Depuis un an, j’ai écrit plusieurs centaines de pages qui auraient dû se trouver dans mon prochain livre, presque toutes écartées, certaines publiées ici après coup, d’autres le seront peut-être plus tard.
Boom, Crapauds fous, Superorganisme, Into the flux… l’idée fait son chemin sous la forme du Socialisme selon Starglider qui deviendra peut-être L’humanisme selon Starglider (titre plus adéquat mais moins sexy) voire L’Anarchisme selon Starglider. Je n’en sais encore rien. J’ai plus de cent pages qui tiennent (où il n’est jamais question du superorganisme – ce qui pourtant est censé être le sujet du livre).
J’ai pris le parti de ne rien révéler ici du texte final parce qu’un texte doit se penser loin de la critique. Dans une version préliminaire et incomplète, un texte ne tient pas, comme en général un billet ne tient pas. Le premier couillon venu peut faire croire qu’il le démonte avec des arguments à la con.
La connexion n’a pas que des avantages comme l’explique Viktor Mayer-Schönberger dans Science. Une théorie naissante, comme une œuvre d’art ou toute création, est imparfaite. Si elle pénètre dans le grand bain elle se fait laminer, tant bien même elle contient en substance des promesses intéressantes. À trop vouloir partager, on uniformise et risque de tuer l’innovation.
Du côté biologique, il se produit la même chose. Les mutations se propagent si elles surviennent dans de petites communautés isolées. Une fois stabilisées, elles peuvent partir à la conquête du monde. En revanche, les mutations qui surviennent au cœur de la population principale se dissolvent immédiatement. Pour cette raisons, l’évolution darwinienne de l’homme s’est sans doute interrompue (nous nous faisons évoluer nous-mêmes maintenant).
Si tout le monde se connecte avec tout le monde, si tous le monde joue la transparence, il ne se passera plus rien d’intéressant entre les hommes. Nous devons continuer à jouer du secret. C’est indispensable à notre propre réalisation. Nous devons apprendre à nous connecter/déconnecter, apprendre à isoler des pans de notre vie le temps que nous leur donnions sens et cohérence.
Je n’ai jamais prôné le tout connexionniste. J’évite Paris et la folie des rencontres et des soirées qui nous dévorent et ne nous laissent pas de temps pour nous-mêmes. J’évite la presse, la radio, la tv… pour les mêmes raisons. Même les fils d’actualité sur Internet. Plus tu crois savoir ce qui se passe dans le monde, moins tu en sais… car tu finis par penser comme tous les autres.
Dans mon livre, j’imagine un monde de TAZ qui se composent et se décomposent sans cesse. Un monde à vrai dire qui a peu de rapport avec les organismes connus et auquel je devrais sans doute trouver un autre nom que superorganisme.










19 August 2009 @ 9:55
Une synapshère ?
19 August 2009 @ 10:08
Oui … cela nécessite un bel équilibre entre je socialise et j’ai un espace pour créer, me retrouver, et être en liberté avec l’inspiration pour la pensée et l’écriture. C’est ce qui fait de nous des êtres humains. Etre avec soi et être avec l’autre nécessite un partage différent pour chacun d’entre nous.
Belle créativité !
19 August 2009 @ 10:09
Synapshère, phalanstère… J’aimerais trouver un nom familier… comme un jardin avec ses recoins secrets et puis ses grandes pelouses ou ses carrousels.
19 August 2009 @ 10:11
Un nom plus familier pour qui, pour quoi ?
19 August 2009 @ 10:18
Le superorganisme humain ! La nouvelle société que nous serions en train de créer.
19 August 2009 @ 10:19
Si le sujet est le(s) superorganisme(s), et que le terme n’apparait pas. J’imagine qu’il en est de même du terme “mémétique” ? Car c’est bien de cela dont il est question ici. Similarité de raisonnement avec l’évolution biologique, mais dans le domaine de l’évolution culturelle. Nécessité de la présence d’ “îles culturelles” (à la Darwin), pour pouvoir observer les différentes branches évolutives…
19 August 2009 @ 10:27
Sur les mémes intéressantes théories :
http://www.newscientist.com/article/mg20327191.500-evolutions-third-replicator-genes-memes-and-now-what.html
L’idée que nous avons inventé un replicateur de trosième génération:
1/Génétique
2/Mémétique
3/Informationnel (et où nous n’avons plus rien à dire)
19 August 2009 @ 10:37
bon alors je remets la phrase postée ici il y a deux ans.
“Quand à l’autre cité, celle dont nous avons tant rêvé, il faudra qu’elle soit si loin et si petite, si puissante, et pourtant si peu visible, qu’il est douteux que nous la trouvions jamais. Sans doute devrons-nous la bâtir de nos mains, hors de toute frontière… le mieux serait qu’elle ne soit pas, ou plus exactement, qu’elle ne soit nulle part…”
Tirée de “Nulle part à Liverion” de Serge Lehman.
Décrivant pour moi une TAZ en fin de compte. “Et pourtant si peu visible”.. c’est pour ton article d’aujourd’hui.
19 August 2009 @ 10:59
C’est quoi TAZ ? Türinger Abendzeitung ?
19 August 2009 @ 11:18
Je partage tout à fait ton idée : “À trop vouloir partager, on uniformise et risque de tuer l’innovation.” Le partage ça imposent le “nombre” pas forcément la qualité, il ne s’agit pas de la répartition équitable des richesses (qui elle reste au point mort), mais du culte du partage, c’est à dire du règne de l’opinion généralisée, le partage du gout et le gout du partage comme vérité dernière en matière de culture.
D’ailleurs j’ai écris un petit billet au sujet de la “la culture dominante c’est la culture de la classe dominée” qui peut être abonde dans le sens de tes idées.
http://lozilla.org/art-35-tit-La-culture-dominante-c-est-la-culture-de-la-classe-domin-e
amitiés
19 August 2009 @ 12:41
Oui en phase… j’essaie de publier un autre papier demain sur l’idée du volume / contenu / flux…
19 August 2009 @ 12:53
Taz pour “temporary autonomous zone”, comme dans le bouquin d’Hakim Bey du même nom. http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html
20 August 2009 @ 4:27
@interdependance day :
Une TAZ est une Zone Autonome Temporaire (en anglais). C’est tiré du livre d’Hakim Bey du même nom (TAZ).
Edit : Oups, j’avais la page ouverte à 11h30, je l’ai gardée de côté pour la lire plus tard et je ne l’ai pas réactualisée depuis. Iza m’a devancé…
20 August 2009 @ 15:02
Merci pour vos réponse
Encore un concept à creuser et un livre à lire
20 August 2009 @ 16:57
[...] Nous pouvons vivre chacun isolément et nous regrouper lorsque le besoin s’en fait sentir. Nous créons des sociétés à durée de vie plus ou moins longue (TAZ), qui peuvent se dissoudre, se reformer ailleurs, retrouvant certains de leurs anciens membres et des nouveaux. J’imagine l’ensemble de la société humaine comme une faune d’individus qui font et défont des sociétés au fil des circonstances. Chacun peut se retrouver seul ou en compagnie des autres (indispensable pour maintenir notre créativité). [...]
29 August 2009 @ 14:22
[...] Socialiser peut tuer la créativité blog.tcrouzet.com/2009/08/19/socialiser-peut-tuer-la-creativite – view page – cached Depuis un an, j’ai écrit plusieurs centaines de pages qui auraient dû se trouver dans mon prochain livre, presque toutes écartées, certaines publiées — From the page [...]
9 November 2009 @ 19:49
[...] déjà insisté sur le fait que la transparence totale pour un individu, une entreprise, ou même une communauté [...]
19 August 2009 @ 10:07
RT @crouzet: Socialiser peut tuer la créativité http://bit.ly/4cf0j3 Beware!
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19 August 2009 @ 10:16
RT: @crouzet: Socialiser peut tuer la créativité http://bit.ly/4cf0j3 Beware!
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19 August 2009 @ 11:04
Socialiser peut tuer la créativité (via @tcrouzet ) http://bit.ly/CK1YN
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19 August 2009 @ 11:05
RT @soulsista Socialiser peut tuer la créativité (via @crouzet) http://bit.ly/CK1YN
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19 August 2009 @ 11:05
Socialiser peut tuer la créativité (via @crouzet) http://bit.ly/CK1YN
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19 August 2009 @ 11:30
RT @crouzet Socialiser peut tuer la créativité http://bit.ly/4cf0j3 Beware! Mérite réflexion.
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19 August 2009 @ 11:52
Vraiment intéressant : RT @crouzet Socialiser peut tuer la créativité http://bit.ly/4cf0j3 Mérite réflexion (via @Michele_Kahn)
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19 August 2009 @ 11:52
RT @crouzet: Socialiser peut tuer la créativité http://bit.ly/4cf0j3 Beware!
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19 August 2009 @ 13:35
RT @crouzet : Socialiser peut tuer la créativité http://bit.ly/4cf0j3 Beware!
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20 August 2009 @ 9:09
Socialiser peut tuer la créativité – http://bit.ly/CK1YN
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20 August 2009 @ 9:11
Je viens de RT http://bit.ly/CK1YN mais j’ai l’impression de répliquer 1 idée qui me touche mais que je ne peux autant approfondir.
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28 August 2009 @ 9:46
[from narvic] Socialiser peut tuer la créativité [Crouzet]: Thierry Crouzet médite sur l’excès de connectiv.. http://bit.ly/KIkmG
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28 August 2009 @ 14:52
choyer la déconnexion : quand la transparence et la socialisation à outrance tuent la créativité http://tinyurl.com/nxu6tj
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