Thierry Crouzet

Le procès du capitalisme

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J’ai écrit ce texte en mars-avril 2009. Il aurait pu être le premier chapitre d’un nouveau livre. En même temps, je ne faisais que reformuler ce que j’ai souvent dit ici, peut-être juste donnant un peu de cohérence à quelques idées jamais évoquées en même temps. Je l’ai aussi uploadé sur Calaméo pour ceux qui préfèrent cette interface. Avec la démocratisation des ebooks, je me dis qu’il est agréable de lire les textes longs dans ces conditions.

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3 commentaires pour “Le procès du capitalisme”

  1. pigiste
    8/10/2009 @ 23:10

    le probléme des blogs c’est que ceux qui les font se prennent pour des journalistes. Mais n’est pas journaliste qui veut.

  2. Nicolas G.
    4/12/2009 @ 17:52

    Bonjour M. Crouzet

    Je me permets de réagir à cet essai que je viens de découvrir à partir de votre post “Les internautes sont-ils des fainéants ?”. Autant être honnête tout de suite, je trouve cet essai mauvais, et je vais tenter d’expliquer pourquoi en essayant d’être le plus constructif possible. Avant de commencer, je vous suggère de proposer votre travail au format PDF à télécharger directement depuis votre site, Scribd réclamant l’ouverture d’un compte.

    Je commencerais par la forme. Il n’y a pas de sommaire. C’est plus ennuyeux qu’il n’y parait puisque le sommaire permet d’emblée de comprendre ou vous voulez en venir, et quels sont les arguments clefs de votre discours. Vue la longueur de l’essai ce n’est pas fondamentalement gênant ici mais ça enlève quand même un aspect “pro” au document. D’autre part, les marges à droite, gauche, en haut et en bas sont trop étroites, et la police d’écriture à mon sens trop grande. Il n’y a pas de numérotation des pages non plus, ni la reprise du titre du chapitre en tête de chaque page. Même pour un fichier PDF, je pense que la présentation compte.

    Venons-en au contenu maintenant. L’impression générale que j’ai eu en lisant votre travail c’est un assemblage d’idées reçues et de phrases de café du commerce, saupoudrés avec quelques références pour donner un aspect intellectuel au tout.

    Je prends par exemple le premier chapitre, “Imposture à Stockholm”. Ce chapitre me fait penser à du Olivier Besancenot fustigeant les financiers sans aucune analyse critique. D’une part, l’attribution d’un prix Nobel se fait en fonction du travail de qualité des économistes. Or, la science économique est vaste, et tous les économistes ne se penchent pas sur les marchés financiers. Suggérer que “les économistes nobélisés ne comprennent pas grand chose à l’économie” (p.8), c’est quand même fort de café, quand on sait d’une part que l’économie relève des sciences humaines (autrement appelées “molles”) donc par nature imparfaite, et que d’autre part leurs explications du monde permettent souvent de mieux appréhender ce dernier. Voir les théories du commerce internationale par exemple, d’Adam Smith à Ricardo, en passant par Heckscher-Ohlin ou Paul Krugman. Le cas de Muhammad Yunus est formidable, mais il n’enlève rien aux compétences des autres économistes. Le monde économique change, les économistes essaient de le comprendre, parfois se trompent, parfois réussissent, c’est la vie intellectuelle.

    Votre vision de l’enseignement de l’économie est également biaisés. Oui la théorie néoclassique est encore enseignée dans le cadre de la Concurrence Pure et Parfaite, mais aucun économiste ne considère ce modèle comme le reflet parfait de la réalité. Aucun ! C’est simplement un modèle parfait pour débuter et comprendre les des réactions simples entre les agents économiques et les grands principes, d’ou le nombre de variables limités et les suppositions qui sont évidemment grotesques. Relachez les hypothèses de ce modèle et inclure plus de variables est entre autre le travail des économistes. Bref trois chapitres entier (“Les trois piliers du néoclassicisme”, “Irrationnels, altruistes et interdépendants” et “Gagnant-perdant vs gagnant-gagnant”, le titre de cette dernière partie étant je trouve mal choisie, puisque vous développez l’opposition dans le chapitre d’après) pour enfoncer une porte ouverte, était-ce vraiment nécessaire ? Une simple observation des principes que vous énoncées aurait suffi, sans pour autant la jouer “moi contre le système !” en les opposant à la théorie néoclassique.

    Votre définition du capitalisme est également farfelue et en révèle bien plus sur votre vision du monde actuelle. Je pense qu’il aurait mieux valu s’en tenir à la propriété privée des moyens de production, qui est un fondement standard accepté par la majorité des penseurs.
    Votre démonstration du “gagnant-perdant” n’est absolument pas convaicante. “Dans cette logique, si vous achetez mon livre, les autres écriains perdent un lecteur.” Ah bon, pourquoi ? Qui dit d’une part que je ne pourrai pas acheter d’autres livres, et d’autre part, si je n’avais pas lu votre livre, cela signifie-t-il que j’en aurais lu un autre ?
    “quand tout le monde ou presque possède un accès Internet, croître implique de prendre un abonné à un adversaire” C’est d’une évidence biblique “cela
    revient à le pousser à décroître. Gagnant-perdant. La prédation ressurgit.” Quelle serait le “gagnant-gagnant” dans ce cas là, et en quoi la “prédation” est-elle mauvaise ? Si l’on se place du point de vue du consommateur, ce-dernier a le choix de l’entreprise, et sélectionne celle qui répond le plus à ses besoins. A ce point de l’argumentation je ne comprends toujours pas le problème d’un prétendu “gagnant-perdant”.

    Le point sur la croissance développé dans “Exit la croissance” est vrai et faux en même temps. Payé un chercheur à élaborer de nouvelle théories mathématiques entre en compte dans le calcul du Produit Intérieur Brut (PIB), et de ce fait, comme nous ne sauront jamais tous les mystères de l’univers, la croissance peut être infinie. En revanche, la croissance ¤ matérielle ¤ est, elle, condamnée à décliner je suis bien d’accord avec vous (encore que l’on pourrait fantasmer sur la colonisations d’autres planètes). Il est cependant douteux de prendre l’exemple du Nigéria pour attaquer le capitalisme. Comme si une situation pouvait avoir une seule cause. Quid de la politique du pays ? Des institutions ? Des facteurs d’influence ? Le seul capitalisme n’explique pas tout, autrement comment expliquer que la Suède ne soit pas au même niveau que le Nigéria ? Enfin, ce chapitre occulte totalement les bienfaits du capitalisme. Une mise en perspective historique s’impose, il suffit de comparer le nombre de richesses matérielles dont dispose le Français moyen aujourd’hui avec le nombre d’il y a 100 ans. La différence est flagrante. Même si bien entendu il va falloir s’adapter.

    Le chapitre sur le libéralisme est certainement le plus navrant, celui qui révèle votre méconnaissance de cette philosophie. Non, les libéraux ne partent pas du “principe que les gens ont besoin d’être managers sinon policés”. Et non Georges Bush n’était pas libéral. Les mots ont un sens M. Crouzet, si vous le déformer, vous vous trompez de cible. Je me permets deux liens pour vous éclairer sur le sujet http://www.wikiberal.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme et http://www.dantou.fr/liberalisme.htm Ce libéralisme tant critiqué permet justement aux hommes de s’organiser librement pour la production des richesses. D’ailleurs si l’entreprise classique ne correspond pas à vos attentes, rien n’empêche de rejoindre une coopérative.

    Les chapitre suivants sont à mon sens les plus intéressants, ce sont ceux dans lesquel vous parlez de ce que vous maîtrisez : le nouveau monde, pourquoi et comment il est en train de changer. La critique de l’ancien monde est nécessaire en début de sujet, mais attention à bien maîtriser les concepts dont on parle, il y a une minimum besoin de connaissance, même pour un “expert de rien”.
    Certes cette essai est court, mais pour être pertinent il faut être précis et ne pas hésiter à aller au fond des choses, notamment celles que vous maîtrisez le mieux.

  3. Thierry Crouzet
    4/12/2009 @ 18:24

    Merci d’avoir lu ;-)

    Sur la forme : ce texte a été formaté pour être lu à l’écran dans scridb (c’est scridb qui fait la pagination… et tout le reste). D’où la taille des caractères. Ce n’était pas un texte à imprimer… juste éventuellement à lire sur un reader.

    Je suppose que tu es un libéral ? :-) Et tu fais une lecture libérale de ce que j’ai écrit. Surprenant ? 100 fois vous m’avez envoyé vers votre wiki. Si tu vois pas en quoi la prédation est mauvaise, c’est sûr que ce que je dis peux pas te plaire. La prédation implique la croissance… surtout la croissance matérielle.

    Je ne prétends à rien d’autre qu’au café du commerce :-) Car franchement quand des mecs qui prétendent nous expliquer l’économie nous envoient dans le mur, c’est quoi ? Les belles formules ça fait intelligent mais ça ne rend pas profond. Compétence des économistes… je cherche encore. Comme madame soleil ils ont certaines compétences.

    La science économique est si molle aujourd’hui qu’elle est farcie de mathématique. Regarde les prix Nobel tu verras qu’ils sont en majorité matheux. J’ai pas dénoncé l’économie en général si je me souviens bien en plus, juste une certaine économie (en plus en citant des économistes, c’est pour dire… je cite justement, j’invente pas quand c’est pas de mon domaine… donc réfute les gens que je cite dans ce cas… eux aussi font du café du commerce).

    Ma définition du capitalisme est peut-être farfelue… mais j’ai défini de quoi je parlais. Oui pour moi le capitaliste cherche à maximiser ses revenus et ça passe par le contrôle (c’est ce que je démontre dans la suite d’ailleurs…). Une boîte qui ne chercherait pas à contrôler ses employées, son marchés, ses concurrents et qui ne chercherait pas maximiser ses bénéfices peut-elle être capitaliste?

    Ta définition du capitalisme est trop générale, trop idéaliste et idéologique pour décrire le capitalisme que nous vivons.

    Sinon je me cite jusqu’au bout “Dans cette logique, si vous achetez mon livre, les autres écrivains perdent un lecteur. Pour gagner, je dois conquérir des parts de marché. Il existe bien sûr une autre possibilité : que tous les écrivains gagnent ensemble de nouveaux lecteurs suivant la logique gagnant-gagnant.”

    Exemple pour montrer ce qu’est un gâteau fini vs infini (celui des livres pas vraiment infini d’ailleurs comme tu sembles le dire… en tout cas tant qu’ils sont sur papier et vendus).

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