Archive : March 2008

La première puissance mondiale, c’est la guérilla

30 Sunday March 2008

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À la fin de Brave New War, John Robb prédit que si nous ne construisons pas volontairement une société décentralisée, elle adviendra tout de même et avec brutalité. Cette prévision n’a pas plus d’intérêt qu’une autre. Je m’intéresse au raisonnement qui la motive (et que j’interprète).

  1. Lorsqu’une société centralisée se sent en danger, elle se centralise de plus en plus pour préserver son intégrité (renforcement des lois liberticides, attaque contre les francs-tireurs – les blogueurs par exemple –, aide en faveur des industries centralisées – énergie atomique par exemple…). Je fabule peut-être mais j’ai souvent l’impression que nous vivons le début de ce cauchemar.
  2. Plus une société est centralisée, plus elle est vulnérable car il suffit d’atteindre ses centres névralgiques pour la déstabiliser. Par exemple, notre système énergétique est en grande partie centralisé. Un simple dysfonctionnement en un point du réseau de distribution peut paralyser des dizaines de millions de foyers. Un peu partout dans le monde, des pannes accidentelles ont déjà démontré cette vulnérabilité.
  3. Pour nuire aux sociétés centralisées, la guérilla s’attaquera aux réseaux centralisés qui les sous-tendent. Pour Robb, 9/11 était une simple attaque symbolique. Elle a montré la faisabilité d’une frappe ponctuelle au cœur d’un territoire ennemi. Quand la guérilla passera à la vitesse supérieure, quand elle voudra nous faire mal, elle attaquera les nœuds sensibles de nos réseaux (énergie, communication, transport…).
  4. Par rapport à 9/11, ces frappes nécessitent peu de moyen, sinon ceux offerts par les technologies modernes, et font courir peu de risques aux guérilleros. La guérilla a d’ores et déjà les moyens de mettre mal en point les sociétés centralisées. Plus elle frappera, plus cette société se centralisera pour se défendre, plus elle mécontentera les citoyens, plus la guérilla recrutera de nouveaux activistes. Robb montre que nous assistons à ce scénario en Irak.
  5. Après une phase de panique, Robb prédit que les États comme les multinationales globalisées, ces monstres centralisés, éclateront au profit de structures décentralisées. Par exemple, les villes déclareront leur indépendance et assureront leur autonomie énergétique, notamment en recourant aux énergies renouvelables.
  6. En même temps que la décentralisation se développera, la guérilla ne trouvera plus de cible. Nous entrerons alors dans un nouvel âge politique. Tous ceux qui n’auront pas gagné leur autonomie, qui resteront tributaires des États mourants, seront en situation périlleuse, tout au moins jusqu’à ce que la nouvelle société se stabilise une fois la paix revenue.

Pour Robb, la guérilla est déjà à l’œuvre. Il la voit comme une multitude d’activismes sans liens. Quand des membres de Greenpeace attaquent des baleiniers japonais, nous sommes en situation de guérilla. Il serait réducteur de limiter la guérilla aux extrémismes religieux ou nationalistes. Les hackers s’attaquent à l’industrie du droit d’auteur. La communauté open source s’attaque aux multinationales du monde informatique (et aussi d’autres domaines comme l’alimentaire ou la médecine).

Frapper les points névralgiques d’une société centralisée n’implique pas le recours à la violence. Quand des paysans vendent en direct leur production, ils s’attaquent à la société centralisée. L’insurrection a déjà commencé. Reste à savoir si elle se développera pour créer le cataclysme que prédit Robb.

Qu’est-ce qui pourrait motiver de plus en plus de gens à rejoindre les guérilleros ? Une crise financière sans précédent. Des dérèglements climatiques catastrophiques. Une épidémie meurtrière. Un mal-être insupportable. Beaucoup de gens sont inquiets mais leur inquiétude ne les pousse pas encore à prendre leur responsabilité. Nous n’avons pas atteint le seuil critique qui pousserait à la mobilisation (sans doute ne faut-il pas plus de 5 à 10 % de guérilleros pour lancer la révolution).

Le scénario de Robb me paraît plausible. Il a le mérite d’attirer l’attention sur un aspect de la politique internationale souvent négligé : les États-Unis sont totalement hors jeu avec leur système de défense. Créé pour la guerre entre États centralisés, il n’est pas préparé pour affronter la guérilla décentralisée. La première puissance mondiale, c’est aujourd’hui la guérilla.

Notes

  1. Robb est un ancien militaire américain, spécialiste du contre-terrorisme.
  2. Il fait souvent appel aux black swans pour justifier sa prévision. C’est un comble.
  3. Quand j’entends parler de 9/11 comme d’un complot américain pour mettre la main sur les matières premières du Moyen-Orient, j’ai chaque fois un coup de sang. Je vois des gens qui interprètent les évènements selon la vieille logique étatique et centralisatrice. Adoptez une seconde une nouvelle perceptive. Vous verrez que les vieux épouvantails sont en train de se faire plumer par de nouvelles forces qu’ils ne contrôlent pas. La situation est simple. Il n’y a rien de caché, pas de mystère, nous sommes dans l’open-source. Cette limpidité est si neuve dans le champ politique qu’elle est parfois difficile à accepter (et son ouverture la rend justement terriblement puissante).
  4. La plupart des maux écologiques sont induits par les approches centralisées à l’origine de la révolution industrielle, approches qui sont étrangères à l’ordre écologique (la nature ne les a pratiquement jamais employées). Il est logique qu’un monde décentralisé soit plus écologique.
  5. La guérilla écologique sera peut-être la plus active si le dérèglement climatique s’accentue. Le mal pousserait alors lui-même vers une solution.
  6. À chaque blackout, des voix s’élèvent pour donner à l’État le monopole de la distribution énergétique. Un monopole implique presque inévitablement la centralisation, donc la vulnérabilité.
  7. La société centralisée a pour pire ennemi la société centralisée. En s’attaquant à la liberté des citoyens (corporatisme oblige, je pense encore une fois aux blogueurs), elle est en train de se faire beaucoup de mal. Si elle persiste sur cette voie, elle poussera de plus en plus de gens dans le camp de la guérilla. Tant que les voisins prennent des coups, la plupart des gens ne bougent pas. Quand on les frappe directement eux ou leur famille, ils changent soudainement d’attitude.
  8. En se recroquevillant autour de services centraux, Google, Flickr, YouTube, Facebook, le web devient de plus en plus vulnérable. Si des hackers entrent dans les bases de données de ces sites et en extraient des données confidentielles de centaines de millions d’utilisateurs, le modèle 2.0 capotera. J’espère que le web 3.0 signera un retour de la décentralisation perdue ces derniers temps. J’ai souvent vu, et je vois encore, le 2.0 comme une régression par rapport à l’idée originelle du web.

Du nouveau dans le monde des blogs !

27 Thursday March 2008

Je viens de discuter une heure avec Michel qui lance weblogs.fr, une plate-forme de blogs qui se veut ouverte. Nous avons parlé de son projet, des blogs et de bien d’autres choses, notamment de mon manque de temps pour bloguer (du coup j’enregistre mes conversations téléphoniques… avis aux volontaires).

La brève histoire de l’informatique

25 Tuesday March 2008

L’année dernière, Geneviève Morand m’a suggéré d’écrire Une brève histoire de l’informatique en reprenant l’idée de Stephen Hawking et sa Brève histoire du temps. L’informatique, c’est notre temps contemporain. Pour la plupart de nous, directement ou indirectement, elle rythme nos vies.

J’ai laissé reposer cette idée jusqu’à ce que le fils d’un ami passe trois jours avec moi lors d’un stage. Il m’a alors demandé comment des machines matérielles pouvaient gérer des informations immatérielles. Il aurait pu aussi bien me demander comment nos corps matériels peuvent engendrer nos esprits immatériels. Ces deux questions n’ont peut être pas exactement la même réponse mais elles ont beaucoup de points communs.

Si la première est clairement technologique, la seconde est clairement philosophique. En fait, elles sont l’une et l’autre technologique et philosophique. L’informatique est une technologie qui nous amène à nous poser des problèmes philosophiques. Elle en résout certains, elle en crée d’autres et, en conséquence, elle influence nos vies, donc la manière dont nous vivons, donc la manière dont nos sociétés s’organisent. Avec l’avènement de l’informatique, technologie, philosophie et politique sont plus inséparables que jamais.

Des domaines longtemps étrangers convergent aujourd’hui. Pour comprendre notre époque, pour nous y épanouir, il est sans doute utile de s’intéresser à chacun d’eux et de noter leurs interconnexions grandissantes. Une Brève histoire de l’informatique, sous-titrée Technologie, philosophie et politique, aurait pour but de questionner ces interconnexions. Je donnerai une conférence sur le sujet à Genève le 18 juin prochain, en compagnie d’Albert Jacquard entre autres.

DDmagazine

20 Thursday March 2008

Mon ami Yves Heuillard, ancien compère de bien des aventures notamment PC Experte et PC Direct au début des années 1990, lance un blog collectif sur le développement durable. Il vient notamment de sélectionner cette vidéo !

Chat avec Alexia Benevento : étudiante

19 Wednesday March 2008


Où on doit ressentir ma lassitude de rabâcher… Depuis le troisième siècle avant Jésus-Christ où je suis plongé pour mon Ératosthène, je me sens très loin de tout cela. Arrêtez de vous intéresser aux blogs et à la politique, le problème est bien plus large… c’est l’influence des nouvelles technologies sur la pensée contemporaine payday loan paycheck advanceeasy payday loanbad credit loan military payday,bad credit loan payday personal,bad credit loan payday24 hour loan paydayno fax payday advance loaneasy get loan payday,easy loan payday,1000 easy payday loanadvance cash fax no paydayinstant payday loanfast payday loanameriloan loan paydaycost loan low paydaylow fee payday loanapproval instant loan online paydaycash fast loan online paydayadvance cash loan payday softwarecredit dollar loan no payday ten,credit loan no payday,no credit payday loancanadian loan online payday,canadian payday loancash loan payday,payday loan,cash fast loan paydaycash international loan payday services1000 loan payday,1000 advance payday loan,payday loan 1000payday loan no faxing requiredloan till paydaydollar loan payday ten,borrower dollar loan payday tenplay money poker7 card stud softwareonline poker gamesonline texas holdem,free online texas holdem poker,play texas holdem online free7 card stud gamescard citibank credit onlinespiel erlebnislasseters casino onlinecraps rulesslot machineskostenlose kasino spiele,kasino spiele,gratis kasino spielebaccarat rulesvideo poker strategykasino onnetroulette spiel downloadgolden palace online casinobesten casino onlineonline gewinn spieleonline poker vergleichtexas holdem strategytexas holdem spielglücksspiel pokertexas holdem anleitungwww euro poker netonline spiele pokerpokern texas holdempoker on net qui importe. Les blogs ne sont qu’un détail dans cette affaire.

Eau et garrigue

18 Tuesday March 2008

Je viens de publier sur le blog d’Isabelle un texte sur mon pays…

Lettre à François Bayrou

17 Monday March 2008

J’attendais votre défaite. Si vous l’aviez emporté, vous auriez sans doute persisté sur une voie qui ne peut que conduire le Modem dans le mur. Maintenant au pied de ce mur, vous avez une chance de construire un véritable mouvement d’idées.

La danse du ventre entre la droite et la gauche ne mène à rien. Partout dans le monde, la politique est bipolaire, non par un hasard mais parce que les forces sociales poussent à la bipolarité. Il n’y a pas de place pour un Modem qui serait une troisième voie intermédiaire. Si une politique alternative veut exister, elle doit démontrer que la droite et la gauche ne représentent que deux variations sur un même thème. Elle doit les ranger dans le même camp pour s’opposer à elles deux dans le même élan et avec les mêmes arguments.

Une fois que les idées nouvelles seront clairement intégrées, clairement promues, elles pourront alors séduire les gens et éveiller en eux une nouvelle espérance. Il faut construire l’idéologie avant de conquérir des sièges électifs. Ces deux dernières années porteuses pour vous d’échecs électoraux viennent de le démontrer.

J’ai la naïveté de croire encore que vous pouvez, avec d’autres comme Corinne Lepage, être le ciment d’une nouvelle idéologie. Vous en avez intuitivement perçu les germes mais vous n’acceptez pas leurs conséquences. Vous devez écouter les voies nouvelles qui s’élèvent un peu partout dans le monde. En France, il n’y a plus de force de progrès identifiées parce qu’elles se dispersent et s’expriment hors des partis. Vous pourriez endosser cette casaque délaissée et lui donner une couleur inédite.

Vous êtes un porte-parole honnête. Vous l’avez encore une fois démontré en refusant toute compromission. Il vous faut maintenant exercer vos talents au nom d’idées nouvelles. Tous les autres chemins se sont refermés. C’est une chance. Il serait dommage que vous fassiez marche-arrière maintenant que vous avez largué toutes les vieilles amarres.

Exit Aeschlimann

17 Monday March 2008

Première victoire électorale du cinquième pouvoir. Les activistes militants d’asnierois.org vont maintenant devoir démontrer qu’ils sont capables de mettre en œuvre une autre politique.

Le ridicule à la française

12 Wednesday March 2008

Tout le monde parle de Mediapart dans le landernau internet francophone. Je me suis abstenu de tout commentaire jusqu’ici mais je ne tiens plus.

Un jour, certains Messieurs conspuent internet et le journalisme citoyen, le lendemain ils se lancent dans le business. Je passe. Mais vouloir faire payer ce qui partout ailleurs est gratuit, c’est une idée à la con bien de chez nous. Idée assez logique pour des gens qui ne pipent rien au web d’ailleurs – heureusement pour eux il existe encore des investisseurs qui y pipent encore moins.

L’histoire ne va pas repartir en arrière, en France ou ailleurs. Je crois ainsi que Chris Anderson, lui, est un visionnaire. Avec son Why $0.00 is the future of business, il nous montre une direction qui semble maintenant irréversible sur internet.

A decade and a half into the great online experiment, the last debates over free versus pay online are ending. […] The Web has become the land of the free.

Peut-être que Google va décider de faire payer ses services. Ce serait une bonne idée non ? Oui, la meilleure façon de faire banqueroute comme le montre Anderson. Alors bonne chance Mediapart. Lecteurs. Surtout ne payez rien. Ce sera bientôt gratuit.

PS1 : « L’erreur serait de croire qu’il existe un seul modèle d’affaire viable » me dit Paul. Justement, le modèle payant est longtemps apparu comme le seul modèle. Aujourd’hui, il est de plus en plus dépassé sur le web, en tout cas pour la diffusion de contenus (musique, vidéo, logiciel, information…) et de services (recherche, mail, blog…). Nous devons inventer de nouveaux modèles et ne pas nous accrocher au seul modèle que nous avons longtemps connu. Google, en rendant gratuit les services premiums proposés par ses concurrents, a tout de suite gagné beaucoup plus qu’eux.

PS2 : Avec les tarifs proposés pour son abonnement, Mediapart devra faire de l’audience de masse pour atteindre la rentabilité (quoi que ses initiateurs disent). Le journal vivra sur le même marché que les autres medias et devra jouer le même jeu qu’eux. Par ailleurs, les mêmes journalistes travailleront pour lui et écriront les mêmes papiers que pour les autres médias. Depuis des décennies, la presse ne vit que grâce à la pub. L’information est entrée dans le domaine du gratuit depuis longtemps. On ne paie plus pour une information. On paie d’ailleurs de moins en moins pour se divertir (jeu en ligne par exemple).

De retour

11 Tuesday March 2008