François Bayrou

À l’occasion de mon pro­chain livre, je ren­contre nos poli­ti­ciens. Je sors d’un entre­tien avec le patron de l’UDF. J’ai décou­vert un connec­teur qui ne s’ignore pas. Bay­rou com­prend le web parce qu’il l’utilise. Il a aussi com­pris que le web ne se contrô­lait pas, que la com­plexité ne se contrô­lait pas, ce qui implique d’autres pra­tiques poli­tiques. Bien sûr j’étais aux anges.

Nous avons parlé du dépas­se­ment du cli­vage gauche-droite, de tout ce dont je dis­cute sou­vent ici. L’entretien s’est trans­formé en dis­cus­sion. Nous avons évoqué la sépa­ra­tion des pou­voirs. Je lui ai dit « Le nou­veau pou­voir, c’est nous tous les citoyens, c’est le cin­quième pou­voir. » Il m’a dit « J’en suis persuadé. »

Alors une idée m’est venue. Sans trop réflé­chir, j’ai dit à Bay­rou : « Vous vou­lez ren­con­trer le cin­quième pou­voir, venez donc ce soir à la soi­rée blogs et poli­tique. Les blo­gueurs de tous les par­tis seront là. » Bay­rou m’a posé deux ou trois ques­tions, a regardé son emploi du temps et m’a dit « Ok, je viens mais faites bien savoir que je viens à votre invi­ta­tion, je ne veux pas m’imposer. »

J’ai pris cette ini­tia­tive sans consul­ter per­sonne. Bay­rou veut la sépa­ra­tion des pou­voirs, il me semble bon qu’il vienne à notre ren­contre, au même titre que cha­cun d’entre nous, hors de tout cadre for­mel (et minu­tieu­se­ment pré­paré). Le propre du web n’est-ce pas de favo­ri­ser les connexions impromptues ?

Que les choses soient claires, je reste ni de gauche, ni de droite, ni du centre. Je ne vais pas prendre la carte de l’UDF ou d’aucun autre parti, mais j’ai envie de tout faire pour faci­li­ter l’émergence d’autres voix poli­tiques, celle de Bay­rou ou d’un autre.

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/ Dialogue

23 commentaires à “François Bayrou”

  1. gravatar.com Aurel ip:1
    27 September 2006 @ 12:57

    L’UDF dis­pose de quelques beaux talents poli­tiques, mais Fran­çois Bay­rou, hélas, n’en est pas le plus beau fleu­ron. Lors de son pas­sage au minis­tère de l’EN, il n’a stric­te­ment rien fait pour ne pas ris­quer de frois­ser les syn­di­cats ensei­gnants. Claude Allègre avait plus d’étoffe.

    Il serait temps qu’il com­prenne que la mar­gi­na­li­sa­tion ne suf­fit pas. Encore faut-il avoir un pro­jet et l’assumer lorsqu’on est au pouvoir.

  2. gravatar.com ~laurent ip:2
    27 September 2006 @ 13:03

    bravo :)

  3. gravatar.com Vincent ip:3
    27 September 2006 @ 13:31

    Haaaaa… ouf, j’ai pas besoin de te deman­der ce que tu penses de Bay­rou, comme ça me titillait les neu­rones depuis quelques temps ;-)

  4. gravatar.com Farid Taha ip:4
    27 September 2006 @ 13:48

    Dom­mage d’avoir des phrases à l’emporte pièce comme celle ci…“Lors de son pas­sage au minis­tère de l’EN, il n’a stric­te­ment rien fait ”

    Il fût l’un des meilleurs ministres de l’éducation natio­nale jus­te­ment par ce qu’il n’a pas eu cette impé­rieuse envie de réfor­mer coute que coute comme l’a si bien dit Rocard invité à l’université d’été de l’UDF pour en dis­cu­ter et qui a dit c’est une envie “qui les prends comme un pru­rit” pour reprendre son expression.

    C’est vrai qu’il n’a pas laissé beau­coup de traces dans notre mémoire parce jus­te­ment cette mémoire col­lec­tive est façon­née par les manif d’étudants ou d’enseignants quont connu presque tous les ministres de l’EN.. Lui n’en a pas eu !

    On peut donc lui repro­cher d’avoir été un ministre de l’éducation natio­nale sans mani­fes­ta­tion … On ne réforme pas CONTRE l’avis des prin­ci­paux inté­res­sés mais AVEC EUX.

  5. gravatar.com Gin ip:5
    27 September 2006 @ 13:53

    Bravo a Fran­çois Bay­rou d’incarner enfin un désir pro­fond des fran­çais une alliance des prin­ci­paux parties

    Mon Blog de sou­tien http://bayroupresident.blogspot.com/

  6. gravatar.com Axel ip:6
    27 September 2006 @ 13:57

    Bay­rou au pou­voir n’a pas fait grand chose. Et hors pou­voir il a par­fois ten­dance, pour exis­ter, à blo­quer ce que fait le gouvernement.

    Mais j’aime assez son rôle de poil à grat­ter qui remet en ques­tion les auto­ma­tismes par­ti­sans. Son ini­tia­tive d’inviter Rocard à la der­nière uni­ver­sité d’été était salu­taire, d’autant que Rocard est un des rares à remettre en cause le cirque qu’est deve­nue l’élection pré­si­den­tielle, qui devient, avec le déve­lop­pe­ment des médias, une star-academy guignolesque.

    Le cli­vage gauche-droite ne cor­res­pond plus à aucune réa­lité poli­tique, en dehors de la carte élec­to­rale et des auto­ma­tismes d’électeurs.
    La vraie ques­tion poli­tique tourne autour des réformes libé­rales, de l’adaptation de la France à la mon­dia­li­sa­tion, et cette ques­tion ne se retrouve pas dans les iden­ti­tés de gauche et de droite.

    Tra­di­tion­nel­le­ment, la droite est conser­va­trice. Mais aussi liée au monde de l’entreprise, et c’est le monde de l’entreprise qui aujourd’hui la force à s’adapter à la mon­dia­li­sa­tion pour res­ter com­pé­ti­tive. Idéo­lo­gi­que­ment tou­te­fois, la grande base de droite reste hos­tile au libéralisme.

    Tra­di­tion­nel­le­ment, la gauche est pro­gres­siste. Mais son refus de la libé­ra­li­sa­tion et du monde tel qu’il s’annonce en fait aujourd’hui l’avocate de l’immobilisme, le main­tien des “acquis sociaux”. Elle craint un pro­grès qui ne cor­res­pond plus à ses sché­mas idéo­lo­giques, et s’arc-boute sur le passé.

    On se retrouve donc para­doxa­le­ment avec une droite moder­niste et une gauche arrié­riste, et les bases élec­to­rales ne se retrouvent plus bien dans ce mic-mac. Le monde a changé plus vite que les idéologies.

    Cette droite moder­niste n’arrive pas à réfor­mer. La gauche arrié­riste, faute de réformes, n’arrive pas à faire pro­gres­ser le pou­voir d’achat donc perd la confiance de ses élec­teurs qui filent vers les extrêmes…

    Il serait temps de bous­cu­ler ces cli­vages d’un autre temps, et d’engager un vrai débat de fond sur la mon­dia­li­sa­tion. Si Bay­rou peut aider à le faire c’est tant mieux, quelles que soient ses moti­va­tions. Il fau­drait que Bay­rou, Rocard, Alter­na­tive Libé­rale, Kouch­ner, tous ceux qui sont en marge du sys­tème actuel et n’ont rien à perdre se réunissent pour orga­ni­ser des débats publics sur le modèle fran­çais et ses adap­ta­tions nécessaires.

  7. gravatar.com Page 2007 Le site des Présidentielles Blog politique Election Presidentielle 2007 » Dernieres nouvelles de la campagne des presidentielles » Thierry Crouzet rencontre François Bayrou : Je lui ai dit le nouveau pouvoir c’est nous tous les c ip:7
    27 September 2006 @ 14:16

    […] Le peuple des connec­teurs — un blog poli­tique » Blog Archive » Fran­çois Bay­rou Je lui ai dit le nou­veau pou­voir c’est nous tous les citoyens, c’est le cin­quième pou­voir. Il m’a dit « J’en suis per­suadé. » ————————————Un com­men­taire pris au hasard : Com­men­taires sur Délin­quance : Sar­kozy : “Les Fran­çais savent bien que ce que je dis, c’est la vérité et innom­brables sont les témoi­gnages que j’ai reçus depuis hier pour me dire: ‘enfin quelqu’un ose par­ler’ “ par Michèle ———————————— […]

  8. gravatar.com Les chroniques de RomainB» République des blogs II ip:8
    27 September 2006 @ 15:29

    […] Je viens de voir que Fran­çois Bay­rou a été invité par Thierry Crou­zet. J’espère que ça ne finira pas en dis­cours de cam­pagne ;-) M’enfin pour le coup je vais peut-être un peu revi­ser mes fiches. […]

  9. gravatar.com Aurel ip:1
    27 September 2006 @ 17:06

    On ne réforme pas CONTRE les ensei­gnants, c’est cer­tain. Mais 884.000 ensei­gnants, ça fait beau­coup d’opinions dif­fé­rentes, non ? Les syn­di­cats dits “repré­sen­ta­tifs” le sont-ils vraiment ?

    Ensuite, la méthode tra­di­tion­nelle de nos politiques/hauts fonc­tion­naires est de réfor­mer d’en haut et de manière cen­tra­li­sée. Ne croyez-vous pas que la réforme pour­rait s’envisager d’en bas ?

    A lire les nom­breux opus­cules d’enseignants publiés chaque année, il y a dans le corps ensei­gnant de vrais esprits entre­pre­nants. Laissons-les un peu faire, offrons aux écoles l’autonomie dont elles ont besoin pour mettre en oeuvre un vrai pro­jet péda­go­gique, appuyé sur une ges­tion des res­sources humaines cohé­rente. Laissons-les trou­ver des par­te­naires qui les sou­tiennent finan­ciè­re­ment, maté­riel­le­ment ou en consa­crant des res­sources de for­ma­tion (écono­mistes, for­ma­teurs…). Tant de choses sont pos­sibles lorsqu’on des­serre l’étau.

    Mieux, per­met­tons aux ensei­gnants qui veulent fon­der un nou­vel établis­se­ment (et qui trouvent un local) de le faire, de faire agréer la nou­velle école par le minis­tère et de béné­fi­cier du finan­ce­ment public en fonc­tion du nombre d’élèves cap­tés. La Suède, entre autre, l’a fait, c’est un joli suc­cès dont nous pour­rions nous inspirer.

    Bay­rou est resté TRES TRES LOIN de ce genre de débat, alors que tous les pays qui nous entourent l’ont lancé depuis belle lurette !

  10. gravatar.com Christian Jacomino ip:9
    27 September 2006 @ 21:42

    Bravo, Aurel! Je suis plei­ne­ment d’accord avec toi… Fran­çois Bay­rou a été le ministre de l’éducation le plus timoré de l’histoire. Quand il a quitté son poste, il était très ami avec les syn­di­cats. Il ne leur a jamais rien dit qui puisse les fâcher. Per­sonne n’a jamais vu en France un ministre qui fasse la moindre pro­po­si­tion allant dans la direc­tion que tu énonces et qui est celle du libé­ra­lisme. L’école a droit à des réac. de gauche ou des réac. de droite. Les rodo­mon­tades du ministre actuel sur les méthodes de lec­ture sont faites pour mas­quer l’absence de réforme stru­tu­relle. La droite veut plus de liberté pour les entre­prises, en quoi je l’approuve. Mais elle veut moins de liberté pour les établis­se­ments sco­laires, en quoi elle me paraît insupportable.

  11. gravatar.com abadinte ip:10
    28 September 2006 @ 1:31

    Ouais enfin le Bay­rou a fait de l’ombre à la pauvre Domi­nique Voy­net. Désolé pour elle mais elle n’a pas la côte chez les blo­guers. C’est le moins que l’on puisse dire…

  12. gravatar.com Anonymous ip:11
    28 September 2006 @ 3:12

    Deux ou trois choses à dire:
    1) Ce qui tient bon encore dans l’éducation natio­nale, lui per­met de fonc­tion­ner mal­gré les bêtises com­mises depuis dix ans par les Allègre, Fillon et tous les autres dont on voit le résul­tat aujourd’hui, c’est direc­te­ment issu de ce qu’a fait Bay­rou.
    2) On ne réforme pas contre les pro­fes­seurs. On peut le faire contre les syn­di­cats, par contre, si les pro­fes­seurs de base ne sont pas de leur avis. Le pro­blème n’est donc pas syn­di­cal.
    Les per­sonnes qui ont planté le sys­tème éduca­tif, depuis l’époque Bay­rou où ça fonc­tion­nait vrai­ment, ce sont les poli­tiques, ministres et autres admi­nis­tra­tifs nom­més par eux aux direc­tions du minis­tère, et accu­ser pro­fes­seurs ou syn­di­cats pour se défaus­ser de leurs res­pon­sa­bi­li­tés est une de ces c… de poli­tiques que je sup­porte de plus en plus mal.
    A en croire les poli­tiques, c’est tou­jours la faute des autres: l’Europe, les Fran­çais, les syn­di­cats ou n’importe quoi d’autre. Jamais leur propre poli­tique n’est remise en ques­tion par eux, même après coup.
    Quant aux “libé­raux” ci-dessus, qui ne semblent pas conscients que le libé­ra­lisme ne pré­sup­pose pas un affron­te­ment avec les syn­di­cats, et heu­reu­se­ment, et rejettent sur les autres les dif­fi­cul­tés à appli­quer le libé­ra­lisme qui tiennent tout sim­ple­ment au fait qu’ils veulent appli­quer un libé­ra­lisme inadapté aux réa­li­tés, il serait bon qu’ils réflé­chissent au lieu de pen­ser en idéo­logues.
    3) Par­ler d’ “assu­mer son pro­jet quand on est au pou­voir” à pro­pos de Bay­rou, c’est ne pas savoir de quoi on parle: il l’a tou­jours assumé, quitte à refu­ser le pou­voir quand il ne pou­vait pas l’assumer. Mais le pou­voir, il ne l’avait que dans le petit domaine de l’E.N. face aux Bal­la­dur, Juppé, Chi­rac qui dis­po­saient alors du pou­voir réel.
    4) Axel, ce que vous deman­dez, Bay­rou et l’UDF le font déjà: allez donc voir sur udf.org, vous y aurez tout le tra­vail fait en pro­fon­deur, les col­loques et dis­cours, et le pro­jet qui en est issu.

  13. gravatar.com Cratyle ip:11
    28 September 2006 @ 3:13

    Toutes mes excuses: l’anonyme ci-dessus, c’est moi.

  14. gravatar.com Aurel ip:12
    28 September 2006 @ 8:39

    Cra­tyle, vous m’avez mal lu.

    Les profs, avant d’être pour ou contre les mini réformes qui com­pliquent leur vie au quo­ti­dien, cherchent avant tout à vivre conve­na­ble­ment : mal payés, ils tra­vaillent de plus en plus pour des cours pri­vés qui arron­dissent (pas tou­jours bien non plus) leurs fins de mois. Mal trai­tés, ils sont par­fois mutés à 50 ou 80 km de leur domi­cile par des aca­dé­mies dignes de Bra­zil. Et pour com­men­cer joyeu­se­ment leur car­rière, les jeunes, frais émou­lus des IUFM et plein de savoir savant, sont envoyés en ZEP, his­toire de caser les plus faibles. C’est le côté “struggle for life” de l’Education Natio­nale. Heu­reu­se­ment, beau­coup s’en sortent pas trop mal. Une mino­rité demande à y res­ter, comme Véro­nique Bou­zou qui a publié sa for­mi­dable expé­rience sur ce terrain.

    Chaque réforme d’en haut ne peut que sus­ci­ter des rejets, et ce n’est pas vrai que dans l’Education Natio­nale : idéo­lo­giques par­fois, plus prag­ma­tiques dans d’autres cas, sur­tout de la part d’une cor­po­ra­tion à fleur de peau comme celle-là, compte tenu de la manière dont le sys­tème les traite. Nous, libé­raux, pro­po­sons de lais­ser s’ouvrir spon­ta­né­ment le sys­tème depuis le ter­rain. Ceux qui se satis­font de l’immobilisme ne bougent pas. Les autres ont un champ ouvert pour eux.

    Face à cette liberté de choix, un blo­cage d’ensemble ne peut être qu’idéologique, fondé sur des cri­tères pseudo-sociologiques ou des prin­cipes pous­sié­reux du XIXe siècle. Encore une fois, la Suède l’a très bien mis en oeuvre, même si ce pays est plus habi­tué au consen­sus. D’autres pays hon­nis, tels les USA dans cer­tains Etats ou la Grande Bre­tagne, ont aussi testé ce type de diver­sité péda­go­gique. Bref, nous serions bien les der­niers (encore une fois !) à ne pas nous pen­cher sur ce qui marche ailleurs. En géné­ral, ce sont les Pari­siens qui sont les plus blo­qués : nor­mal, ils vivent dans un monde coupé des réa­li­tés du pays (et je suis bien placé pour le constater).

    Désolé d’avoir un peu secoué votre héros, Bay­rou. Je vous sens très remonté pour ces pro­pos mal­adroits de ma part. Je vous pro­mets de ne pas retou­cher votre icône.

  15. gravatar.com Axel ip:6
    28 September 2006 @ 10:06


    4) Axel, ce que vous deman­dez, Bay­rou et l’UDF le font déjà: allez donc voir sur udf.org, vous y aurez tout le tra­vail fait en pro­fon­deur, les col­loques et dis­cours, et le pro­jet qui en est issu.

    oui mais tant que cela reste interne à l’UDF on ne sort pas des pri­sons par­ti­sanes, on ne touche pas les Fran­çais dans leur ensemble. C’est le même pro­blème avec les Conven­tions UMP men­suelles. débats de qua­lité, mais sans écho externe à l’UMP, impact très faible sur l’opinion publique. Elles ne s’adressent qu’aux convaincus.

    Ce que Bay­rou a fait en invi­tant Rocard à ses Uni­ver­si­tés d’été UDF, il fau­drait le refaire mais dans un cadre plu­ra­liste, un col­loque consa­cré aux blo­cages fran­çais, réunis­sant Rocard, Bay­rou, Kouch­ner, Alter­na­tive Libé­rale, DSK, Fran­çois Ché­rèque de la CFDT (qui regret­tait à l’université d’été du Medef que la réforme des retraites n’ait pas été pous­sée assez loin) … des réfor­mistes de dif­fé­rents hori­zons, dépas­sant le cli­vage gauche/droite. En uti­li­sant aussi le Web et ses réseaux de blo­gueurs pour créer du buzz autour de cela, pour le sor­tir de la confi­den­tia­lité sans quoi c’est de l’énergie dépen­sée pour rien.

  16. gravatar.com Le Monde Citoyen » Archive » Pourquoi Bayrou est-il venu ? ip:13
    28 September 2006 @ 10:50

    […] Hier soir se tenait à Paris la deuxième soi­rée blogs et poli­tique. À côté de Domi­nique Voy­net, auto-invitée comme les autres blo­gueurs, se trou­vait Fran­çois Bay­rou. Il ne nous à pas imposé sa pré­sence parce que le matin même je l’avais invité. […]

  17. gravatar.com Christian Jacomino ip:14
    28 September 2006 @ 13:16

    Encore une fois, j’approuve sans réserve le pro­pos d’Aurel. J’ai vécu toute ma car­rière dans l’éducation natio­nale, pre­mier degré. Et votre façon de dire que les ensei­gnants ne veulent pas de la réforme, ce qui revient à dire qu’ils ne vou­draient pas de la liberté, pro­duit sur moi un effet un peu désa­gréable. Les pro­fes­seurs ne sont pas fait d’un autre bois que les méde­cins et les cadres du privé. Ils n’appartiennent pas à un autre race que vous. Entre nous, compte tenu du lieu où nous nous expri­mons, il me semble que nous pour­rions poser comme prin­cipe métho­do­lo­gique de base qu’ils aspirent à la liberté et à la res­pon­sa­bi­lité comme toutes les autres caté­go­ries sociales. La vraie ques­tion est de savoir pour­quoi il semble si dif­fi­cile de conce­voir un sys­tème éduca­tif repo­sant sur des prin­cipes démo­cra­tiques et libé­raux. Je parle sur mon blog de navi­ga­tion inter­net bri­dée pour tous les ordi­na­teurs d’un col­lège de ZEP. Si une telle atteinte à la liberté s’obervait dans une entre­prise pri­vée, le ‘peuple des connec­teurs’ mon­te­rait aux cré­neaux. Comme cela se passe à l’école, per­sonne ne réagit. Croyez bien que les jeunes profs des ZEP auraient besoin de votre soli­da­rité. Pour les défendre, ils ne trouvent que des syn­di­cats dont aucun ne prône la réforme et la dém­cra­tie locale. On aban­donne les profs. aux mains des syn­di­cats gau­chistes de la même manière que la France a aban­donné l’Algérie au mains d’un parti tota­li­taire. En se disant, ‘ils ne méritent pas mieux’. Ce qui est la défi­ni­tion même de l’attitude coloniale.

  18. gravatar.com Laurent ip:15
    28 September 2006 @ 23:54

    J’ai vu que M Aurel fai­sait réfé­rence à claude Allègre…
    Quelle âne celui-là ! (Allègre pas Aurel)
    Il ne suf­fit pas de crier fort pour avoir rai­son ou de trou­ver quelques bons mots pour avoir de l’esprit.
    Ce ministre était bouffi d’orgeil et sor­tait des énor­mité à 2 balles en croyant déte­nir une vérité supé­rieure.
    Ce mon­sieur pro­fes­seur d’université croyait que toute l’EN res­sem­blait à ce qu’il vivait dans ses cours. En pleine émis­sion de TV, je l’ai vu don­ner la leçon aux ensei­gnants de col­lège dif­fi­cile en pre­nant pour exemple ses propres cours de fac. Faut être fai­ble­ment doté en esprit cri­tique pour oser ça…

  19. gravatar.com Aurel ip:16
    30 September 2006 @ 11:54

    Il faut savoir dis­tin­guer la forme du fond. Tho­mas Piketty l’ aussi ali­gné sur ce point cette semaine dans Libé. Avait-il tort pour autant ? A l’avoir lu, j’ai retrouvé cer­taines excel­lentes idées et pro­po­si­tions… presque libérales.

  20. gravatar.com Cratyle ip:11
    30 September 2006 @ 21:36

    1) Axel, par­fai­te­ment d’accord avec vous, à deux réserves près: la pre­mière est que tous ces acteurs ne se grou­pe­raient pas ensemble (et d’ailleurs une asso­cia­tion ou un syn­di­cat ne se pren­dra pas pour un parti, sur­tout la CFDT, par exemple), sauf pour des col­loques pour les­quels ils le font déjà sou­vent, et ces col­loques ont tou­jours une puis­sance invi­tante. On a parlé de Rocard sur les chaînes, mais moi j’étais à l’université d’été de l’UDF et je peux témoi­gner de la pré­sence de dizaines d’autres inter­ve­nants asso­cia­tifs, syn­di­caux, et pas seule­ment poli­tiques, dont un bon nombre étaient d’accord avec la posi­tion de l’UDF sans pour autant que mettre en place une posi­tion com­mune soit pos­sible. Ma seconde réserve est que les membres du centre dans les divers par­tis ne se rejoin­dront pas sans une rai­son de se ras­sem­bler. Et cette rai­son est poli­tique: tant que nous fonc­tion­ne­rons sur le mode binaire droite/gauche avec alter­nance au pou­voir du PS et de l’UMP, ce ras­sem­ble­ment ne se fera pas. Je par­tage le point de vue de Bay­rou selon lequel il n’y a qu’à la pré­si­den­tielle que l’on peut faire sau­ter ce cou­vercle, parce que tout dépend de la majo­rité pré­si­den­tielle. Si l’élu est au centre et non au PS ou à l’UMP, le ras­sem­ble­ment du centre se fera; jus­te­ment, pour la pre­mière fois depuis long­temps, l’UDF peut contes­ter la domi­na­tion des deux gros par­tis: profitons-en.

    2) Aurel, il faut savoir que dans son livre Allègre a com­lè­te­ment réécrit l’histoire de son pas­sage au minis­tère avec des men­songes éhon­tés sur sa propre action; c’est un livre de pro­pa­gande pour lui-même, aussi plein de vérité que toute pro­pa­gande.
    Sur Allègre, com­plè­te­ment de l’avis de Laurent. Quelqu’un qui inju­rie ses ensei­gnants en direct à la télé­vi­sion et qui mani­feste une telle incom­pé­tence dans ses pro­po­si­tions de réforme ne peut être un bon ministre. Les plus ou moins ultra libé­raux n’ont une bonne opi­nion de lui que parce qu’ils regardent par le petit bout de la lor­gnette média­tique un ministre qui fut sur­tout un idéo­logue; or on ne réforme pas avec une idéo­lo­gie, libé­rale ou non, d’autant que l’idéologie des Mei­rieu et autres sou­te­nue par Allègre (qui, soit dit au pas­sage, était tout sauf libé­rale!) est celle qui a eu les effets les plus catas­tro­phiques dans l’éducation natio­nale. Avant d’être content de voir un ministre tirer sur les syn­di­cats, les libé­raux devraient se deman­der un peu pour quelle rai­son il le fait et si cette rai­son est pertinente.

    3) Aurel, vous écri­vez en gros: lais­sons aux pro­fes­seurs de l’autonomie, et ils se com­por­te­ront comme je le sou­haite. C’est le contraire qui arri­vera, bien sûr. Les pro­fes­seurs accep­te­ront volon­tiers l’autonomie, ils la sou­haite, mais à condi­tion qu’elle ne soit pas un leurre comme les pro­jets d’établissements d’aujourd’hui; si vous la leur don­nez, ils s’en sai­si­ront pour faire ce qu’ils veulent, eux, et qui a de fortes chances de déplaire à nos ministres de “droite” ou de “gauche”, avec leurs idéo­lo­gies, et dans une large mesure aussi aux syn­di­cats d’ailleurs. Com­men­cer par lais­ser aux pro­fes­seurs une cer­taine lati­tude dans la manière de prendre les pro­grammes pour assu­rer la for­ma­tion, ce qu’on appelle la liberté péda­go­gique, en constante régres­sion depuis 10 ans, serait déjà une bonne idée, et on en est loin. Des­ser­rer les contraintes qui les empêchent d’avoir le choix serait une bonne idée aussi: dans la plu­part des établis­se­ments, le nombre d’heures d’enseignements est tel­le­ment faible qu’il est impos­sible qu’il y ait ne serait-ce qu’une classe à effec­tif réduit, par exemple; les pro­jets sans aucun moyen en heures de réa­li­ser quoi que ce soit, ça s’appelle gérer la pénu­rie, pas faire un tra­vail péda­go­gique sérieux.

    4) “Les profs, avant d’être pour ou contre les mini réformes qui com­pliquent leur vie au quo­ti­dien, cherchent avant tout à vivre conve­na­ble­ment” : erreur, c’est l’une des rares pro­fes­sions où l’on fait grève pour défendre des prin­cipes qui ne vous rap­portent rien ou pour faire en sorte que les élèves soient mieux défendus.

    5) “Chaque réforme d’en haut ne peut que sus­ci­ter des rejets”: faux bien sûr! Elle ne sus­cite des rejets que quand elle est construite sans concer­ta­tion, sans prise en compte du prin­cipe de réa­lité, ou pour des rai­sons idéo­lo­giques. Car les plus idéo­logues là-dedans, ce sont les ministres! On en a eu pas mal d’exemples ces der­niers temps, mais c’est ancien. La dif­fé­rence entre Bay­rou et les suc­ces­seurs, c’est qu’il était agrégé de lettres avant d’être ministre, et par consé­quent com­pé­tent pour réfor­mer, et qu’il cher­chait à diag­nos­ti­quer cor­rec­te­ment, en se ser­vant des exper­tises, avant de réfor­mer. L’immense majo­rité des pro­fes­seurs, bien pla­cés pour savoir ce que sont les fai­blesses de l’EN, non seule­ment veut cer­taines réformes, alors même que l’immense majo­rité des poli­tiques se bouchent les oreilles au lieu de les écou­ter parce que ce qu’ils enten­draient ne leur plaît pas, mais est même contrainte à mili­ter pour le statu quo parce que les réformes qu’on veut leur impo­ser seraient encore pire que celui-ci. Pré­tendre qu’ils sont par­ti­sans du statu quo pour autant relève de la pro­pa­gande anti-EN comme elle fleu­rit en ce moment à droite.
    Vous vous faites une idée pré­cise sur ce que DOIT être une réforme venue du bas. Elle ne sera pas comme en Suède, si elle vient des pro­fes­seurs Fran­çais, et pour cause. Si vous don­nez aux pro­fes­seurs la liberté de faire ce que vous vou­lez qu’ils fassent seule­ment, n’appelez pas ça une liberté, et si vous leur don­nez la liberté de faire ce qu’ils veulent, ça sera cer­tai­ne­ment bien mieux que les mau­vaises poli­tiques minis­té­rielles de ces dix der­nières années, mais n’attendez pas que le résul­tat vous plaise.

  21. gravatar.com Farid Taha ip:17
    3 October 2006 @ 22:27

    Le pro­blème des réformes c’est qu’on invite sou­vent les inté­res­sés à se pro­non­cer sur un choix et non à les asso­cier à la réflexion pour arri­ver à ce choix.

    C’est donc tou­jours un pavé tout prêt qu’on nous sert en nous deman­dant soit de l’accepter soit de le rejet­ter mais jamais de l’élaborer…

    C’est la le coeur du problème !

  22. gravatar.com catherine guibourg ip:18
    3 December 2006 @ 21:05

    je découvre le fil de cette dis­cus­sion. On y parle beau­coup d’éducation mais pas du tout d’Europe. Peut-être que le can­di­dat Bay­rou fera le lien?

    je conseille en tout cas la lec­ture de mon blog “l’Europe dans la cam­pagne“
    http://catymi.blog.lemonde.fr/

    Cathe­rine

  23. gravatar.com Thomas Guenole ip:19
    17 April 2007 @ 17:48

    La BD “Bay­rou pré­sident!” est prête !

    Son adresse de télé­char­ge­ment : http://grozbulles.hautetfort.com/planches_bd/

    Ami­ca­le­ment,

    TG

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