Lego en question

Dans mon papier sur la méta­phore Lego, j’ai évoqué l’émergence d’un cin­quième pou­voir chez Lego. Les cri­tiques n’ont pas man­qué, chez Pegase et chez Eric Culnaërt. J’ai l’impression d’entendre de vieux gau­chistes crier contre les méchants patrons (pire les méchants libé­raux). Je vou­drais rap­pe­ler quelques petits trucs pour éclai­rer le débat :

  1. Pegase est de mau­vaise foi quand il pré­tend que Lego Fac­tory ne pro­pose rien de nou­veau. Par le passé, les fans de Lego pou­vaient ache­ter des bri­quettes en sachets mais jamais ache­ter juste le nombre néces­saire pour mon­ter la maquette de leur rêve. Donc, ils font déjà une écono­mie (divisent par 100 le prix de leurs constructions).
  2. Mais c’est un détail. La nou­veauté est de pou­voir créer des boîtes de Lego qui seront ven­dues sur le site de Lego. Pour un fan, c’est déjà un hon­neur. Leurs créa­tions peuvent riva­li­ser avec celles des desi­gners de Lego.
  3. Exploi­ta­tion crient déjà les néo-marxistes. Nou­vel escla­vage. Mais non puisque les nou­veaux desi­gners tou­che­ront des droits d’auteurs sur leurs œuvres, en tout cas si elles se vendent.
  4. Lego ne fait ni plus ni moins qu’ouvrir son ate­lier à toutes les bonnes volon­tés, exac­te­ment comme le font les éditeurs de livres ou de musique depuis long­temps. Dif­fé­rence : il n’y a pas de sélec­tion à l’entrée, tout le monde peut publier, comme sur lulu.com.
  5. J’imagine que si ce pro­ces­sus de déve­loppe, le consom­mac­teur va peu à peu trans­for­mer Lego en pro­fon­deur. Per­sonne n’est capable d’anticiper jusqu’où ça peut nous mener. Il faut certes être vigi­lant mais, a priori, ne pas dire non à la nou­veauté (sur­tout quand ce qui existe aujourd’hui n’est pas néces­sai­re­ment fameux).
  6. Lego crée une longue traîne chez lego, longue traîne qui contient en elle-même la fin de l’hyper capi­ta­lisme comme j’ai essayé de le mon­trer dans Le cin­quième pou­voir. Les néo-marxistes devraient être heureux.
  7. La prise en main de l’outil de pro­duc­tion par les consom­ma­teurs, sur le modèle Lego Fac­tory, com­mence il y a tout au plus deux ou trois ans. Nous sommes en train d’inventer un nou­veau modèle. Per­sonne ne pré­tend qu’il est mature, c’est au contraire un nou­veau né plein de pro­messes et qu’il faut sur­veiller avec attention.
  8. C’est tout l’outil de pro­duc­tion qui pour­rait pas­ser entre les mains des consom­ma­teurs. Même Marx n’a pas rêvé ça. Nous n’y sommes pas mais nous sommes en train d’inventer la tech­no­lo­gie pour y par­ve­nir. L’outil de pro­duc­tion, c’est nous les consom­ma­teurs et per­sonne d’autre.
  9. Les plates-formes de tra­vail col­la­bo­ra­tif sont aujourd’hui sou­vent cen­tra­li­sées, donc il y a quelqu’un qui se sucre sur les dos des usa­gers, mais ce n’est pas une néces­sité. Par exemple, on peut ouvrir son blog sur une plate-forme ou en l’installant sur un ser­veur indé­pen­dant. Dans cer­tains domaines, nous avons déjà le choix (Eric, en publiant sur Ago­ra­vox, tu n’es pas du tout logique avec toi-même puisque tu sers le grand méchant que tu dénonces – et se ser­vir de lui pour le dénon­cer n’est ce pas le consacrer ?).
  10. Je pense d’ailleurs que les plates-formes cen­tra­li­sées, très à la mode aujourd’hui, de Fli­ckr à Dai­ly­mo­tion, n’ont pas beau­coup d’avenir. Elles incarnent le méchant capi­ta­lisme mais elles pré­sentent si peu d’intérêt que nous nous pas­se­ront bien­tôt d’elles.
  11. La cri­tique d’Eric serait fon­dée si nous en res­tions éter­nel­le­ment à une ver­sion cen­tra­li­sée des outils col­la­bo­ra­tifs (voir sa cri­tique de cares­quare). Sans par­ler des pro­blèmes tech­niques qui ne man­que­ront de sur­ve­nir (le P2P décen­tra­lisé est tou­jours le plus effi­cace), je crois jus­te­ment que les usa­gers refu­se­ront d’être les din­dons de la farce. Ils ces­se­ront de publier leurs vidéos sur Dai­ly­mo­tion le jour où Dai­ly­mo­tion s’engraissera sur leur dos (aujourd’hui, cette entre­prise n’est tou­jours pas ren­table il me semble).
  12. Nous sommes en train de construire une société où les inter­mé­diaires peuvent dis­pa­raître. Je ne crois pas que des plates-formes col­la­bo­ra­tives pren­dront la place de la grande dis­tri­bu­tion. Je crois au contraire que les AMAP pré­sagent un modèle plus nova­teur. La tech­no­lo­gie nous per­met­tra de le déployer à grande échelle. La col­la­bo­ra­tion ne peut qu’être décentralisée.
  13. Par ailleurs, un outil col­la­bo­ra­tif ne sera jamais seul sur un mar­ché. Cha­cun de nous pourra offrir ses ser­vices sur plu­sieurs outils (qui seront concur­rents entre eux). Cette concur­rence sera plus loyale que dans le modèle hyper capi­ta­liste car créer l’outil ne coû­tera rien. On ouvrira bien­tôt des ser­vices comme cares­quare en trois clics de sou­ris (voilà un busi­ness dans lequel il faut se lan­cer). Les consom­mac­teurs se diri­ge­ront vers les ser­vices qui leur paraî­tront les plus justes (aujourd’hui nous nous diri­geons vers ceux que nous trou­vons – l’offre étant réduite dans un monde où la longue traîne ne s’est pas géné­ra­li­sée). Les consom­ma­teurs pour­ront créer leurs propres ser­vices. Il n’y aura même plus que des ser­vices de consommateurs.
  14. Nous sommes dans une phase d’expérimentation. Nous ne savons pas vers où nous nous diri­geons. Sim­ple­ment, il y a de gros pro­blèmes dans le monde, aussi bien écolo­giques que sociaux, et il nous faut trou­ver de nou­velles solu­tions pour les régler. Le col­la­bo­ra­tif appuyé sur la décen­tra­li­sa­tion ouvre une piste. J’avoue que je n’en vois pas d’autres (celles expé­ri­men­tées par le passé ayant démon­tré leurs limites).
  15. Eric, la cri­tique est facile mais tu ne pro­poses rien d’autre que ce qui existe déjà et qui est en train de nous détruire à petit feu. Être vigi­lant est une chose mais la vigi­lance sans la pro­po­si­tion ne nous fait pas avan­cer. N’oublie pas que depuis Le peuple des connec­teurs, j’ai écrit Le cin­quième pou­voir. Il me semble que j’y réponds à cer­taines de tes ques­tions. Je sais aussi que nous sommes loin d’avoir inventé un nou­veau modèle. Mais nous avons une piste.
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11 commentaires à “Lego en question”

  1. gravatar.com Eric Culnaert ip:1
    28 March 2007 @ 14:04

    Un peu de sable dans les rouages les mieux hui­lés les rend moins sen­sibles à l’emballement (vu ta for­ma­tion, Thierry, tu sais que rares sont les sys­tèmes à courbe de réponse linéaire) et les rend aussi plus tolé­rants à l’humain — si tout le monde se met du côté du moteur, y a des risques que cer­tains passent sous les roues (c’est une vieille leçon que nos socié­tés connec­tées ne devraient pas oublier; le com­mu­nisme sovié­tique, comme d’autres sys­tèmes avant lui, nous a mon­tré la dif­fé­rence entre ce qui est le bien et qui relève du dis­cours et ce qui per­met à l’homme de s’épanouir ou même sim­ple­ment de sur­vivre, qui relève d’un autre ordre).

    Dans ce sens, la vigi­lance même sans pro­po­si­tion est utile même à ceux qui explorent les pistes de l’avenir — et pour tout dire: nous explo­rons ensemble, c’est bien ça qui est beau; et ce n’est pas un hasard si j’ai choisi de pos­ter mon bidule sur Ago­ra­vox. Eva­cuons donc ce mal­en­tendu: je ne parle pas depuis une vision du monde, je ne cri­tique pas pour le plai­sir de ralen­tir la marche vers un ave­nir meilleur. J’appelle juste l’attention de tous, et la tienne en pre­mier lieu parce que je sais que ces ques­tions te parlent, sur quelques points qui me chiffonnent.

    J’aurais pu choi­sir une autre grille de lec­ture, celle-ci m’a été ins­pi­rée par le nom du lieu où nous nous sommes retrou­vés pour par­ler de tout ça samedi. La pro­chaine fois, pro­mis, je choi­si­rai mes méta­phores dans le registre de la ther­mo­dy­na­mique. Mais ça ne change rien au fond: délé­guer à des outils tech­no­lo­giques pré­ten­du­ment neutres des fonc­tions sociales assu­mées jusqu’ici par d’autres types d’organisations demande réflexion. Le modèle que tu ébauches n’est pas for­cé­ment ver­tueux parce qu’il est réac­tif et décen­tra­lisé, de la même façon que la déci­sion de se doter d’une Consti­tu­tion ne dis­pense pas d’en exa­mi­ner les termes.

    Tu paries sur la vertu du consom­mac­teur, comme si ce type de moti­va­tion n’avait pas déjà été détourné (ou cana­lisé, selon le point de vue) de mille manières au fil de l’Histoire, ou bien tu paries sur la vertu du sys­tème pour don­ner un sens posi­tif à la force résul­tante des moti­va­tions indi­vi­duelles? Ma véri­table inquié­tude, en réa­lité, tient à un non-dit récur­rent et à une natu­ra­li­sa­tion mas­quée des phé­no­mènes qui régissent nos socié­tés humaines, désor­mais jusque dans la sphère sociale et après que ce type de pos­tu­lat sans pro­lé­go­mènes a déjà remo­delé tous le dis­cours dans la sphère écono­mique. Conti­nuons gaie­ment de flou­ter la fron­tière entre le natu­rel et l’artificiel, y com­pris dans le registre poli­tique, et demain c’est toute réflexion morale qui devien­dra impossible.

    La loi pro­tège le faible là où la liberté l’opprime, ce n’est pas neuf même si c’est dis­cuté et dis­cu­table à l’infini (mais en contexte). Montre-moi la ligne de code qui pro­tège le faible au sein du sys­tème P2P décen­tra­lisé que tu pro­poses (et pas d’un sys­tème P2P décen­tra­lisé théo­rique) et je la regar­de­rai avec toi. Tu pro­poses des réponses, et c’est parce qu’elles m’intéressent que je les dis­cute. Mais aujourd’hui, d’un point de vue sys­té­mique, la pro­ba­bi­lité me semble faible que les outils dont tu parles nous dirigent par essence vers notre pré­ser­va­tion plu­tôt que vers notre des­truc­tion sous pré­texte qu’ils s’apparentent à des phé­no­mènes de régu­la­tion “natu­relle” — sur­tout s’ils sont fabri­qués par l’homme.

    Et oui, moi aussi je t’aime ;)

  2. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    28 March 2007 @ 14:53

    Je ne vois pas pour­quoi tu crois que je pense que les outils sont neutres. Rien n’est neutre. Au contraire, c’est parce que nous dis­po­sons de nou­veaux outils que nous pou­vons chan­ger notre façon de vivre ensemble.

    L’invention de l’aquarelle a trans­formé la pein­ture au dix-neuvième comme l’huile l’avait trans­formé à la Renais­sance. Un nou­vel outil n’est jamais neutre car il oriente l’imagination des hommes (pour com­men­cer et c’est déjà beaucoup).

    Je ne parie pas sur la vertu du consom­mac­teur mais sur la per­ver­sion des chefs, de ceux qui croient savoir ce qui est bien au nom des autres. Je ne crois pas aux élites et je crois qu’il y a de l’intelligence entre cha­cun de nous. Donc, à mes yeux, tout sys­tème capable de s’affranchir des chefs, donc des hié­rar­chies en tout genre, trop coû­teuses humai­ne­ment et envi­ron­ne­men­ta­le­ment, me paraît pré­fé­rable à ce que nous connais­sons aujourd’hui.

    Le consom­mac­teur reste un homme, il n’est pas par­fait, il ne le sera jamais, c’est une évidence. Mais je crois que l’homme seul est moins mau­vais que l’homme mau­vais qui s’est doté d’une armée pour faire triom­pher ses idées.

    Pour moi, il n’y a pas de fron­tière entre natu­rel et arti­fi­ciel. C’est quoi quelque chose d’artificiel ? J’aimerais avoir une expli­ca­tion. Si une chose créée par l’homme est arti­fi­cielle alors beau­coup de choses le sont dans le monde (même nos excré­ments et ils me paraissent très naturels).

    La pro­tec­tion du faible a bond dos. Qui écrit la loi ? Les faibles ou les forts ? Moi je veux que les hommes écrivent leurs lois et non pas des gens qui se pensent au-dessus d’eux (ce qui est le cas aujourd’hui). Mais ta der­nière ques­tion mérite réflexion. J’essaierai d’y répondre en détail dans un pro­chain billet (hasard j’en ai un pour demain où j’évoque déjà la ques­tion mais pas assez en détail).

  3. gravatar.com Eric Culnaert ip:1
    28 March 2007 @ 15:44

    Donc le pou­voir passe des mains des puis­sants (les chefs, les per­vers, tout ça…) aux mains des fabri­cants d’outils.
    Et en plus c’est pas les mêmes, donc.
    CQFD.

    A te lire demain, amigo.

  4. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    28 March 2007 @ 15:48

    Tu fais exprès de ne pas com­prendre. L’outil est en open source (dans la pers­pec­tive décen­tra­li­sée). Le fabri­quant de pro­duits c’est toi, c’est moi, c’est nous tous… En tous cas, nous inven­tons la techno pour ça. Nous sommes les pro­duc­teurs en même temps que les consommateurs.

  5. gravatar.com Marchange ip:3
    28 March 2007 @ 16:13

    Inté­res­sant comme souvent.

    Par ailleurs, il y a tou­jours des choses qui m’embêtent, comme l’emploi de “hyper capi­ta­lisme” , pourrais-tu don­ner ta définition ?

  6. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    28 March 2007 @ 16:37

    J’ai défini l’hyper capi­ta­lisme dans Le cin­quième pou­voir, c’est le capi­ta­lisme que nous connais­sons aujourd’hui et qui a oublié depuis long­temps le libé­ra­lisme (la liberté des gens à vendre au prix qu’ils veulent).

    Quand tu as cinq cen­trales d’achat en France qui fixent les prix et ver­rouillent le mar­ché, c’est de l’hyper capi­ta­lisme pour moi.

  7. gravatar.com Eric Culnaërt ip:4
    28 March 2007 @ 18:17

    Thierry,

    J’ai l’impression au contraire que nous nous com­pre­nons par­fai­te­ment. Tu es en train de dire que je dois te faire confiance parce que tu sais pro­gram­mer et lire du code (ou que tu connais quelqu’un en qui tu as confiance pour le faire).

    Fai­sons un petit ratio entre la pro­por­tion d’habitants de cette pla­nète ayant le droit de vivre et ceux qui savent lire du code (sans même de par­ler de sai­sir les finesses des pon­dé­ra­tions sta­tis­tiques à l’oeuvre dans l’algorithme de répu­ta­tion moyen…). Le fabri­quant de fabrique de pro­duits c’est peut-être toi, c’est pas moi, ni sans doute mon voi­sin de palier, ni 98% des gens sur notre planète.

    Je n’invente aucune techno, pour ma part, et je sus­pecte que je ne suis pas le seul. Les chiffres “offi­ciels” de la par­ti­ci­pa­tion 2.0 parlent de 1 créa­teur de contenu et de 10 “inter­ac­teurs” avec le contenu pour 100 uti­li­sa­teurs (donc 90% de consom­ma­teurs pas­sifs, mal­gré tout…) et je ne parle même pas de l’échelle si on intro­duit dans le cir­cuit le créa­teur de l’outil de créa­tion de conte­nus, parce que là sur la plu­part des pla­te­formes ayant atteint une masse cri­tique effi­cace on se pète des ratios supé­rieurs au million.

    C’est pré­ci­sé­ment ce dont était venue par­ler Chan­tal Engue­hard le 24; elle a été beau­coup applau­die, je me demande si elle a été beau­coup écou­tée. Je ne par­tage pas for­cé­ment ses conclu­sions, mais je trouve que son pro­pos mérite qu’on s’y arrête. C’est pré­ci­sé­ment parce que les faibles ont bon dos qu’on doit s’interroger sur le risque d’introduire une sorte de dar­wi­nisme tech­no­lo­gique dans des socié­tés où les notions de légi­ti­mité et de repré­sen­ta­ti­vité sont à la dérive.

    Mais ça ne change rien à l’essentiel: je t’aime quand même ;)

  8. gravatar.com allons donc ! « Pegase ip:5
    28 March 2007 @ 18:38

    […] donc ! Jump to Com­ments Dans sa réponse aux com­men­taires que nous avons fait, Eric sur Ago­ra­vox, moi tran­quille­ment chez moi, Thierry […]

  9. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    28 March 2007 @ 20:28

    @Eric Le pro­blème est de limi­ter la par­ti­ci­pa­tion à nos outils actuels, sans se rap­pe­ler qu’il y a cinq ans il n’y avait presque rien et que per­sonne n’est capable d’imaginer où nous en serons dans cinq ans. Alors les études je m’en fiche. Si les mecs du web 2.0 atten­daient ces études pour lan­cer des ser­vices, le web 2.0 n’existerait pas.

    Pour la lec­ture du code, je crois que nous entrons dans une époque où cette com­pé­tence sera aussi utile que de savoir lire. Mal­gré tout, j’espère que les codes de demain seront plus acces­sibles que ceux d’aujourd’hui. J’espère aussi que nous aurons des outils open source assez puis­sant pour que les gens puissent se créer leurs propres outils col­la­bo­ra­tifs. Il y a dix ans presque per­sonne n’aurait été capable de créer un blog si on lui en avait expli­qué le prin­cipe. Aujourd’hui il y a des mil­lions de blo­gueurs. C’est ça qui compte. Faire des choses com­pli­quées aujourd’hui sera facile demain.

    Je crois par ailleurs qu’une fois habi­tués à par­ti­ci­per, une fois que les gens mesu­re­rons les béné­fices, ils par­ti­ci­pe­ront plus. Au début de l’histoire de l’automobile per­sonne ne croyait que 95% de la popu­la­tion aurait une voi­ture et serait capable de la conduire.

  10. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    28 March 2007 @ 20:53

    @Pegase Facile de cri­ti­quer ceux qui vendent leurs livres (toi tu donnes quoi en en échange). Mais bon. Sache que si ça ne tenait qu’à moi mes livres seraient en Open Source et s’ils ne le sont pas c’est parce que mon éditeur rechigne.

    D’un autre côté, publier aujourd’hui un livre sans pas­ser par un éditeur, c’est lui enle­ver d’entrée tout cré­dit. C’est comme ça, j’espère que ça chan­gera mais je ne suis pas res­pon­sable de la situa­tion. Par ailleurs, sache aussi qu’écrire un livre comme Le cin­quième pour­voir m’aura coûté en gros 10 000 euros de frais sans même par­ler du temps passé que je ne compte pas. Donc bilan finan­cier tota­le­ment néga­tif voilà pour­quoi de mon côté aucun pro­blème pour faire de l’Open Source. Je négo­cie ferme avec mon éditeur en ce moment. Même si le col­la­bo­ra­tif n’a jamais voulu dire gra­tos, loin de moi cette idée (c’est pour ça que les gens qui col­la­borent à Lego doivent être payés).

    Le point qui te paraît inté­res­sant dans ton billet ne m’a pas inté­ressé je regrette. Mon ana­lo­gie classique/quantique avait juste pour but de dire qu’il ne fal­lait pas appli­quer de vieux cri­tères de juge­ment, notam­ment des cri­tères quan­ti­ta­tifs dans un domaine qui tient plus du qua­li­ta­tif à mon sens. Pas de quoi en faire un fromage.

    L’histoire de Lego me paraît beau­coup plus inté­res­sante, c’est pour ça que j’ai répondu sur ce point. Quand je dis le coût divisé par 100, j’ai pas fait de longs cal­culs. Avant si tu vou­lais une cer­taine brique spé­ciale, il fal­lait ache­ter un sachet com­plet (de 10, 20, 50 ou 100 pièces). J’ai écrit 100… peu importe puisque cet avan­tage écono­mique n’a aucun inté­rêt pour le sujet qui nous intéresse.

    Main­te­nant tu peux cri­ti­quer Lego Fac­tory autant que tu veux. Tes craintes sont fon­dées. Mais quand tu te dis fan de Crea­tive Com­mons tu n’es pas logique. Car pour qu’une licence Crea­tive Com­mons existe il faut qu’il y ait une créa­tion. Les nou­velles boîtes Lego pour­ront très bien un jour être Crea­tive Com­mons. Mais, avant, faut com­men­cer par être capable de les créer.

    Si tout le monde t’imitait, per­sonne ne pos­te­rait de com­men­taire hors de son blog, sous pré­texte de ne pas col­la­bo­rer avec l’ennemi poten­tiel­le­ment capi­ta­liste et avi­lis­sant. Tu devrais aussi refu­ser de sur­fer car chaque fois que tu passes sur un site, tu aug­mentes sa popu­la­rité, donc sa valeur. C’est la même chose que de créer une boîte Lego, en plus bête, mais peu importe.

    La col­la­bo­ra­tion a existé dès la pre­mière seconde du web. Tu col­la­bores dès que tu surfes que tu le veuilles ou non. Fau­dra que j’écrive un billet sur la col­la­bo­ra­tion passive.

  11. gravatar.com Pegase ip:6
    9 April 2007 @ 13:56

    […] deman­dais pour­quoi Crou­zet n’avait pas répondu à mon billet. Il l’a fait, en douce, com­men­tant chez lui, sans lien pour qu’il y ait un track­back et que je me rendre compte que […]

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