Ou l’économie des propulseurs…
Le fleuve coule. Les gens qui vivent au bord du fleuve puisent de l’eau. L’eau restante finit à la mer. Elle s’évapore, puis pleut sur la montagne où le fleuve prend sa source.
Imaginez un autre scénario. Un immense barrage à la source. Quand quelqu’un veut boire, il paye et on lui envoie une bouteille ou on ouvre le barrage, laisse couler assez d’eau pour qu’elle arrive à l’assoiffé. Sur le cours d’eau, des riverains de plus en plus déshydratés se transforment en pillards (je pense aux Somaliens qui arraisonnent les navires). Il faut donc toujours lâcher de plus en plus d’eau pour satisfaire les consommateurs. Gaspillage, guerres, rareté de l’offre et engraissement au passage des maîtres du barrage. Leur business : maintenir la rareté.
Cette seconde fable est une métaphore du monde capitaliste, plus particulièrement du monde de l’édition numérique qui se cherche un modèle. Dans la logique des flux, ne vaudrait-il pas mieux s’inspirer des fleuves naturels ?
- Si le propulseur verrouille son missile par un prix de mise à feu, le missile risque d’exploser dans le silo de lancement (cas des ebooks vendus pour quelques euros).
- Il faut laisser fuser le missile, le laisser voguer, traverser le monde, c’est à l’arrivée, au moment de son explosion aux yeux du lecteur qu’il faut essayer d’être récompensé du travail fourni.
- Comment savoir que le missile arrive ? Pas nécessairement besoin de technologie. C’est au lecteur de se manifester. Plus il clique, plus il aime et donc plus il avance dans le livre.
- Avec les readers Wifi et GSM, il sera facile de savoir jusqu’où les gens lisent et donc de leur indiquer combien les autres lecteurs arrivés au même stade ont donné et combien idéalement l’auteur/éditeur aimerait recevoir (espérons au passage que nous n’allons pas devenir des lecteurs sous écoute).
- Le flux long implique un rapport fort et durable avec l’auteur, une forme d’intimité, qui peut-être facilitera le déclenchement du don par rapport à d’autres relations plus volatiles.
- L’éditeur aura un double rôle, celui de propulseur, celui d’accompagnement du lecteur. Il devra nouer avec lui une relation presque intime comme l’ont dans l’imaginaire l’auteur et le lecteur. Il devra se placer en début et en fin de la chaîne.
- C’est un véritable partenariat éditeur/auteur/lecteur qui s’installera car le lecteur devient aussi un propulseur. Il l’a toujours été avec le bouche-à-oreille toutefois il ne s’agira plus de faire vendre des livres mais de faire déclencher des dons pour les livres qu’on a fait aimés et poussé soi-même sur le réseau.
- Beaucoup disent que ce système n’a aucun intérêt pour le livre qui coûte peu par rapport au temps que nous passons à le lire. Vrai sans doute quand on achète un livre connu mais faux quand on batifole et qu’on explore la longue traîne à la recherche de pépites.
Je reste persuadé que remplacer « Payer puis voir » par « Voir puis payer si j’aime » est la véritable révolution en cours, initiée par le mouvement open source.
Quand un ami me présente un autre ami, je commence par discuter avec lui avant de l’inviter à passer les vacances avec lui1. Notre monde marchand a nié cette logique de la vie, mettant au même niveau les produits que nous avons déjà vus avec ceux que nous ne pouvons déjà avoir vus parce qu’ils sont nouveaux (ne peuvant que l’être dans le cas des biens culturels).
Pour être en accord avec ce que je pense, j’ai décidé de ne plus laisser mes livres publiés sur le papier. Comme beaucoup d’autres l’ont déjà fait, je les diffuserai sans doute au format ePub et PDF. Me reste à trouver le temps et le courage d’effectuer la conversion.
1 En juillet 1999, je suis parti au Mexique avec une inconnue dans le seul but d’écrire le journal de ce qui se passerait. Résultat : un livre appelé Turista qui dort dans mon disque dur.
Tags: édition, eBook, Flux, Propulseur, Reader













27 August 2009 @ 9:41
ce que fait depuis longtemps wikipédia en faisant appel au dons
27 August 2009 @ 12:46
Ce serait intéressant pour commencer d’avoir un bilan du modèle économique des milliers de créateurs de logiciels qui font appel aux dons.
J’utilise DownloadHelper, entre dizaines d’autres logiciels gratuits sur mon PC. (=Sauvegarde des vidéos YouTube)
Régulièrement, DownloadHelper m’affiche un message type:
“Bravo, vous venez de télécharger votre 100e vidéo. Si vous êtes satisfait vous pouvez aider son développement en faisant un don…”
Combien reçoivent effectivement ces créateurs qui développement des applications qui, indéniablement, nous rendent service, mais qu’on a tendance à ne jamais payer puisque c’est gratuit ?
Wikipedia n’est pas un bon exemple, car trop connu, trop unique, trop mondialement répandu.
Il est toujours facile de trouver des exemples uniques de réussites économiques.
Ce qu’il faut étudier, c’est la moyenne, et pas les seuls exemples réussis, pour évaluer un modèle économique.
Il faudrait prendre le Top 1000 des applications logicielles gratuites les plus utilisées, et voir combien elles reçoivent en dons.
27 August 2009 @ 12:49
Pour la conversion au format EPUB, Google Books le fait désormais sans problèmes :
http://booksearch.blogspot.com/2009/08/download-over-million-public-domain.html
27 August 2009 @ 12:53
Dans le mille. Entre ça, Chris Anderson sur free! et Gerd Leonhard sur le free vs paid, on est dedans.
Access, embodiment, experience.
Donner, et puis demander en retour, après, sans obligations, si ça plaît, tout en connaissant le risque.
C’était déjà le concept de la radio, celui du marketing, celui de la comm quand il faut faire connaître, donner des échantillons.. Faire aimer, faire découvrir.. Comme un dealer donnerait des produits gratuitement les 3 premières semaines, à la fin du mois il sait que le premier achat remboursera ses cadeaux.
Il est certain que cela entraînerait une augmentation du niveau de qualité des produits si chacun ne produisait que ce qu’il sait que les autres payeraient en toute âme et conscience (après avoir testé, essayé, utilisé le produit)
Tout revient à la question du “à quel moment on demande un retour?”
Gerd Leonhard dit qu’il faut sentir le moment, et attendre que les clients soient devenus addicts. Chris Anderson dit qu’il faut complémenter, vendre des services payants autour.
création – édition – production – distribution – consommation – destruction
A vous de placer le moment où vous souhaitez faire payer le client. En tant que client, où serait le moment idéal où vous préféreriez payer? A quel stade d’avancement du produit?
C’est comme la différence entre le macdo où on commande paye mange, et le restau ou on commande mange paye.
Où est le risque, qui le prend? Quelle est la différence? Qu’est ce que ce déplacement du risque implique? (j’ai déjà quelques idées)
27 August 2009 @ 13:17
“Il est certain que cela entraînerait une augmentation du niveau de qualité des produits”
Non.
Qualité, non.
Satisfaction immédiate du consommateur, oui, mais c’est souvent la merde qu’il aime.
Voir TF1. Voir Mc Donald.
———-
Faut faire du gras, du salé et du sucré pour contenter le consommateur et qu’il en redemande.
———-
Voir les articles les plus cons, People etc, qui reçoivent le plus de visites sur Internet et ailleurs.
-
Voir Le Post qui fait des chiffres d’audience hallucinants avec des chiens écrasés, Carla Bruni et Sarkozy, la nouvelle star etc.
-
Voir les artistes qui marchent sur les plateformes d’auto-production : c’est souvent la TRES GROSSE MERDE qui reçoit le plus de dons.
-
Caresser l’immédiateté du goût du consommateur dans le sens du poil laisse rarement émerger la qualité.
Dans l’histoire de l’art, les plus grandes oeuvres n’ont JAMAIS provoqué la plus grande satisfaction immédiate du public.
Van Gogh avait déjà un système de dons : on payait plus ou moins telle oeuvre déjà créée. Il n’a pas reçu grand chose.
——————-
Beaucoup de gens achètent Proust parce qu’on leur dit qu’il faut lire Proust, mais ils cessent vite de lire en cours de route, et ils ne donneraient pas, n’étant pas satisfaits.
Le paiement selon satisfaction peut amener le modèle Mc Donald et TF1 dans l’édition :
il faudra faire plus gras plus sucré plus salé pour titiller le goût immédiat du consommateur.
27 August 2009 @ 13:34
[...] Article initialement publié sur le Peuple des connecteurs [...]
27 August 2009 @ 17:34
La logique marchande semble avoir et vouloir dominer tous l’espace des échanges culturels, comme le dit Yochaï Benkler, dans la richesse des réseaux.
Reste que ce n’est pas vrai. Il y a toujours eu des logiques non-marchandes en oeuvre. Le numérique a tendance d’ailleurs à renforcer les perspectives non-marchandes (abondance, biens non rivaux) par rapport à la production physique de biens (rareté, biens rivaux).
Dans ce cas là, la légitimité de l’achat entre alors plus en compte : on rechigne à payer une musique sur iTunes dont on ne sait pas ce qui revient à l’auteur, on hésite moins à payer un album sur le site de Radiohead car on est fan et qu’on sait que l’ensemble va leur revenir. On est prêt à mettre la main à la poche pour Publie.net qui propose de partager 50 % de ses revenus avec des auteurs plus que YouTube qui essaye de ne rien nous dire de ce qu’il va donner aux auteurs : http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39705195,00.htm
27 August 2009 @ 17:36
[...] Thierry Crouzet. [...]
27 August 2009 @ 18:05
[...] nouveau modèle de l’édition. Tags: Application iPhone, Google, Music Business, Sliimy, Twitter Cet article vous a [...]
27 August 2009 @ 18:40
C’est très bien, cette pensée que vous développez pour rappeler le rôle de l’émotion qui préside à toute relation. Vous prenez l’exemple de la relation auteur/lecteur ou auteur/éditeur. Et vous avez raison de dire qu’il s’agit là d’une toute autre relation, aujourd’hui, qui devrait être autre… Le flux de la relation “intime” qui représente un merveilleux désir va malheureusement à contre-courant de ce qui a lieu depuis quelques décennies, au nom d’une économie, celle de l’édition qui nécessairement engendre et fait circuler des flux, tout autres que ceux de l’émotion, gérés par le rôle de l’argent et pas seulement çà. On pourrait évoquer le pouvoir de l’ego de l’auteur “je veux qu’on parle de moi” ce désir là va à l’encontre de l’écriture, de la pensée, de la littérature…
27 August 2009 @ 20:26
Nouveau business model de l’édition – Le peuple des connecteurs…
Le fleuve coule. Les gens qui vivent au bord du fleuve puisent de l’eau. L’eau restante finit à la mer. Elle s’évapore, puis pleut sur la montagne où le fleuve prend sa source.
Imaginez un autre scénario. Un immense barrage à la source. Quand quelqu’u…
28 August 2009 @ 16:37
[...] link is being shared on Twitter right now. @crouzet, an influential author, said Nouveau business model [...]
28 August 2009 @ 20:17
Vous ne venez que de conforter une fois plus avec ce post l’idée que la révolution du livre numérique est en marche et qu’il y a des belles choses à inventer et surtout un rapport Auteur/éditeur/lecteur qui va naître de tout ça !
31 August 2009 @ 18:20
Je me demande quelle sorte de loi sera réclamée par les professionnels de l’édition si les sites comme celui-ci se multiplient : http://pdfpirate.net/
31 August 2009 @ 18:22
Des sites comme ça vont se multiplier comme ils se sont multipliés pour la musique et le cinéma… et ils sont beaucoup plus simples à réaliser car un livre ne pèse rien. Les copies pirates circuleront par mail. Tout simplement. Ça va être terrible pour le monde de l’édition.
31 August 2009 @ 18:46
“les sites comme celui-ci se multiplient”
Les sites comme ça sont très faciles à bloquer au niveau des fournisseurs d’accès.
Dès qu’ils deviennent un peu connus, hop ils sont bloqués.
Ce qui maintient le piratage au niveau tolérable économiquement des petits groupes qui passent leur temps à chercher de nouveaux sites.
On s’en fout qu’il y ait 100 000 pirates dans un pays.
L’essentiel c’est qu’il n’y ait pas 60 millions de pirates.
-
Pour les mails c’est un peu plus compliqué, mais gérable selon le même principe que l’envoi de drogue par la poste ou l’évasion fiscale. Le tout est de limiter les flux, sans pouvoir les empêcher totalement.
31 August 2009 @ 18:57
@000 Un site est facile à détruire, pas un réseau P2P qui transporte des fichiers à signature dynamique.
31 August 2009 @ 19:59
Dailymotion est déjà capable de supprimer automatiquement des vidéos portant la signature numérique de l’INA ;
il y a plein de techniques pour bloquer le piratage massif.
-
Tu crois que le boulot de la police est facile, quand il faut lutter contre le trafic de drogue ?
Tous les jours, la police s’adapte aux techniques criminelles.
-
A vous entendre, il faudrait abandonner dès que c’est difficile.
-
Internet, c’est simple : tout passe par une poignée de gros tuyaux officiels, les fournisseurs d’accès.
Suffit de filtrer à ce niveau-là, d’interdire le cryptage, et voilà.
La Chine se débrouille très bien pour bloquer tout ce qu’elle veut.
ça n’empêche pas les Chinois d’être très créatifs, d’ailleurs.
On peut bloquer les échanges dans un domaine donné, et permettre une grande créativité par ailleurs.
–
La liberté tout azimut n’est pas la condition de la plus grande créativité.
Toi-même tu en viens à t’imposer la contrainte des 140 caractères de Twitter, pour fuir le vide de la trop grande liberté.
C’est faux de croire qu’en filtrant les échanges on tue la créativité.
-
Gmail scanne tous les mails pour cibler du contenu publicitaire.
On peut scanner tous les mails pour traquer les signatures numériques de fichiers sous copyright.
Appliquer aux mails la technique de filtrage de Dailymotion.
-
La police connait des combats bien plus difficiles que ce qui vous semble insurmontable.
Vos arguments ressemblent à la phrase du duc de Saint-Simon sur Maulevrier :
“ignorance ou panneau…”
Soit vous ignorez que la police n’est pas arrêtée par des combats beaucoup plus difficiles, soit c’est un panneau, de l’intox pour décourager toute repression
—
—
——————
Et tout ça pour permettre à des ados de pirater Terminator ou Lorie !
On n’a pas besoin du piratage pour propulser ce qui est bon (les extraits ça suffit),
et les ados qui propulsent en les piratant les oeuvres des majors n’ont aucun apport culturel essentiel !
31 August 2009 @ 20:14
140c = contrainte choisie, c’est pas mal différent d’une contrainte imposée (mais c’est vrai que toute contrainte pousse à la créativité).
Mais le monde reste rempli de contraintes? Celles de la vie et de la mort? Des ressources matérielles limitées. Des imbéciles. Nous ne cherchons pas à supprimer toutes les contraintes mais celles qui empêchent les choses numérisables d’êtres accessibles par tous les hommes alors que techniquement rien ne l’empêche.
Le piratage est d’ailleurs un peu hors sujet dans cette histoire. Ce n’est pas le piratage qui nous pousse à inventer un nouveau système mais le passage aux flux.
Dans la logique des flux, les propulseurs rendront eux-mêmes les flux libres et tenterons d’imposer d’autres modes de rémunération. Deux systèmes s’affronteront. Et si le monde devient de plus en plus flux, ceux qui brideront les flux seront de plus en plus à la traîne.
On se retrouve comme au temps du capitalisme contre le communisme. On verra bien quel modèle l’emportera, celui qui maximisera la créativité. Tu es déjà en train de nous dire que c’est l’ancien système, moi je pense que rien n’entravera le passage au flux. Pas besoin de révolution, de changer quoi que ce soit à notre monde, le changement est en cours.
31 August 2009 @ 21:43
Je ne crois pas à la victoire de l’ancien modèle, mais à une preservation de certaines de ses composantes, mixtées à de nouvelles.
C’est comme ça que l’évolution fonctionne. Les révolutions sont rabotées par des contre-révolutions, et on aboutit à des systèmes mixtes.
On aura un système mixte, pas un monde nouveau complètement différent de l’ancien.
Le nouveau monde auquel tu crois est trop radicalement différent de l’ancien.
Je ne crois pas à ces alternatives radicales.
On coupe vite la tête des Robespierre et l’Ancien Régime copule vite avec le nouveau pour faire un régime mixte.
On évolue toujours vers la mixité, alors que les révolutionnaires rêvent de purisme.
31 August 2009 @ 22:52
On a bien compris le message, avec Hadopi et al.: “certaines composantes” seront préservées, en effet, à toute force, jusqu’à la toute fin. La “révolution” ou l’écroulement adviendront alors, justement parce qu’on aura cru pouvoir les éviter, les rendre impossibles.
Je ne pense pas que l’objectif d’une société fonctionnelle doive être d’inventer sans cesse les conditions les plus à même de démontrer les hautes capacités de ses services de police.
C’est dans le flot des flux que se trouvera l’évolution. Ça retirera leur gagne-pain du moment à pas mal de gens, moi inclus, mais la continuation “préservée” du modèle actuel aboutira au même résultat de toute manière. L’une des seules chances pour une société évolutive, pour essayer d’échapper au chaos ou à la thrombose, c’est la prise en compte et le respect des flux, du partage, de la redistribution. Personne ici n’a dit que ce serait facile, ni que ça réglerait tous les problèmes.
31 August 2009 @ 23:31
“le respect des flux, du partage, de la redistribution”
On peut déjà partager librement tout le patrimoine du domaine public : c’est beaucoup !
Au lieu de chercher comme des gloutons à tout avoir gratuitement, acceptez qu’il y ait des choses qu’on puisse partager, et d’autres qui sont à financer par le paiement.
Et personnellement je ne supporte plus d’entendre des mecs qui, par exemple, sont PDG de sociétés gagnant leur vie avec les réseaux sociaux, nous expliquer que les artistes doivent perdre leur gagne-pain.
Dans cette affaire, il y a des “pirates” qui ne négligent pas leur gagne-pain,
qui trouvent normal de facturer 80000 euro la construction d’un réseau social pour un parti,
mais qui voudraient que les artistes offrent tout gratuitement.
Le PDG de “22 mars”, fondateur du “pacte des pirates”, qui veut que les artistes bossent gratos est un connard. Son modèle d’esclavagisme 2.0 ne triomphera pas.
Lui s’en met plein les poches en ouvrant des comptes Twitter pour des boites, mais l’artiste doit donner gratuitement. Il y a quelque chose de pourri au royaume 2.0
Quand le PDG de 22 mars redistribuera son bénéfice à tous les Internautes, il pourra parler partage et redistribution.
1 September 2009 @ 1:52
Tout d’abord, je ne fais preuve d’aucune gloutonnerie. La consommation outrancière, qu’elle soit ou non payante, est selon moi l’illustration d’une mortifère névrose.
De plus, mon histoire professionnelle me rattache à cette fameuse “industrie du contenu”, que je n’ai pas d’intérêt immédiat à voir dépérir.
Les causes de sa décrépitude n’ont cependant rien à voir avec les présumés gloutons (leur gloutonnerie résultant du succès de la promotion de la névrose consommatoire par ceux-là mêmes qui disent vouloir la limiter).
Mon expérience professionnelle m’a aussi enseigné que les récents et policés défenseurs autoproclamés des créateurs sont, trop souvent, ceux qui les respectent le moins et qui, horresco referens, ni ne les lisent ni ne les entendent. Ce sont des ayants-droit sans cause.
Par ailleurs, qu’il y ait des faquins et des profiteurs de guerre des deux côtés de la barricade médiatique est un fait vérifié.
Cependant, à la fin des fins, mon sentiment est que «l’épice doit circuler».
1 September 2009 @ 12:11
“mon sentiment est que «l’épice doit circuler»”
La comparaison alimentaire rappelle aussi le danger de ne plus vouloir payer le juste prix des bons produits.
On le voit avec la bouffe industrielle.
Elle circule, oui, d’un bout à l’autre du monde. Pour réduire les coûts on réduit la qualité.
De même que certains en reviennent à payer le juste prix, en revenant chez les bons bouchers, ou dans les magasins bio,
de même, certains quitteront peu à peu cette industrialisation libre-échangiste du flux, pour retourner payer au juste prix les vraies créations.
La circulation maximale, c’est une chose.
La création de bons produits, une autre.
—
On va peut-être en revenir à des clubs d’happy few :
loin du flux global et de son brouhaha bas de gamme,
des petits espaces privés ouvriront, entre civilisés, respectant le coût des bons produits, refusant le modèle esclavagiste 2.0
On y trouvera, comme dans les bons ciné-clubs, de bons produits, au juste prix.
Et on laissera les autres se noyer dans le vaste flux gratuit du TF1 2.0 et autres LePost.fr
1 September 2009 @ 17:27
Pour que les gens puissent payer, il faut leur donner de l’argent ou créer les conditions qui leur permettent d’en gagner par eux-mêmes.
Pour qu’ils aient envie de payer, il faut les éduquer, au lieu de les fliquer, et l’éducation se fait par l’accès le moins filtré possible aux créations. Ce n’est pas la garantie d’un “meilleur” choix de leur part, c’est la possibilité de ce choix.
C’est en tendant vers la gratuité de l’exposition aux œuvres (par l’école, les bibliothèques, les musées, etc.), dans une société laissant aux citoyens suffisamment de revenus et de temps de cerveau disponible, que le marché de la culture a pu se développer.
Dans le domaine de la culture, la circulation maximale est une condition de la création de bons produits (et de leur vente éventuelle à ceux qui en auront acquis les moyens et le goût).
7 September 2009 @ 16:34
http://www.neteco.com/298076-marilyne-efstathopoulos-publibook-auto-edition-ple.html
Directrice du développement chez Publibook, Marilyne Efstathopoulos revient sur le positionnement et le modèle économique de ce spécialiste de l’auto-édition de livres par internet
27 August 2009 @ 9:32
Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/gaLrA Ou l’économie des propulseurs
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27 August 2009 @ 9:47
RT @crouzet “Time flies like an arrow, News flies like a Scud” http://bit.ly/gaLrA Ou l’économie des propulseurs
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27 August 2009 @ 9:48
RT @crouzet : Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/gaLrA Ou l’économie des propulseurs
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27 August 2009 @ 11:08
Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/OqEhf
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27 August 2009 @ 11:40
RT @crouzet: Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/gaLrA Ou l’économie des propulseurs
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27 August 2009 @ 11:54
RT @crouzet: Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/gaLrA Ou l’économie des propulseurs
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27 August 2009 @ 14:11
[LIEN] Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/3IuZsM
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27 August 2009 @ 16:00
RT @crouzet: Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/gaLrA Ou l’économie des propulseurs
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27 August 2009 @ 20:14
Comment ne pas rapprocher ceci du concept de licence globale ou de rémunération globale des auteurs (http://209.85.229.132/search?q=cache:JQNXDwpUvGAJ:owni.fr/2009/08/21/sard-la-remuneration-des-auteurs-par-le-don-obligatoire/+richard+stallman+taxe+obligatoire&cd=3&hl=en&ct=clnk)?
Quelle place auront la relation étroite entre auteur et lecteur et les dons directs dans la société de demain?
Ce qui est intéressant du point de vue de la rémunération dans un système de diffusion ouvert, c’est de pouvoir collecter des indicateurs permettant de répartir l’attribution des rémunérations (nombre de pages lues, mais aussi intérêt et qualité de ces pages).
Une fois le réseau culturel ouvert, on peut imaginer le nombre de lecteur de certains extraits de livres exploser, et peut-être du même coup les livres recoupant d’autres livres afin de construire une analyse de plus en plus nombreux. Il n’est alors plus possible de rémunérer manuellement et directement les auteurs.
Par contre, il sera simple d’ajouter des commentaires et évaluations sur les pages, voir des modifications ou corrections (si les licences sont ouvertes, voir si le contenu est libre de droits), de lier les contenus entre eux, et de lier les différents types de contenus entre eux.
Par exemple, il serait assez simple de créer une oeuvre vidéo-musicale dynamique associant :
- la lecture automatique de textes (livres, articles, e-mail persos…)
- des contenus musicaux et vidéos (webcam en live, films, …)
… en fonction des tags associés à ces médias, et des options souhaitées par l’utilisateur (thème, mots clés, sources d’accès à des contenus privés ou publics…).
Bien sûr, la vente de biens matériels (un livre imprimé) permettra toujours de reverser directement une part à l’auteur, tant qu’elle existera.
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27 August 2009 @ 20:18
Nouveau business model de l’édition : et si l’on s’inspirait de l’open source ? | Thierry Crouzet (@crouzet) http://bit.ly/WjSGI
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27 August 2009 @ 20:23
RT @PierreTran Nouveau business model de l’édition : et si l’on s’inspirait de l’open source ? (@crouzet) http://bit.ly/WjSGI
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27 August 2009 @ 21:22
Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/kZwh1
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27 August 2009 @ 23:01
Thierry, vous avez le don de bousculer sans agacer. C’est une authentique qualité que j’admire.
Je suis tenté de céder à l’utopie de la gratuité et des contours assez flous de ce que regroupe le concept de Open Source. Hélas, je ne crois pas un seul instant que les lecteurs paieront ce qu’ils aiment s’ils peuvent l’obtenir gratuitement. Je concède que je n’ai aucune donnée et qu’il s’agit seulement d’une pure conviction personnelle, une intuition que rien de tangible ne peut étayer.
Je vous concède aussi que des auteurs comme Cory Doctorow prouvent que la sortie gratuite de leurs bouquins booste réellement et très tangiblement leurs contreparties papier au grand dam de leurs éditeurs et de nombre de suppôts de l’empire du copyright. Mais cela n’infirme en rien ma conviction. A chaque fois, je peux démontrer qu’il y a un profit commercial indirect ou parallèle.
Le gratuit, comme le démontre parfois maladroitement Chris Anderson dans son dernier missile, a un prix, un coût, une économie. Il est donc logique pour le monde de l’informatique de considérer et de soutenir l’open source comme un front pluraliste et collectif de R&D et de veille. C’est quelque chose que les géants du secteur oublient régulièrement avant de se le faire rappeler de manière cuisante. L’Open Source est donc peu compatible avec la production littéraire.
Cela tient essentiellement à plusieurs facteurs :
— l’intention de l’auteur
— la recherche du lecteur
— la vision de l’éditeur
— la complexité de la fonction protéiforme du livre
Comme je n’ai pas la place de développer ici, je le ferais dans l’heure qui vient sur le blog de Temps Futurs (OWNI ou Blogger). Ce qui m’amène à dire pour conclure sur votre billet que la piste que vous proposez est entièrement orientée par une culture du Work in progress et du dialogue en temps réel (ou légèrement différé) propre à la culture web qui trouve en ce moment son moment de triomphe dans le web 2.0.
Venant d’un monde de production cinématographique traditionnelle et du monde de l’édition de livres, le réflexe de la bibliothèque (médiathèque) est pour moi évident. D’autre part, je n’ai jamais adhéré au système du portage et de l’abonnement que pratique des centrales comme France Loisirs (et d’autres) qui appliquent à la lettre les 7 premiers points (en remplaçant les readers par une lourde stratégie de marketing direct).
C’est le dernier point qui me semble être la véritable valeur nouvelle que la technologie nous apporte : la possibilité de chercher des pépites. Et là, je suis au regret de dire : vive Google Books !
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28 August 2009 @ 8:24
Nouveau business model de l’édition http://ff.im/-7he7i
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28 August 2009 @ 8:31
BookMark: Nouveau business model de l’édition http://ow.ly/15MLea
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28 August 2009 @ 8:46
RT @ked_: Nouveau business model de l’édition http://ff.im/-7he7i
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28 August 2009 @ 8:47
RT @ked_: Nouveau business model de l’édition http://ff.im/-7he7i
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28 August 2009 @ 18:04
Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/kZwh1
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28 August 2009 @ 18:51
Nouveau business model de l’édition http://bit.ly/gaLrA Ou l’économie des propulseurs (via @crouzet)
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28 August 2009 @ 20:14
RT @leckto: Nouveau business model de l’édition – http://bit.ly/rzOjP
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29 August 2009 @ 2:15
"Je reste persuadé que remplacer « Payer puis voir » par « Voir puis payer si j’aime » est la véritable révolution en cours, initiée par le mouvement open source."
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29 August 2009 @ 2:27
A observer l’application du principe au marché du travail, le futur employé commence par travailler gratuitement, et si on voit que c’est un "bon" au bout d’une période d’essai à fixer, on le rémunère alors. Pourquoi pas ?
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29 August 2009 @ 2:27
A observer l’application du principe au marché du travail, le futur employé commence par travailler gratuitement, et si on voit que c’est un "bon" au bout d’une période d’essai à fixer, on le rémunère alors. Pourquoi pas ? (je sais c’est taquin…)
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29 August 2009 @ 2:33
Personnellement, je me surprend souvent à me demander : que pourrais-je faire pour aider tel artiste dont j’écoute si souvent les mp3 mystérieusement acquis
. Malheureusement, bien souvent il n’y a même pas le moindre bouton paypal pour faire une donation (dont la quasi-totalité du montant a le mérite de revenir à l’artiste). De même, les procédures pour acheter des produits dérivés sont bien souvent fastidieuses. Il faudrait que je fasse une étude un peu plus sérieuse sur le sujet, mais je trouve que globalement les sites officiels des artistes sont bien pauvres (outres les magnifiques animations flash)
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29 August 2009 @ 2:56
Thierry, c’est sans doute taquin, mais c’est aussi une confusion entre deux modes de rémunération qui n’ont pas grand chose à voir (salariat vs droits d’auteur) – Une analogie plus réaliste à mon sens: un entrepreneur, qui met en œuvre son capital financier et son propre temps, sans être sûr du retour sur investissement
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29 August 2009 @ 10:11
Pas sûr que cela soit du salariat qui subsiste dans le futur, par exemple, on fait appel à quelqu’un, on lui paye ses frais, on le loge et le nourrit. Et on ne commence à vraiment le rémunérer que lorsqu’il commence à faire l’affaire. Un peu le système des artisans à une époque. Croire que le bouleversement ne va atteindre que les professions culturelles s’est s’engager un peu loin…
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31 August 2009 @ 11:30
Pas d’accord sur le “pas peur du piratage sur internet au sens où le livre a déjà été piraté avec l’invention de la photocopie et il s’en est bien sorti”
C’est mille fois plus facile en numérique, pas de papier et de toner à payer, pas de temps à passer.
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31 August 2009 @ 15:19
Il y a très longtemps que le livre est piraté sur l’internet, bien avant la musique, sans que l’industrie en souffre.
Contrairement à ce qui est souvent dit, le livre objet de flux lent
, n’a pas du tout le même rapport à la copie que les objets de flux rapide musique, AV etc).
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31 August 2009 @ 15:21
Tu as bien raison d’évoquer la question de la légitimité à propos du consentement à payer car bien des acteurs l’oublient facilement. Mais la légitimité peut avoir des raisons multiples et je ne pense pas que la part de rémunération qui revient à l’auteur soit la seule, ni même, malheureusement, qu’elle soit majoritaire. Il faut en évoquer beaucoup d’autres : la justesse du prix, la qualité du produit, le service rendu, etc. Parfois, le prix que l’on paye est important en soi, comme, par exemple, lorsqu’il attribue de la valeur au bien contre lequel il est échangé. Quoiqu’il en soi, il faut effectivement au moins une bonne raison pour accepter de payer ! Et il est parfois difficile de la trouver…
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31 August 2009 @ 18:51
Numériser à la main ? Pas si sûr…
Faisons un parallèle avec le piratage de films… Il y a – pour faire simple – deux type de DivX sur le ‘marché’.
Les ’screener’ sont des films qui ont été enregistrés dans une salle de cinéma avec un caméscope, ils sont de piètre qualité, et c’est – pour les films – l’équivalent d’une numérisation ‘à la main’.
Les DVDRip sont fait à partir d’une source numérique, et bien souvent, pas un DVD mais un master qui a été ‘emprunté’ soit directement au studio soit dans une société chargée de les reproduire. Ceux là sont de très bonne facture.
Or dans le livre, on est déja depuis des décénies passé au numérique. Quand on envoi son livre chez l’imprimeur, c’est bien d’un fichier numérique qu’il s’agit, et la chaine et étonament similaire à celle d’un studio qui envoi un master à un fabricant de DVD. Là, il suffit de récupérer un fichier Xpress ou un PDF haute def pour en faire un PDF compressé et le balancer dans la nature pour qu’il apparaisse dans les circuits du piratage.
C’est ainsi que sont piratés la plupart des DivX, la source numérique n’est que rarement un DVD acheté dans le commerce, c’est la plupart du temps un master issu de la chaine de fabrication.
Le livre, à ce titre, est tout aussi facile à pirater, c’est un produit numérique depuis la fin des années 80 et l’arrivée de Xpress.
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31 August 2009 @ 22:01
Oui Fabrice. L’essentiel des partages de livres échangés sur les réseaux P2P ne sont pas (pour l’instant) des fichiers numériques provenant de fichiers PDF d’imprimeurs ou d’éditeurs. Car contrairement aux films, la demande est faible (encore une fois) et les copies numériques ne circulent pas en grand nombre. Ces copies là circulent tout de mêmes, mais de connaissance à connaissance… (par mails notamment). On les trouve assez peu sur les réseaux P2P (elles sont parfois reconnaissables, car elles comportent les traits de coupes par exemple…).
Je suis loin d’être persuadé que la source numérique des DivX ne vienne pas le plus souvent du commerce (pour les titres les plus prisés, le RIP provient d’un master, mais si on compte en nombre de titres, cela fait une bien faible proportion, de même pour la musique). Le livre est un produit numérique depuis longtemps, oui, mais pour l’instant, force est de reconnaitre qu’il ne s’échange pas vraiment sous ce format, même sur les réseaux P2P.
Oui, Jean-Michel, le livre est piraté depuis longtemps, mais dans des proportions qui n’ont rien à voir avec la musique, le jeu ou le film (en nombre). Je ne suis pas sûr que ce soit des questions de vitesses de flux
. Le fait par exemple qu’on y trouve très peu de nouveauté, par rapport à d’autres médias, nous dit certainement quelque chose d’autre.
@Piotrr, tu as certainement raison, mais j’ai tendance à croire (ou à vouloir croire) que le lien direct à l’auteur (et le paiement direct est une forme de lien) reste et restera important.
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31 August 2009 @ 23:15
Oui la proportion de piratage est moindre, c’est justement cela qu’il faut interroger.
Je ne crois pas que l’on trouve peu de nouveauté. Bien des best-sellers ont été disponibles très tôt. Bien des expériences nouvelles de littérature se développent sur la toile et ce blogue en est le témoin.
Sur le flux, la différence avec la musique est de deux ordres :
- dans cette dernière, le flux est synchrone, c’est à dire que la musique se reproduit au moment où on l’écoute. On ne peut ralentir, accélérer et même moins couper, reporter l’écoute, ce qui est courant pour la lecture.
- les unités documentaires sont plus courtes (en terme de temps de consommation, pas d’espace disque) et donc plus facilement gérables.
Sur le paiement, j’ai l’habitude de dire que ce que l’on gagne en gratuité sur le Web, on le perd en contrôle (du temps, des copies, des traces de nos passages..) ou en risque (virus, amendes..). Dès lors, il est bien probable qu’une part des consommateurs préfèrera toujours payer pour racheter sa liberté et que ce phénomène risque de s’amplifier. Le discours trop caricatural à la Anderson qui considère que l’accès gratuit fait de l’objet édité un bien public ne tient pas la route à mon avis car il néglige la réalité de l’économie du web.
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1 September 2009 @ 3:16
Je rejoins complètement le diagnostic : l’acte d’achat va se transformer. Et je ne crois pas non plus qu’il soit difficile de pirater un livre comme l’a démontré Fabrice. Mais en s’interrogeant sur la faible intensité du “piratage” des livres, il devient assez clair que la nature diverse des ouvrages reste la clé de cette faiblesse.
La diversité de la production littéraire : littérature, fiction, essai, guide, divertissement, pédagogie, jeunesse, etc. produit des clivages qui segmentent de manière radicale les publics et qui les rendent très peu poreux entre eux. C’est cela qui différencie le livre de la musique ou du cinéma. Et c’est en quelque sorte le système immunitaire du livre et de l’édition. Le danger d’une massification de l’offre et l’application outrancière des techniques classiques de marketing risquent de tuer la diversité et par extension le livre. Dans un univers où il n’y a plus que des best-sellers, le piratage devient une règle de base.
Ce qui est préoccupant, du moins pour les maisons d’édition relativement petites c’est le danger de la diffusion gratuite des ouvrages de faible portée en nombre de lecteurs comme les publications scientifiques, les ouvrages de référence universitaires, les essais et autres ouvrages de divulgation ou de diffusion d’idées ou de savoirs. C’est là que les pratiques commerciales devront le plus évoluer parce que la diffusion de la connaissance ne doit pas générer de culture du piratage qui contient son propre poison, celui de réduire la valeur de l’objet à zéro.
Enfin, je ne prête pas attention aux déclarations de principe de Jean Arcache qui révèlent une fois encore la faiblesse de la vision des groupes d’édition français, pas plus que je ne crois à la gratuité dans un contexte où il faut quand même payer un accès internet pour pouvoir télécharger. Je regrette toutefois que vous n’abordiez pas le rôle et le poids des bibliothèques dans la guerre actuelle autour du livre numérique… De même que vous ne mentionner pas l’émergence de la technologie de l’impression à a demande.
Non, le livre ne craint pas le piratage, mais les motifs de ce dernier.
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1 September 2009 @ 10:03
@Jean-Michel : le flux des nouveautés n’a rien à voir. Alors que pour le film ou la musique, les nouveautés alimentent les réseaux P2P, pour le livre, c’est encore bien loin d’être le cas. Au contraire même. Ca me semble être une différence importante, dont les raisons sont certainement plus profondes qu’apparentes.
Je ne suis pas vraiment d’accord pour dire que le flux est synchrone pour la musique ou le film par rapport au livre. On peut tout autant ralentir, accélérer, interrompre ou reporter un visionnage, une lecture ou une écoute.
Oui, les unités documentaires sont certainement un peu plus courtes (pour le livre, peut-être, moins pour la BD), mais là encore, je ne suis pas sûr que ce soit vraiment différentiant. Le livre demeure une culture beaucoup moins populaire que la musique ou le film, auprès de publics restreints et captifs. Et c’est certainement cela, “sa disparition” qui joue le rôle le plus important dans son absence de piratage.
Sur le paiement, je ne suis pas sûr qu’on achète sa liberté en la payant. Je ne suis pas sûr qu’il faille caricaturer Anderson non plus en le simplifiant. Néanmoins, je pense que l’habitude de ne pas payer pour le numérique est un phénomène qui s’ancre profondément et durablement et qui puise une grande partie de sa raison d’être dans la dématérialisation, c’est-à-dire dans l’absence de produit physique. Il demeure difficile d’acheter quelque chose qui n’existe pas réellement. D’où le fait que les valeurs se cristallisent sur autre chose.
@Pierre Alexandre. Je ne suis pas convaincu par la diversité qui serait plus grande dans le livre que dans le reste de la culture. La musique et le cinéma regorgent d’oeuvres très diverses, de styles et de genres, avec des publics qui se recoupent aussi peu que dans le livre.
Pour ma part, je ne craint pas la diffusion gratuite. Encore une fois et profondément, je ne pense pas une seconde qu’une oeuvre téléchargée illégalement soit une vente perdue.
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1 September 2009 @ 20:46
@ Hubert
Je ne suis pas sûr qu’on se comprenne bien. Mais sans doute ne suis-je pas très clair.
Quand je dis que l’on achète sa liberté dans le modèle éditorial, il ne s’agit pas d’une opinion, ni d’un jugement, mais d’un fait. Lorsque l’on achète un livre, on est libre d’en faire ce que l’on veut et ceci dans une durée illimitée. Lorsque l’on va sur le net, on y va selon les modalités limitées (au moins dans le temps) de son abonnement et selon aussi les modalités (moins évidentes pour l’utilisateur mais bien réelles) des différents opérateurs qui contrôlent les données ou encore selon les modalités des différents intermédiaires, fournisseurs de service, souvent très restrictives. Il ne s’agit pas de porter un jugement, simplement de constater que c’est la logique technico-économique des différents dispositifs ou modèles et que l’on ne peut en sortir.
Je ne caricature pas Anderson en disant qu’il ne prend pas cette dimension en compte. C’est tout simplement la réalité. Il est tout à fait trompeur de parler de gratuité sans faire allusion aux contraintes, il est vrai souvent cachées ou indirectes, qui l’accompagne.
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2 September 2009 @ 8:26
@Salaun
Oui, parce que bien sûr l’achat de livre papier n’est pas conditionné par la chaîne d’édition et de distribution (livre intéressant mais non-rentable épuisé, une situation courante) ? Quand on récupère un livre numérique la durée de sa connexion à Internet n’a pas grand chose à voir avec la disponibilité sur la durée du livre non plus…
Si tu fais allusion aux DRMs, je suis d’accord que les termes qu’elles imposent sont généralement inacceptables, mais il faut prendre garde à ne pas les confondre avec le livre numérique, elles n’en sont nullement indissociable et on peut même trouver de rares éditeurs qui ont pris le parti de distribuer leur ebooks payants sans DRMs. Un livre piraté ne contient pas de DRMs, donc je ne vois pas exactement en quoi il serait moins “libre” que le livre papier acheté à l’éditeur ?
En résumé ton argumentation me semble très confuse et superficielle : éclaircis ton point de vue et peut être pourrons nous agréer (ou reconnaître notre désaccord).
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2 September 2009 @ 16:21
Désolé de paraitre décidément confus.
Je n’ai pas vraiment le temps de développer, c’est à rentrée dans mon établissement..
Les DRM ne sont qu’une des nombreuses tentatives maladroite pour inventer une économie éditoriale sur le Web. Mais les industriels ont ouvert bien d’autres possibilités : ventes d’appareil pour Apple, ventes de mot clés et traçages pour Google ou licence avec bib pour Elsevier, etc.
Le piratage est une économie en soi, elle suppose une prise de risque plus ou moins assumée et surtout alimente par ailleurs l’économie très rentable des opérateurs non impliqués dans le contenu (moteurs, FAI, Telcos..).
Je suis plutôt sceptique sur l’idée que sur la longue durée, un livre numérique piraté offre la même liberté qu’un livre papier à son «propriétaire».
Dans le Web, l’économie de service et de flux suppose un suivi beaucoup plus fin du consommateur, ce qui lui impose des contraintes, souvent non implicites, mais bien réelles.
Mais pour comprendre le raisonnement voici des clés supplémentaires :
court : http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2006/11/29/127-le-pentagone-de-l-industrialisation-de-la-memoire
long : http://cours.ebsi.umontreal.ca/blt6355/sequences/03/03.html
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4 September 2009 @ 19:25
Dans les 10 livres les plus piratés de 2009 sur BitTorrent rapporte Teleread on ne trouvera pas beaucoup de surprise… et on soulignera l’absence de titres récents.
Ce qui est intéressant à noter, c’est la différence entre le niveau de téléchargement de ces titres (entre 100 000 et 250 000 fois) alors que si on regarde les films, on oscille entre 8 et 16 millions de fois).
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