Pourquoi Bayrou est-il venu ?

Johnny et Doc Gynéco, ça fait chic dans un mee­ting poli­tique. Bay­rou et Voy­net dans une réunion de blo­gueurs, ça en jette aussi pas mal. À tous les coups, ça attire nos amis jour­na­listes comme des mouches.

Hier soir se tenait à Paris la deuxième Répu­blique des blogs. À côté de Domi­nique Voy­net, auto-invitée comme les autres blo­gueurs, se trou­vait Fran­çois Bay­rou. Il ne nous à pas imposé sa pré­sence parce que le matin même je l’avais invité.

Mais pour­quoi a-t-il accepté cette invi­ta­tion ? Sans doute pas pour mes beaux yeux. Avant d’imaginer les rai­sons de Bay­rou, je vais reve­nir sur notre entre­tien du matin et l’invitation elle-même.

Au siège de l’UDF

En pré­pa­ra­tion de mon pro­chain livre, je ren­contre diverses per­son­na­li­tés poli­tiques ou média­tiques. Lundi, j’ai dis­cuté avec Daniel Schnei­der­mann puis avec Loïc Le Meur, mardi avec Éric Wal­ter, res­pon­sable inter­net à l’UMP, hier matin avec Fran­çois Bay­rou et cet après-midi je ren­contre le séna­teur Alain Lam­bert. La semaine der­nière, j’ai passé deux heures au télé­phone avec l’eurodéputé Vert Alain Lipietz, j’ai échangé des mails avec le socia­liste Alain Rous­set et j’ai pré­paré d’autres rencontres.

Je ne suis pas en train d’écrire un livre d’entretiens mais un essai au sujet du cin­quième pou­voir. Le cin­quième pou­voir, c’est nous, les citoyens fédé­rés par les nou­velles tech­no­lo­gies. Nous sommes en train de réin­ven­ter la démo­cra­tie et je veux savoir ce qu’en pensent les poli­ti­ciens. À leurs yeux, le cin­quième pou­voir existe-t-il ? Va-t-il peser dans la vie poli­tique ? N’est-il pas une chi­mère né dans la tête de quelques tech­no­philes dont je suis ?

Avec ces ques­tions en tête, j’arrive donc hier matin rue de l’Université au siège de l’UDF. Il se trouve en face des bureaux de MSN. Ça m’a amusé. Le pou­voir tra­di­tion­nel face au pro­mo­teur d’un des outils phare du cin­quième pou­voir. Est-ce un signe ?

J’ai tra­versé une cour, fran­chi un por­tail, puis une seconde cour enso­leillée avant d’entrer dans l’immeuble coquet de l’UDF. La récep­tion­niste m’a demandé de mon­ter au second, l’assistante de Bay­rou m’a ins­tallé dans un fau­teuil, j’ai rêvassé quelques minutes. Une réunion se pré­pa­rait. Tout le monde se pres­sait devant la machine à café. J’avais l’impression d’être dans une entre­prise comme une autre. La poli­tique est-elle une entre­prise comme une autre ?

Bay­rou est enfin sorti, il m’a serré la main, s’est éloi­gné un moment puis nous sommes entrés dans son bureau tapissé de livres. Je lui ai expli­qué qui j’étais et pour­quoi je vou­lais le ren­con­trer. Il a com­mencé par me par­ler de l’émergence du peuple d’internet. « C’est un peuple qui accède à toute l’information. » et « C’est un peuple créa­tif et coopé­ra­tif. Je consi­dère que les logi­ciels libres et les wikis sont deux choses fan­tas­tiques pour l’humanité. »

Tout ça, c’est évident pour moi. Bay­rou le sait. Mais il sait aussi que c’est impor­tant que je l’entende, que j’entende qu’il appar­tient lui-même à ce peuple d’internet, peuple que j’appelle Le peuple des connec­teurs car il dépasse de loin le cadre d’internet.

Bay­rou a dit une chose essen­tielle, je crois. « Tu as une chan­son, j’ai une chan­son, nous l’échangeons, nous avons deux chan­sons. » J’ai tra­duit en disant que c’était une stra­té­gie gagnant-gagnant (oubliant le côté sca­breux que peut avoir une tel exemple pour l’industrie du disque).

Je crois que Bay­rou a saisi cette nou­veauté fon­da­men­tale. Nous ne sommes plus dans une logique où l’un perd et l’autre gagne mais où tout le monde gagne. Si nous n’adoptons pas cette stra­té­gie, nous ne nous en tire­rons pas en tant qu’espèce sur notre planète.

C’est simple, il me semble. Ce dis­cours doit être repris par tous les poli­ti­ciens. Il dépasse la droite et la gauche, il les trans­cende. « Tout ça va chan­ger le monde, a dit Bay­rou. Je suis abso­lu­ment péné­tré de cette idée. »

L’entretien s’est pour­suivi, j’ai bien­tôt fini par par­ler autant que Bay­rou et nous avons com­paré nos points de vue. Tout ce que Bay­rou m’a dit sur inter­net ma convaincu qu’il savait inti­me­ment de quoi il par­lait. C’est un uti­li­sa­teur averti. Il pra­tique depuis des années et, comme nous tous, il s’est fait peu à peu conta­miné par la phi­lo­so­phie inter­net, l’esprit open source notamment.

Je trouve ça fon­da­men­tal pour un futur can­di­dat à la Pré­si­dence. J’aimerais que tous pos­sèdent cette com­pré­hen­sion intime. J’aimerais que l’usage d’internet et sa maî­trise aient contri­bué à chan­ger leur vision du monde et donc leurs façons de faire de la poli­tique. J’ai presque envie de dire peu importe com­ment ils met­tront en appli­ca­tion leurs nou­velles idées, l’important est qu’elles aient germé en eux. Je crois que c’est le cas chez Bay­rou. J’aimerais dis­cu­ter, avec la même liberté, du même sujet avec ses adversaires.

Comme la veille avec Éric Wal­ter à l’UMP, nous avons aussi parlé stra­té­gie web et mar­ke­ting viral. Bay­rou m’a entraîné vers une salle de réunion pour pou­voir m’expliquer sa vision sur un tableau. La salle était occu­pée. Pen­dant que Bay­rou s’excusait auprès de ses col­lègues, l’idée de l’inviter à la soi­rée blogs et poli­tique m’est venue.

L’invitation

Après coup, je peux essayer de com­prendre pour­quoi j’ai fait ça. En mai der­nier, avec Loïc Le Meur, nous nous sommes deman­dés ce que nous pou­vions faire pour agir. Nous étions fati­gués de dire que la France est un pays de merde. Nous n’avions pas envie de fuir une nou­velle fois à l’étranger pour nous extraire de la moro­sité. Il était temps d’agir. Comme nous avons décou­vert une façon de vivre qui nous paraît plus har­mo­nieuse que celle que nous avons pu connaître par le passé, nous nous sommes dit que nous devions par­ta­ger nos recettes.

Loïc a choisi la stra­té­gie droit au but. Pour chan­ger les choses, il faut avoir le pou­voir. Le plus simple est de se rap­pro­cher d’un des favo­ris à la course au pou­voir et d’essayer de chan­ger les choses de l’intérieur. Pour ma part, je crois qu’il faut agir de l’extérieur, sur de nou­velles bases, je crois que le véri­table pou­voir appar­tient déjà au cin­quième pouvoir.

Loïc est d’accord avec moi mais veut des résul­tats tout de suite. Nous avons parlé de ça lundi autour d’un verre. Il pense que mon approche peut mar­cher mais dans dix ans et il juge qu’il y a urgence. Sur ce point, il a rai­son. Je suis tou­te­fois per­suadé que nous ne pou­vons pas chan­ger le monde en usant des méthodes qui ont plongé le monde dans l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui (per­tur­ba­tions cli­ma­tiques, pau­vreté, malaise géné­ra­lisé…). Il faut inno­ver, en poli­tique comme dans le busi­ness. Loïc joue le che­val favori, je joue les out­si­ders. Il pousse dans la direc­tion atten­due, j’essaie avec mes petits moyens de pous­ser d’autres voix.

En me retrou­vant un ins­tant seul devant la pho­to­co­pieuse du siège de l’UDF, je me suis dit qu’inviter Bay­rou à notre soi­rée blogs et poli­tique allait dans le bon sens. C’était une façon de mettre en avant une autre voix, sur­tout de lui don­ner un autre éclairage.

Au final, je me suis planté. Toutes la presse était là aussi. Per­sonne n’a pu par­ler de rien. Bay­rou s’est retrouvé non entre les mains du cin­quième pou­voir mais entre celles du bon vieux qua­trième pou­voir envers lequel il est si cri­tique en ce moment. Et je me suis éclipsé pour refaire le monde entre blo­gueurs. Par­lant d’une l’idée qui m’était venue le matin même et qui me parais­sait plus impor­tante que tout bat­tage médiatique.

Alors pour­quoi Bay­rou est-il venu ?

Je peux essayer main­te­nant de répondre à cette ques­tion en inven­to­riant des hypo­thèses que vous allez sans doute mul­ti­plier avec plaisir.

1/ Bay­rou appar­tient effec­ti­ve­ment au peuple des connec­teurs. Pour lui notre société passe de la pyra­mide au réseau, la connexion est fon­da­men­tale, non seule­ment avec les sym­pa­thi­sants mais avec toutes les éner­gies de bonne volonté. Venir à la soi­rée, c’est établir de nou­velles connexions. Il s’est pré­senté au Pavillon Bal­tard près de la Bourse de com­merce pour les mêmes rai­sons que cha­cun d’entre nous.

2/ Le cin­quième pou­voir existe et n’est pas une illu­sion. Mon offre était celle d’un membre ano­nyme d’une puis­sance face à un repré­sen­tant d’une autre puis­sance. Une sorte d’invitation aux pour­par­lers. Bay­rou ne pou­vait pas refu­ser, il ne pou­vait pas man­quer cette chance.

3/ Bay­rou se dou­tait que les médias seraient là. Nous autres blo­gueurs poli­tiques sommes depuis quelque temps l’attraction. Per­sonne ne sait trop s’il faut ou non nous prendre au sérieux mais on vient nous voir, un peu comme au zoo.

4/ Bay­rou a com­pris l’essence du mar­ke­ting viral. Il sait qu’en venant, nous par­le­rons de lui, que son geste sera inter­prété sans fin. Et chaque billet dans les blogs, posi­tif ou néga­tif, sera une graine qui ne deman­dera qu’à deve­nir un arbre. Plu­tôt que de s’imposer à tous les Fran­çais par le haut, une pos­si­bi­lité unique se pré­sente dans l’histoire de s’imposer par le bas.

5/ Bay­rou est un oppor­tu­niste et il n’y a pas de petite oppor­tu­nité (et moi aussi je suis un oppor­tu­niste). Mais le simple fait qu’être invité à une soi­rée blog devienne une oppor­tu­nité, c’est une vic­toire en soi pour le cin­quième pouvoir.

Une chose est sûre. Après mon invi­ta­tion, Bay­rou n’a pas ter­gi­versé. Sa réponse a été franche et spon­ta­née. Il n’a pas cal­culé. Com­ment aurait-il pu le faire car il ne savait même pas que se dérou­lait cette réunion ? Bay­rou est venu parce qu’il fal­lait venir, parce que comme il me la dit « Tout ça va chan­ger le monde. »

Lors de la pro­chaine réunion, je renou­vel­le­rai l’expérience si Ver­sac l’organisateur en accepte l’idée. Je vien­drais avec un invité mais cette fois nous n’en par­le­rons à per­sonne. Ce sera une sur­prise, une exclu­si­vité du cin­quième pou­voir. Avis aux volontaires.

PS1 : J’use de l’énonciation parce que l’objectivité n’a aucun sens. Der­rière leur « on », les jour­na­listes nous bourrent le mou. Au moins s’ils disaient « je » nous sau­rions ce qu’ils pensent. Quand je dis « je », je ne me cache pas.

PS2 : Je n’avais pas anti­cipé la pré­sence de la TV, je croyais qu’on dis­cu­te­rait et qu’on pour­rait semer nos petites graines comme j’ai essayé de le faire en dis­cu­tant avec Bay­rou le matin. Les jour­na­listes ont pourri la soi­rée. Mais l’important c’est d’avoir établi une connexion, à nous main­te­nant de la faire fruc­ti­fier, celle là comme toutes les autres.

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/ Politique 2.0

36 commentaires à “Pourquoi Bayrou est-il venu ?”

  1. gravatar.com Aureliano Buendia ip:1
    28 September 2006 @ 11:18

    J’ai eu l’occasion de dis­cu­ter 10 mn avec lui, plu­tôt très chouette, et plu­tôt l’impression qu’il aurait lui-même, et comme nous tous, pré­féré dis­cu­ter “entre nous” que répondre aux ques­tions abso­lu­ment tartes de la nuée de jour­na­listes qui trai­naient là.
    Je me suis fendu d’un petit post sur leur com­por­te­ment et leur façon de tra­vailler.
    His­toire de confron­ter ce qu’ils racon­te­ront et ce que j’y ai vu moi.
    C’est là : http://www.20six.fr/aurelianobuendia

  2. gravatar.com François Bayrou ip:2
    28 September 2006 @ 11:21

    Très bonne ana­lyse (du moins j’espère)… Pour moi, inter­net n’est pas seule­ment un espace média, ou un nou­veau médiat, c’est un modèle de déve­lop­pe­ment. Et c’est en cela que c’est révo­lu­tion­naire. Merci donc de l’invitation. J’ajoute que je peux aussi un autre jour être invité sur­prise, sans que vous en ayez parlé à per­sonne (car ce n’est pas moi qui l’ai fait).

  3. gravatar.com Cratyle ip:3
    28 September 2006 @ 11:39

    L’idée même qu’il y a un pou­voir en déve­lop­pe­ment est sans doute juste, mais reste banale tant qu’on n’en étudie pas la nature propre, qui ne le rend pas jus­ti­ciable des mêmes ana­lyses que les autres pou­voirs. Le terme de cin­quième pou­voir, et de plus au sin­gu­lier, est sans doute dis­cu­table par ce qu’il sous-entend.
    Quelques remarques au pas­sage sur les pos­si­bi­li­tés offertes par les 1) à 5):
    vou­loir les faire ren­trer dans les caté­go­ries de votre grille rend les inter­pré­ta­tions erron­nées.
    1) est cer­tai­ne­ment juste, et cor­res­pond à l’état d’esprit habi­tuel de Bay­rou, mais pro­ba­ble­ment incom­plet car il y a aussi en ce moment une cam­pagne.
    2) me semble erronné dans le prin­cipe: c’est tout sauf un dia­logue de puis­sances, inter­pré­ter ça en war­game est inter­pré­ter le nou­veau dans les termes du monde ancien.
    3) est évidem­ment faux, d’abord parce que le zoo est loin des idées de Bay­rou bien sûr, mais aussi parce que les blo­gueurs forment non seule­ment un média, mais le média de base à ce genre de réunion: pour­quoi trans­for­mer cela en occa­sion de par­ler à un autre? Cela contre­di­rait la simple com­pré­hen­sion du phé­no­mène (4).
    4) et 5) seraient inter­pré­ter sa venue en termes de com’, et je crois cela erronné, loin de ce qu’il est. Quant à croire qu’il y a là la recon­nais­sance d’un cin­quième pou­voir effec­tif, dans les termes où c’est posé, cela revient à nier la nature même, acen­trale, dis­per­sée, du pou­voir en ques­tion, qui n’était pas plus pré­sent à Bal­tard hier qu’ailleurs dans un lieu.

  4. gravatar.com Philippe Astor ip:4
    28 September 2006 @ 13:10

    Salut Thierry. La pro­chaine fois, orga­ni­sez Répu­blique des blogs en pro­vince. Y aura moins de jour­na­listes (pas de puis­sance invi­tante, pas d’hôtel et de frais de dépla­ce­ment payés). Y aura aussi moins de blo­gueurs poli­tiques parigo-parisiens, c’est cer­tain. Mais ils ne sont quand même pas les seuls à avoir la science infuse. C’est quand même mar­rant de voir la blo­go­sphère poli­tique se fédé­rer (média­ti­sa­tion à l’appui) sur les mêmes bases cen­tra­li­sées que celles qui pré­valent dans toutes sortes de domaines en France. Pour un peuple en réseau, on est quand même encore dans un modèle client-serveur, non ? A quand la peer-to-peerisation de la blo­gos­phèe politique ?

  5. gravatar.com RACHID NEKKAZ ip:5
    28 September 2006 @ 13:11

    Bravo Thierry pour l’invitation spon­ta­née à Bay­rou.
    Il est impor­tant d’être auda­cieux, de res­ter natu­rel, et de faire ren­con­trer toutes celles et ceux qui ont “un pou­voir” et qui peuvent ensemble faire avan­cer les choses. Les connec­teurs ne doivent pas seule­ment res­ter sur la toile et avoir rai­son “seuls” mais enga­ger la réa­lité et ceux qui l’occupent.

    Donc, je te le dis: pas d’états d’âme la-dessus. C’est dans la bonne direction…

    Avec toute mon ami­tié, Rachid

  6. gravatar.com Annie ip:6
    28 September 2006 @ 13:11

    Je suis tou­te­fois per­suadé que nous ne pou­vons pas chan­ger le monde en usant des méthodes qui ont plongé le monde dans l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui (per­tur­ba­tions cli­ma­tiques, pau­vreté, malaise géné­ra­lisé…). Il faut inno­ver, en poli­tique comme dans le business.”

    Je crois que c’est la phrase que je préfère !!

  7. gravatar.com Jeremi ip:7
    28 September 2006 @ 13:46

    Quand les poli­tique s’interessent au libre et aux wikis…

    Je consi­dère que les logi­ciels libres et les wikis sont deux choses fan­tas­tiques pour l’humanité. — Fran­cois Bay­rou a Thierry Crou­zet, trouve sur son blog.…

  8. gravatar.com Casabaldi ip:1
    28 September 2006 @ 13:59

    Petit com­men­taire un peu mes­quin, mais bon : le com­men­taire de F. Bay­rou, ci des­sus, est laissé à 11h21. Aujourd’hui, F. Bay­rou est en Ven­dée, à 10h30, il a “visite de l’entreprise Tro­nico”.
    Je ne pré­sume de rien du tout, hein. Sin­cè­re­ment. Mais bon, s’il devait s’avérer qu’il s’agit en fait d’un web­mas­ter ou d’une per­sonne de l’équipe, ce ne serait pas bien grave, mais il faut juste le dire. C’est mieux.
    Voilà.
    Et si c’est bien vous, et bien tant mieux, et bienvenue !

  9. gravatar.com Vincent ip:8
    28 September 2006 @ 14:12

    Le com­men­taire de Casa­baldi pose effec­ti­ve­ment la ques­tion de la trans­pa­rence d’identité. Je doute que les moyens tech­no­lo­giques actuels (alertes RSS sur por­table etc…) ne per­mettent pas à un homme poli­tique de lais­ser un com­men­taire LUI MEME en quelques secondes. C’est pas que je veuille mettre toutes les assis­tantes (et assis­tants) au cho­mage mais…

  10. gravatar.com Casabaldi ip:1
    28 September 2006 @ 14:20

    Bon remarque, je suis mal placé pour en par­ler hein. J’ai deux pseudo, et le Buen­dia, plus haut, c’est moi aussi. Mais bon, ça fait plu­tôt par­tie de la ges­tion des “ava­tars” que je consi­dère comme ins­crite dans les genes du Net depuis le début. Dans le mesure où je ne m’en “sers” pas pour fiare croire ceci ou mani­pu­ler celà, pas de souci à mes yeux.

    Non encore une fois ce ne serait pas bien grave et ce n’est peut-être même pas le cas du tout. On va pas se lan­cer ds un lyn­chage débile, sté­rile, etc.
    Mon comm était plus de l’ordre du petit conseil en pas­sant (et au cas où) que du cher­chage de poux.

  11. gravatar.com Philippe Astor ip:4
    28 September 2006 @ 14:33

    Sur la ques­tion sou­le­vée par Casa­baldi, j’ai déjà eu un échange par e-mail avec F. Bay­rou lors du débat à l’Assemblée sur le pro­jet de loi DADVSI (droits d’auteurs), je m’étais contenté d’adresser ma requête à l’adresse indi­qué sur le site de l’Assemblée, j’ai obtenu une reponse quelques minutes plus tard et nous avons échangé plu­sieurs e-mails en l’espace d’une demi-heure. Je n’ai pas l’ombre d’un doute sur l’identité de mon cor­res­pon­dant d’alors.

  12. gravatar.com Casabaldi ip:1
    28 September 2006 @ 14:38

    Oui, oui, tout à fait. Fran­che­ment svp par­lons d’autre chose, je ne vou­lais abso­lu­ment pas faire naitre une sus­pi­cion débile et dépla­cée là des­sus.
    Thierry m’a égale­ment dit hier qu’il avait sim­ple­ment envoyé un mail et eu une réponse per­son­nelle quelques minutes après.

    Bref, toutes mes excuses pour avoir fait naitre invo­lon­tai­re­ment ces “doutes” sté­riles, ce n’était vrai­ment pas mon inten­tion et il ya vrai­ment, beau­coup, beau­coup plus impor­tant et inté­res­sant que ça.

  13. gravatar.com Carlo Revelli ip:9
    28 September 2006 @ 15:13

    Sur le coup en plus tu te trompes Casa­baldi, car il est bien sur Paris ce jour.
    a+

  14. gravatar.com ~laurent ip:10
    28 September 2006 @ 15:18

    Bravo, pour le geste et l’analyse. Concer­nant la réponse de Fran­çois Bay­rou, elle est a mettre en paral­lèle avec la réponse de Sar­kozy chez Kas­so­vitz, qui elle sem­blait “télé­pho­née”. Celle ci semble “naturelle”.

    De toute façon nous avons a faire a des gens intel­li­gents et Fran­çois a choisi la stra­té­gie de l’Outsider. Qu’il gagne ou qu’il perde la course n’a peut être pas tant d’importance que cela. Il faut se poser la ques­tion de faire fonc­tion­ner la démo­cra­tie quelque soit la nature du pilote. Et l’on revient au rôle des contres pouvoir .

    Ceci dit en pas­sant, le terme de “5ème pou­voir” n’est peut être pas le plus addapté, car on assiste peut être tout sim­ple­ment à l’émergence d’un vrai 4ème pou­voir (le sys­tème média­tique tra­di­tion­nel étant en grande par­tie sous controle).

  15. gravatar.com ~laurent ip:10
    28 September 2006 @ 15:21

    > Casa­baldi / Aure­liano Buen­dia / Mon­sieur X / Madame Y

    On en revient en effet à la trans­pa­rence, à force de chan­ger d’identité on finit par se prendre les pieds dans le tapis. Je pense que l’on peut dif­fi­ci­le­ment par­ler de poli­tique sous un pseudo : nous ne sommes pas en dictature.

    Ami­ca­le­ment ;-)

  16. gravatar.com Casabaldi ip:1
    28 September 2006 @ 15:30

    Très juste, merci Carlo, la Ven­dée, c’est demain !
    Une nou­velle fois toutes mes excuses.

    Reve­nons donc au sujet : je suis effec­ti­ve­ment per­suadé que Bay­rou, et peut-être quelques autres, peuvent (notam­ment parce qu’ils n’ont pas vrai­ment le choix) comp­ter sur le Net pour faire contre­poids aux dys­fonc­tion­ne­ments du qua­trième pou­voir.
    Je ne dis pas que la cam­pa­gen se dérou­lera ou se jouera seule­ment sur le Net, mais qu’elle se dérou­lera AUSSI sur le Net. Et que les gens et les réseaux qui y par­ti­ci­pe­ront, indé­pen­dants pour la plu­part, auront un impact non négligeable.

    Amu­sant de consta­ter que, pen­dant que nous dis­cu­tions entre nous hier soir, Libé­ra­tion était en train de cre­ver en silence…
    La roue tourne…

  17. gravatar.com Thierry Crouzet ip:11
    28 September 2006 @ 17:32

    Quelques com­men­taires pos­tés ailleurs:

    @Agoravox
    Cet argu­ment sur la pub pour mes livres est ridi­cule. J’écris des livres qui ne vendent pas. 2500 exem­plaires du peuple des connec­teurs. Ça me fait 3500 euros dans la poche. J’ai tra­vaillé 9 mois à plein-temps. Faites les comptes du salaire horaire. Même à 8h par jour ce n’est pas lourd. Alors ok je fais peut-être de la pub mais ce n’est pas pour vendre le livre plu­tôt pour que les idées que j’y expose se propagent.

    Et j’use de l’énonciation parce que l’objectivité n’a aucun sens. Der­rière leur « on », les jour­na­listes nous bourrent le mou. Au moins s’ils disaient « je » nous sau­rions ce qu’ils pensent. Quand je dis « je », je ne me cache pas.

    @Le monde Citoyen
    Tu as rai­son José. J’ai écrit ce papier à cause de Carlo Revelli. C’est lui qui suite à ma note de hier a ajouté que je ferai un compte rendu aujourd’hui. C’est encore de la petite his­toire. La pré­sence de la TV, je n’avais pas prévu, je croyais qu’on dis­cu­te­rait et qu’on pour­rait semer nos petites graines comme j’ai essayé de le faire en dis­cu­tant avec Bay­rou le matin. Les jour­na­listes ont pourri la soi­rée, limite polis. Mais l’important c’est d’avoir établi une connexion, à nous main­te­nant de la faire fruc­ti­fier, celle là comme toutes les autres.

    @Loïc Le Meur
    Je t’ai dit que je t’aiderai et je le ferai (si j’en suis capable) parce que les idées qui te pré­oc­cupent me pré­oc­cupent aussi. Et je sais que tu veux que les choses aillent dans le bon sens. Toutes ces his­toires de par­tis, de droite et de gauche, je m’en fiche totalement.

    Fran­che­ment, je ne crois pas que Bay­rou soit venu pour les médias. Il m’a dit oui sans réflé­chir, sans trop savoir où je l’embarquais. La pro­chaine fois, si j’en ai l’occasion, je fais la même chose avec Sarko ou DSK.

  18. gravatar.com Dilbert ip:12
    28 September 2006 @ 20:33

    Permettez-moi d’être scep­tique quand à votre démarche, à vous tous les blo­gueurs et blo­go­nautes (“ça ne mar­chera… jamais !” qu’il dit le vieux ron­chon ultra­li­bé­ral qui vous cause).
    Un homme poli­tique peut être fort sym­pa­thique, tota­le­ment acquies­cer aux idées de connexion et d’interconnexion, être per­suadé que le pou­voir est en bas (ou devrait être en bas), etc.
    Main­te­nant si vous le pre­nez dans son contexte natu­rel, la poli­tique, et le Pou­voir avec un P majus­cule, son com­por­te­ment sera tout autre. Car il est dans la machine, aux com­mandes du “monstre froid, le plus froid de tous les monstres froids” (l’Etat). Il ne peut éviter l’interventionnisme et le construc­ti­visme qui sont le lot du métier. Et là, dis­pa­rues les bonnes inten­tions affi­chées… Le pou­voir est mono­po­lis­tique, pour un poli­ti­cien, le par­ta­ger avec la société civile, c’est signer son arrêt de mort.

  19. gravatar.com Philippe Astor ip:4
    28 September 2006 @ 20:47

    Dil­bert, je crois per­son­nel­le­ment que c’est en ne par­ta­geant pas le pou­voir avec la société civle que les hommes poli­tiques signent, à terme, leur arret de mort.

  20. gravatar.com X Y ip:13
    28 September 2006 @ 22:27

    Bay­rou, Crou­zet, Lemeur, Sar­kozy, media, nuée de jour­na­listes, buzz, invi­ta­tion : quel fil conducteur ?

  21. gravatar.com Garbun ip:14
    29 September 2006 @ 7:05

    Un mes­sage un peu hors sujet mais pas tant que ça : je fais par­tie de ces gens qui suivent ce blog quo­ti­dien­ne­ment et qui pensent que ce qui s’y passe peut avoir une impor­tance non négli­geable (“Ah le con.”). Mais pour mesu­rer l’impact d’un blog comme celui-ci, j’aurais aimé savoir com­bien de gens le lisent régu­liè­re­ment. Ques­tion à Thierry donc : com­bien d’internautes auront lu cet article d’ici, disons, un mois ?

    Car il m’arrive sou­vent de par­ler autour de moi des idées qui cir­culent ici, et c’est pro­ba­ble­ment le cas pour beau­coup d’habitués de ce blog. Je ne sais pas si tu en parles dans ton der­nier livre, mais je pense qu’il serait inté­res­sant de connaitre le ratio “échanges privés”/“échanges publics”, les pre­miers étant les échanges non visibles par les inter­nautes : dis­cus­sions de café, mails, etc., à l’inverse des seconds : les blogs, leurs com­men­taires, et les forums (mais vous aviez déjà com­pris, canaillous).

    Alors oui, on ren­contre sur le net tous les points de vue pos­sibles et ima­gi­nables, mais plus le ratio en ques­tion penche en faveur des echanges pri­vés, moins de ce que l’on voit sur le net n’est repré­sen­ta­tif de la glo­ba­lité. La sur­prise de Le Pen au second tour en 2002 en est un exemple : dans aucun média on aurait pu mesu­rer l’ampleur du mou­ve­ment FN. Bon, le net à beau­coup changé depuis, mais jus­te­ment, dans quelle mesure ? Une telle sur­prise serait-elle tou­jours pos­sible aujourd’hui ? Ce que l’on voit sur nos écran n’est sur­ement que la par­tie émer­gée de l’iceberg, mais qui nous dit que cette par­tie est sem­blable à la par­tie immer­gée ? Dans quelle mesure les cyber-connecteurs sont-ils repré­sen­ta­tifs de la popu­la­tion en géné­ral ? Le 5ème pou­voir serait-il plus invi­sible que visible ?

    Sucer c’est tromper ?

  22. gravatar.com Casabaldi ip:15
    29 September 2006 @ 11:08

    Salut Gar­bun,

    mesu­rer l’impact d’un blog… vaste ques­tion.
    Je pré­tends avoir un peu d’expérience sur la ques­tion (mais pas la science infuse, ni LA vérité) et je peux déjà te dire ça :
    certes l’audience est un fac­teur. Certes ce n’est pas le seul fac­teur, et on peut en ajou­ter 250 autres tels que Links, Page rank, track back, etc. (voire ana­lyse séman­tique et tutti quanti)
    Mais sur­tout, quel­que­soit la réponse à cette ques­tion, ce n’est en fait pas la bonne.
    Je m’explique :
    Ce n’est pas l’influence du blog ou du blo­gueur qui est impor­tante.
    C’est celle de l’idée.
    Un blog, quel qu’il soit, n’a pas “d’influence” en soi. Intrin­sè­que­ment. Tu me suis ?
    L’influence est contex­tuelle, conjoncturelle.

    A ce stade, un blog aussi puis­sant soit-il, n’est rien d’autre qu’un “pré­texte à créer de l’échange. Et l’influence, la force est dans l’échange, pas dans le blog.
    Les gens qui cherchent l’influence DANS les blogs se trompent ; L’influence n’est pas DANS les blogs mais ENTRE les blogs.
    Je te ren­voie à un récent post de Thierry sur la Loop Quan­tum Gra­vity.
    C’est la même image. EN très gros, l’important, ce n’est pas les “trucs” (atomes, matière, gens, blogs, etc.) mais la force des liens entre ces trucs. D’où l’importance des “réseaux”, plus que des blogs.
    Hope this help.

  23. gravatar.com Garbun ip:16
    29 September 2006 @ 17:37

    Casa­baldi, c’est pré­ci­sé­ment pour esti­mer la force que peut avoir une idée émise dans un blog que j’ai besoin de savoir com­bien d’internautes ont pu y pas­ser. Evi­dem­ment on ne peut faire qu’une esti­ma­tion. Pour avoir le chiffre exact de gens qui tombent sur l’idée, il fau­drait addi­tion­ner le total des gens qui ont lu l’article du blog avec ceux qui ont lu sur un autre blog ou site un article s’y refé­rant ou repre­nant l’idée direc­te­ment (en ne comp­tant pas les fois ou une IP est vue plus d’une fois pour éviter de comp­ter plu­sieurs fois la même personne).

    Tout ça nous don­nera le nombre de gens qui lisent l’idée. Ensuite, pour connaitre son impact réel, peut-être pourrait-on faire un son­dage deman­dant aux gens à com­bien de per­sonnes ils parlent des idées vue sur un blog en moyenne, puis à com­bien de per­sonnes est-ce qu’ils dis­cutent d’idées pro­ve­nant de quelqu’un qui les ont lu sur un blog (pour ces chiffres, il ne faut comp­ter que les per­sonnes à qui l’on a appris l’existence de l’idée, sinon encore une fois celles qui étaient déja au cou­rant vont faire doublon).

    Ainsi on peut esti­mer l’importance de chaque “couche” dif­fu­sant l’idée et avoir une vision glo­bale de sa portée.

  24. gravatar.com jylem ip:17
    29 September 2006 @ 19:18

    le pro­blème de l’homme poli­tique bay­rou ou un autre c’est qu’au lieu de faire son tra­vail d’homme poli­tique, il tra­vaille à se faire élire. le sys­tème est biaisé de toute façon.
    Les idées de thierry entre autre peuvent chan­ger cela.

  25. gravatar.com chouchou ip:18
    29 September 2006 @ 20:17

    Bon­soir,

    Que dire de plus que vous n’ayez déjà écrit.. vous les “si grands blogueurs”..

    Per­so­nel­le­ment j’apprécie l’idée déve­lop­pée par Fran­çois Bay­rou, à savoir venir sans être invité..
    http://canteleu.paysdecaux.com/index.php?2006/09/28/929-francois-bayrou-rencontre-le-cinquieme-pouvoir

    Très cor­dia­le­ment

  26. gravatar.com Cratyle ip:3
    30 September 2006 @ 16:59

    jylem, s’il y a quelqu’un qui fait son tra­vail d’homme poli­tique en France, c’est bien Bay­rou, jus­te­ment, alors réduire ses actions à l’envie poli­ti­cienne de se faire élire, comme s’il était un Sar­kozy ou une Royal, c’est un contre-sens.

  27. gravatar.com Farid Taha ip:19
    1 October 2006 @ 11:29

    Pas mal l’analyse sur l’état d’esprit de Bay­rou et son rap­port avec le monde qui “bouge”. A nous aussi de lui don­ner l’opportunité de le faire bou­ger pour nous dans le sens que nous voulons.…

    Par contre je suis moins d’accord sur le fait que sa venue ait été annon­cée. J’aurais pré­féré un geste spon­tanné ou que ce soit à l’improviste (Comme pour Voy­net qui n’a pas été annoncée).

    Et ce même s’il répon­dait à ton invi­ta­tion. Tu aurais bien sur eu le loi­sir de nous expli­quer à pos­te­riori ton coup et on aurait eu toutes les rai­sons de l’applaudir.

    Alors ques­tion: Est ce que les jour­na­listes auraient été aussi nom­breux si Bay­rou n’était pas annoncé ?

    Si la réponse est OUI il y en aurait quand même eu autant… alors ma réserve saute d’elle même et tu peux oublier ce que j’ai dis !

    En tout cas bonne ini­tia­tive de Ver­sac que de “faire ren­con­trer vir­tuel­le­ment (1) dans le réel ceux qui se croisent réel­le­ment dans le vir­tuel” (2). Atten­tion la phrase est Copi­righ­tée Farid TAHA ® © ™.…etc etc

    (1) Vu le nombre de jour­na­listes la ren­contre avec ces per­so­na­li­tés nous a été quelque peu confis­quée par eux.

    (2) Bon cou­rage pour ton bouquin !

  28. gravatar.com Casabaldi ip:15
    2 October 2006 @ 12:51

    > gar­bun (désolé, thierry, on dévie un peu, mais ça me semble inté­res­sant, et en rap­port, avec ton der­nier post, bon­vote, ton bou­quin, etc.).

    Gar­bun, tu cherches donc à “esti­mer la force que peut avoir une idée émise dans un blog”. Bien.
    Ce que je vou­lais te dire dans mon der­nier comm, c’est qu’une idée émane rare­ment d’un blog. D’anord, ce n’est pas le blog qui émet l’idée, mais le bogueur. Avant de l’écrire, ce blo­gueur, qui est avant tout une per­sonne, en a parlé, entendu parlé, dis­cuté avec pas mal de gens, à rac­cro­cher son idée à cer­taines théo­ries, argu­men­ter, etc. Bref, il a créé des “liens”, des “rela­tions”.
    Ce sont ces rela­tions qui comptent, bien plus que l’audience qu’aura fina­le­ment son post.
    Toute “l’influence” a venir de cette idée vien­dra de la capa­cité des gens à la com­prendre, à la reprendre, à en inté­grer l’importance.
    C’est ça qui va faire que, une fois publiée, cette idée qui ne sera peut-être lu au départ que par quelques dizaines de per­sonnes, va se propager.

    Je prends l’exemple du réseau free­men.
    Audience sur le post d’origine : quelques dizaines de per­sonnes.
    Mais beau­coup de ces per­sonnes com­prennent et reprennent. Intègrent le réseau, relaient l’idée.
    Résul­tat : 80 blogs en réseau qui touchent près de 200 000 visi­teurs uniques dédu­pli­qués tous les mois. Plus des cen­taines de dis­cus­sions tous azi­muts sur des listes, dans des bars, des contacts dans tous les sens, à tous les niveaux de la société, dans des milieux très dif­fé­rents, des rela­tions et des pro­jets avec des dizaines d’autres réseaux.
    Dès lors, une idée “pous­sée” par le réseau free­men se pro­page près de 80 fois plus vite. (Petit exemple anec­do­tique, la récente his­toire du “pruin d’ortie”, dont tu as peut-être entendu par­ler). Née off line, puis pas­sant sur une mai­ling list, elle se retrouve (entre autres) sur un blog free­men : eco-echos…
    L’audience de ce blog est alors quasi-négligeable. (10 à 30 visiteurs/jours).
    (ça, c’est ce que tu aurais si tu cher­chais à mesu­rer “l’influence de ce blog” : résul­tat : pas ou très peu influent… et pour­tant…)
    Mais la news part sur le réseau et se pro­page. des dizaines de blogs, free­men ou pas, relaient peu à peu. Puis la news revient ds les media offi­ciels (20h de TF1, Le Monde, etc.) Le blog eco-echos explose. (4 300 visites en Sep­tembre, soit 500% d’augmentation) ce qui était impré­vi­sible si tu avais voulu connaitre son “influence” avant. Tu me suis ? Et ce qui reste négli­geable vis-à-vis de son influence réelle dans cette histoire.

  29. gravatar.com Thierry Crouzet ip:20
    2 October 2006 @ 13:02

    Conti­nue comme ça Casa­baldi… tu écris mon bou­quin… :-)

  30. gravatar.com Casabaldi ip:15
    2 October 2006 @ 13:29

    Hé hé… on l’écrit tous en live ton bou­quin. Et heu­reu­se­ment, sinon il par­le­rait de quoi ? J’espère que bien que ce que tu vas y racon­ter, c’est ce que nous sommes tous en train de vivre, de faire. Ame­ner un point de vue, une syn­thèse sur tout ça ne pourra être aque béné­fique… et pro­pice à d’autres dis­cus­sions, de façon à encore meixu com­prendre ce qui se passe.

    Pen­dant que je suis là, je prends un pari avec Gar­bun : Dans 3 mois, énor­mé­ment de blogs par­le­ront de crois­sance, de PIB et d’indicateurs alter­na­tifs, cad d’autres mesures que le PIB pour l’évolution, le pro­grès d’une société, d’un pays.
    Tu m’accordes que ce thème est aujourd’hui très peu pré­sent.
    Alors com­ment je le sais ?
    Parce que j’ai un blog super influent ? non.
    Parce que plein de blogs “influents” vont pous­ser cette idée ?
    Certes, mais c’est un consé­quence, pas une cause “première”.

    Avant tout, parce que ce “thème” est “influent”. Parce qu’il est par­tagé, aujourd’hui en “off” par beau­coup de gens ; le fait que ces gens aient des blogs ne vient qu’après dans l’ordre d’importance.
    Là encore, “l’influence” poten­tielle est avant tout dans l’idée et dans la capa­cité des gens à la “par­ta­ger”. Elle n’est pas DANS les blogs, mais ENTRE les blogs.

  31. gravatar.com EricB ip:21
    3 October 2006 @ 0:05

    Bon­soir Thierry,
    Un concept qui peut être inté­res­sant pour ton livre. Déve­lop­pe­ment sur ce post:

    http://giussani.typepad.com/loip/2006/10/ubuntu.html

    Ubuntu is a Bantu word mea­ning that “a per­son is only a per­son through their rela­tion­ship to others”. Bishop Des­mond Tutu is quotes as explai­ning it this way: “Ubuntu is very dif­fi­cult to ren­der into a Wes­tern lan­guage… It is to say, ‘My huma­nity is caught up, is inex­tri­ca­bly bound up, in what is yours.’”

    Ami­tié. EricB

  32. gravatar.com Thierry Crouzet ip:20
    3 October 2006 @ 7:46

    C’est exac­te­ment ça. Nous sommes en train de deve­nir des Ubuntu. C’est sûr, je vais caser ça dans le livre.

  33. gravatar.com Garbun ip:22
    3 October 2006 @ 9:00

    Je modi­fie un peu ce que je disais : comme tu l’as dis Casa, une idée se déve­loppe à tra­vers tous les médias, les­quels s’entre-influencent, d’ou la dif­fi­culté d’estimer l’importance d’un média en par­ti­cu­lier. Mais on se rend bien compte que depuis l’arrivée des blogs, quelque chose s’est passé qui a consi­dé­ra­ble­ment aug­menté le nombres d’échanges entre les inter­nautes (puis par exten­sion entre tout le monde).

    Le but à terme de ce dont je par­lais serait donc non pas d’estimer la por­tée d’une idée via un blog, mais quel est le “coef­fi­cient de connexion” d’un blog (càd de com­bien de % le blog va-t-il aug­men­ter le nombre d’echanges à pro­pos d’une info, par rap­port à s’il n’avait pas existé).

    L’experience est com­plexe mais fai­sable je pense. Exemple : un blog spé­cia­lisé sur les nou­velles tech­no­lo­gies met­tant fré­quem­ment des liens vers un site pré­cis (disons vieartificielle.com), s’arrête brus­que­ment de publier. Quel impact ça engendre sur ce site ? Est-ce que le nombre de visi­teurs en moins sur “viear­ti­fi­cielle” cor­res­pon­dra exac­te­ment au nombre d’internautes qui y venaient via le blog sur les nou­velles tech­no­lo­gies venant de fer­mer ? Si oui, on en conclue que l’influence externe du blog est inexis­tante ou presque. En revanche, si le nombre de visi­teurs en moins sur le site est, disons, 3 fois plus élevé que le nombre affi­ché par ses sta­tis­tiques (“x visi­teurs pro­ve­nants de blog Truc”), alors l’influence externe du blog est de 3 pour 1.

    C’est un moyen tout bête de se rendre compte de l’impact réel d’un site, il y a sur­ement d’autres méthodes moins bru­tales (quoique), mais c’est un exemple, comme quoi ce n’est pas impossible.

    Je pense que tout le monde ici est d’accord sur le fait qu’Internet rem­place petit à petit la télé et que la ten­dance n’est pas prête de s’inverser, d’ou l’interêt de se pen­cher sur son influence (et c’est pour ça que ton pari je vais sur­ement pas m’y aven­tu­rer parce que je suis moi aussi pas mal per­suadé qu’effectivement on va assis­ter à l’arrivée de moults indi­ca­teurs plus ou moins spé­ci­fiques). Ça pro­met d’etre inter­es­sant en tout cas.

  34. gravatar.com Nicolas ip:23
    3 October 2006 @ 16:38

    @ Casa­baldi > ‘suis fan de ta prose :) )

  35. gravatar.com ben ip:24
    11 May 2007 @ 14:53

    par­ceque BAy­rou c’est le meilleur :)

    http://www.social-democratie.eu

  36. gravatar.com dav ip:25
    9 December 2007 @ 15:17

    si bay­rou été meilleur en quoi que ce soit ça se sau­rait… même en lettres, pour­tant agrégé, il a du mal… hihihihi

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