Thierry Crouzet

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Solitaire

Les petites frappes du Web

Commentaire suite à La beauté de l’auto-organisation.

On vient d’assister à l’exemple type de la discussion infructueuse. Vous proposez des arguments foireux, je vous démontre qu’ils sont foireux, Ax conclut par « je ne suis pas sûr que tu ferais apprendre le vélo à tes enfants sur la place de l’Étoile. »

Sans même admettre ton erreur, tu débites une autre connerie. C’est épuisant de vous lire. Tim n’apprend pas à faire du vélo sur un carrefour avec des feux, je ne vois pas pourquoi il devrait le faire sur un carrefour sans feux. Et n’invoquez pas le second degrès pitié.

Dans ce billet où je me contente de parler de beauté (un titre), vous me faites dire que Hanoi est un paradis pour automobilistes. Je regrette mais je continue à penser que ce que je vois sur cette vidéo est beau… et je regrette de vous dire que les paradis pour automobilistes n’existent pas encore sinon peut-être en théorie. Et à choisir, je préfère avec mes enfants me promener sur ce carrefour imaginé par Hamilton-Baillie que sur n’importe quel autre.

Pour démontrer que je me trompe, que mon carrefour de Hanoi est dangereux, vous vous livrez à un petit calcul que vous jugez très profond. Vous prenez le nombre de morts à Hanoi, vous le comparez à celui de Paris, vous en concluez que mon carrefour est dangereux.

Le scientifique en vous est plutôt mal dégrossi. Combien y a-t-il de morts à mon carrefour auto-organisé ? Sans ce chiffre, vos déductions sont foireuses. Hanoi n’est pas une ville où la circulation est auto-organisée… et même si elle l’était ça ne prouverait rien.

L’auto-organisation routière s’organise comme je l’ai souvent expliqué. Elle en est au stade expérimental, on teste, on apprend et ça semble fonctionner. C’est tout ce qu’on peut dire à ce stade… mais pour moi c’est beaucoup car j’estime que les villes actuelles sont invivables à cause des voitures (c’est un des trucs qui ne fonctionne pas et qui exige de nouvelles méthodes).

Si j’avais montré une vidéo de l’Étoile (ou même d’un carrefour auto-organisé dans la ville la plus sûre du monde)… vos calculs Ax et Paul auraient démontré que l’auto-organisation c’est génial car ça diminue le nombre de morts. Wittgenstein se retourne dans sa tombe.

Réfléchissez avant de vous jeter sur vos claviers et d’asséner des conneries, souvent justifiées avec des citations qui ne prouvent rien. Sinon tout le monde perd son temps. J’ai déjà un filtre qui vire automatiquement certains com de ma BAL… Je n’ai pas envie d’en ajouter d’autres.

N’oubliez pas que je suis un connecteur. Quand je parle d’une théorie ce n’est pas la mienne. Mon activité consiste à relier les théories. Si vous doutez de l’auto-organisation routière et si le sujet vous interpelle, allez lire les spécialistes du champ plutôt qu’aligner des idées superficielles.

L’open source ce n’est pas ça. C’est la collaboration constructive. Tu trouves un vrai bug, tu corriges (vraiment), voire proposes une amélioration. Dire « ce que tu dis es nul ou ne me plait pas » on s’en fiche… surtout quand les justifications sont foireuses.

Une connerie suit une autre connerie… c’est ça l’open source ? Ax tu nous dis que l’open source, c’est la critique sans merci. Je n’ai rien contre ça mais l’open source ce n’est pas la connerie sans merci.

L’open source marche en informatique parce que les collaborateurs amènent du code. Il tourne ou il ne tourne pas. Vous feriez mieux de tester vos idées deux secondes avant de nous abreuver de textes approximatifs.

Vous savez que je ne consomme pas de média parce que juge que l’info passagère me fait perdre du temps. Je suis en train d’arriver à la conclusion que les commentaires sont tout aussi chronophages et aussi peu chargés d’intérêt. Les conversations me faisaient avancer, là c’est à se frapper la tête contre les murs. Ça m’attriste et je commence à penser aux vertus de la censure ce qui m’horrifie.

J’ai parfois l’impression que les forums attirent les malades mentaux, les déséquilibrés, les frustrés de toutes espèces, les mal baisés, les puceaux retardés… C’est vraiment désagréable comme sensation. Les comportements obsessionnels frappent les yeux. Je suis sûr que je ne suis pas les seuls à les percevoir. C’est flippant.

Quand je lis les articles de certains blogueurs ou commentateurs, je suis souvent surpris par leur culture, leur pugnacité et leur hargne. Je me dis que je n’aimerais pas me retrouver en face d’eux de peur de me faire étriller.

Parfois, même assez souvent, il m’arrive de me retrouver en compagnie de ces batailleurs. Presque systématiquement, ils sont doux comme des agneaux. Leur agressivité numérique n’est qu’une façade qu’ils sont incapables de tenir à tout instant de leur vie. Ils ne sont pas entiers, intègres, honnêtes avec eux-mêmes et surtout avec ceux qui les lisent.

Ce n’est pas tant qu’ils sont plus à leur aise à l’écrit qu’à l’oral, c’est qu’ils ont peur de la véritable confrontation. Ces batailleurs me traiteront à mon tour de petite frappe et je les invite par avance à débattre en public ou devant caméra parce que, pour moi, ce sera un plaisir social, partageable, et nous gagneront tous beaucoup de temps.

Paul tu es un des premiers à me demander d’introduire la modération. En toute honnêteté, j’aurais dû te censurer sur ce coup là. Tu vois ça ne marche pas. La seule méthode c’est que les uns les autres se critiquent. Ce n’est pas à moi de faire la police. Je me demande si je ne vais pas cesser de répondre tout simplement, comme je le fais sur Agoravox. J’ai envie de laisser les lecteurs juger des arguments des uns et des autres… et prier pour que les lecteurs soient lucides. Je ne suis pas là pour convaincre qui que ce soit.

PS : Une idée me vient, alternative à la censure. Un plug-in WordPress qui me permettrait de changer l’image associée aux commentateurs que je juge gonflant. Je ne les censure pas mais je montre avec une image ce que je pense d’eux. Mais j’aurais peut-être tendance à abuser du bonnet d’âne. Et puis on va me dire que je réinvente l’étoile jaune. Sauf que pour ne plus la porter, il suffit d’aller voir ailleurs.

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