Information irréductible

Un article de presse doit être intel­li­gible en lui-même. Il doit s’auto-suffire. Les choses qu’il ne défi­nit pas doivent être connues de l’ensemble des lec­teurs. Tous les jour­na­listes s’appliquent cette règle, même ceux qui rédigent les com­mu­ni­qués de l’AFP ou de Reu­ters. Pour ma part, je me refuse à pro­po­ser une infor­ma­tion digeste car à mon sens elle pose beau­coup de problèmes.

  1. Pour être com­pris uni­ver­sel­le­ment, un jour­na­liste doit repré­ci­ser le cadre, pla­cer des limites, défi­nir… il doit se répé­ter d’article en article. Je trouve ça fas­ti­dieux, vous me direz que le job veut ça, mais je trouve ça encore plus fas­ti­dieux pour le lec­teur qui perd beau­coup de temps à lire ce qu’il sait déjà. Pour cette seule rai­son, j’ai renoncé à lire la presse. L’idée que le lec­teur ne sait rien a priori, très répan­due depuis de longues années, me paraît néfaste à la qua­lité de la presse.
  2. Mais le lec­teur sait des choses. Le jour­na­liste sup­pose que nous savons ce dont tout le monde parle. Plus il traite de sujets à la mode, moins il a besoin de pré­ci­ser le cadre, plus son tra­vail est sim­pli­fié. Tenté par la faci­lité, il parle de plus en plus des sujets à la mode, sujets qui se ren­forcent les uns les autres… et les jour­na­listes finissent par dire tous la même chose… tout ça parce qu’ils veulent dif­fu­ser une infor­ma­tion digeste. Au final, elle devient si digeste qu’elle n’est plus une infor­ma­tion mais seule­ment un rabâchage.
  3. Je vou­drais main­te­nant oppo­ser l’auteur au jour­na­liste. L’auteur n’a pas le souci de l’intelligibilité immé­diate. Il construit peu à peu un uni­vers où il intègre lec­teur après lec­teur. Un auteur se pra­tique dans la durée, il ne se consomme pas. Accé­der à son œuvre demande par­fois un peu d’effort mais après nous pen­sons avec lui. Il m’arrive ainsi de dire par inad­ver­tance « Flau­bert m’a dit … ». Puis je dois me reprendre pour pré­ci­ser « J’ai lu dans la cor­res­pon­dance que … ». En quelque sorte, Flau­bert est devenu mon ami intime à force de le lire, ce qu’aucun jour­na­liste ne sera jamais pour moi.
  4. J’aborde mon blog comme un auteur. Je ne cherche pas à écrire des billets auto­suf­fi­sants parce que je sup­pose que mes lec­teurs ont lu d’autres billets avant et qu’ils par­ti­cipent à l’histoire de ma pen­sée. Alors chaque fois qu’on me dit que je n’ai pas défini tel ou tel mot je m’irrite car j’ai déjà employé cha­cun des mots que j’emploie, je leur ai peu à peu donné un sens… un sens qui est peut-être le mien mais qui est en cohé­rence avec ma pen­sée. Si vous lisez une lettre et que vous décou­vrez que l’auteur a « pio­ché » le matin, vous pen­se­rez peut-être qu’il a tra­vaillé dans son jar­din. Si vous savez que cet auteur est Flau­bert, vous com­men­ce­rez à dou­ter du sens de « pio­ché ». Si vous êtes fami­lier de Flau­bert, vous sau­rez exac­te­ment ce qu’il entend par « pioché ».
  5. Je ne dis pas qu’il faut que tous les jour­na­listes deviennent des auteurs mais je crois que nous ne devons pas perdre l’habitude de lire les auteurs. Je n’ai jamais rien appris d’important en lisant les jour­na­listes mais des auteurs ont changé ma vie. On ne change pas la vie de quelqu’un avec du digeste, du par­fai­te­ment défini, de l’objectivité, du sans ambiguïté.
  6. Les blo­gueurs peuvent cher­cher à imi­ter les jour­na­listes, ils peuvent les com­men­ter ou les cri­ti­quer mais, il peuvent aussi deve­nir des auteurs, construire au fil de leurs billets, courts ou longs, une his­toire. Nous ne sommes pas condam­nés à nous glis­ser dans des cos­tumes taillés pour d’autres en un temps déjà éloigné.
  7. En Alexan­drie, au IIIe siècle avant Jésus-Christ à l’époque d’Ératosthène, les écri­vains se pas­sion­nèrent pour les textes brefs. Cal­li­maque, le plus grand poète de son temps, affir­mait « Grand livre, grand mal ». En sommes-nous au même point ? Je vois une ana­lo­gie trou­blante. En Alexan­drie, la science grecque connais­sait son apo­gée en même temps que son art et sa phi­lo­so­phie péri­cli­taient. Or une époque pour être pleine et entière ne doit négli­ger aucune de ses dimensions.
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/ Coup de gueule

35 commentaires à “Information irréductible”

  1. gravatar.com Paul .ca ip:1
    16 February 2008 @ 14:40

    Pour moi jour­na­lisme rime sou­vent avec super­fi­cielle. Mais c’est un peu nor­mal l’actualité (quo­ti­dienne) ne laisse pas suf­fi­sam­ment de temps vu qu’une jour­née n’a que 24h.
    Je suis plus inté­ressé par les men­suels et les livres (hors roman) pour apprendre.

    Il suf­fit de lire un livre d’un Noam Chom­sky pour décou­vrir ce qu’est une ana­lyse pro­fonde, pré­cise, rigou­reuse et lar­ge­ment réfé­ren­cées. C’est sou­vent en com­pa­rant qu’on appré­cie mieux la qua­lité.
    C’est par­fois inté­res­sant de limi­ter son champ de vision et de détailler tout ce qu’on voit.
    Çà déve­loppe le sens de l’observation et de réflexion plu­tôt que le champs de vision grand angle avec les pro­pos du café du com­merce. :D

    En géo­po­li­tique par ex, sou­vent les jour­na­listes expliquent en par­tie le contexte géné­ral. J’ai par­fois l’impression qu’ils ne le connaissent pas eux-même bien et font appel à un “spé­cia­liste”. Si on connait pas le domaine, on pense que c’est com­plet par confiance et car il parle de choses mêmes connues. Ça ne me dérange pas d’entendre des choses connues (je regarde com­ment elles sont pré­sen­tés) à condi­tion que le jour­na­liste parle des choses moins connues Et impor­tantes pour bien com­prendre le pro­blème. En disant cela, je pense aux pro­blèmes inter­na­tio­naux comme la guerre d’irak, iran, 911 etc …

    Je dirais que le jour­na­liste est un peu à l’image du méde­cin géné­ra­liste qui vous dirige vers le bon ou mau­vais spé­cia­liste (auteur). il est sou­vent débordé (au QC) et prend rare­ment le temps de vous écou­ter long­temps.
    Arrivé chez le spé­cia­liste, celui-ci vous explique que le géné­ra­liste ne sait/comprend pas grand chose. :D
    Reste qu’on a un besoin essen­tiel des géné­ra­listes comme des journalistes.

  2. gravatar.com Henri A ip:2
    16 February 2008 @ 16:10

    Illus­tra­tion: ( Une petite pen­sée pour l’Irak )

    « Dési­rant établir le temps exact néces­saire pour qu’un arbre qui se dresse dans la forêt se trans­forme en jour­nal, le patron d’une pape­te­rie a eu l’idée de pro­cé­der à une expé­rience fort inté­res­sante. À 7 heures 35, il fit abattre trois arbres dans le bois voi­sin et, après écor­çage, les fit trans­por­ter à l’usine de pâte à papier. La trans­for­ma­tion des trois troncs d’arbre en cel­lu­lose de bois liquide fut si rapide que, dès 9 heures 39, le pre­mier rou­leau de papier d’impression sor­tit de la machine. Ce rou­leau fut emmené immé­dia­te­ment à l’imprimerie d’un jour­nal à quatre kilo­mètres de là, et dès 11 heures du matin, le jour­nal se ven­dait dans la rue. Il n’a donc fallu que trois heures et vingt-cinq minutes pour per­mettre au public de lire les der­nières nou­velles sur un maté­riau pro­ve­nant des arbres sur les branches des­quels, le matin même, les oiseaux gazouillaient encore. »
    Il est donc cinq heures. La réponse est là. L’écho de ma démence san­glante… Com­ment ? Nous serions les commis-voyageurs des usines d’armement, cen­sés témoi­gner non pas avec leur bouche des per­for­mances de leur entre­prise mais avec leur corps de l’infériorité de la concur­rence ? Là où les voya­geurs furent nom­breux, il y aura beau­coup d’éclopés ! Qu’ils trans­forment les sec­teurs de vente en champs de bataille, soit ! Qu’ils aient eu le pou­voir de mettre les plus nobles d’esprit au ser­vice de la cra­pu­le­rie, le diable même n’aurait osé ima­gi­ner une telle conso­li­da­tion de son pou­voir. Et si on lui avait susurré que dès la pre­mière année de la guerre une raf­fi­ne­rie de pétrole ferait 137 % de béné­fice net sur la tota­lité du capi­tal en actions et David Fanto 73 %, le Cre­di­tans­talt 19,9 mil­lions de béné­fice net, et que les tra­fi­quants en viande, en sucre, en alcool à brû­ler, en fruits, en pommes de terre, en beurre, en cuir, en caou­tchouc, en char­bon, en fer, en laine, en savon, en huile, en encre, en armes seraient dédom­ma­gés au cen­tuple de la dépré­cia­tion du sang d’autrui, le diable lui-même se serait pro­noncé en faveur d’une paix par renon­cia­tion ! Et c’est pour ça que vous avez rampé pen­dant quatre ans dans la gadoue, c’est pour ça que furent entra­vées les lettres qui vous étaient des­ti­nées, rete­nus les livres qui devaient vous conso­ler. Ils vou­laient que vous res­tiez en vie car ils n’avaient pas encore assez volé dans leurs Bourses, pas encore assez menti dans leurs jour­naux, pas encore assez mal­mené les gens dans leurs bureaux, pas encore assez affolé l’humanité, pas encore assez tiré pré­texte de la guerre pour jus­ti­fier leur inca­pa­cité et leur sadisme — ils n’avaient pas encore fini de dan­ser dans ce car­na­val tra­gique où des hommes mou­raient sous les yeux de repor­ters de guerre du sexe fémi­nin et où des bou­chers deve­naient doc­teur ès lettres _honoris causa_… Des hommes d’État, appe­lés en pleine déchéance uni­que­ment pour refré­ner les pul­sions bes­tiales de l’humanité, les ont débri­dées ! Sous le man­teau de la tech­nique, l’hystérie prend d’assaut la nature, le papier com­mande aux armes. Nous fûmes inva­lides par l’action des rota­tives avant que les canons fassent des vic­times. Tous les domaines de l’imagination n’avaient-ils pas déjà été évacués ? À la fin était le Verbe. Celui qui tua l’esprit n’eut plus d’autre choix que d’engendrer l’action. Et c’est la presse qui a fait cela, elle seule, elle qui a cor­rompu le monde par sa putas­se­rie. Ce n’est pas elle qui a mis en action les machines de mort : mais d’avoir vidé notre cœur au point de ne plus pou­voir nous ima­gi­ner le résul­tat pro­bable, voilà sa res­pon­sa­bi­lité dans la guerre !…
    Et vous, les sacri­fiés, vous ne vous êtes pas insur­gés contre ce pro­jet ? Vous ne vous êtes pas défen­dus contre l’obligation de mou­rir et contre l’ultime liberté : deve­nir incen­diaires ? Contre cette ruse dia­bo­lique d’exiger, sous les dra­peaux du pathos moral, le sacri­fice au béné­fice du mar­ché de la laine !… Et la gloire et la patrie dans tout cela ? Vous étiez nus comme devant Dieu et votre bien-aimée, face à une com­mis­sion de bour­reaux et de salauds ! La patrie, nous l’avons vue dans la soif de pou­voir de l’esclave déchaîné et dans l’aménité du maître chan­teur assoiffé de pour­boire. Sauf que nous autres, si nous ne l’avions vue que sous les traits de ces atroces géné­raux — qui pen­dant cette grande époque s’immisçaient dans les pages-spectacles des feuilles de chou en lieu et place des dames de la haute afin d’attester qu’en ce monde on ne for­nique pas seule­ment, on tue aussi — en vérité, nous aurions espéré l’heure de fer­me­ture de ce bor­del san­glant !
    Com­ment, vous là-bas, les tués, les dupés, vous ne vous êtes pas insur­gés contre cette entre­prise ? Vous avez sup­porté la liberté et la belle vie de ces stra­tèges de la presse, des para­sites et des far­ceurs, tout comme votre mal­heur et vos contraintes ? Tout en sachant qu’eux rece­vaient des dis­tinc­tions hono­ri­fiques pour vos souf­frances ? Vous ne leur avez pas cra­ché la gloire à la figure ? Cou­chés dans des trains de bles­sés que ces canailles pou­vaient étaler dans la presse ? Vous ne vous êtes pas échap­pés, n’avez pas déserté pour rejoindre cette guerre sacrée : nous libé­rer à l’arrière de l’ennemi mor­tel qui nous bom­bar­dait quo­ti­dien­ne­ment le cer­veau avec ses men­songes ? Vous êtes morts pour ce com­merce ? Vous avez enduré l’horreur pour pro­lon­ger la nôtre, nous qui tirions ici la langue entre l’usure et la détresse, entre les contrastes dou­lou­reux de l’impertinence replète et de la phti­sie muette. Oh, vous éprou­viez moins de com­pas­sion pour nous que nous pour vous, nous qui vou­lions leur récla­mer au cen­tuple chaque heure de toutes ces années qu’ils ont arra­chée à votre vie, nous qui n’avions tou­jours qu’une ques­tion à la bouche : à quoi ressemblerez-vous si vous sur­vi­vez à ça ? Quand vous aurez échappé à l’ultime but de la gloire : que les hyènes se fassent guides et offrent vos tombes à la curio­sité des tou­ristes ! Mala­die, pau­vreté, déla­bre­ment, poux, faim, ago­nie, mort au front, tout cela pour faire mon­ter le tou­risme — voilà notre lot com­mun ! Ils ont ris­qué votre peau, et dans la nôtre leur esprit pra­tique s’est taillé des porte-monnaie. Vous, vous aviez des armes — et vous n’êtes pas par­tis à l’assaut de l’arrière ? Vous n’avez pas fait demi-tour pour nous sau­ver, nous et vous, en quit­tant ce champ de la honte pour la plus hon­nête des guerres ? Morts, vous ne vous rele­vez pas de vos trous dans la terre, deman­dant des comptes à cette sale engeance, pour han­ter son som­meil de vos visages gri­ma­çants arbo­rés à l’heure du tré­pas, avec vos yeux ter­nis par l’attente héroïque, avec votre masque inou­bliable que la mise en scène de la folie a imposé à votre jeu­nesse ! Levez-vous donc et affrontez-les de votre mort héroïque afin que la lâcheté qui com­mande à la vie connaisse enfin ses traits et qu’elle la regarde les yeux dans les yeux, une vie durant ! Arrachez-les à leur som­meil de votre cri d’agonie ! Trou­blez leur jouis­sance par le fan­tôme de vos souf­frances ! Ils étaient capables d’embrasser des filles la nuit qui sui­vait le jour où ils vous ont étran­glés ! Sauvez-nous d’eux, sauvez-nous d’une paix qui nous apporte la peste de leur voi­si­nage ! Sauvez-nous du mal­heur de ser­rer la main des juges mili­taires ren­trés au pays et des bour­reaux reve­nus au civil.
    Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi des hommes qui, par ambi­tion déme­su­rée ou ins­tinct de sur­vie, ont ordonné que des cœurs cessent de battre, que des mères aient des che­veux blancs ! Reve­nez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souf­friez par leur faute avant de mou­rir par leur faute !… Cadavres en armes, arrachez-vous à cette pétri­fi­ca­tion ! Avan­cez ! Avance, cher par­ti­san de l’esprit, et réclame-leur ta chère tête ! Et toi — où es-tu, toi qui es mort à l’hôpital ? Ils m’ont ren­voyé ma der­nière carte por­tant la noti­fi­ca­tion : « Sorti de l’hôpital. Adresse incon­nue. » Avance pour leur dire où tu es et com­ment c’est là-bas, dis-leur que tu ne vou­lais plus jamais te lais­ser uti­li­ser pour ça !… Ce n’est pas votre mort — c’est votre vie que je veux ven­ger sur ceux qui vous l’ont infligée !

    C’est de qui ? Quelle année ?

  3. gravatar.com TOTO ip:3
    17 February 2008 @ 10:40

    je sais pas,je donne ma langue au chat

  4. gravatar.com l'inconnu de passage ip:3
    17 February 2008 @ 10:42

    ””“C’est de qui ? Quelle année ?”””

    bof! alors ça on s’en tape.…Désolé de vous décevoir

  5. gravatar.com Henri A ip:2
    17 February 2008 @ 12:11

    A Toto :
    Karl Kraus ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Kraus ) , 1919.

  6. gravatar.com l'inconnu de passage ip:3
    17 February 2008 @ 14:01

    au moins j’aurai appris quelque chose aujourd’hui, merci.

  7. gravatar.com TOTO ip:3
    17 February 2008 @ 15:00

    j’y avais pensé connais­sant votre savoir sans limites de Kraus et Musil, mais de toutes façons j’ignorai la date, par contre en lisant le texte avec atten­tion l’on pou­vait devi­ner que la grande guerre était pas­sée par là, amicalement

  8. gravatar.com Henri A ip:2
    17 February 2008 @ 16:14

    A Toto mon nou­vel ami :
    “votre savoir sans limites de Kraus et Musil”, scan­ner des textes sur les quelques bou­quins de ma biblio­thèque et les mettre sur un blog, ce n’est pas ce que j’appelle un grand savoir ( limité de toutes façons ).
    J’ai mis ce truc en com­men­taire par rap­port au billet de Thierry tout sim­ple­ment parce que Kraus n’a pas dit autre chose toute sa vie. Pour résu­mer, il a fus­tigé “le manque d’imagination” des jour­na­listes dans l’utilisation des mots et des for­mules.
    Dans le der­nier “Marianne” ( un des moins mau­vais jour­nal actuel­le­ment ), un article page 30 donne un point de vue sur le sujet nou­vel obs / sms de l’ ex mari de Céci­lia.
    Cette article com­mence par cette phrase hal­lu­ci­nante:
    “Sans la presse, sans nous autres jour­na­listes et sans nos lec­teurs, il n’y a ni liber­tés ni démo­cra­tie.“
    Hal­lu­ci­nant parce qu’elle illustre ce “manque d’imagination”. On peut aisé­ment rem­pla­cer les mots “presse”, “jour­na­listes” et “lec­teurs” par :
    armée, sol­dats, citoyens
    par­le­ment, dépu­tés, élec­teurs
    banque, ban­quiers, clients
    etc…

  9. gravatar.com TOTO ip:3
    17 February 2008 @ 16:33

    @ Henri A

    Demande t’on à un jour­na­liste de faire preuve d’imagination? moi, non, je lui demande à ce jour­na­liste de rela­ter des faits, rien que des faits, sans y mettre son avis, son opi­nion.
    L’information doit être objec­tive, et puis pour tout vous dire il y a des lustres que je ne lis plus aucune publi­ca­tion, que m’importe de savoir si truc muche a mal au dents ou qu’il s’est levé de mau­vaise humeur, de toute manière la presse en géné­rale est là pour faire plai­sir à telle ou telle per­sonne, parti.…etc.….presse écrite, presse télé­vi­suelle, qua­lité dites vous.….où cela?

  10. gravatar.com Paul .ca ip:4
    17 February 2008 @ 17:32

    irré­duc­tible” comme ces irré­duc­tibles gau­lois qui résis­taient face aux légions romaines de Jules César. ;)
    Les gau­lois vain­cus ont gagné défi­ni­ti­ve­ment la tech­no­lo­gie romaine (route, construc­tion, aque­duc, agri­cul­ture …) au prix tem­po­raire de leur liberté.

    Sinon je regarde avec ma fille, une série télé­vi­sée d’animation fran­çaise “Il était une fois… les Décou­vreurs” 1994 com­posé de 26 épisodes.
    C’est intel­li­gible pour les enfants mais ça reste inté­res­sant et ins­truc­tif pour les adultes même si je connais +70% du contenu.

  11. gravatar.com kalvin ip:5
    17 February 2008 @ 18:59

    L’opposition jour­na­liste vs. auteur n’a pas lieu d’être. Ceux qui sont bons et qui font leur tra­vail ou leur pas­sion avec cœur et éthique sont faci­le­ment recon­nais­sables, dans les deux camps, et ceux-là sont por­teurs d’un mes­sage per­son­nel qui, même de minime impor­tance, vaut très sou­vent son pesant de réflexion induite.

  12. gravatar.com TOTO ip:3
    17 February 2008 @ 19:17

    Des fleurs pour Mr Crou­zet & Co, ça va lui faire plai­sir
    le lien http://ouvertures.info/breves/cozop-nouvel-agregateur/

  13. gravatar.com TOTO ip:3
    17 February 2008 @ 19:26

    “A Toto mon nou­vel ami””.….….….….….….……illusion
    ”“votre savoir sans limites de Kraus et Musil””.…boutade

  14. gravatar.com TOTO ip:3
    17 February 2008 @ 20:08

    “L’opposition jour­na­liste vs. auteur n’a pas lieu d’être””

    natu­rel­le­ment puisque le “jour­na­liste” est “l’auteur” de ses articles (du moins suis je en droit de le supposer)

    “ceux-là sont por­teurs d’un mes­sage personnel “”

    Là je ne vous suis pas, le jour­na­liste, c’est à dire celui qui relaie, trans­met l’information n’a pas à faire pas­ser de mes­sages per­son­nels, il relate l’info point.

    L’écrivain qui trans­met ses mes­sages , n’est plus tout à fait dans le rôle du jour­na­liste.
    Par exemple Crou­zet fait pas­ser, dans ses billets, divers mes­sages (bons, mau­vais) peu importe; il n’est pas dans le rôle de jour­na­liste, il est dans le rôle de l’écrivain (il nous informe de ses idées, ses délires, ses réalités.…)

    Bon cela est mon avis, peut être suis je dans l’erreur dans ce cas Mon­tes­quieu était il un journaliste.…..????

  15. gravatar.com swimmer21 ip:6
    18 February 2008 @ 13:12

    Eton­nante conver­gence entre les grecs et les japo­nais, maîtres du haiku qui en quelques mots sug­gère tout un uni­vers. Et l’on peut décou­vrir à tra­vers ce faible écrit, la per­sonne qui a vécu ce moment là, toute la per­sonne. Jour­na­liste= per­sonne, auteur= per­sonne. Sim­ple­ment les règles de la décou­verte de l’un ou de l’autre au tra­vers de ses écrits sont différentes.

  16. gravatar.com altlib ip:7
    18 February 2008 @ 14:23

    Pour un regard amu­sant sur les élec­tions internes chez Alter­na­tive Libé­rale, jetez un oeil sur http://altlib.wordpress.com (ici)

    (Désolé c’est un peu hors sujet)

  17. gravatar.com charlie ip:8
    19 February 2008 @ 18:06

    A lire les com­men­taires, je me dis que les jour­na­listes ont encore de beaux jours devant eux, du moins s’ils sont “objec­tifs”, n’évoquent que les “faits”, “relaient l’info”.
    Pour­tant, ni les “faits”, ni “l’info brute” ne tombent du ciel, dic­tés par on ne sait quelle parole divine. Ils sont obser­vés, triés, mis en forme et en cohé­rence, etc. L’objectivité ne peut-être qu’au mieux un idéal, au pire, un leurre qui empêche de ques­tion­ner ses propres grilles d’analyse.

    Cela dit, je ne par­tage pas non plus la dis­tinc­tion journaliste/auteur de Thierry. Je la trouve un tan­ti­net élitiste [qui lit “tout” un auteur ?] et un tan­ti­net angois­sant, aussi [faut-il avoir lu toute la Recherche pour dia­lo­guer avec Ax ?].
    Aussi, tou­jours et encore, pas d’accord sur la ques­tion des défi­ni­tions, mais je ne déve­loppe même plus, lisez mes nom­breux com­men­taires à ce sujet ;)

    Sinon, pour celles et ceux qui ne connaissent pas bien Flau­bert, voici un indice : il ado­rait jouer aux sept familles. Sur­tout le matin. Si avec ça on ne com­prend pas ce qu’il veut dire…

  18. gravatar.com Henri A ip:9
    19 February 2008 @ 19:22

    A Char­liette :
    “A lire les com­men­taires“
    à lire cer­tains com­men­taires ; tu n’es pas chez mémé ici, un mini­mum de pré­ci­sion svp.

  19. gravatar.com charlie ip:8
    19 February 2008 @ 23:27

    Vi, par­don, “à lire cer­tains com­men­taires”.
    Ceci dit, chez mémé, ça ne rigo­lait pas des masses non plus…

  20. gravatar.com Ax ip:10
    20 February 2008 @ 0:00

    lisez mes nom­breux com­men­taires à ce sujet”

    Je com­mande la ver­sion reliée, pen­dant que tu ter­mines la Recherche, puis on pourra par­ler des OGM, des free­WO­men et des femmes, avec de meilleures bases com­munes. (Le pas­sage d’Albertine sur les OGM est la meilleure ana­lyse sur le sujet).

    Hier une amie me disait : “pour­quoi perdre du temps à dis­cu­ter avec les gens sur Inter­net ? Ils répondent tou­jours à côté. Il suf­fit de dis­cu­ter direc­te­ment avec Google il donne la réponse plus vite qu’eux.”

  21. gravatar.com Henri A ip:9
    20 February 2008 @ 0:39

    Ceci dit, même en ayant lu toute la recherche, ce n’est pas facile de dia­lo­guer avec Ax.
    “[qui lit “tout” un auteur ?]“
    Moi, mais seule­ment quatre. Avec ça je peux me pro­me­ner par­tout dans le monde, si je veux.

  22. gravatar.com charlie ip:8
    20 February 2008 @ 15:00

    @ Henri : M, K, et ???

  23. gravatar.com Henri A ip:9
    20 February 2008 @ 18:18

    A Char­lie Columbo:
    M, K, et N, W.

  24. gravatar.com Ax ip:10
    20 February 2008 @ 19:03

    W.”

    les oeuvres com­plètes de Demian West ?

    Res­pect ! Cela démontre une puis­sance de lec­ture peu com­mune. C’est pas les 35 heures ça. Tu dois car­bu­rer aux OGM nucléaires.

  25. gravatar.com Henri A ip:9
    20 February 2008 @ 20:23

    A Ax:
    Laisses le ou il est celui là. Il squatte chez Quit­te­rie ( pour le moment ).

  26. gravatar.com charlie ip:8
    20 February 2008 @ 23:12

    W j’ai trouvé je crois.
    N je cherche…

    Ax : tu cherches à le faire venir chez Thierry ?

  27. gravatar.com charlie ip:8
    20 February 2008 @ 23:14

    Casa a trouvé la réponse pour N.

  28. gravatar.com Ax ip:10
    20 February 2008 @ 23:39

    W c’est Witt­gen­stein ou Win­nie l’ourson. J’hésite entre les deux. Ou Wolfowitz ?

    Le seul W que j’ai lu un peu à fond c’est Wilde, mais pas tout.

    N c’est pas Nietzsche quand même ?

  29. gravatar.com Henri A ip:9
    20 February 2008 @ 23:42

    Je lis en accéléré.

  30. gravatar.com Ax ip:10
    20 February 2008 @ 23:49

    Casa”

    il a fini les oeuvres com­plètes de Car­lucci ? Bien­tôt interro écrite.

    Main­te­nant que Des­ma­rais a eu la Grand’Croix, c’est Car­lucci le pro­chain. Puis tout ce beau monde ira au Pan­théon rele­ver les vieux ancètres. La rup­ture, c’est aussi pour les grands hommes.

  31. gravatar.com TOTO ip:11
    21 February 2008 @ 2:22

    M–comme Musil
    K..comme Kaus
    N…comme Nietzsche
    W…comme Wolinsky

    Je vous mets un lien pour égayer…(vous êtes tristounets)

    http://bd-girls.mon-oueb.com/belles/Wolinsky/index.phtml

  32. gravatar.com Henri A ip:9
    21 February 2008 @ 21:43

    A Thierry:
    Tiens, voilà pour­quoi je râlais dans le blog cozop sur le choix de “repor­ters sans fron­tières” :
    http://rue-affre.blog.20minutes.fr/archive/2008/02/21/do-not-disturb.html#comments

  33. gravatar.com Ax ip:10
    21 February 2008 @ 21:58

    cozop sur le choix de “repor­ters sans frontières””

    Carlo a beau­coup à se faire par­don­ner de la CIA, alors de temps en temps il lui fait une concession.

    Bien­tôt dans les causes de Cozop : la NED, Car­lyle, et tu pour­ras même faire un don direct à Wolfo pour l’aider à se remettre du départ de la WB.

  34. gravatar.com Ax ip:10
    21 February 2008 @ 22:02

    Sur RSF tu as ça aussi dans ton dos­sier, non ?

    http://www.voltairenet.org/article142884.html

  35. gravatar.com Henri A ip:9
    21 February 2008 @ 23:57

    Ax:
    Entre autres, mais le bon sens suf­fit, voir leur liste bizarre de la liberté de la presse dans le monde.

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