Voir à l’œuvre notre imagination me fait toujours du bien. (via @la_ligne)
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cinquième pouvoir, politique, technologie... par Thierry Crouzet, expert de rien

23 June 2009 / 1 commentaire »
Voir à l’œuvre notre imagination me fait toujours du bien. (via @la_ligne)
Cet article a été publié le Tuesday 23 June 2009 à 14:12 dans la catégorie Brèves. Vous pouvez suivre les commentaires avec le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire ou faire un trackback depuis votre site.
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Les journalistes sont naïfs. Ils voient un compte Twitter avec des dizaines de milliers de followers et ils s’extasient. Ils font du détenteur du compte une star. Mais ont-ils un peu gratté derrière les apparences ?
Les sites web ont été imaginés pour stocker des informations et les afficher à travers des navigateurs. Ce fut une révolution, notamment grâce à l’hypertexte décentralisé, mais aussi une façon de traduire à l’écran ce que nous connaissions sur le papier. Il suffit de voir à quoi ressemblent encore les sites des journaux (où même les blogs). À des journaux traditionnels ! Très loin du look Google ou des services 2.0 les plus avancés. On reste dans l’ancien monde de Gutenberg.
De plus en plus d’outils cherchent à nous éloigner de notre URL personnel, chez nous quoi, pour nous attirer chez eux. « Visitez dans notre centre commercial, ne restez plus sur votre terrasse à discuter avec vos amis, nous dit-on. Vous n’avez même plus besoin d’aller chez eux, ils viennent aussi. » Super.
Tout le monde connait les conséquences de la prohibition, elle favorise la violence et ne diminue pas l’usage des biens prohibés.
« Vous êtes tous pourris, vous avez compris ? Vous êtes en état avancé de décomposition. Vous n’existez même pas. » Voici comment je pourrais résumer la pensée de Finkielkraut au sujet du Net après avoir écouté son entretien avec Pierre Lévy organisé par Michel Alberganti sur France Culture.
Richard Stallman, 1985, Le manifeste GNU. Hakim Bey, 1991, TAZ. John Perry Barlow, 1996, Déclaration d’indépendance du cyberspace. McKenzie Wark, 2006, A Hacker Manifesto.
Vous vous étonnez de perdre sans cesse plus de lecteurs. Vous êtes vraiment surpris ? Mais relisez-vos articles. Pour vous sauver de la banqueroute, vous êtes prêts à diffuser n’importe qu’elle idée qui vous conforte dans l’ancien monde. Plutôt que de vous adapter au nouveau paradigme, vous tentez d’en détourner vos lecteurs pris en otages. Est-ce la bonne stratégie ?
Ce texte, écrit début avril 2009, devait s'intituler Dire non à un monde pour dire oui à d’autres et trouver sa place dans mon prochain livre que j'imaginais initialement comme une narrative nonfiction. Pour reconstituer cette histoire, j'ai interviewé par ordre d'apparition Quitterie Delmas, Jean-Yves de Chaisemartin, Virginie Votier et François Bayrou. Mais, comme souvent quand j'écris, mes projets se transforment et je ne pense pas utiliser cette matière sans mon livre car je veux y traiter de la conscience globale.
Je parle de plus en plus osuvent d’interdépendance mais je n’ai pas défini l’interdépendance. Je ne l’ai pas fait parce que je crois qu’il est impossible de définir avec précision ce dont on parle.
Je dois être naïf. Je ne suis pas l’actualité alors je tombe des nues quand, sur Twitter, François Bon attire mon attention vers un article du Monde où j’apprends que la presse en ligne va recevoir 60 millions d’Euros de subvention.
nicolas760 Le web favorise t’il l’indépendance de l’individu, ou le contraire ?http://is.gd/5J0rB /@crouzet >@lionelchollet
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25 June 2009 @ 2:37
Pour jeter un éclairage sur cette vidéo et pour ceux qui ne connaissaient pas le phénomène mis en lumière ici, voici un bout d’histoire traditionnelle :
Dans certaines zones d’afriques, à l’époque où les compagnies de chemin de fer n’avaient pas la possibilité de renouveler le matériel de transport, étaient mis en circulation des trains qui avançaient assez lentement, en fonction du terrain.
A ces époques, la règle n’était pas de s’arrêter uniquement aux stations, mais là où les points d’accès au rail, pour les différentes régions traversées, étaient les plus proches des lieux de production.
Ainsi s’organisait tout un commerce d’échanges de produits entre les régions, tout au long du parcours du train. Echange qui ne dérangeait aucun voyageur, et qui apportait à certaines régions autrement isolées, l’un des moyens les plus efficaces pour s’approvisionner en variété.
Certains des gouvernements locaux qui avaient financé et mis en place la voie de chemin de fer dans une optique qu’ils voulaient plus ressemblante à celle des pays industrialisés, mirent le hola bien plus tard. (les fréquents ralentissements liés aux anciennes motrices ne leurs semblaient pas vraiment rentables pour l’économie touristique)
Tellement tard, que, comme dans la vidéo, les marchés s’étaient déjà organisés aux proximités, voire, à l’intérieur même des stations. Tant et si bien, que toute l’économie qui était en majeure partie agricole, finissait par prospérer grâce à ce que les autorités considéraient comme un détournement du service ferroviaire.
Tout fut fait pour chasser et déplacer ailleurs (sans aucun discernement, ni aucune réflexion concertée avec la population) les marchés traditionnels qui s’étaient formés.
Ceux qui allaient de gare en gare pour proposer leurs bras et services contre des produits pour leur familles et leurs villages et qui dormaient quasiment sur place pour être sûrs d’obtenir, dés la reprise horaire du marché, un boulot, furent bien souvent assimilés à des vagabons ou des voleurs, afin que les autorités obtiennent des moyens légaux d’influencer l’éducation de la population, de défaire le tissu traditionnel qui s’était formé autour de la diffusion des produits agricoles sur la voie de chemin de fer.
La modernisation ultérieure, mal pensée, du train, qui devait pourtant améliorer l’économie locale, a fini par isoler, à nouveau, les régions qui en bénéficiaient. Tout ce qui était bénéficitaire sans que cela fut attribué à l’intelligence d’une décision politique, fut systématiquement effacé.
Mais la rigueur des répressions augmenta jusqu’à compter le nombre de mètres qui séparait tout marché des stations de chemin de fer. Et ce, dans certaines régions, même pour les marchés dont l’emplacement s’était formé, bien avant la voie de chemin de fer.
En fait deux concepts économiques liés au chemin de fer s’étaient affrontés. L’une née de l’auto organisation locale, et l’autre, calquée et recopiée sur la politique de transport de nos pays industrialisés.
Tout parisien vous dira que les bana bana sont les vendeurs de gadgets qu’on trouve éparpillés aux pieds des monuments touristiques, comme la tour Eiffel. En fait, les bana bana étaient des passagers, chargés de victuailles, qui assuraient les échanges entre les villages de différentes régions traversées par la voie de chemin de fer à une époque où les politiques cherchaient une fonction au train.
Il est intéressant d’observer qu’une partie d’internet fait l’objet du même affrontement de concepts, mais de manière inverse.