Collaborer ou pas ?

J’ai expé­ri­menté le tra­vail col­la­bo­ra­tif sur ce blog, notam­ment quand j’ai écrit Le cin­quième pou­voir, et depuis un an j’ai sou­vent réflé­chi à la ques­tion en déve­lop­pant coZop.

Ces der­niers temps, je pense sou­vent à la remarque de Dee Hock. Il ne peut pas y avoir de col­la­bo­ra­tion sans une direc­tion claire. Quand j’écrivais mon livre, je don­nais le la, les com­men­ta­teurs réagis­saient et me sug­gé­raient des pistes de réflexion mais j’étais en quelque sorte la caisse de réso­nance. Je pre­nais, je syn­thé­ti­sais, je restituais.

Linux s’est déve­loppé parce que Linus Tor­vald créa le noyau de Linux sur lequel les autres déve­lop­peurs bran­chèrent leurs créa­tions. La col­la­bo­ra­tion ne me paraît pos­sible que si elle s’appuie sur un noyau, un cœur, un moteur, une pla­te­forme, une api. On peut sans doute se réunir à quelques un et dire qu’on va col­la­bo­rer à un pro­jet mais il me semble que le plus sou­vent ça ne marche pas de cette façon.

Met­tez des gens ensembles et vous n’obtenez pas néces­sai­re­ment quelque chose d’intéressant. Je suis en train de m’élever contre ce pos­tu­lat à l’origine de nom­breux ser­vices col­la­bo­ra­tifs sur inter­net, contre cer­taines idées à l’origine même de coZop.

Je prends cet exemple parce que je le connais bien. Ce n’est pas parce que je suis ami avec quelqu’un que j’aime ce qu’il lit. Nous sommes amis pour des rai­sons sou­vent irra­tion­nelles. J’aime le Tour de France et aucun de mes amis ne l’aime. Vont-ils devoir rece­voir tous les articles que je lis sur les courses cyclistes ? Non bien évide­ment. Ils pour­ront certes dire « je ne veux plus de vélo » mais ils devront étendre cette liste de cen­sure presque indéfiniment.

Que je sois ami ou sim­ple­ment connecté à quelqu’un par un lien quel­conque n’aidera jamais un ser­vice inter­net à nous pro­po­ser des infor­ma­tions mieux ciblées. La mode autour des réseaux sociaux décla­ra­tifs me paraît de plus en plus fumeuse.

En fait, elle révèle notre impuis­sance tech­no­lo­gique. Nous sommes inca­pables de rendre nos logi­ciels assez intel­li­gents pour trier les infor­ma­tions alors nous essayons d’utiliser l’intelligence col­lec­tive, oubliant que cette intel­li­gence ne peut fonc­tion­ner que si cha­cun des indi­vi­dus tra­vaillent effec­ti­ve­ment autour d’un noyau. Ana­ly­ser les choix de mes amis ne ser­vira à rien pour me sug­gé­rer des lec­tures qui pour­raient m’intéresser.

Dans ce domaine, nous n’avons guère trouvé mieux pour le moment que l’algorithme d’Amazon. Les gens qui lisent les mêmes livres que moi lisent aussi tels et tels livres… Je n’ai pas besoin de connaître ces gens. Nos liens affec­tifs ou pro­fes­sion­nels n’ont aucun inté­rêt. Le seul lien qui importe pour ce qui m’intéresse c’est que nous avons quelques goûts communs.

Si quand je com­mande La conspi­ra­tion des ténèbres de Théo­dore Ros­zak, on me sug­gère de lire Trans­pa­rence d’Ayerdhal, c’est que des gens ont à plu­sieurs reprises effec­tué le même che­min. Pen­dant un ins­tant, sur un point par­ti­cu­lier, nos routes se croisent et un réseau social pro­vi­soire se crée. Sans doute que nous ne nous croi­se­rons jamais plus mais cette ren­contre suf­fit pour que j’entende par­ler d’Ayerdhal, que je le lise… Sur inter­net, j’aime cet imprévu. Et c’est de cette façon que de proche en proche se crée la longue traîne.

Avec une phi­lo­so­phie presque oppo­sée, des moteurs se lancent dans la recherche col­la­bo­ra­tive. Ils tiennent compte des recherches des amis. Mais encore une fois que vont faire mes amis de mes recherches sur le Tour de France ?

Cer­taines star­tups envi­sagent de faci­li­ter la recherche de groupe. Ok, nous sommes une bande à tra­vailler sur un sujet. Nous cher­chons des choses sur ce sujet et les résul­tats des recherches des uns et des autres nous inté­ressent tous. Mais cha­cun de nous a d’autres centres d’intérêt. Com­ment savoir quand nous cher­chons sur le sujet ou hors du sujet ? Devons-nous le sti­pu­ler chaque fois ? Ce n’est même pas pos­sible en plus. Une recherche a priori diver­gente peut engen­drer une idée qui elle sera utile au projet.

Si nous uti­li­sons un moteur col­la­bo­ra­tif nous allons nous enfer­mer dans des recherches com­mu­nau­taires. Nous allons certes par­ta­ger des connais­sances com­munes, ce qui auto­ri­sera des conver­sa­tions, mais nous fini­rons vite par man­quer d’air. Au lieu de voya­ger sur la longue traîne, nous nous emprisonnerons.

Tout le monde pousse le web dans la direc­tion sociale par panur­gisme. La faute sans doute au suc­cès de face­book mais je n’en peux plus de face­book. J’en ai assez de rece­voir des invi­ta­tions à des évène­ments qui ne m’intéressent pas ou des sug­ges­tions de faire ceci ou cela. Tous ces gens connec­tés avec moi ne pensent pas comme moi. Ce réseau se crée arti­fi­ciel­le­ment. Il est trop sim­pliste. Le véri­table réseau social est d’une com­plexité sans com­mune mesure.

Je suis connecté avec les gens qui lisent les mêmes livres que moi, qui vont dans les mêmes cafés que moi, qui aiment les mêmes sports… Mais chaque fois ce sont des gens dif­fé­rents. Je ne peux pas les lis­ter car le plus sou­vent je ne les connais pas.

J’en reviens à coZop. Mon idée ini­tiale était de faire émer­ger des articles hors du mains­tream. Je me demande si la meilleure façon n’est pas de dire aux lec­teurs lisez cet article parce qu’aucun de vos amis ne l’a lu. Quel inté­rêt ai-je de lire la même chose que les gens que je connais ? Aucun. Lorsque nous nous ren­con­tre­rons nous n’aurons rien à nous dire. J’ai tout inté­rêt, nous avons tout inté­rêt, à nous dif­fé­ren­cier, à nous com­plé­ter plu­tôt que nous res­sem­bler. J’en ai assez de cet inter­net qui nous veut tous sem­blables, qui veut nous rame­ner au sta­tus végé­ta­tif de simple spectateur.

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui uti­li­sés pour abou­tir à une espèce de moyenne sociale. Beurk ! Ce n’est pas comme ça que nous éveille­rons notre intel­li­gence col­lec­tive. Il faut que des gens tra­vaillent, créent des noyaux, que nous nous y connec­tions acti­ve­ment et non pas­si­ve­ment. Cet inter­net social à la face­book me fait pen­ser à la démo­cra­tie. Tu votes, tu te connectes, et tu crois que la messe est dite. Ça ne marche pas comme ça.

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/ Coup de gueule

10 commentaires à “Collaborer ou pas ?”

  1. gravatar.com Nobody ip:1
    26 October 2008 @ 19:33

    Très très bon billet.

    Eton­nant tou­te­fois qu’il ait fallu tant de temps pour tirer ces conclu­sions, au moins publiquement.

    Il faut en finir aussi avec l’essentialisme des ami­tiés, qui n’aboutit qu’à la sclé­rose de l’esprit.

  2. gravatar.com Manuel Vila ip:2
    26 October 2008 @ 20:10

    Je suis bien d’accord avec toi, Thierry, ça ne marche pas comme ça. Les réseaux sociaux géné­ra­listes sont dénués de toute sub­stance. La sub­stance, il fau­dra la trou­ver dans ce qu’on com­mence à appe­ler les “réseaux d’intérêts” (voir un article récent de Nova Spi­vack sur le sujet). Les gens n’ont pas qu’un seul réseau, ils en ont plu­sieurs, ils en ont au moins autant que de centres d’intérêt. À chaque réseau cor­res­pond un ensemble de flux, et par exemple, si tu crées un flux sur le thème du “cin­quième pou­voir” (ton blog fina­le­ment), je vais m’y abon­ner et j’aurai mon propre flux “décen­tra­li­sa­tion” dans lequel je pro­pa­ge­rai nombre de tes billets aux per­sonnes qui vou­dront bien me suivre. Mais en revanche, si tu crées un flux “cyclisme” pour par­ler du Tour de France, et bien celui-là, je ne le sui­vrai pas ! ;)

  3. gravatar.com Thierry Crouzet ip:3
    26 October 2008 @ 21:25

    Ce que je dis c’est que même les réseaux d’intérêt n’ont pas beau­coup d’intérêt car nos inté­rêts de sont pas ran­gés dans des cases sépa­rées. Ils s’interpénètrent. J’ai par­fois parlé ici du vélo pour par­ler du cin­quième pouvoir.

    Quand je m’intéresse à un auteur je le lis mais sans doute que rien d’autre ne me lie aux gens qui le lisent aussi et c’est déjà beau­coup. C’est ces réseaux fra­giles qui me semblent féconds aujourd’hui.

  4. gravatar.com Manuel Vila ip:2
    26 October 2008 @ 22:06

    Il ne faut pas négli­ger le méca­nisme de pro­pa­ga­tion qui peut per­mettre de faire le pont entre deux flux ne trai­tant pas à priori de la même thématique.

    Par exemple, tu suis un flux concer­nant les che­vau­cheurs de bicy­clettes et tu reçois quelque chose que tu penses pou­voir relier à ton sujet de pré­di­lec­tion, le cin­quième pou­voir. Rien ne t’empêche de le pro­pa­ger dans le flux cor­res­pon­dant en l’accompagnant éven­tuel­le­ment d’un com­men­taire qui nous per­met­tra de faire le lien.

    Ainsi, n’étant abonné à aucun flux qui traite de la chose à deux roues mais étant abonné à ton flux concer­nant le cin­quième pou­voir, je rece­vrai tout de même tes connexions inat­ten­dues, qu’il s’agisse de l’auto-organisation du pelo­ton ou que sais-je encore !

  5. gravatar.com [chermedia] Biblionautes, “on va marcher sur la Une” : :: Nues Blog par Nicolas Voisin :: ip:4
    26 October 2008 @ 22:37

    […] quo­ti­dien de l’activité de blo­gueur passe (de plus en plus) par du book­mar­king (ou “social rea­ding“), de la recom­man­da­tion en réseaux ; soyons expli­cite : c’est de plus en plus une […]

  6. gravatar.com Carl ip:5
    27 October 2008 @ 10:34

    Bon­jour à tous,

    J’ai envie de réagir sur plein de choses mais le temps manque.

    Com­men­çons par le début du billet :

    Met­tez des gens ensembles et vous n’obtenez pas néces­sai­re­ment quelque chose d’intéressant.”

    Tout à fait, et ça je suis entrain de l’expérimenter dans une unité d’enseignement qui s’appelle “Tra­vail Col­la­bo­ra­tif”. Le plus dur est de faire accep­ter au groupe que notre résul­tat n’est pas for­cé­ment inté­res­sant et que la cause n’est pas le tra­vail fourni mais l’organisation collective.

    Je pense que trop de gens encore se trompent sur la façon de s’organiser col­lec­ti­ve­ment dans un tra­vail … (Coopé­ra­tif vs collaboratif).

    Cer­taines star­tups envi­sagent de faci­li­ter la recherche de groupe. …Com­ment savoir quand nous cher­chons sur le sujet ou hors du sujet ?”

    Peut-être en inté­grant le moteur de recherche dans un group­ware. Ima­gi­nons que toutes nos recherches “per­son­nelle” soit fait avec notre moteur habi­tuel. Mais quand nous avons avons des recherches à faire pour un pro­jet col­lec­tif, on se connecte à notre group­ware et nous accé­dons à notre moteur col­la­bo­ra­tif. Avec l’historique des recherches des membres du groupe, les anno­ta­tions, etc … Cette fonc­tion vien­drait s’ajouter à l’agenda par­tagé, au book­marks col­lec­tif et aux autres appli­ca­tions que le groupe a besoin. Non ?

    J’en ai assez de rece­voir des invi­ta­tions à des évène­ments qui ne m’intéressent pas ou des sug­ges­tions de faire ceci ou cela.”

    Comme toi, et pleins d’autres inter­nautes, j’en ai marre de rece­voir des dizaines d’invitations qui ne m’intéressent pas. Mais est ce que cela est du à FACEBOOK ou à la bêtise des gens qui l’utilisent ?

    Perso, je n’ai jamais invité per­sonne à répondre à un ques­tion­naire sauf si je me disais : “Tient cela inté­res­se­rait un tel …” Beau­coup d’utilisateurs ne réagissent pas comme ca et invite TOUS leurs amis à TOUTES les appli­ca­tions. C’est débile ! Ca me fait pen­ser aux chaines que nous rece­vons par mail …

  7. gravatar.com Thierry Crouzet ip:3
    27 October 2008 @ 11:01

    Je me vois mal chan­ger sans cesse d’outil de recherche. Avant de lan­cer une recherche, je ne sais pas si ce que je vais trou­ver sera inté­res­sant pour tel ou tel pro­jet. Com­bien de fois je cherche un truc par­ti­cu­lier, trouve autre chose et ma pen­sée dérive sur autre chose. Seule une véri­table IA fera le trie… et cher­cher à faire ça avec du col­la­bo­ra­tif m’apparaît une impasse.

  8. gravatar.com Carl ip:5
    27 October 2008 @ 17:36

    Effec­ti­ve­ment, peu pra­tique le fait de changer …

    Mais le fait qu’une recherche soit pas fruc­tueuse pour le pro­jet n’est pas trop grave, je pense. On peut ima­gi­ner que c’est l’utilisateur qui décide d’un simple clic de faire res­sor­tir un lien comme intéressant.

    Par contre, savoir l’historique des mots clés qui ont été sai­sit pour le pro­jet peut être inté­res­sant pour le groupe. Cela peut don­ner des idées d’autres mots clés ou éviter des doubles recherches.

    Mais c’est vrai que le prin­cipe de chan­ger de moteur reste embê­tant mais pour le bien du tra­vail en groupe … ça peut être utile, tout dépends du cas. Dans celui que j’imagine ça peut être intéressant.

  9. gravatar.com Equilibrium ip:6
    28 October 2008 @ 12:11

    Il y a aussi, dans toute cette his­toire de “réseaux” sociaux, deux autres idées sous-jacentes à l’oeuvre contre laquelle je milite activement:

    1) une telle orien­ta­tion appli­quée à un moteur de recherche risque d’enfermer les uti­li­sa­teurs dans leurs propres centres d’intérêts. Un tel moteur per­son­na­lisé, à terme, risque de sup­pri­mer les pas­se­relles et la flui­dité qui existent entre les domaines explo­rés (dan­gers qui sont habi­tuel­le­ment latents lorsque tout appren­tis­sage se retrouve cen­tra­lisé et spé­cia­lisé). Refu­sant à toute per­sonne ayant un centre d’intérêt par­ti­cu­lier la pos­si­bi­lité d’explorer ce qui en fait la richesse: à savoir les domaines connexes. Tous cela donne un ter­rain favo­rable au conservatisme.

    2) Une nou­velle mode “sta­tis­tique” est actuel­le­ment en train de se déve­lop­per: celle de faire croire aux gens qu’ils ont choisi une direc­tion don­née par les réponses qu’ils donnent en rem­plis­sant des for­mu­laires. On choi­sit à leur place, parmi les pos­tu­lats que leurs réponses induisent, et on fabrique une inter­pré­ta­tion de leurs réponses qui peut aller par­fois à l’encontre de ce qu’ils ont voulu expri­mer, quitte à leur res­sor­tir plus tard, hors contexte, les réponses qu’ils ont don­nées (par­fois même à leur insu: on les force, par la pro­vo­ca­tion, à don­ner des réponses sur des choses qu’ils connaissent très mal ou dont ils sont très peu infor­més). Pire, ils sont tenus de répondre sans quoi leur silence est inter­prété comme un dés­in­té­rêt du sujet exposé. Alors que la manière même dont le sujet est tourné en fait quelque chose d’anodin.

    Conclu­sion: tous ces “groupes” semblent être une manne pour les mani­pu­la­teurs de son­dages en herbe. Et der­rière on se débrouille pour que les résul­tats soient publiés dans des organes qui les rendent inac­ces­sibles à la cor­rec­tion (fait accom­pli, aucun droit de réponse et on ne sait par­fois même plus d’où “tombent” ces résul­tats sen­sés être “l’exacte repré­sen­ta­tion de ceux qui se sont expri­més”).
    A notre époque, ce genre de pro­cédé ne devrait même plus être admis­sible. Or en réa­lité, c’est tout le contraire qui se pro­duit dans les prospects.

  10. gravatar.com Iza ip:7
    31 October 2008 @ 10:34

    J’évoque sou­vent ce point dans mes for­ma­tions sur le … tra­vail collaboratif …

    Avais-tu lu cet article ? http://www.internetactu.net/2008/04/03/ou-sont-les-cooperations-fortes/, il dit bien ce que tu sou­lignes, ces trucs, ces outils, réseaux sociaux et autres machins du Web 2, sont des trucs méca­niques, très astu­cieux, qui nous ont per­mis quelques jolies réus­sites (perso, j’apprécie énor­mé­ment You tube ou encore Wiki­pé­dia) … mais la coopé­ra­tion se résume à “j’accepte de par­ta­ger”. Ce n’est déjà pas si mal, mais ce n’est pas exac­te­ment la grande collaboration.

    Tra­vailler ensemble, et faire en sorte que cela pro­duise un “tout plus grand que la somme des par­ties”, c’est autre chose. Il y a là de l’humain, et il faut pour que ça marche ce que tu décris, au moins un “lea­der” … qui aide à gal­va­ni­ser les troupes. JM Cornu a bien décrit le truc ( http://www.cornu.eu.org/texts/cooperation ) … Ici Inter­net et ses outils sont des faci­li­ta­teurs … abo­lissent la dis­tance, au mini­mum … nous greffent des sens sup­plé­men­taires, au mieux, mais pour faire fonc­tion­ner un truc qui achop­pe­rait aux mêmes endroits IRL, mais plus len­te­ment (je cari­ca­ture un peu). Ici, les coopé­ra­tions (fortes donc) qui marchent sont peu nom­breuses et ont réussi à doser les ingré­dients dont parle Cornu, et d’autres, au mieux)

    Enfin il me semble que tu évoques un troi­sième sujet, celui de la la ren­contre féconde, de la façon dont l’autre, par sa réflexion, ce qu’il est … me change, me trans­forme (encore dans le champ de l’éduc pop ça …). Là aussi, Inter­net change la donne. La pro­ba­lité que sur­vienne ces ren­contres est aug­men­tée par la faci­lité de la connexion, le hasard de nos lec­tures et de nos voyages. En effet, Face­book n’augmente pas vrai­ment ce genre d’opportunités (sauf à consi­dé­rer que lire ce qu’écrit ta copine de CP soit une véri­table sur­prise.. ça peut !!). Par contre, Face­book est un sens gréffé de plus, celui qui per­met de savoir en temps réel ce que font les gens… comme MSN en mieux. Bon. Ce n’est pas rien, c’est rigolo, mais je ne suis pas sure que ça change le monde.

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