble hyper­or­ga­nisé, hyper­pensé, hyper­jus­ti­fié et tourné sur lui-même. La liberté per­met l’ouverture et de rêver à un monde meilleur.
    A Résumé notre monde, nous pour­rions le for­mu­ler ainsi: Tout ne laisse pas beau­coup de chose au hasard, mais laisse tout de même une part de liberté. Ce pro­pos parait anti­no­mique, mais reflète bien les réa­li­tés de notre monde devant la com­plexité des pro­blèmes à résoudre
    pour demain. Or, la liberté est l’avenir. Cet ave­nir est impré­vi­sible et n’est pas ratio­na­li­sable.
    C’est pour­quoi, cet irra­tion­nel nous porte à croire à un divin pos­sible, empli d’amour pur.
    Oui, un irra­tion­nel qui déjoue les volon­tés de le cer­ner par les voies de la rai­son. D’ailleurs,
    la rai­son du cœur n’est-elle pas ailleurs? A méditer…

  6. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    22 September 2006 @ 13:18

    @Sterne On se com­prend mal. Je me suis expli­qué dans le peuple des connec­teurs. Je dis pas que notre monde est une matrice mais que si Dieu existe il res­semble au grand archi­tecte d’une matrice, en ce sens qu’il ne peut être ni omni­scient ni omni­po­tent ni rien dans ce genre.

    Et puis, j’aimerais bien que nous soyons sûrs de dis­po­ser d’un libre-arbitre. Je le crois mais rien ne le prouve. Dans une matrice, il peut aussi y avoir liberté ou non. Dans le film, les humains pri­son­niers de la matrice sont libres. Ils font ce qu’ils veulent dans le simu­lacre de réa­lité. Que ce soit un simu­lacre ne change rien au pro­blème du libre-arbitre.

    Et pour­quoi parlez-vous de binaire? Qu’est-ce que le binaire vient faire là-dedans? Une simu­la­tion peut-être bio­lo­gique, quan­tique, ou toute autre. Notre monde est peut-être binaire d’ailleurs. Nous n’en savons rien. Une simu­la­tion est un monde en soit tout comme notre monde.

  7. gravatar.com Sterne ip:5
    22 September 2006 @ 21:38

    C’est bien de pré­ci­ser les choses concer­nant notre monde et la matrice. Je pense que votre expli­ca­tion se tient. A mon sens, tant que le gens qui peuplent Matrix sont dans le moule, il ne cher­che­ront pas à en sor­tir. C’est pour­quoi, ils res­tent dans l’illusion de la liberté. En effet, ils croient la sai­sir par rap­port à ce que l’on leur offre, mais c’est du faux que l’on leur pré­sente puisque tout est pro­grammé et prévu à l’avance. Ils sont ficelés.

    Si j’ai parlé de binaire pour le monde de Matrix, c’est que ce monde est par­tagé entre deux pôles: ceux qui veulent pré­ser­ver à tout prix le rôle de la matrice et ceux qui luttent pour en sor­tir pour béné­fi­cier d’une meilleure liberté.

    Par ailleurs, la chose éton­nante de la matrice de Matrix est qu’elle pro­duit un monde très hiear­chisé à l’envers de ce que vous sug­gé­rez. Je suis sûr que vous redou­tez un tel monde.

    Main­te­nant, si notre monde consti­tue un cocon dont tout autour de nous informe Dieu telle une matrice, je pense que le Divin sou­haite que le monde évolue vers la Voie Spi­ri­tuelle, appli­cable pour le plus grand nombre tout en lais­sant les hommes libres de faire des choix jusqu’au jour où cette éner­gie divine déci­dera peut-être d’intervenir pour ne pas nous lais­ser tom­ber dans le néant. D’ailleurs les choses de notre monde ne sont telles pas toutes inter­eliées, inter­con­nec­tées et inter­dé­pen­dantes. Vous êtes-vous posez cette question?

    Ami­ca­le­ment et Bien à Vous,

    Sterne

  8. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    22 September 2006 @ 22:13

    J’ai écrit un article sur l’interdépendance et je suis bien d’accord avec vous.

    Une matrice ne pourra jamais être déter­mi­niste, c’est impos­sible. Tout ne peut être cal­culé à l’avance, pas plus dans une matrice que dans notre monde. Je ne crois pas au contrôle.

    Dans Matrix, le monde des machines semble cen­tra­lisé. Celui de la matrice on n’en sait rien. Tech­ni­que­ment, il ne peut l’être à mon sens.

  9. gravatar.com Sterne ip:6
    25 September 2006 @ 9:54

    Merci de m’avoir répondu.

    Pourriez-vous écrire un article sur votre vision de la matrice pré­sente et future de notre monde sans réfé­rence à celle de Matrix pour bien pré­ci­ser les choses? Je pense qu’un article serait pro­fi­table pour tous même si vous repre­nez des éléments que vous avez déjà écrits. Rien ne vaut une cer­taine syn­thèse pour mieux cer­ner une chose nou­velle. Merci d’avance!

    Ami­ca­le­ment et Bien à Vous,

    Sterne

  10. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    25 September 2006 @ 17:20

    J’ai consa­cré une bonne par­tie du peuple des connec­teurs à ce sujet. J’ai vrai­ment pas le temps de reve­nir là des­sus en ce moment. Désolé. Faut que j’avance mon nou­veau livre.

  11. gravatar.com frederic grolleau ip:7
    2 October 2006 @ 23:53

    bon­jour,
    je reviens à la charge concer­nant le (faux?) débat fri­bour­geois pour indi­quer aux ama­teurs — avé­rés ou poten­tiels — de cette mémo­rable soi­rée que :
    1 — le texte com­plet de ma confé­rence est consul­table à cette adresse :
    http://www.fredericgrolleau.com/article-4014871.html

    2 — Des extraits TV dudit débat sont consul­tables à cette adresse, en accès payant :
    http://www.simhaprod.com/vid/festivals.html

    Il reste encore beau­coup à faire pour faire avan­cer le débat & je veux bien me pen­cher sur le fonc­tion­ne­met des tera­flops mais je refuse d’être assi­milé à un “post­mo­derne fran­chouillard” (merde alors, j’suis un pion­nier de la cri­tique lit­te­raire online en France , mdr)

    take care, the matrix has you
    bzzzzzzzz,
    fg

  12. gravatar.com Nathalie ip:8
    4 October 2006 @ 15:10

    Bon­jour,
    Petit retour sur Matrix, même si je vois que vous consa­crez vos réflexions à la poli­tique et le Web. Fré­dric Grol­leau a publié le texte qu’il avait prévu de dire il y a quelques semaines à Fri­bourg. Je l’ai lu et je l’ai trouvé très inté­res­sant. J’ai mis le lien sur mon blog avec un petit commentaire:

    http://www.fredericgrolleau.com/article-4014871.html

    http://www.be-virtual.ch/blog/index.php?entry=entry061002-003750

    Per­son­nel­le­ment ça m’a donné l’envie d’aller un peu plus loin et de lire les phi­lo­sophes aux­quels il se réfère (Put­nam et Searl).
    Quelqu’un a même mis la vidéo de la confé­rence sur le Net. L’adresse est quelque part dans un com­men­taire, mais je ne fais pas de pub, car c’est payant (!).
    Cordialement

    Natha­lie

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