Danger : information overload

overload

Dans une écono­mie de flux, une écono­mie de l’abondance et de la libre cir­cu­la­tion de l’information, com­ment éviter l’indigestion, comme éviter d’exploser d’information overload ?

Pour créer le flux, le pro­pa­ger, le mani­pu­ler, il faut des pro­pul­seurs. Mais com­ment ils pro­pulsent, en se connec­tant. On ne peut pro­pul­ser quelque chose que si on a construit une com­mu­nauté. Et on construit une com­mu­nauté en pro­pul­sant vers elle des infor­ma­tions intéressantes.

On pro­pulse en connec­tant. On connecte en propulsant.

Parce qu’on appar­tient à des com­mu­nau­tés, on ne reçoit par défaut que les infor­ma­tions fil­trées par ses com­mu­nau­tés. Par exemple, on peut ne lire que quelques uns des articles sélec­tion­nés par des fol­lo­wers twit­ter et ceux des sources qu’on a soi-même qualifiées.

Être connu, être visible, tout cela dépend de la com­mu­nauté du pro­pul­seur et de celles des pro­pul­seurs qui s’intéressent à lui.

Dans cette nou­velle écono­mie, les écri­vains, les jour­na­listes, les artistes… doivent deve­nir des pro­pul­seurs. Leur enga­ge­ment ne se limite pas à lâcher un flux qui ira se perdre dans le cybers­pace. Ils doivent par­ti­ci­per à la vie de leur flux comme nous autres blo­gueurs le fai­sons, plus ou moins intensément.

C’est un tra­vail de tous les ins­tants. Il m’amuse même si je suis loin d’être le plus dili­gent (je l’ai été au début de ce blog, tra­quant la moindre cita­tion, répon­dant…). Mais ce tra­vail n’est pas inutile pour le créa­teur, il par­ti­cipe à la créa­tion elle-même, dans un pro­ces­sus rela­ti­ve­ment nouveau.

Cer­tains pro­pul­seurs réus­si­ront alors à construire une com­mu­nauté suf­fi­sam­ment moti­vée pour qu’elle puisse leur ver­ser assez de revenu, fai­sant d’eux des pro­fes­sion­nels. Les autres res­te­ront amateurs.

Il ne faut pas oublier que peu d’écrivains ou de musi­ciens vivent de leur art. Les choses évolue­ront car le sys­tème de don devrait être basé sur la trans­pa­rence. On pourra alors savoir quand un pro­pul­seur atteint son objec­tif de revenu. Plu­tôt que lui don­ner à lui, on en récom­pen­sera d’autres. C’est ainsi que nous auto­ma­ti­se­ront la répar­ti­tion des revenus.

Il est clair que c’est une vision plu­tôt en désac­cord avec le capi­ta­lisme mais aussi avec le socia­lisme, puisque la répar­ti­tion peut s’effectuer sans enga­ge­ment fort de l’État.

Les tenants de l’infrastructure numé­rique, aujourd’hui opé­rant sui­vant le capi­ta­lisme tra­di­tion­nel, laisseront-ils faire ? Je pense que cette évolu­tion sera pro­gres­sive. Dans un pre­mier temps uni­que­ment à tra­vers les don­nées déma­té­ria­li­sables. Donc pas de dan­ger immé­diat pour les FAI même si à terme c’est le capi­ta­lisme qui n’y sur­vi­vra pas.

D’un autre côté, si les opé­ra­teurs mettent des freins, nous ris­quons de vivre une situa­tion conflic­tuelle. Ceux qui com­men­ce­ront à nous res­treindre se feront boy­cot­ter. Si toute l’industrie se met d’accord, ce sera une véri­table guerre, une guerre entre deux modèles de société dont Hadopi aura été une des pre­mières escarmouches.

Dans un monde qui souffre du maté­ria­lisme, un seul camp a la pos­si­bi­lité de l’emporter, celui favo­rable à l’économie des flux. Si le camp maté­ria­liste emporte la guerre, celui de la rareté chère, j’ai bien peur que l’humanité telle que nous la connais­sons, déjà plus que per­fec­tible, n’y sur­vive pas.

Mais je suis opti­miste. Si l’économie des flux fait ses preuves, si les gens s’y trouvent plus heu­reux, même les opé­ra­teurs seront atti­rés vers elle. S’ils y gagnent, et ils devraient y gagner grâce au nombre crois­sant de pro­pul­seurs, ils impo­se­ront à leurs concur­rents de les suivre. Ainsi nous pour­rions assis­ter à une tran­si­tion pacifique.

PS : j’ai écrit ce billet en réponse à un com­men­taire de Pierre-Alexandre Xavier.

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9 Tweets 1 Other Comment

27 commentaires à “Danger : information overload”

  1. gravatar.com Tweets that mention Danger : information overload -- Topsy.com ip:1
    9 September 2009 @ 10:38

    […] This post was men­tio­ned on Twit­ter by thi­baut vil­le­mont and Julien Ber­théas. thi­baut vil­le­mont said: @crouzet il y a eu les anti-virus, il y aura les anti-bruit :-) (infor­ma­tion over­load http://bit.ly/1avoht ) […]

  2. gravatar.com 00 ip:2
    9 September 2009 @ 12:10

    Dans cette nou­velle écono­mie, les écri­vains, les jour­na­listes, les artistes… doivent deve­nir des pro­pul­seurs. Leur enga­ge­ment ne se limite pas à lâcher un flux qui ira se perdre dans le cybers­pace. Ils doivent par­ti­ci­per à la vie de leur flux”

    Dans ses Car­nets, Mon­ther­lant par­lait sou­vent de ce qu’il fal­lait faire “dans le monde” (= dans les salons) pour exis­ter en tant qu’écrivain.

    Déjà il dénon­çait tous ces arti­fices des­ti­nés au buzz, à la pro­pul­sion, au marketing.

    Il refu­sait de jouer ce jeu. Le monde l’emmerdait. Les gens qu’il faut séduire dans ce milieu, il les méprisait.

    Il ne vou­lait pas cotoyer “les gens influents”, les mouches mon­daines, les chambres à échos.

    Perdre son temps à cela était pour lui le contraire de la vie et de la création.

    -

    Il refusa de faire les visites cour­toises d’usage, préa­lables à l’entrée à l’Académie.

    Il citait l’anecdote de Cha­teau­briand, se moquant déjà de l’artifice du jeu de la propulsion :

    Cha­teau­briand envoyait chez les aca­dé­mi­ciens son valet à che­val ; il frap­pait aux portes et s’exclamait : “Mon­sieur de Cha­teau­briand vous a fait sa visite !”.

    -

    J’aime mieux un grand vieillard qui va voir un film idiot que le même employant ce temps à faire une visite en vue d’obtenir une promotion.”

    -

    La pro­pul­sion sur Inter­net ne fait que conti­nuer ce petit jeu des salons d’autrefois, des visites mon­daines, avec le même sys­tème de petits réseaux, copi­nages, flirts, cor­rup­tions, ostra­cismes, amours, haines, temps perdu en niai­se­ries hypocrites…

    Il y aura les artistes mineurs qui pas­se­ront leur temps à se pro­pul­ser dans les salons.

    Et les autres, ceux qui cher­che­ront juste à bien écrire, ren­voyant ce jeu mon­dain de la pro­pul­sion à sa médiocrité.

    -

    C’est à l’éditeur de faire le bou­lot du mar­ke­ting, pas à l’auteur.

    C’est bien ce qui rend utile l’éditeur, la société de pro­duc­tion, les stu­dios, etc.

    Ceux qui veulent sup­pri­mer ces inter­mé­diaires n’ont pas com­pris qu’un auteur a autre chose à faire qu’à tenir le stand du marketing.

  3. gravatar.com Thierry Crouzet ip:3
    9 September 2009 @ 12:54

    Encore une fois tu déformes tout. Un écri­vain pro­pulse en écri­vant, s’il a un ami pro­pul­seur, l’éditeur, qui le repro­pulse, c’est tant mieux, s’il en a mille, c’est encore mieux.

    Tu peux faire du réseau pour faire ton mar­ke­ting, tu peux faire du réseau pour étendre ton cer­veau. Cha­cun sa vie, cha­cun sa voie.

  4. gravatar.com 00 ip:2
    9 September 2009 @ 14:44

    Inter­net a démo­cra­tisé l’accès aux salons et aux réseaux, mais n’a pas changé psy­cho­lo­gi­que­ment les vices des salons et des réseaux.

    Comme le dit J, dès que tu as une idée, et sou­vent c’est juste un mot, tu veux l’étendre à tout, et cela devient le remède à tout.

    A un moment, c’était le super-organisme : le super-organisme allait tout résoudre.

    Main­te­nant, le mot fétiche c’est “flux”, “pro­pul­sion” : tout est flux, pro­pul­sion. Les pro­pul­seurs vont tout changer.

    Proust est flux”.

    Tu joues au dic­tion­naire là : flux, propulsion,

    super­or­ga­nisme” à la place de “société”…

    ———

    Proust montre jus­te­ment à quel point les réseaux et les salons sont les lieux des injus­tices les plus grandes, et la vérité se trouve dans l’éloignement du monde.

    Créer des réseaux par­tout ce n’est pas le remède aux pro­blèmes sociaux, ni la voie vers une plus grande intel­li­gence collective.

  5. gravatar.com Henri A ip:4
    9 September 2009 @ 14:49

    A Thierry qui car­bure à on ne sait quoi :
    C’est une espèce de peer to peer géant ton truc de flux, non ? Un peer to peer d’idées et social peut-être ?
    Mon intui­tion me dit que le sys­tème ( fonc­tion­ne­ment, algo­rithme ) du tor­rent, idée géniale, pour­rait ser­vir à quelque chose pour ton machin de flux.

  6. gravatar.com Thierry Crouzet ip:3
    9 September 2009 @ 15:16

    Y’a de ça Henri. je suis en train de lire Berners-Lee pour reve­nir sur l’histoire. Le flux, c’est peut-être le web dans les URL. Un peu comme nous être humains pou­vons vivre à un endroit mais rien ne dit que nous sommes, nous pou­vons nous dépla­cer… avec un pas­se­port… et c’est un peu ça le P2P… le flux aussi, l’information qui se pro­mène avec son passeport.

  7. gravatar.com 00 ip:5
    9 September 2009 @ 16:28

    Henri A pour­rait citer René Girard, qui a étudié, par exemple, la pro­blé­ma­tique de la mode et du sui­visme dans les flux.

    L’important c’est d’étudier les méca­nismes psy­cho­lo­giques et sociaux de la transmission,

    et pas de répé­ter à l’infini : “on transmet”.

    On trans­met depuis la nais­sance de l’humanité.

    Mais le pro­blème ce sont les cri­tères de trans­mis­sion, bien plus que l’outil de la transmission.

    -

    Les geeks qui en res­tent à l’émerveillement devant l’outil passent à côté de tous les pro­blèmes psy­cho­lo­giques, poli­tiques, et sociaux réels.

    Ce n’est ni la trans­mis­sion ni la trans­pa­rence qui sont des phé­no­mènes nou­veaux. Dans les salons on savait déjà tout.

    Télé­phone arabe, rumeurs, ragots, lettres de cor­beaux…
    ça y allait niveau flux.

    On change d’échelle, pas de monde, et on n’avance tou­jours pas dans les pro­blèmes réels : les méca­nismes gré­gaires de la transmission.

    René Girard reste plus utile que les geeks pour com­prendre les pro­blèmes du monde social.

  8. gravatar.com Thierry Crouzet ip:3
    9 September 2009 @ 16:48

    Tu nous sorts tou­jours le même argu­ment : faut s’intéresser à la psy­cho­lo­gie comme si tu avais le moindre don pour la psy­cho­lo­gique et le rela­tion­nel. J’ai pas trop l’impression que tu en sois un spé­cia­liste (pas plus que moi… je te ras­sures :-) ). Mais arrête de nous sor­tir sans cesse cette tarte à la crème, de nous faire pas­ser pour des mutants qui ne com­pren­draient reins aux hommes alors que toi, qui a beau­coup lu, sinon beau­coup vécu, tu saurais.

  9. gravatar.com 00 ip:5
    9 September 2009 @ 17:26

    Je sors tou­jours la même chose parce que tu en restes tou­jours à la même aporie.

    Tu crois chan­ger le monde social avec des mots nou­veaux qui dési­gnent des vieux phénomènes.

    Tu inventes un mot nou­veau, mais le monde ne change pas avec ton vocabulaire.

    Super­or­ga­nisme” ne fait pas chan­ger “société”.

    Pro­pul­seur” ne sert qu’à redire “connec­teur” en croyant aller plus loin.

    Bien­tôt il y aura un nou­veau syno­nyme pour redire les mêmes trucs.

    -

    Les flux j’en pra­tique la réa­lité écono­mique depuis des années avec MyS­pace pour les artistes, bien avant que les geeks découvrent Twit­ter, qui n’apporte rien de plus.

    Quand tout le monde com­mence à faire son réseau social, on en revient au point de départ,

    chaque artiste se retrouve avec 10 000 contacts, mais n’est lu réel­le­ment que par trente personnes.

    -

    MyS­pace avait publié les chiffres réels de lec­ture des bul­le­tins envoyés par les membres à leurs “amis”.

    Puis aus­si­tôt, MyS­pace a fait marche arrière : tout le monde était effaré du peu de lectures.

    Des artistes qui avaient passé des mois à “socia­li­ser” se ren­daient compte de la réa­lité de ce monde du zap­ping per­ma­nent, où ils sont oubliés aussi vite qu’ajoutés.

    -

    Tes flux, c’est l’éloge du ton­neau des Danaïdes.

    Une immense cir­cu­la­tion qui tourne à vide pour la plupart.

    Que lis-tu de tes 2000 contacts Twit­ter ?
    Et com­bien te lisent ?

    Tu as des RT quand tu sors les trucs les plus cons, et pas pour le reste.

    Plus tu vas cher­cher des RT, plus tu vas sor­tir des trucs à la con, des slo­gans, des polémiques…

    Tu as besoin d’un plus petit déno­mi­na­teur pour assu­rer la circulation.

    -

    Pour ce qui est de la psy­cho­lo­gie, l’arrivisme social ce n’est pas ma came.

    Je n’utilise pas la psy­cho­lo­gie pour m’entourer de copains à cares­ser dans le sens du poil, mais pour voir ce que les gens ont dans le ventre, et la tech­nique du mar­teau reste la plus effi­cace pour faire sau­ter les dis­cours prémachés.

    La quête de connais­sance et l’arrivisme social n’empruntent pas les mêmes voies psychologiques.

  10. gravatar.com Thierry Crouzet ip:3
    9 September 2009 @ 18:50

    Toi comme et moi devrions éviter de par­ler de psy­cho­lo­gie. Franchement.

    Un propulseur=un connec­teur… deux concepts liés puisque l’un va avec l’autre. Quand j’ai écrit le peuple des connec­teurs, j’avais pas conscience que la pro­pul­sion est notre façon de connec­ter. Même au café du coin. Alors oui on a tou­jours pro­pulsé, on a tou­jours connecté, c’est pas une rai­son pour ne pas en par­ler, ne plus en par­ler, sur­tout en un temps où tout cela change d’échelle comme tu le dis.

    Sinon j’espère que tu ne vas pas rabâ­cher ta défi­ni­tion du flux qui n’a rien à voir avec la mienne. J’ai donné un méta­phore du flux. La tache rouge sur Jupi­ter. Elle est tout sauf vola­tile. Proust qui ne cesse d’être lu et com­menté est devenu flux. Il n’est pas futile. Tu as de tout dans le flux.

    Je le défi­nis comme un état de l’information (opposé à l’état solide, c’est tout j’ai envie de dire). Aucun cri­tère de vitesse ou de quoi que ce soit d’autre.

  11. gravatar.com 00 ip:5
    9 September 2009 @ 22:08

    Toi comme et moi devrions éviter de par­ler de psy­cho­lo­gie. Franchement.”

    Tu confonds connais­sance et comportement.

    La psy­cho­lo­gie des foules qu’on observe n’a rien à voir avec la pra­tique psy­cho­lo­gique per­son­nelle, qui est un choix de vie.

    Un cor­don­nier peut faire le choix d’avoir des chaus­sures pour­ries, il ne prête pas atten­tion à ses propres chaus­sures, il s’en fout.

    On ne juge pas la valeur psy­cho­lo­gique d’une étude par le com­por­te­ment de son auteur.

    La valeur psy­cho­lo­gique des études de René Girard est com­plè­te­ment indé­pen­dante des choix de vie de son auteur, de son com­por­te­ment psy­cho­lo­gique personnel.

    -

    Beau­coup de grands psy­cho­logues étaient des “déran­gés”, comme Nietzsche, Proust etc

    C’est même en étant un peu “dérangé” qu’on devient plus sen­sible à cer­tains faits psychologiques.

    Heu­reu­se­ment qu’ils ont parlé psy­cho­lo­gie, même s’ils n’en usaient pas dans leur vie personnelle.

    Ton truc de rame­ner la valeur d’une ana­lyse au com­por­te­ment psy­cho­lo­gique de l’auteur c’est n’importe quoi.

  12. gravatar.com Henri A ip:4
    9 September 2009 @ 22:39

    Arrêtes ta “psy­cho­lo­gie” de bazar double zéro !
    Autant Nietzsche et Proust étaient des génies en plein de choses, la psy­cho­lo­gie en tant que science c’est autre chose, on a pro­gressé depuis.
    Quelque chose me dit que “la valeur psy­cho­lo­gique des études de René Girard” ne vau­dront pas un cachou dans quelques décen­nies si ce n’est pas déjà le cas.
    Comme le dit Thierry, tu devrais éviter le sujet ( comme la musique d’ailleurs ).

  13. gravatar.com Bibliobsession » De l’importance des pratiques de non-lectures des bibliothécaires ip:6
    3 November 2009 @ 7:43

    […] non plus seule­ment dans les livres, mais dans les médias sociaux, dans les com­mu­nau­tés, dans les pro­pul­seurs, dans les conver­sa­tions, dans les flux, dans les mots, dans les idées. C’est bien la raison […]

  14. gravatar.com 000 ip:7
    3 November 2009 @ 15:24

    Quelque chose me dit que “la valeur psy­cho­lo­gique des études de René Girard” ne vau­dront pas un cachou dans quelques décennies”

    Je l’avais raté ce com.

    Je te parie que René Girard res­tera beau­coup plus valable que les délires poli­tiques de Thierry, qui écarte com­plè­te­ment “le mal” de son champ d’analyse, et attend des miracles de l’auto-organisation pour les socié­tés humaines.

    Se moquer de Girard au pré­texte qu’il ne serait pas très récent, et se réfé­rer d’autre part à quelque chose d’aussi vieux et approxi­ma­tif que “le vol des oiseaux auto-organisés” pour en faire un modèle poli­tique humain … No comment.

    Thierry fait une constante impasse sur le mal, qui est le prin­ci­pal obs­tacle de l’histoire humaine.

    Il se foca­lise sur des expres­sions par­ti­cu­lières de ce mal, la société pyra­mi­dale etc, sans jamais aller à la racine du problème.

    On dirait un jar­di­nier qui désherbe en sur­face, sans atta­quer la racine : tra­vail com­plè­te­ment vain.

    Girard est mille fois plus puis­sant dans son ana­lyse des socié­tés humaines.

  15. gravatar.com 000 ip:7
    3 November 2009 @ 15:32

    Girard est mille fois plus puis­sant dans son ana­lyse des socié­tés humaines.”

    Bien sûr le pro­blème c’est que son ana­lyse impla­cable et sombre laisse moins de place à des théo­ries magiques pour tout résoudre.

    Si quelqu’un veut abso­lu­ment se faire une gloire en pro­po­sant une théo­rie magique “réponse à tout”, il peut être tenté de faire l’autruche en cachant ce qui le gêne, ce qui rend sa théo­rie inopérante.

    Je ne crois pas que la poli­tique soit le bon champ pour faire émer­ger une solu­tion fantastique.

    Thierry ferait mieux de faire du logi­ciel libre, comme dit Tris­tan Nitot.

    On peut chan­ger le monde avec un logi­ciel, tan­dis que l’organisation des socié­tés humaines c’est un peu plus com­plexe à chan­ger, il ne faut pas en attendre trop ni vou­loir pro­mettre trop. “Ensemble tout devient pos­sible” c’est bon pour Sar­kozy et ce genre de repré­sen­tants de com­merce à 2 sous.

  16. gravatar.com Henri A ip:8
    3 November 2009 @ 16:22

    A 000 :
    Je me disais aussi…bizarre qu’il ne fasse pas un salto arrière regroupé sur ce coup.

  17. gravatar.com Yves Calvi 000 ip:7
    3 November 2009 @ 19:12

    @ Mono andouille avec a minus­cule comme aphatie :

    A l’instant, Yves Calvi sur France 5 :

    Com­ment voulez-vous que les gens réagissent à autre chose qu’à la peur du gendarme ?”

    Avec ça, plus la phrase de Mon­tes­quieu, tu as TOUT. Tu peux aller à la pêche main­te­nant, ton maté­riel audio­phile sous le bras.

  18. gravatar.com René Girard et la science expérimentale moderne ip:7
    9 November 2009 @ 5:57

    @ Henri A

    qui disait dans le sujet “dan­ger : infor­ma­tion overload” :

    Quelque chose me dit que “la valeur psy­cho­lo­gique des études de René Girard” ne vau­dront pas un cachou dans quelques décen­nies si ce n’est pas déjà le cas.”

    Voici ce qu’on trouve dans l’encyclopédie citoyenne :

    La théo­rie du désir mimé­tique de René Girard consti­tue un exemple rare d’une théo­rie en sciences humaines qui a devancé de nou­velles décou­vertes en sciences expé­ri­men­tales de plu­sieurs décennies.

    En effet, des cher­cheurs en psy­cho­lo­gie cli­nique comme Andrew Melt­zoff et des neu­ro­logues comme Vit­to­rio Gal­lese (le cher­cheur ita­lien qui a décou­vert les neu­rones miroirs avec Gia­como Riz­zo­latti) ont com­mencé à s’intéresser à la théo­rie mimétique.

    La concor­dance entre les études de Girard et leurs décou­vertes scien­ti­fiques sont sur­pre­nantes, « extra­or­di­naires » comme l’a dit le Dr. Scott Garrels”

    -

    (PS pour Thierry : le désir mimé­tique favo­rise aussi l’apprentissage, ce qui explique là encore sa vali­da­tion par l’évolution. On le trouve dans le pire et le meilleur des com­por­te­ments sociaux humains.

    Le même méca­nisme mimé­tique pro­voque l’apprentissage, la concur­rence créa­trice, la société de consom­ma­tion, la riva­lité des­truc­trice, le lyn­chage de masse…)

  19. gravatar.com crouzet ip:9
    9 September 2009 @ 9:30

    Dan­ger : infor­ma­tion over­load http://bit.ly/1avoht Flux et #propulseurs

    This com­ment was ori­gi­nally pos­ted on Twit­ter

  20. gravatar.com jbertheas ip:9
    9 September 2009 @ 10:31

    RT @crouzet: Dan­ger : infor­ma­tion over­load http://bit.ly/1avoht Flux et #propulseurs

    This com­ment was ori­gi­nally pos­ted on Twit­ter

  21. gravatar.com citymont ip:9
    9 September 2009 @ 10:33

    @crouzet il y a eu les anti-virus, il y aura les anti-bruit :-) (infor­ma­tion over­load http://bit.ly/1avoht )

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  22. gravatar.com mathemagie ip:9
    9 September 2009 @ 11:10

    Dan­ger : infor­ma­tion over­load #infor­ma­tion #flux http://ff.im/-7P1Q3

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  23. gravatar.com willyten ip:9
    9 September 2009 @ 15:57

    Dan­ger : infor­ma­tion over­load http://tinyurl.com/lzz3fs via http://www.diigo.com/~willyten

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  24. gravatar.com zecool ip:9
    9 September 2009 @ 20:54

    Dan­ger: Infor­ma­tion Over­load. Billet inté­res­sant de @crouzet http://bit.ly/1avoht

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  25. gravatar.com iferracci ip:9
    10 September 2009 @ 21:35

    @cyberstadium j’ai tout de suite pensé à toi et à ce tweet. la fin n’a rien a voir mais le début, oui http://bit.ly/9QjVD

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  26. gravatar.com RoyHP ip:9
    11 September 2009 @ 9:31

    com­ment éviter l’indigestion, comme éviter d’exploser d’information over­load ? http://bit.ly/Wu4qI #inter­net #news

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  27. gravatar.com isa2886 ip:9
    11 September 2009 @ 15:02

    pro­pul­sion -> pro­pul­seur http://tinyurl.com/l7n7xt – et à priori ça fait débat dans les #epn corses ! alors Dan­ger : infor­ma­tion overload?

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  28. gravatar.com Pierre-Alexandre Xavier ip:9
    13 September 2009 @ 23:55

    Merci Thierry de prendre le temps pour répondre à la ques­tion.
    Je reste dubi­ta­tif. Autant je crois à l’émergence d’une nou­velle contre-culture du gra­tuit, du don volon­taire et du libre échange, autant je crois qu’il s’agit bel et bien d’une contre-culture qui res­tera mino­ri­taire. Les maté­ria­listes ont déjà gagné la guerre. Elle a été livrée assez rapi­de­ment et rem­por­tée par la supré­ma­tie d’un OS sur l’ensemble des fenêtres élec­tro­niques du monde. Elle a ensuite subit une muta­tion et un dépla­ce­ment écono­mique radi­cal vers l’outil de base d’une info­sphère : le dis­po­si­tif de recherche. Ce der­nier a pro­fité du mono­pole de fait du pre­mier pour s’imposer par­tout en même temps en uti­li­sant les prin­cipes de tra­vail de la plus vieille ins­ti­tu­tion de l’Histoire, la biblio­thèque.
    Il n’y aura pas de guerre entre Hadopi et le reste du monde. Même les artistes anglais démontrent que le pro­jet cor­po­rate de Sony et cie. est mort né. Mais cela ne règle pas le pro­blème de l’exposition, qui était au centre de mon inter­ro­ga­tion. De la dic­ta­ture de l’économie de la rareté, on passe à la dic­ta­ture de la pro­fu­sion de l’indigence cultu­relle. La liberté se mesure à l’aune de ce que les indi­vi­dus peuvent en faire. Or il appa­raît clai­re­ment que les outils de com­mu­ni­ca­tion dont nous dis­po­sons et dont nous fai­sons usage accen­tuent une frac­ture numé­rique gran­dis­sante qui sépare non les pauvres et les riches, ni la cor­po­ra­to­cra­tie et les hackers, ou encore les connec­tés et les pro­pul­seurs… La frac­ture numé­rique oppose l’utilisateur (user) et le spec­ta­teur. Elle sépare l’actif appre­nant du pas­sif inculte. Elle sépare, au risque de cho­quer de façon pro­vo­cante, les astu­cieux des abru­tis. Et ces der­niers sont la majo­rité écra­sante.
    J’ai donc la nette impres­sion que la der­nière bataille numé­rique déci­sive sera celle qui oppo­sera ceux et celles qui appellent, non sans un cer­tain idéa­lisme, à la société ouverte et libé­rée du capi­tal pri­son contre ceux et celles qui aiment le confort et l’homogénéité des bar­reaux et des chaînes…

    P.S. : je noir­cit volon­tiers le tableau et Matrix n’est pas loin.

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