Après la presse, c’est l’édition qui meurt

Si les jour­na­listes ont main­te­nant com­pris qu’Internet remet­tait en cause leur métier, les éditeurs vivent avec la douce illu­sion que tout sera comme avant. Pour­tant inter­net se pré­pare à déci­mer leur industrie.

Que font les éditeurs ? Pas ce que vous croyez. Ils impriment des livres, qu’ils trans­portent en camion d’un bout à l’autre du pays, les stockent dans des librai­ries, puis rapa­trient les inven­dus qui, après une seconde période indé­fi­nie de sto­ckage, finissent pilon­nés. C’est le des­tin de la plu­part des livres. Une gabe­gie irres­pec­tueuse de l’environnement.

La pro­fes­sion doit se réinventer.

  1. Res­pon­sable. Ne jamais impri­mer un livre avant qu’il ne soit vendu. Attendre la com­mande d’un lec­teur. Dans les librai­ries, qui deviennent des lieux de ren­contre, pré­sen­ter les jaquettes, pro­po­ser des ver­sions ebook aux clients, prendre des com­mandes papiers comme toutes les petites librai­ries le font.
  2. Dis­po­ni­bi­lité. Si un lec­teur est pressé, il télé­charge la ver­sion ebook.
  3. Sur mesure. Offrir le choix du for­mat, tant en ebook, qu’en papier (poche, car­tonné, relié…), voire en audio.
  4. Trans­pa­rence. Dis­so­cier prix du sup­port du prix du contenu. Exemple : 3 euros pour l’auteur, 0,5 euros pour le cor­rec­teurs, 0,5 euro pour le gra­phiste, 2 euros pour l’éditeur. Si l’impression à la demande en for­mat car­tonné revient à 8 euros, la dis­tri­bu­tion à 4 euros, le livre est dis­po­nible à 18 euros. Si le lec­teur choi­sit un poche et une librai­rie en ligne, il peut obte­nir le livre peut-être pour 10 euros. Et appro­cher des 6 euros plan­cher s’il opte pour l’ebook.

Vous allez peut-être croire que ça ne change pas grand-chose, sinon que l’approche est peut-être plus écolo­gique. Comme beau­coup d’éditeurs, vous consi­dé­rez peut-être le livre élec­tro­nique comme un gad­get. Ne soyez pas trop caté­go­rique avant d’avoir uti­lisé un de ces gadgets.

J’ai un Sony PRS-505, un appa­reil encore pri­mi­tif mais qui me démontre chaque jour que la vie du papier est comp­tée. Aux USA, le Kindle fait de plus en plus d’adeptes. Qu’Apple sorte son rea­der et c’est la fin. Voilà pour­quoi le cri­tère de trans­pa­rence est vital. Il per­met, dès à pré­sent, de rendre l’édition indé­pen­dante du sup­port et de se réin­ven­ter sur le cœur de son métier.

Aujourd’hui, l’auteur tra­vaille des cen­taines d’heures, l’éditeur quelques heures et investi quelques mil­liers euros. Il joue aux courses, rien de plus. De temps en temps, il mise sur le bon cheval.

De parieur, l’éditeur devrait se trans­for­mer en entraî­neur et en jockey. Il devrait coopé­rer avec les auteurs. Aujourd’hui s’il ne le fait pas assez, s’il ne le fait pas plus, c’est parce que son modèle écono­mique ne tient plus la route. L’essentiel de l’argent qu’il inves­tit part en fumée dans des livres qui ne seront jamais ache­tés et, au contraire, détruits. Alors l’éditeur cherche sans cesse à se refaire (selon ce fameux modèle qui consume notre monde). Il a le nez dans les comptes, les tableaux Excel, plus que dans les manuscrits.

On peut conce­voir le métier autrement.

  1. Per­sonne n’investit d’argent (pos­sible car le livre est devenu un pro­duit imma­té­riel – ebook et impres­sion à la demande). N’importe qui peut deve­nir éditeur.
  2. Le livre est un pro­jet coopé­ra­tif qui lie auteur, cor­rec­teur, gra­phiste et l’éditeur.
  3. Cha­cun inves­tit son temps en échange d’une rému­né­ra­tion qui sera pon­dé­rée sur les ventes. Si je ne vends aucun livre, per­sonne ne gagne. Si j’en vends des mil­lions, tout le monde gagne.
  4. L’éditeur devient l’animateur de la coopé­ra­tion. Il ras­semble sous sa ban­nière les auteurs qui l’intéressent et monte des équipes liées par un inté­rêt com­mun. Il consacre son éner­gie à l’élaboration du contenu et à sa pro­mo­tion. Il passe d’une écono­mie où il faut miser de l’argent à une écono­mie où il faut miser du temps et de l’intelligence.

Des éditeurs ont peut-être déjà choisi cette stra­té­gie mais je doute qu’ils rafle­ront les pro­chains prix lit­té­raires. En atten­dant, je crois qu’ils peuvent atti­rer l’attention vers des livres dif­fé­rents por­teurs en eux-mêmes d’une nou­velle phi­lo­so­phie. Impri­mer n’est plus un pas­sage obligé pour un livre.

Notes

  1. Je vis de plus en plus mal l’ancienne logique qui consiste à impri­mer pour impri­mer. D’un autre côté, l’auto-publication ne me satis­fait pas. Un livre est aussi un tra­vail d’équipe.
  2. Alors je pousse des amis à créer, sur le modèle de Veja, une mai­son d’édition res­pec­tueuse de l’environnement qui tien­drait compte des évolu­tions technologiques.
  3. Elle uti­li­se­rait des machines d’impression à la demande les plus proches du client (lulu.com imprime aux USA ou en Espagne) tout en choi­sis­sant des encres naturelles.
  4. Elle opti­mi­se­rait la livrai­son des ventes qu’elle effec­tue­rait direc­te­ment sur son site, là encore comme le fait Veja (pro­po­sant le livre moins cher que sur les pla­te­formes comme Ama­zon – design un poil dif­fé­rent pour ne pas enfreindre le prix unique du livre).
  5. Chaque livre don­ne­rait lieu à un contrat entre l’éditeur, l’auteur, les cor­rec­teurs et le gra­phiste. Ils seraient par­te­naires, par­ta­geant les risques, par­ta­geant les béné­fices, n’investissant que leur temps.
  6. Il ne s’agit pas de créer une mai­son 2.0 qui accep­te­rait tous les manus­crits comme le fait lulu.com ou scriptbd.com. Il s’agit de recon­naître le rôle vital de l’éditeur et de la chaîne du livre, de la revi­go­rer sur des bases finan­cières seines.
  7. Si Veja connaît autant de suc­cès, c’est parce que les bas­quets Veja riva­lisent en qua­lité et en look avec ceux de la concur­rence. Comme Veja, le nou­vel éditeur devrait aussi se construire une âme, avoir une poli­tique édito­riale, un style… Sur ce point, rien ne change.

Annexe

J’ai à mon comp­teur des livres dans des domaines dif­fé­rents et qui ont été publiés chez des éditeurs dif­fé­rents, j’ai des amis auteurs de livres pra­tiques, d’essais, de romans, je connais un peu le métier. À quoi se résume-t-il aujourd’hui ?

  1. L’éditeur croit savoir ce que veulent les lec­teurs. Il le croit parce comme il inves­tit son argent il lui faut ren­ta­bi­li­ser et taper juste. S’il inves­tis­sait moins, ou pas du tout, il publie­rait ce qu’il aime vraiment.
  2. Il recherche les textes qui cor­res­pondent à son idée de ce que veulent les lec­teurs. Si ces textes n’arrivent pas par magie (par la poste, par copi­nage, plus sou­vent encore via les auteurs mai­sons), il en com­mande l’écriture.
  3. Il laisse alors l’auteur tra­vailler seul et ne s’inquiète que quand le manus­crit n’arrive pas à l’heure.
  4. Quand le manus­crit arrive, il le cri­tique par­fois car il doit prou­ver son uti­lité et sur­tout rendre le livre conforme à la croyance ini­tiale. Par­fois le livre y gagne, par­fois il y perd, sou­vent aucun tra­vail d’équipe n’est effec­tué (on fait confiance).
  5. L’éditeur paye la cor­rec­tion et la mise en page et obtient un pro­duit fini.
  6. Pen­dant ce temps, ses com­mer­ciaux font le tour des librai­ries et obtiennent des pré­com­mandes qui per­mettent de fixer le tirage initial.
  7. À la sor­tie du livre, il envoie des exem­plaires à la presse (qu’on retrouve sur les mar­chés aux puces ou sur eBay). Son tra­vail s’arrête sou­vent là. Par­fois, il fait un peu de publicité.
  8. Il laisse l’auteur faire la pro­mo­tion (c’est un peu comme si les ouvriers de Renault fai­saient aussi la publi­cité des Renault, jouaient aux repré­sen­tants, aux ven­deurs, aux mécaniciens…).
  9. Les livres finissent dans les librai­ries où, pour la plu­part ils ne s’attardent guère, avant d’aller moi­sir dans des entre­pôts après moult transports.
  10. L’éditeur ne recon­naît pas qu’il s’est trompé et qu’il ne sait pas ce que veulent les lec­teurs. Mais il conti­nue à faire la pluie et le beau temps avec ses auteurs alors qu’il ne sait qu’une chose : un auteur qui vend conti­nue à vendre en général.
  11. Il finit par pilon­ner le livre car le sto­ckage coûte.
  12. Il verse à l’auteur entre 6 et 14 % de droit.
  13. Au final, et en géné­ral, il gagne peu, les auteurs gagnent peu. Au pas­sage, les uns et les autres on a pol­lué la pla­nète au nom de la culture.

Ce billet se pro­longe par une expé­rience pratique.

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Tags: / Coup de gueule

25 Tweets 2 Other Comments

45 commentaires à “Après la presse, c'est l'édition qui meurt”

  1. gravatar.com Raffa ip:1
    17 July 2009 @ 14:06

    Bon­jour Thierry,

    petit com­plé­ment d’info

    Le suc­cès des livres écolo d’InLibroVeritas — Blog InLibroVeritas

    Entiè­re­ment com­posé d’œuvres choi­sies, per­son­na­lisé en ligne, imprimé à la demande dans la quan­tité vou­lue par le lec­teur, le livre unique à a carte de InLi­bro­Ve­ri­tas est en lui même une petite révo­lu­tion : ren­table et sans stock. Il est en plus pos­sible pour l’acheteur de le créer avec du papier recy­clé depuis quelques semaines, moyen­nant finance. Ainsi les livres uniques à la carte sont plus chers, on aura pu très jus­te­ment pen­ser que cela rende le modèle écono­mique plus dif­fi­cile. D’autant plus que l’on achète des livres qu’on peut lire et/ou télé­char­ger gra­tui­te­ment en ligne. Aujourd’hui, un livre unique à la carte sur deux est aujourd’hui vendu en papier recy­clé sur InLibroVeritas.

    Source : http://www.ilv-bibliotheca.net/blog/index.php?post/2009/07/16/Le-succ%C3%A8s-des-livres-%C3%A9colo-d%E2%80%99InLibroVeritas

  2. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    17 July 2009 @ 14:12

    A ma connais­sance, manque une pas­se­relle auto­ma­tique vers Ama­zon avec ISBN et tout le bazar. Si je me trompe c’est sur­tout une plate-forme d’auto-publication.

    Je pré­pare un billet où je vais tes­ter des pla­te­formes avec un de mes anciens romans (un polard écolo écrit en 1993!).

    PS : je dis des bêtises link ok vers Ama­zon mais c’est beau­coup plus cher que sur lulu!!! Et ils prennent pas les PDF j’ai l’impression. Site style 1995!

    Je conti­nue mon explo­ra­tion: C’est nul.
    For­mat unique, plus cher que lulu même sur papier stan­dard (alors que c’est pro­duit en France). Pas réel­le­ment d’impression à la demande puisque tu payes d’entrée pour trois. C’est eux qui fixent les royalties.

  3. gravatar.com La Feuille » Archive du blog » L’édition électronique doit nous aider à réinventer la profession ip:3
    17 July 2009 @ 14:44

    […] le sens des pro­pos de Thierry Crou­zet, qui en appelle à une édition plus res­pon­sable écolo­gi­que­ment (“Ne jamais impri­mer un […]

  4. gravatar.com Hervé ip:4
    17 July 2009 @ 15:21

    Lulu.com a aussi une impri­me­rie au Pays-Bas.

  5. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    17 July 2009 @ 15:31

    J’ajoute dans le papier.

  6. gravatar.com Hervé ip:4
    17 July 2009 @ 15:46

    J’ai voulu éditer mais trop tard, le temps de trou­ver des réfé­rences. C’est en Espagne.

    Ici une inter­view du fon­da­teur de Lulu : http://billaut.typepad.com/jm/2006/06/connaissezvous__7.html

    Appa­rem­ment c’est cet impri­meur : http://www.publidisa.com/index_ing.html

  7. gravatar.com E ip:5
    17 July 2009 @ 16:06

    Il y a Leo Scheer aussi, auteur tra­di­tion­nel qui s’ouvre à l’édition en ligne, en pro­po­sant à des incon­nus de béné­fi­cier de son expo­si­tion en ligne: leurs livres sont publiés inté­gra­le­ment et gra­tui­te­ment.
    Cer­tains peuvent être choi­sis pour une édition par l’éditeur.

    http://www.leoscheer.com/spip.php?page=manuscrit

  8. gravatar.com Cecile Gladel ip:6
    17 July 2009 @ 16:41

    À titre d’auteure de livre sur l’environnement, ce sujet me pré­oc­cupe, sur­tout l’impression en trop…
    Si on imprime selon la demande, cela coû­tera une for­tune aux éditeurs. Les impri­meurs ne partent pas les machines pour un petit nombre. Quoiqu’avec les nou­velles technologies…

    Aussi, un livre ne se vend pas si les gens ne le voient pas et ne l’ont pas dans les mains…Ça va aller pour les vedettes mais pour les autres moins connus?

    J’avoue que l’industrie du livre doit se mettre à l’électronique et vite sauf que j’achèterai tou­jours des livres. Je tra­vaille sur mon ordi à lon­gueur de jour­née, une pause avec un véri­table livre de papier est par­faite. Mais ceux qui veulent un ebook peuvent avoir le choix.

    Fina­le­ment, 3 euros pour l’auteur et 2 pour l’éditeur ??? J’ai jamais vu ça un auteur qui ramasse plus que l’éditeur… Géné­ra­le­ment c’est la librai­rie, puis le dis­tri­bu­teur, l’éditeur et enfin l’auteur qui ramasse le plus petit pour­cen­tage sur la vente.

  9. gravatar.com Veronique de Montfort ip:7
    17 July 2009 @ 17:04

    Houlà , je viens de lire le post inni­tial. Je trouve que vos conclu­sions sont réduc­trices et par­fois rapides. Mais je crois que vous avez rai­son de sou­le­ver la ques­tion. Je suis éditrice , entre Paris et Bruxelles où nous avons notre siège prin­ci­pal ( réduc­tion des coûts de bureaux et ville incroya­ble­ment agréable à 1h20 de Paris) Cela fait 18 ans que je fais de l’édition. Et je ne me recon­nais pas dans le tableau que vous dres­sez de l’Editeur. Je ne sais pas qui vous avez ren­con­tré mais cer­tains sont loin de cela. Je lis tous mes manus­crits , je tra­vaille avec mes auteurs, je défend des posi­tions et je suis sou­vent mena­cée ( par mail ou par tél­phone) pour les livres que je publie . Quant à la pub , je fais pour cha­cun de mes auteurs un plan de pro­mo­tion sur mesure. Ah oui ‚j’oubliais , je ne pilonne jamais , mes livres vivent et sont réédi­tés. J’aime mon métier et les idées de mes auteurs.Le livre est l’outil le plus écolo ( pas de bat­te­rie , pas de prise élec­trique nécés­saire) sim­ple­ment des yeux pour lire et un doigt pour tour­ner des pages. Vous par­lez d’e-book et d’édition en ligne? Pour les réfé­ren­tiels cer­tai­ne­ment ( ency­clo­pé­dies , livres scien­ti­fiques etc..) par pour un roman ou une bio­gra­phie , com­ment voulez-vous que les larmes s’impriment sur la page ? que le stylo sou­ligne des pas­sages et que l’on écrive une dédi­cace tren­dre­ment pen­sée sur la pre­mière page?..
    Véro­nique — direc­tr­cie des edi­tions de l’arbre.www.leseditionsdelarbre.fr

  10. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    17 July 2009 @ 18:02

    @Véronique J’ai pas dis que tous les éditeurs fonc­tion­naient comme ça. Il y a des excep­tions comme tou­jours. Je suis heu­reux de vous entendre (je vais vous envoyer des manus­crits :-) ). Plus les éditeurs sont petits moins ils ont les moyens de pilon­ner (c’est un peu la logique capi­ta­liste). Mais j’aimerais savoir com­bien de livres sont pilon­nés par rap­port à ceux qui sont ven­dus chaque année.

    eBook. La révo­lu­tion est en marche. Per­sonne ne l’arrêtera. Les avan­tages pour le lec­teurs seront bien­tôt trop gigan­tesques. Vous par­lez des larmes. les lec­teurs pour­ront com­men­ter les textes, dire là où ils sont tou­chés, là où ils aiment.… ils pour­ront par­ta­ger avec d’autres lec­teurs, débattre à chaque endroit du livre. J’ai la mai­son pleine de livres mais je sais qu’elle res­sem­blera bien­tôt à un musée.

    @Cécile. C’est pas parce que ça marche pas comme ça aujourd’hui que ça va pas chan­ger. Bien­tôt c’est Ama­zon qui sera éditeur (c’est presque le cas avec les inter­faces directes avec les ser­vices comme lulu.com). Si les éditeurs veulent pas don­ner aux auteurs ce qu’ils peuvent avoir ailleurs ils par­ti­ront. Sur­tout les gros. Très vite ils auront inté­rêt à faire du direct pour mul­ti­plier leur revenu (comme cer­tains le font en musique — la même his­toire se rejouera — faut pas être devin).

    Quant à Leo Scheer, il a créé une espèce Scriptbd arcahïque. J’ai par­ti­cipé en 2000 à la créa­tion d’Olympio, on fai­sait déjà ça. C’est un bon moyen de trou­ver de nou­veaux auteurs, ce n’est pas une révolution.

  11. gravatar.com E ip:5
    17 July 2009 @ 18:17

    Enfin tout cela passe par la lutte contre le piratage.

    Si je pirate ton ebook et le redis­tri­bue gra­tui­te­ment, c’est est fini de ton cal­cul économique.

  12. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    17 July 2009 @ 18:24

    Je me disais que tu tar­dais à lâcher ta ran­gaine :-)

    Peu importe de savoir d’où vien­dront les reve­nus, soit des ventes, soit des dons, soit d’autre chose que nous n’imaginons pas encore. C’est un sys­tème de par­tage des béné­fices quels qu’ils soient. Au moins, si tu te fais pira­ter, t’imprime pas pour rien.

  13. gravatar.com E ip:5
    18 July 2009 @ 6:17

    Peu importe…“
    “Au moins…”

    Yep, mais tu ne peux pas oscil­ler tou­jours entre:

    - annonce d’un nou­veau modèle écono­mique
    – décla­ra­tion que ce qui compte c’est l’échange, peu importe si le modèle écono­mique n’existe pas.

    Les éditeurs pro veulent un modèle écono­mique,
    idem pour les auteurs pro.

    Tu as fait la même chose avec Cozop:

    - annonce d’un nou­veau modèle écono­mique: fin du vam­pi­risme 2.0, les reve­nus sont désor­mais par­ta­gés entre dif­fu­seur et créa­teur de contenu

    - consta­ta­tion que ça ne marche pas: la gra­tuité ne lève pas assez de fonds, la pub a ses limites.
    –> Aban­don concep­tuel de l’objectif de modèle écono­mique:
    “ce qui compte c’est d’être lu”.

    -

    Il est capi­tal d’arriver à des modèles écono­miques viables. Sinon c’est encore reservé aux ren­tiers et aux chô­meurs assistés.

  14. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    18 July 2009 @ 9:37

    coZop c’est pas que ça marche pas, c’est qu’on tra­vaille pas (on a pas déve­loppé le moteur qui devait être au coeur du sys­tème, aujourd’hui on entre juste de quoi payer des deux ser­veurs). Avec 15 000 visi­teurs uniques jour, tu vas pas loin. Donc en gros rien à par­ta­ger car per­sonne ne gagne.

    Mon idée est qu’on doit par­ta­ger ce qu’on gagne (selon une for­mule de par­tage transparente).

    Demain les livres seront pira­tés quels que soit le modèle pro­posé. Mon papier n’avait pas pour but de lut­ter contre le pira­tage mais de pro­po­ser un nou­veau modèle de coopé­ra­tion entre les gens qui font un livre. Je vais publier la suite de ce billet pour don­ner un exemple pré­cis et pratique.

  15. gravatar.com Veronique de Montfort ip:8
    18 July 2009 @ 18:20

    Votre vision du Futur ne tient pas compte de l’évolution beau­coup plus prag­ma­tique du mar­ché. Et l’Edition fait par­tie d’un méca­nisme d’une écono­mie de mar­ché. Ce que l’on a encore inventé de mieux pour que cha­cun puisse accé­der à un déve­lop­pe­ment. Comme le disait mon prof d’histoire contem­po­raine ” Au temps du Mur , per­sonne ne par­tait pour aller dans l’autre sens..” Le temps des mas­to­dontes de l’Edition est cer­tai­ne­ment en voie de fin le New York Times écri­vait il y 3 mois , que” le temps des énormes mai­sons d’édition était fini que l’avenir serait à des enti­tés moyennes et petites , flexibles , capables d’anticiper , et qui seriont proche de leurs lec­teurs tout en pré­ser­vant des réseaux de dis­tri­bu­tion à la fois clas­siques aux côtés de réseaux inno­va­teurs. Dans votre réponse vous par­lez encore de l’E –book ( voir article dans le Point de cette semaine) mais le pro­blème reste le m^me , il faut une prise pour ali­men­ter une batterie…sans cela ..pas de lec­ture pos­sible. Que fais-t-on quand on est en plein désert Mau­ri­ta­nien , sans prise élec­trique pour lire ? Fini le plai­sir de tirer un livre de poche de son sac , dans un métro , une file d’attente , les toi­lettes. Je sais vous allez me par­ler d’ondes qui bien­tôt rechar­ge­ront les e-book où que l’on soit. Peut-être , mais dans long­temps et le livre aura tou­jours la place d’un objet de plai­sir. Quant à par­ta­ger ce que l’on a sans en tirer une juste rému­né­ra­tion. Je pense que c’est bien mal connaître le com­por­te­ment humain.. A un moment donné , tout le monde veut être payé.

  16. gravatar.com E ip:5
    18 July 2009 @ 18:34

    @ Vero­nique de Montfort

    Au sujet des ebooks, les der­niers modèles ne consomment presque plus d’énergie:

    en-effet, les écrans ne sont plus éclai­rés. L’énergie sert une fois pour for­mer les carac­tères, et ensuite pen­dant la lec­ture la consom­ma­tion est nulle, puisqu’il n’y a pas d’éclairage.

    C’est aussi ce qui rend la lec­ture très agréable, comme celle d’un livre.
    Rien à voir avec la lec­ture sur écran.

    -

    En revanche je vous rejoins sur la rémunération.

    C’est un pro­grès quand une société per­met à la culture de trou­ver un modèle économique.

    L’idée de culture gra­tuite, défen­due par cer­tains sur Inter­net, est une régression.

    Il n’y a pas de rai­son de gagner sa vie en ven­dant des chaus­sures, et de ne pas la gagner en écri­vant des livres, s’ils sont lus. La lutte contre le pira­tage et la défense de l’économie de la culture sont un impé­ra­tif social.

  17. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    18 July 2009 @ 18:52

    Pour voir à quel point les eBook vont tout chan­ger, il faut en avoir dans la main. Je ne charge presque jamais le mien. Tu peux faire un très long voyage avec et par­tir avec des plu­sieurs livres même si tu es un rou­tard avec un sac à dos.

    Quand à la rému­né­ra­tion, il faut réin­ven­ter. Déjà com­men­cer par sépa­rer le prix qui revient aux créa­tifs (auteur et équipe édito­riale) et celui qui revient à la fabri­ca­tion et à la dis­tri­bu­tion. Que les lec­teurs prennent l’habitude de savoir ce qu’ils donnent à qui pour qu’il sachent ce qu’il faut don­ner pour conti­nuer à lire des livres.

    Il faut inver­ser la logique et que les créa­tif soient ceux qui gagnent le plus.

  18. gravatar.com Henri A ip:9
    18 July 2009 @ 19:41

    Il faut inver­ser la logique et que les créa­tif soient ceux qui gagnent le plus.“
    Si c’est un effet de balan­cier his­toire d’inverser la manie d’avant, c’est une façon de par­ler.
    Dans les faits, pour­quoi “le plus” ?
    Ima­gi­nons un luthier qui adore fabri­quer des vio­lons, un vio­lo­niste pro qui adore jouer du vio­lon et un com­po­si­teur pro qui adore com­po­ser des trucs pour vio­lons.
    Si ces trois indi­vi­dus ont du public ( clients ), pour­quoi un de ces trois doit gagner plus de pognon ? A par­tir du moment ou ils adorent leur bou­lot ? Plus un bou­lot est chiant pour celui qui l’exerce plus il devrait gagner de pognon par rap­port à une moyenne.

  19. gravatar.com E ip:5
    18 July 2009 @ 20:27

    Plus un bou­lot est chiant pour celui qui l’exerce plus il devrait gagner de pognon”

    Il y a deux cri­tères com­plé­men­taires à prendre en compte pour fixer une rémunération:

    1: la péni­bi­lité pour celui qui exerce le travail

    2: la satis­fac­tion qu’il apporte au rece­veur, et sa capa­cité à être plus ou moins non inter­chan­geable dans ce travail

    Mon­ter des sacs de patates au 5e étage est pénible, mais on trouve dans le monde des mil­lions de gens qui en sont capables.
    –> Tra­vail donné à celui qui réclame le moins
    –> Prix tiré vers le bas

    Les grands créa­teurs sont plus rares que les bons ouvriers.
    –> Moins de pos­si­bi­lité de tirer le prix vers le bas.
    Le carac­tère unique de leur tra­vail est reconnu.

    (Après se pose le pro­blème de la satis­fac­tion réelle qu’ils donnent, car ils peuvent être tel­le­ment loin du niveau du spec­ta­teur, qu’ils l’ennuient.
    Ils répondent alors à l’exigence d’unicité, mais pas à celle de satisfaction.

    D’où la néces­sité d’aides d’Etat, qui imposent une créa­tion au nom d’une exi­gence qua­li­ta­tive mino­ri­taire, au nom d’une idée de la culture, base d’une civilisation.)

  20. gravatar.com Henri A ip:9
    18 July 2009 @ 21:10

    A Pirat ( E ) :
    Tu réponds à coté ( t’as pas fait science po par hasard ? ).
    Je ne parle pas de sys­tème ou de méthode, mais d’état d’esprit. Je me doute bien qu’il n’est pas facile de mesu­rer la joie ( ou le contraire ) que peut pro­cu­rer une acti­vité.
    La ques­tion, je ne la pose pas à celui qui rému­nère mais au rému­néré lui-même.
    C’est une autre façon de pen­ser le travail.

  21. gravatar.com E ip:5
    18 July 2009 @ 22:26

    C’est une autre façon de pen­ser le travail”

    Un tra­vail ne se pense pas en se cou­pant de sa finalité.

    Le but du tra­vail n’est pas de four­nir un effort, mais de rendre un service.

    Il n’y a donc pas d’autre façon de rému­né­rer le tra­vail, qu’en rela­tion avec l’importance du ser­vice rendu. Même si la péni­bi­lité est un critère.

  22. gravatar.com Cecile Gladel ip:6
    18 July 2009 @ 22:28

    Ce n’est pas qu’on veut être payé c’est qu’écrire est un métier et demande du temps, de la recherche et qu’il s’agit de gagner sa vie sinon on vivra d’amour et d’eau fraîche…

  23. gravatar.com narvic ip:10
    19 July 2009 @ 13:40

    La situa­tion est peut-être un peu dif­fé­rente entre la presse et l’édition, car le modèle écono­mique était très dif­fé­rent et inter­net ne trans­forme pas les usages, la pro­duc­tion et la dis­tri­bu­tion de la même manière.

    Pour la presse, l’équation semble impos­sible à résoudre, alors que pour l’édition papier, il reste des “pers­pec­tives de survie”…

    Pour la presse, le trans­fert d’une par­tie de l’audience seule­ment sur inter­net conduit à l’effondrement com­plet du modèle écono­mique du papier, qui n’est struc­tu­rel­le­ment plus ren­table… même s’il y a encore des lecteurs.

    Les res­sources qu’il semble pos­sible de déga­ger en ligne sont très infé­rieures (en rai­son du décou­plage de la pub et de l’info, de la baisse du prix de la pub et du meilleur ciblage) et ne per­mettent pas de sou­te­nir la pro­duc­tion de rédac­tions aussi impor­tantes qu’avant. Bref, c’est tout le sec­teur qui s’effondre et ne se recons­truira sur inter­net qu’à un niveau de pro­duc­tion (et donc d’emplois) très infé­rieur à ce qu’il était aupa­ra­vant. Et tout ça sans même prendre en compte les nou­velles pos­si­bi­li­tés de se pas­ser des jour­na­listes — du moins en par­tie — pour s’informer sur internet !

    Pour l’édition, le numé­rique “ne tue pas” de la même manière le livre papier. D’une part car l’un ne se sub­sti­tue pas tota­le­ment à l’autre (en rai­son des usages de lec­teurs et des contraintes tech­niques res­pec­tives) et ils vont donc coexis­ter encore un moment. Pour l’édition lit­té­raire en tout cas. Tout ce qui est édition scien­ti­fique, ency­clo­pé­dique, sco­laire, pra­tique et guides, etc., c’est bien mort pour le papier (au pro­fit du web, plus que de l’e-book d’ailleurs).

    Mais aussi car inter­net renou­vèle le modèle écono­mique du livre papier en pro­fon­deur, sans le tuer : nou­veau modèle de dis­tri­bu­tion (Ama­zon, etc.), nou­veau modèle de pro­duc­tion (impres­sion à la demande), nou­veau modèle d’édition (auto-édition, comme Lulu). Le net tue les libraires et les impri­meurs, mais offre des pers­pec­tives nou­velles aux éditeurs… et sur­tout aux auteurs.

    Inter­net détruit en masse des emplois de jour­na­listes pas seule­ment parce qu’il est dif­fi­cile de les payer, mais aussi parce qu’ils sont moins utiles qu’avant. Mais il ne rend pas les auteurs moins utiles qu’avant !

    Contrai­re­ment à la presse, tant qu’il reste encore des lec­teurs pour les livres papiers l’activité peut res­ter ren­table, et même, grâce à inter­net, le deve­nir pour des livres à petite dif­fu­sion (en rédui­sant consi­dé­ra­ble­ment les coûts de production/diffusion et le gas­pillage du sec­teur). De sur­croit, le livre élec­tro­nique (pour ceux qui s’y met­tront) offre aussi de nou­velles perspectives.

    Conclu­sion :

    1/ l’édition papier mourra avec ses lec­teurs, tan­dis que la presse papier meurt bien avant eux. :-(

    2/ le livre élec­tro­nique et le net prennent le relais pro­gres­si­ve­ment du papier, sans remettre en cause le pro­duit de base de l’édition : l’oeuvre, alors que le pro­duit de base de la presse, le jour­nal, n’existe plus sur internet.

    3/ le net remet en cause l’existence même des jour­na­listes, mais pas celle des auteurs, et donc pas celle des journalistes-auteurs non plus ;-) .

    4 /Sauf à ce qu’internet nous rende tous idiots, comme s’en inquiète Nicho­las Carr, et que l’on lise de moins en moins de textes longs expri­mant une pen­sée struc­tu­rée, au pro­fit d’une col­lec­tion de frag­ments glâ­nés sur Google !

  24. gravatar.com Jean-François Gayrard ip:11
    21 July 2009 @ 5:33

    Voilà des pro­pos que je par­tage à 100 % : le livre numé­rique est une véri­table alter­na­tive écolo­gique. C’est sur qu’il bou­le­verse et qu’il nous oblige à réin­ven­ter le métier d’éditeur. L’important, aujourd’hui, c’est de bien choi­sir son com­bat. Moi j’ai choisi le mien : pro­mou­voir les sup­ports de lec­ture de demain pour être sur que les auteurs d’aujourd’hui seront lus

  25. gravatar.com Crépidule ip:12
    21 July 2009 @ 15:28

    Pour la musique je suis sûre que son ave­nir est dans télé­char­ge­ment, pour la presse for­te­ment aussi, mais pour le livre je suis plus miti­gée dans mes avis. Je n’ai pas uti­lisé les tech­no­lo­gies dont vous par­lez mais je sais que lire un livre à l’écran d’un PC est assez pénible au bout d’un moment, bien que pour des étudiants c’est vrai­ment un outil formidable.

    Sur l’argument écolo­gique là je ne vous suis pas, car ces tech­no­lo­gies ont un lourd impact sur la nature non seule­ment pour les pro­duire mais en plus avec un recy­clage dif­fi­cile et une forte pol­lu­tion (plas­tique, pro­duits chi­miques des bat­te­ries et des com­po­sants etc)
    Le livre c’est du bois et le bois est une matière hau­te­ment écolo­gique (un coup de cha­peau au pas­sage aux edi­tions Hatier qui ont édité leurs cahiers de vacances, gabe­gie de l’été, sur du papier recyclé).

    Dans cette période des vacances, ou les edi­teurs font un gros chiffre d’affaire avec les best-sellers, ame­ner un lec­teur d’E-book sur la plage, quelle galère ! le sable, le sel, le temps de bat­te­rie, la peur de se le faire piquer etc non rien ne vaut un bon vieux bou­quin pour ça. Il faut voir quels livres pour quels besoins et adap­ter les stra­té­gies en conséquence.

    Mais je suis d’accord avec vous, les éditeurs de musique, de livres etc doivent s’adapter et repen­ser de fond en comble leur stra­té­gie de publi­ca­tion face au défi numé­rique, il y a urgence.

  26. gravatar.com cyril ip:13
    22 July 2009 @ 2:38

    Cet article, comme d’autres sur ce sujet qui l’ont pré­cédé, est très ins­truc­tif. Pour ma part, je suis sou­lagé de consta­ter qu’il existe beau­coup de per­sonnes qui semblent déci­dées à lut­ter contre ce phé­no­mène numé­rique, ou font sim­ple­ment preuve d’un atta­che­ment intime à l’objet livre (son contact, son odeur, sa présence).

    La conclu­sion que je tire à ce jour de ce débat, c’est qu’on envi­sage de nous vendre des machines sous cou­vert de culture. Autre­ment dit, on prend le livre (l’écriture, la lit­té­ra­ture, la connais­sance et le plai­sir) comme pré­texte, ou simple com­bus­tible, pour nous pous­ser à consom­mer un gad­get ; pour nous convaincre que c’est ça l’avenir du livre, et point barre.
    C’est du business.

    Votre article et toutes les réac­tions qui ont suivi ont créé quelques échos sur ce forum : http://noirbazar.forum-actif.info/wwwetc-f15/aprs-la-presse-c-est-l-dition-qui-meurt-t822.htm

    N’achetez pas d’e-book et tout ira bien.

  27. gravatar.com pffffffft ip:14
    22 July 2009 @ 11:06

    vous connais­sez mon côté piquant :)
    hé bien je vais piquer.

    les gens comme cer­tains ici qui ne rai­sonnent pas maisse contentent d’habiller une banale nos­tal­gie der­rière des argu­ments à la con (cf cyril par ex), m’ennuient.
    nota : j’adore les livres papier

    par ailleurs, je suis allé voir le lien
    et j’ai bondi!
    un cer­tain Stal­ker, autre arché­type des cer­velles recro­que­villées sur leurs conforts et tou­jours flip­pées devant les chan­ge­ments, écrit :
    “dan­ger… celui qui consiste à auto­ri­ser n’importe qui à éditer n’importe quoi“
    cette per­sonne devrait se rap­pe­ler que c’est au mot prêt l’argument des ânes d’une autre époque, les mêmes réin­car­nés de nos jours façe au Net, et qui cri­ti­quaient la dia­bo­lique inven­tion de Gut­tem­berg.
    avec en sou­tien de l’ombre ceux qui moins ânes mais bien inté­res­sés sou­hai­taient conser­ver la dif­fu­sion de “la bonne parole” dans le cadre très étroit de quelques pou­voirs bien installés.

    j’aime pas les ânes utiles, alors les ânes utiles aux ”inté­res­sés”… :)

    vive gut­tem­berg et les éditeurs du livre papier.
    vive leurs conti­nua­teurs du livre numé­rique.
    que les ânes utiles aillent se faire voir, l’histoire des idées avance tou­jours, depuis l’aube des temps, comme en s’appuyant pour son élan contre leurs immo­biles rem­parts mentaux…

  28. gravatar.com cyril ip:15
    22 July 2009 @ 13:46

    Que de grands mots, ma foi…
    Le débat s’élève.

    L’extrait que vous citez (frag­menté et hors contexte) concerne la ques­tion de l’auto-édition. Ce n’est pas tout à fait le sujet ici (pas direc­te­ment). Je sais bien que beau­coup de per­sonnes ne veulent pas entendre ce genre de cri­tique. Mais le risque est grand de voir débou­ler sur le mar­ché du livre (sur­tout dans la pers­pec­tive numé­rique) des textes non-corrigés, rem­plis de fautes, mal pagi­nés (le phé­no­mène existe déjà et il est crois­sant), parce qu’à la base une per­sonne a estimé, seule, sans recul, qu’elle était en mesure d’éditer ce qu’elle avait écrit. Je dis donc seule­ment que ce n’est pas sérieux, ni très agréable pour le lec­teur qui se fait prendre au piège.

    Quant à mes “argu­ments à la con”, je les illustre :
    Ima­gi­nez que dans 10 ans, un auteur comme Fred Var­gas (par exemple) écrive son 20ème roman. Son éditrice, Viviane Hamy, joue le jeu du livre numé­rique, admet­tons aussi. Pensez-vous qu’il sera néces­saire de réa­li­ser un pre­mier tirage à 250000 exem­plaires, comme c’est le cas pour son der­nier roman ?
    Non.
    250 suf­fi­ront, car ces 250 pro­li­fè­re­ront à une vitesse inouïe et il n’en sera pas vendu davan­tage. On les copiera et on les copiera encore, et encore, puisque le numé­rique l’autorise. Mais dans ce cas, l’éditrice aura déjà mis la clé sous la porte depuis longtemps.

  29. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    22 July 2009 @ 13:53

    Ima­gi­nez ce qui se pas­sera si 250 000 exem­plaires sont impri­més et si néan­moins les copies pirates cir­culent (ce qu’elles feront). Il faut réin­ven­ter la rému­né­ra­tion des auteurs (voir le second billet) pas ten­ter d’empêcher l’avènement des tech­no­lo­gies qui, d’ailleurs, sont déjà là.

  30. gravatar.com Pfffffft ip:14
    22 July 2009 @ 15:07

    effec­ti­ve­ment, vos argu­ments à la con ont été “illus­trés”, comme de bien entendu :)

    remarque tou­te­fois qui peut jus­ti­fier l’utilité des gens comme cela, qui énoncent des “dan­ger… celui qui consiste à auto­ri­ser n’importe qui à éditer n’importe quoi”:
    il est impor­tant à mon avis quand une inno­va­tion majeure appa­rait (agri­cul­ture ver­sus chasse&cueillette, impri­me­rie ver­sus moines copistes, etc etc et etc), que des per­sonnes arc bou­tées sur le seul passé et sur leurs seuls apriori, inca­pables par ailleurs de sai­sir les poten­tiels de ces inno­va­tions, avec pour seul champs de vision un rétro­vi­seur, existent ;
    elles per­mettent en quelque sorte que les virages aux­quels elles n’entendent rien ne se prennent pas d’un seul coup.
    elles res­tent dans l’histoire comme des témoi­gnages de la sot­tise, mais elles ont cette uti­lité :)

    pfffffffffff bye

  31. gravatar.com fromont ip:16
    31 July 2009 @ 16:48

    ancien ouvrier du livre apres mon pas­sage a l aurore et le monde .Ce qui arrive aux jour­na­listes c est l effet du petard mouille les jour­na­leux qui vou­laient la peau du syn­di­cat du livre etaient bien contents de nous foutre dehors ils sont deve­nus des cigales et main­te­nant la fee de l inter­net va s occu­per de leur pro­fes­sion l eglise a ete bouf­fer par les enarks et les poli­tiques ne feront pas une longue vie conclu­sion j espere que les gros patrons de presse vont virer les intrus qui ont defon­cer les ouvriers du livre

  32. gravatar.com Les liens de la semaine : journaux clandestins en Iran, mort de l'édition et maillots dégueulasses | Sur Le Feu ip:17
    21 May 2010 @ 17:51

    […] Après la presse, c’est l’édition qui meurt […]

  33. gravatar.com Astiko ip:18
    11 July 2010 @ 5:27

    Les Éditions de Fal­lois avouent expli­ci­te­ment qu’ils ne lisent plus les manus­crits reçus par la poste :

    http://refusdediteurs.webs.com/editions_de_fallois.jpg

  34. gravatar.com JM Destabeaux ip:19
    17 July 2009 @ 22:34

    Miser du temps et de l’intelligence”… et se lais­ser à tout moment la capa­cité de se reti­rer du jeu…?

    http://pogue.blogs.nytimes.com/2009/07/17/some-e-books-are-more-equal-than-others/

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  35. gravatar.com JM Destabeaux ip:19
    17 July 2009 @ 22:34

    Miser du temps et de l’intelligence”… et se lais­ser à tout moment la capa­cité de se reti­rer du jeu…?

    http://pogue.blogs.nytimes.com/2009/07/17/some-e-books-are-more-equal-than-others/

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  36. gravatar.com ck_amontour ip:19
    18 July 2009 @ 8:01

    RT @fbon: RT @cecile_k @crouzet l’édition meurt tant pis http://tinyurl.com/n289o7 #texteblanc

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  37. gravatar.com liminaire ip:19
    18 July 2009 @ 8:56

    RT @crouzet Pistes de réflexion inté­res­santes sur la fin de l’édition tra­di­tion­nelle http://tinyurl.com/n289o7 #édition

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  38. gravatar.com ferocias ip:19
    18 July 2009 @ 23:57

    RT @EricMainville Crise dans l’édition http://bit.ly/neQL9 ( @crouzet )

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  39. gravatar.com EmmanuelGadenne ip:19
    19 July 2009 @ 12:20

    RT @narvic Après la presse, c’est l’édition qui meurt [Thierry Crou­zet] http://bit.ly/o6JYv

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  40. gravatar.com ls01 ip:19
    19 July 2009 @ 12:34

    RT @EmmanuelGadenne RT @narvic Après la presse, c’est l’édition qui meurt [Thierry Crou­zet] http://bit.ly/o6JYv

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  41. gravatar.com grebert ip:19
    19 July 2009 @ 18:18

    RT @crouzet Après la presse, c’est l’édition qui meurt http://is.gd/1C70s

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  42. gravatar.com ericscherer ip:19
    21 July 2009 @ 8:38

    RT @_Jeanne: RT @crouzet Mon com­bat: pro­mou­voir sup­ports lec­ture de demain pr ê sûr q auteurs d’aujourd’hui seront lus http://bit.ly/10pyfr

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  43. gravatar.com tempsfuturs ip:19
    21 July 2009 @ 8:49

    RT @crouzet: Après la presse, c’est lédi­tion qui meurt. http://bit.ly/10pyfr

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  44. gravatar.com Michele_kahn ip:19
    21 July 2009 @ 10:31

    RT@crouzet : pro­mou­voir les sup­ports de lec­ture de demain pour être sûr que les auteurs d’aujourd’hui seront lus http://bit.ly/10pyfr

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  45. gravatar.com eogez ip:19
    21 July 2009 @ 11:57

    RT @cnaux: “Après la presse, c’est l’édition qui meurt”. (blog de Tcrou­zet http://bit.ly/zorhF et son expé­rience : http://bit.ly/dYw6E)

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Paris, le 21 septembre 1991, j’avais 28 ans.

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