Les libéraux ultra-optimistes supposent que leur modèle économique bénéficie à l’ensemble de l’humanité. Tout le monde s’élèverait en même temps. Il y aurait toujours des inégalités, mais ceux situés en bas de l’échelle vivraient de plus en plus dignement. Nous assisterions à un vaste mouvement de progrès social.
On peut résumer leur vision par la métaphore de la pyramide qui décolle, telle une fusée qui prend de la hauteur année après années. Idéalement cette pyramide s’aplatirait progressivement pour bien montrer que les inégalités entre la base et le sommet se réduisent.
Mais est-ce que la pyramide décolle ? Pour y voir plus clair, nous disposons d’une montagne de chiffres, notamment ceux fournis par la Banque mondiale, institution pas nécessairement impartiale car partie prenante dans le système capitaliste et libéral.
Qu’est-ce qu’un pauvre ? On a l’habitude de dire ceux qui vivent avec moins de 1$/jour ou moins de 2$/jour. Je n’aime pas trop cette définition. Je préfère celle qui dit qu’on est pauvre quand on consacre 80 % de son budget pour se nourrir. Alors on vit où ? On fait comment pour aller acheter à manger ? Et on oublie la santé. Cette définition est plus sévère que la limite des 2$/jour, mais je n’ai pas trouvé les chiffres détaillés pour elle, et j’en reste aux 2$/jour pour la suite.
Pour moi, tant qu’il existe un pourcentage non négligeable de l’humanité qui vit dans cette pauvreté absolue, c’est la preuve que la pyramide n’a pas décollée socialement.
En 1981, nous étions 4,5 milliards dont 2,5 milliards avec moins de 2$/jour (55 %). En 2005, nous étions 6,5 milliards avec le même nombre de pauvres (38 %). Si le pourcentage baisse, le nombre de pauvres reste constant, ce qui pour moi signifie symboliquement que la base de la pyramide reste la même. Un pauvre de 1981 et un pauvre de 2005 mènent une vie tout aussi difficile.
Sur ce schéma qui a pour but d’illustrer la métaphore (nous sommes dans le littéraire et pas dans le scientifique), les surfaces des pyramides sont proportionnelles à la population. Les bases constantes reflètent la quasi stabilité du nombre de gens sous 2$/jour. Quand j’étire la pyramide de 1981 pour obtenir celle de 2005 (étirement qui illustre aussi l’écart grandissant entre les plus faibles revenus et les plus importants), je constate que certains pauvres entrent dans le monde des riches. L’ascenseur social fonctionne. Les libéraux semblent se satisfaire de ce phénomène (logique ils se situent déjà parmi les riches).
Les moins extrémistes parmi eux prétendent qu’il suffit d’attendre pour que la pauvreté tende vers zéro et que la pyramide finisse par décoller. Mais elle devra s’étirer jusqu’à quelle hauteur avant ce décollage ? En 25 ans, nous n’avons rien gagné socialement. Toujours autant d’hommes souffrent de la pauvreté absolue.
Avec la crise écologique, l’épuisement des ressources naturelles et le ras-le-bol grandissant des pays du Sud est-ce que ça ira mieux ? Il faut être fou pour encore le croire. Il est plus facile d’imaginer la totale implosion d’un système qui fonctionne encore sur le modèle de l’asservissement. Voilà pourquoi je passe autant de temps à imaginer d’autres possibilités pour notre organisation sociale.
PS : J’aurais pu dessiner des pyramides proportionnelles ou faire varier leur hauteur en fonction des écarts de revenus (1 à 40 aux US en 1980, 1 à 400 en 2005) et le résultat aurait été le même. Ce qui m’importe c’est le fond de cette histoire.













11 December 2008 @ 22:11
Très bon billet qui a le mérite de prendre le problème par le bon bout, sans voile devant les yeux, et de l’illustrer pour plus de clarté.
“Si le pourcentage baisse, le nombre de pauvres reste constant, ce qui pour moi signifie symboliquement que la base de la pyramide reste la même”
C’est ici, sur ce constat (exact), que chacun divergera dans son appréciation de la réussite d’un modèle.
Pour moi, il y a une évidence:
- la perfection ne peut pas exister. Aucun système ne peut être parfait.
A partir de là, il est impensable d’imaginer un monde sans malheur, surtout quand on atteint un niveau de population aussi important sur un espace limité.
Ce qui me semble le plus important est donc ceci: “le pourcentage baisse”, qui est l’indice d’un système qui va dans le bon sens, qui peut être amélioré, mais qui n’est pas absolument mauvais.
La nourriture ne peut pas être isolée des problématiques géopolitiques: oui, on pourrait nourrir toute l’humanité, mais quelles seraient les conséquences ?
Un certain nombre de cyniques aux USA, par exemple, pensent que nourrir toute l’humanité créerait des effets pervers: populations pauvres devenant guerrières une fois mieux nourries, etc.
On ne peut pas récuser cela avec simplement un principe moral : “c’est monstrueux”, sinon on ne comprend rien et on n’avance pas.
On est dans un jeu d’échec: quand une pièce bouge, elle menace les autres. Donc les autres cherchent à empêcher cette pièce de bouger.
Quand on nourrit un peuple, il peut vouloir prendre la terre du voisin, le pétrole du voisin, etc.
Il ne va pas se contenter de la nourriture: il veut se développer encore et encore, il déborde sur les autres, il pollue, etc.
Et c’est bien pour cela que la famine est entretenue par ceux qui jouissent des ressources de la terre.
Il faut prendre en compte les effets dynamiques pour comprendre qu’encore aujourd’hui, on ne nourrit pas toute l’humanité, alors que, sur le seul plan nutritionnel, on pourrait le faire très facilement.
Trop de gens ont une vue statique : “on pourrait nourrir tout le monde”, et refusent de prendre en compte les effets dynamiques, parfois pervers.
12 December 2008 @ 0:26
Très bon commentaire passant.
Moi, mais c’est par gout aussi, je comparerais le plateau mondial à un Goban plutot qu’à un échéquier.
Mais on se rejoint sur le fait que le haut de la pyramide n’a pas véritablement d’intérêt au contraire à ce que la base s’élève. En tout cas dans l’architecture actuelle.
12 December 2008 @ 1:52
A:
“En 1981, nous étions 4,5 milliards dont 2,5 milliards avec moins de 2$/jour (55 %).
En 2005, nous étions 6,5 milliards avec le même nombre de pauvres”
B:
“Mais elle devra s’étirer jusqu’à quelle hauteur avant ce décollage ?”
En passant de 4,5 milliards d’habitants à 6,5 milliards d’habitants, le nombre de pauvres n’a pas augmenté. On a donc 2 milliards de pauvres qui sont devenus “riches”, en 20 ans.
Si la population humaine cesse de croître, on peut estimer que 2 milliards de pauvres deviendront à leur tour riches d’ici 20 ans.
Il restera une pauvreté résiduelle d’environ 500 millions.
La solution c’est donc:
- stopper la croissance de la population terrestre, pour pouvoir s’occuper des pauvres sans être en permanence débordé par la naissance de nouveaux pauvres par explosion démographique.
Si l’on considère que l’homme bourgeois fait moins d’enfants, qu’il est en plus atteint par une baisse de la fertilité (pollution chimique…), on devrait arriver à stabiliser la population terrestre, ce qui permettra à l’ascenseur social de fonctionner sans génération perpétuelle de nouveaux pauvres.
12 December 2008 @ 3:16
Avant de se lancer dans des calculs inspirés par le malthusianisme, il serait déjà bon de prendre le temps de lire le PDF de l’équipe de la banque mondiale.
Nous avons tout le temps nécessaire pour comprendre le travail qui a été fait par ces derniers. Se poser des questions, c’est bien.
En faire des chèques en blanc que le passant s’empresse de remplir plus ou moins consciemment pour le compte d’une certaine idéologie politique, c’est autre chose.
Je serais d’avis de poser les divers éléments et documents soumis à notre attention par Thierry, et d’y réfléchir avant de lancer des verdicts faits pour corroborer les impressions fugaces.
Car il se pourrait bien que ce billet soit d’une facture un peu différente et qu’un bout de silhouette commence à émerger de la brume.
Ni ce billet, ni le thème qu’il couvre ne vont s’envoler. Ne cédons pas à la quantité d’arguments (comme en période électorale) mais commençons plutôt à nous intéresser à la qualité de la réflexion. Ouvrons nos horizons…
12 December 2008 @ 3:54
A propos du doc de la World Bank, il faut noter:
“The poverty rate in East Asia fell from almost 80 percent to under 20 percent over this period. By contrast it stayed at around 50 percent in Sub-Saharan Africa”
On a une diminution spectaculaire de la pauvreté en Asie, précisément là où le libéralisme s’est développé.
En revanche on a une stagnation en Afrique, là où les conflits tribaux ont empêché l’économie libérale de se développer.
Ce sont donc les guerres en Afrique qui bloquent le développement.
Le libéralisme quant à lui réussit à merveille l’ascension sociale en Asie.
12 December 2008 @ 8:49
Bonjour,
Le problème de regarder région par région les taux de pauvreté dans une économie mondialisée c’est faire l’impasse intellectuelle sur les transferts.
Prenons un exemple tout idiot. Mettons une population ‘indigène’ vivant comme leurs ancètres, sans monnaie, (donc avec moins de 2 $ par jour.) Mettons un pays voisin en ‘pleine’ croissance libérale qui délocalise vers cette population indigène en les faisant travailler 30 jours par mois pour 61 dollars et ce faisant crée des ‘riches’ indigènes. C’est certains que le ‘libéralisme’ chez les indigènes aura crée de la richesse. certain. mais quelle richesse ?
Ils seront passés d’un modèle ou ils ne travaillent pas pour vivre à un modèle ou ils travaillent tous les jours (dans des conditions toujours mirifiques) de leur nouvelle vie de riche. Une vrai merveille non ?
Ce qu’il faut regarder, ce n’est pas tellement les seuils ‘riche pauvre’ car 2 $ par jour , ok mais avec le pétrol à combien de $ le baril 30$ ou 150$ ? le sac de riz 5$ ou 20$, l’eau potable 3$ ou 50$ le M3.
Personellement je préfère être pauvre à 1$ par jour dans un monde ou l’eau potable est à 3$ et ou je peux me soigner ‘raisonnablement’ pour moins de 10$ par mois à un monde ou je suis riche à 3$ par jour avec l’eau potable à 50$ le M3 et ou il faut 60$ par mois pour me soigner dans les même conditions. [je ne parle même pas de logement !]
12 December 2008 @ 8:55
1 / Ne jamais oublier que la World Bank est un organisme libéral, donc qui défend le libéralisme. Sa définition de la pauvreté est un peu limite. En fonction de cette définition, le nombre de pauvres diminue ou augmente.
2 / Je le répète les pourcentages n’ont aucun intérêt pour moi quand il s’agit d’affaires humaines et notamment de souffrance.
3 / Il y aura toujours des malheureux c’est sans doute une certitude car nous portons tous en nous une part de malheur (notre côté tragique). Mais ce n’est pas une raison pour croire que la pauvreté absolue est une fatalité (même argument que pour l’esclavage).
4 / Juste un autre chiffre au passage. Un plein au biocarburant permet de nourrir un enfant pauvre pendant un an.
12 December 2008 @ 15:15
Au passant Roufiol ou Adler :
Pas besoin de raisonnements ou d’argumentations ou de choses cohérentes.
En admettant que les stats de la Banque Mondiale soient correctes, je rappelle qu’il s’agit d’estimations.
Juste un truc subjectif, je suis d’accord avec la réserve de Thierry sur la définition de « pauvre », mais je le trouve malgré tout trop « charitable » dans le schéma : 2,5 $ par jour, c’est toujours une misère.
Ancienne estimation en pourcentage de population dans le monde avec la définition de pauvre de 1993 ( 1,08 $ / jour ) :
1981 : 40,6 %
2005 : 17,2 %
Nouvelle estimation avec la définition de pauvre de 2005 ( de 1 à 2,5 $ / jour ) :
1 $ / jour :
1981 : 41,4 %
2005 : 17,2 %
1,25 $ / jour ( utilisé par la propagande du libéralisme économique ):
1981 : 51,8 %
2005 : 25,2 %
1,45 $ / jour :
1981 : 58,4 %
2005 : 32,1 %
2 $ / jour ( utilisé avec précaution par Thierry dans son billet ):
1981 : 69,2 %
2005 : 47,0 %
2,5 $ / jour ( Tiens, on constate une moindre progression ):
1981 : 74,6 %
2005 : 56,6 %
Et à 3 $ par jour ? Quelque chose me dit qu’à 3,5 $ par jour les pourcentages doivent être probablement les mêmes. ( merde, j’ai raisonné )
En excluant la Chine :
1 $ / jour :
1981 : 29,4 %
2005 :18,6 %
1,25 $ / jour ( utilisé par la propagande du libéralisme économique ):
1981 : 39,8 %
2005 : 28,2 %
1,45 $ / jour :
1981 : 46,6 %
2005 : 37,0 %
2 $ /jour ( utilisé avec précaution par Thierry dans son billet ):
1981 : 58,6 %
2005 : 50,3 %
2,5 $ / jour ( Tiens, on constate une moindre progression ):
1981 : 65,9 %
2005 : 62,9 %
La quantité de gens en millions :
2 $ / jour :
1981 : 2535,1
2005 : 2561,5
2,5 $ / jour ( ben, ça augmente !? ) :
1981 : 2731,6
2005 : 3084,7
En excluant la Chine :
2 $ / jour :
1981 : 1563,0
2005 : 2087,9
2,5$ / jour ( ben, ça augmente pas mal !? ) :
1981 : 1759,5
2005 : 2611,0
12 December 2008 @ 15:34
C’est c e que je disais dans mon dernier comment… j’ai fait les mêmes calculs que toi puis je me suis arrêté sur 2$ (parce que déjà ça montre que le nombre de pauvres ne diminue pas). En plus, j’ai lu qu’avec la crise les chiffres pour 2008 seraient nettement moins bons (même avec 2 $).
Je pense qu’en prenant la règle des 80% pourt se nourir (ce qui n’est déjà pas une vie), les valeurs seraient catastrophiques.
12 December 2008 @ 16:11
En effet.
Parallèlement ce tableau aussi est intéressant ( on ne parle que de salariés ! Il faudrait voir le % de chômeurs, RMi, retraités, etc…):
http://www.inegalites.fr/article.php3?id_article=190
12 December 2008 @ 16:58
“un plein au biocarburant permet de nourrir un enfant pauvre pendant un an.”
berk
ça ne doit pas être très bon le biocarburant …
Blague à part, je ne sais pas si c’est très judicieux de mettre le biocarburant en competition avec l’alimentation (arguement utilisé par les opposants aux énergies renouvelables et surtout les biocarburants).
Effectivement ils sont cultivés sur les mêmes surfaces, mais sommes nous en manque de surface cultivable ?
Combien d’enfants nourris par les tonnes de blé européen brûlées chaque année ?
Je pense que le problème n’est pas la limite des surfaces cultivables mais lié aux logiques de marché. Et ce ne sont pas les mêmes marchés.
Sur l’évolution de la pauvreté: pour véritablement pouvoir comparer il faudrait encore corriger l’inflation. 2$ en 1981 sont loin d’être égal (en pouvoir d’achat) à 2$ en 2005…
12 December 2008 @ 17:04
2$/jour c’est compensé biensûr, sinon ça ne voudrair rien dire.
Et regardez comment il est beau le sommet de la pyramide :
http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/203517/–Une+fraude+gigantesque+:+50+milliards+de+dollars+pour+lex-patron+du+Nasdaq
12 December 2008 @ 17:23
“d’un modèle ou ils ne travaillent pas pour vivre”
Oui, enfin quiconque a vécu un peu à la campagne pas loin de paysans relativise un peu ton propos.
(Je parle de vrais paysans, traditionnels).
C’est un esclavage de tous les instants.
Le travail commence pour les enfants dès le plus jeune âge, ce sont des journées de travail qui durent du lever au coucher du soleil, la notion de vacances et de jours fériés n’existe pas.
Le bon modèle traditionnel n’est heureux que dans la tête des bobos des villes, qui s’imaginent que c’est très poétique de vivre dans la nature.
Dans la réalité, ce qu’on constate à chaque fois, c’est que tous ceux qui ont la possibilité de quitter cette vie pour adopter la vie moderne le font. C’est donc que cette vie traditionnelle est loin d’être un paradis, et constitue bien un travail éprouvant.
Le stress de la vie moderne des employés de bureau n’est rien du tout en comparaison des souffrances physiques permanentes d’un paysan traditionnel.
Enfin, à un bobo alter qui fustigeait la vie moderne, un médecin répondait:
“ok on a la pollution et le stress dans les villes.
Mais vous avez le choix: vivez de façon traditionnelle dans la nature sans pollution, votre espérance de vie ne dépasse pas 40 ou 45 ans.
Vivez dans une ville polluée, votre espérance de vie grimpe à 80 ans!”
Quand les alters auront fini d’idéaliser la nature et la vie traditionnelle…
Qu’ils y aillent, vivre en Amazonie, si c’est le paradis !
12 December 2008 @ 17:34
Excellent ! 50Mds de $ de fraude, c’est beau quand même. Même Kerviel à côté c’est un petit joueur… (alors que c’est une de mes stars de la finance
)
Apparemment il aurait monté une chaîne de Ponzi. Un coup bien connu, hyper simple, mais faut se barrer à temps.
Ce qui amusant avec les chaîne de Ponzi, c’est que l’on prétend que c’est illégal, quand bien même c’est exactemment le principe de la finance de marché à plus petite échelle…
12 December 2008 @ 18:58
@à un passant.
Puisque la vie libérale est le bonheur, je te propose d’aller vivre ce libéralisme qui allonge la durée de vie … comme ouvrier de base en asie.
C’est beau cette mentalité de bobo libéral qui n’a pas connu les bons cotés du libéralisme
Un partout ?
Pour l’espérance de vie, elle commence à diminuer et la fécondité masculine aussi. En moins de 20 ans la fécondité masculine dans les pays occidentaux a été diminué de moitié.
13 December 2008 @ 9:39
Ce qu’a montré cette crise financière, c’est que les prétendues grosses fortunes n’existent pas. C’est de l’argent virtuel.
Si les milliardaires retirent de banque tout leur capital, l’économie s’écroûle, car en réalité ils ne possèdent pas cet argent. Ce sont juste des nombres virtuels. Ils s’imaginent riches.
L’inégalité des capitaux est surévaluée.
Tout le monde a vécu sur une illusion.
Ce qu’il reste, c’est une petite inégalité des niveaux de vie.
Et une bonne part du niveau de vie de chacun est à crédit, sur les générations suivantes.
Pour supprimer la pauvreté dans le monde, il ne faut pas prendre le capital des riches, car ce capital n’existe pas. Il n’y a pas de réserves, sauf à emprunter encore sur les générations suivantes.
Il faut baisser le niveau de vie réel du tiers supérieur de l’humanité = la quasi totalité des Européens et des Américains.
Et comme les Européens, qui vivent déjà au-dessus des moyens du monde dès qu’ils gagnent plus de 1000 euro par mois, réclament encore plus de hausses de salaires, et ne sont pas prêts à baisser leur niveau de vie, on continue d’avoir un tiers-monde.
Chacun, en Europe, estime que son niveau de vie doit encore être augmenté: 32 heures, retraites à 45 ans, études gratuites jusqu’à 30 ans, soins médicaux illimités et gratuits, 4 mois de vacances par an…
Le jour où vous accepterez de vivre avec seulement 1000 euro par mois, et de ne pas toucher plus de 10 ans de retraites, vous pourrez supprimer la pauvreté.
En attendant c’est juste jouer à la révolution dans des salons bien chauffés, en accusant le système pour éviter de verser votre fortune aux pauvres, et en pensant que c’est toujours aux plus riches que vous de payer
13 December 2008 @ 10:58
Encore un très bon article de Thierry, je rejoins Equilibrium quand il parle de silhouette émergeant de la brume.
Relativement au problème des biocarburants en opposition à l’agriculture alimentaire, je vous conseille le reportage Vers un crash alimentaire : “S’oriente-t-on vraiment vers un crash alimentaire ?
Si l’on ne prend pas de mesures rapidement, la rareté alimentaire ne peut que s’accentuer. Entre les agrocarburants et la demande croissante des pays émergents, la menace d’un crash existe réellement.”
Quand aux commentaires du passant, j’ai l’impression que la solution qu’il propose est une réduction drastique de la population, me gourre-je?
14 December 2008 @ 17:37
le line vers un crash alimentaire stp (il n’a pas fonctionné…)
16 December 2008 @ 7:06
http://cdurable.info/Vers-un-crash-alimentaire-Monopoly-de-la-faim-Arte,1363.html
18 December 2008 @ 18:10
La pyramide ne décolle pas | Le peuple des connecteurs – le cinquième pouvoir…
Les libéraux ultra-optimistes supposent que leur modèle économique bénéficie à l’ensemble de l’humanité. Tout le monde s’élèverait en même temps. Il y aurait toujou…