Un nouveau job pour les journalistes au chômage

propulseur

Quoi qu’il advienne, nous res­te­rons des consom­ma­teurs d’information, de cette infor­ma­tion mul­ti­di­men­sion­nelle qui se pré­sente dans une infi­nité de contex­tures, du livre aux brèves sur les chiens écra­sés. Nous ne pou­vons pas faire autre­ment. Les neu­ro­logues ont décou­vert que, quand nous appre­nons quelque chose de nou­veau, notre cer­veau active les mêmes zones que lorsque nous pre­nons des drogues comme l’héroïne. Nous nous shoo­tons à l’info. Nous sommes des infovores.

C’est une bonne nou­velle pour les pro­duc­teurs d’information. Ils auront tou­jours une place dans la société mais quid des entre­prises qui les emploient ? Leur situa­tion est dra­ma­tique. Les jour­naux qui ont eu tant de mal à migrer sur le web, qui n’y ont jamais trouvé de modèle écono­mique, voient avec le pas­sage au flux les ves­tiges de leur monde par­tir en fumée. Les articles s’échappent. Ava­lés par des moteurs de recherche, recra­chés dans les lec­teurs de flux, repris dans d’autres sites, notam­ment les réseaux sociaux, ils se pro­pagent dans le cybers­pace, inca­pables de res­ter immobiles.

Pro­tec­tion­nisme oblige, les médias emploient une stra­té­gie déses­pé­rée. Ils refusent la flui­di­fi­ca­tion. Ils dis­tri­buent uni­que­ment des résu­més de leurs conte­nus pour atti­rer les lec­teurs à la source. Mais pour­quoi nous déplacerions-nous ? Pour un scoop ? Pour apprendre la mort de Michael Jack­son ? Trop tard, nous le savons déjà. Pour une ana­lyse pro­fonde ? Mais com­ment esti­mer cette pro­fon­deur ? Que disent nos contacts sur le réseau ? L’information étant résu­mée elle est arri­vée jusqu’à eux noyée dans les infor­ma­tions inté­grales, asso­ciées à leur flot de com­men­taires. Seuls quelques pro­pul­seurs la repè­re­ront et remon­te­ront à la source. Par­fois ils réus­si­ront à atti­rer notre atten­tion, le plus sou­vent ils ne seront pas assez nom­breux pour acti­ver notre sérendipité.

Refu­ser la flui­di­fi­ca­tion dans un monde où tout se flui­di­fie revient à se lais­ser sub­mer­ger par la vague. Dans le flux, les média au nom de leur marque n’ont pas la force de faire émer­ger un contenu hors de l’eau. Seuls les pro­pul­seurs savent atti­rer l’attention de leur com­mu­nauté. Les jour­na­listes doivent endos­ser ce nou­veau rôle. Ils doivent non seule­ment pro­duire l’information mais aussi la pous­ser sur le réseau. C’est à par­tir des amis qu’une infor­ma­tion com­mence sa vie dans le flux. Ter­miné le temps où on envoyait un pétard et où on atten­dait qu’il explose.

Les médias sont très mal armés pour ce tra­vail. Ils ne peuvent pro­pul­ser tous leurs conte­nus qui, cha­cun, se dirige vers des com­mu­nau­tés dif­fé­rentes. Trop long­temps, les médias ont refusé d’admettre que le web était un monde de connexions. Ils sont res­tés dans l’optique « je suis la voix offi­cielle », cette voix d’autant plus forte dans les régimes tota­li­taires. Pen­dant ce temps, tout le monde s’était mis à par­ler à tout le monde, à par­ler à tra­vers les réseaux sociaux, créés de proche en proche, par l’effort indi­vi­duel des hommes plus que des entre­prises spé­cia­li­sées dans la distribution.

Celui que jadis on appe­lait jour­na­liste a pour­tant un nou­veau rôle à jouer. Être jus­te­ment un créa­teur de liens. Il peut deve­nir le char­pen­tier de la nou­velle société. Le défri­cheur des routes de com­mu­ni­ca­tion qui per­mettent à l’espace public d’émerger par foca­li­sa­tion du tra­vail de mil­lions de propulseurs.

Cer­tains parlent de jour­na­lisme de liens. Il s’agit de trier l’abondance, de com­pi­ler pour sa com­mu­nauté l’information qui l’intéressera, d’injecter dans son réseau les liens qui font sens pour elle. Toute une écono­mie doit se réin­ven­ter. Nous retrou­vons une confi­gu­ra­tion en par­tie explo­rée par Le Cour­rier Inter­na­tio­nal. Le jour­nal lui-même ne pro­duit pas l’information brute, il la récolte ailleurs et la struc­ture pour son lectorat.

D’un côté, nous avons des créa­teurs d’information, ils la pro­pulsent puis d’autres pro­pul­seurs se joignent à eux. De l’autre côté, l’éditeur n’est plus celui qui com­mande ce qui va être écrit, filmé, pho­to­gra­phié… mais celui qui dans le flot de tout ce qui est dif­fusé pêche ce qui inté­resse la com­mu­nauté à laquelle il s’adresse.

Gandhi, qui a aussi été un homme de presse, écrit dans son auto­bio­gra­phie : « Dès la nais­sance de Indian Opi­nion, je me ren­dis compte que le jour­na­lisme avait pour but de ser­vir. La presse repré­sente une puis­sance consi­dé­rable ; mais, de même qu’un fleuve déchaîné sub­merge des cam­pagnes entières et ravage les révoltes, de même une plume sans contrôle ne peut que tout détruire. Si le contrôle vient de l’extérieur il est encore plus nocif que s’il n’y en avait pas. Pour être pro­fi­table il doit être exercé par celui-là même qui écrit. Si cette ligne de conduite est cor­recte, com­bien de jour­naux au monde résis­te­raient à ce cri­tère de sélec­tion ? Mais, tout d’abord, qui se char­ge­rait de sup­pri­mer les feuilles inutiles ? Et qui choi­sir comme juge ? L’utile et l’inutile doivent aller de pair, tout comme le bien et le mal en géné­ral. C’est à l’homme qu’il revient de choisir. »

Gandhi parle du jour­na­lisme comme d’un ser­vice. Selon cette pers­pec­tive, le jour­na­liste passe du début de la chaîne à la fin de la chaîne. Il doit se réin­ven­ter en com­pre­nant que sa fonc­tion n’est autre que de fil­trer le flux qui irrigue son réseau. Sa valeur ajou­tée n’est plus de faire l’information mais de la pous­ser un peu plus loin, un peu plus près de ceux qui le suivent. Ainsi le jour­na­liste devient un pro­pul­seur comme un autre. Alors par­ler de chaîne média­tique n’a plus aucun sens. Chaîne évoque la chaîne de mon­tage et le modèle pro­duc­ti­viste étran­ger au flux. L’information comme l’eau s’écoule, s’évapore, regagne la source. Le pro­pul­seur se trouve par­tie pre­nante d’un cycle sur lequel il peut inter­ve­nir en de mul­tiples points.

Les grands repor­ters ont sou­vent tra­vaillé selon cet esprit, par­tant par­fois en repor­tage sans com­mande, pous­sés par la néces­sité, puis trou­vant le moyen de dif­fu­ser leur tra­vail. Aujourd’hui, ils ins­pirent tous les pro­pul­seurs. Un blo­gueur écrit ce qu’il désire. Si les gens aiment ce qu’il écrit, ils le reprennent, ils lui donnent une audience. Des ser­vices d’agréation peuvent l’intégrer à leur offre, mon­nayer son texte, le rému­né­rer. Cer­tains ainsi deviennent des pro­fes­sion­nels, d’autres res­tent des ama­teurs. Et c’est une autre his­toire, aussi vieille que le monde.

PS : Texte viré de mon pro­chain livre, trop en rup­ture avec le ton du reste. J’écris pas un livre pour dire aux médias et aux jour­na­listes ce qu’ils doivent faire mais pour essayer de com­prendre com­ment on vit dans le monde du flux. En l’occurrence, dans le cha­pitre Après la presse, com­ment on s’informe (le sujet n’est pas com­ment on fait l’information).

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Tags: / Dialogue

19 Tweets

31 commentaires à “Un nouveau job pour les journalistes au chômage”

  1. gravatar.com Rosselin ip:1
    2 November 2009 @ 23:08

    Reste qu’il y a de bons pro­pul­seurs, et de bons pro­duc­teurs. Les deux font un tra­vail de jour­na­listes. Mais ces deux com­pé­tences peuvent exis­ter indé­pen­dam­ment. On peut bien sûr cumu­ler les deux. C’est rare. Dans ce cas on est une sorte de média à soi tout seul.

    L’équipe de Cour­rier était à l’origine consti­tuée par des pro­pul­seurs et évitaient les pro­duc­teurs, tou­jours frus­trés dans une rédac­tion de pro­pul­seurs (dont soit dit en pas­sant, le bou­lot n’est pas for­cé­ment que celui de pous­ser des wagon­nets, mais par­fois d’en modi­fier, voire d’en valo­ri­ser le contenu).

    A+

    JR

  2. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 November 2009 @ 9:35

    Pas d’accord avec toi. Pro­duire et pas pro­pul­ser ça signi­fiera ne pas avoir d’audience dans le monde du flux. Un média ne peut pas pro­pul­ser à la place de l’auteur, ça c’était l’ancien monde one to many. Dans le many to many, chaque article doit être vu comme un cas par­ti­cu­lier et pas la brique d’un ensemble.

    Bien sûr l’auteur peut être un mau­vais pro­pul­seur et il peut s’appuyer sur d’autres pro­pul­seurs… mais ils vont pas tou­jours faire le tra­vail à sa place… et s’il n’est pas dans le flux, de pair avec son contenu, son contenu n’existera pas dans le flux… à moins qu’il ait un ange gar­dien qui bosse pour lui.

  3. gravatar.com J ip:3
    3 November 2009 @ 13:45

    thierry, je crois que les choses sont un peu plus com­pli­quées que ça…

    ce que tu appelles pro­pul­ser (et qui revient à dif­fu­ser en fait… — je n’aime pas ce terme de pro­pul­ser à vrai dire, qui fait gad­get concep­tuel je trouve) n’est pas entiè­re­ment contro­lable par le pro­duc­teur.
    la courte his­toire du net2.0 foi­sonne déja d’exemples de conte­nus qui ont été dif­fu­sés à grande échelle sans que le pro­duc­teur ait entre­pris de démarche sys­té­ma­tique dans ce but ; et de conte­nus pro­mus par le pro­duc­teur qui sont res­tés confi­den­tiels.
    le pro­duc­teur n’est pas le seul maitre du des­tin de ses conte­nus à mon avis, quel­que­soient ses efforts, le rôle des comm virt et rés soc ”auto­nomes” sont un truc à réflé­chir je crois.

  4. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 November 2009 @ 15:38

    Si tu me lisais tu com­pren­drais que pro­pul­ser c’est pas seule­ment dif­fu­ser ;-)

    Que des conte­nus puissent être pro­pul­sés par d’autres, c’est la base du concept.

    Le pro­blème c’est qu’un jour­na­liste, qui fait de ses conte­nus un busi­ness, ne peut pas sys­té­ma­ti­que­ment comp­ter sur les autres. Il faut que lui aussi pousse son infor­ma­tion. S’il n’est pas là, pas de viralité.

  5. gravatar.com J ip:3
    3 November 2009 @ 15:55

    arrête de dire à chaque fois ”si tu me lisais…”, tu me fais le coup depuis autoor­ga­ni­sa­tion etc :)
    je te lis, je lis d’autres aussi.

    et je me per­mets de te faire des remarques ici, par­fois.
    si tu veux, pour refor­mu­ler, je ne vois pas de dif­fé­rence qui fasse sens et soit à la fois prag­ma­tique pour un jour­na­liste (??? d’ailleurs) entre dif­fu­ser et ce que tu appelles pro­pul­ser.
    mea culpa? pas sûr

    par contre, là où il me semble y avoir des nou­veau­tés à creu­ser dans les cir­cuits de l’info, c’est dans la dif­fé­rence entre le “jour­na­liste” façon Jorion (blog perso) et le jour­na­liste façon Mau­riac (rue 89).
    On a là une dif­fé­rence dans le cadre de la dif­fu­sion des conte­nus, qui me semble impli­quer deux moteurs de pro­pul­sion (pour te faire plai­sir).
    Etu­dier dans le détail les 2 pro­ces­sus de dif­fu­sion pour­rait être intéressant

  6. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 November 2009 @ 16:05

    C’est quoi l’url de ce mec sur Rue89 (tu crois que je vais sou­vent sur ce site). Et le com­pa­ra­tif tu pour­rais pas le faire toi même. Tu as le don de dire aux autres ce qu’ils doivent faire.

    Quand à pro­pul­ser tu as défi­ni­ti­ve­ment rien com­pris… Si je vou­lais dire dif­fu­ser ou publier j’utiliserai ces verbes… pro­pul­ser c’est pas que ça… l’essentiel il est en dehors d’ailleurs… la créa­tion du réseau par exemple et l’animation de la communauté.

  7. gravatar.com J ip:3
    3 November 2009 @ 16:49

    en fait Mau­riac c’est le créa­teur de rue89.

    dis donc, tu pour­rais me remer­cier de te don­ner des pistes de réflexion à la place de me tacler et me dire le faire ici ce com­pa­ra­tif que j’ai fait peut être pour une boite.
    sau­vage! :)

    bon, sinon, désolé d’avoir rien com­pris à la pro­pul­sion crou­ze­tienne… :)

  8. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 November 2009 @ 17:00

    Tu connais mon mail :-)

  9. gravatar.com J ip:3
    3 November 2009 @ 17:58

    oui… un de ces jours… inch allah… : )

  10. gravatar.com Eric de Trévarez ip:4
    3 November 2009 @ 18:32

    Insa­tia­bi­lité et Enfance
    Infan­ti­li­sa­tion par flux inces­sant non maîtrisé.

    Le flux inces­sant de l’information replace l’individu, face au monde, dans la situa­tion de l’enfance.

    Le pro­ces­sus infan­ti­lise les foules. L’absence d’arrêt sur l’image empêche la réflexion. L’individu devient com­pul­sif, c’est à dire un consom­ma­teur idéal.

    La recherche per­ma­nente d’info n’est moti­vée que par l’émotif donc le sub­jec­tif. Comme l’enfant, l’individu devient guidé, uni­que­ment, par le couple Stimuli/plaisir…

    Concer­nant le débat, on ne peut faire une ana­lyse satis­fai­sante, qu’en pre­nant en compte que les flux appar­tiennent à la Théo­rie des Sys­tèmes. Dans le cas contraire, il faut faire appel à la psy­cha­na­lyse, à la sym­bo­lique et à la séméiologie.

    Sauf à faire l’éloge du sys­tème, en tant que ère de jeux.

    Pour rap­pel un billet posté sur la Civi­li­sa­tion du Flux:

    Flux, Sys­tème et Ana­lyse Sys­té­mique.
    Civi­li­sa­tion du Flux et Civi­li­sa­tion du Système.

    Il y a un élément auquel il n’est pas fait allu­sion, c’est que le flux est un concept de l’analyse sys­té­mique. La civi­li­sa­tion du flux est donc à repla­cer dans un sys­tème qu’elle ali­mente. Tout sys­tème est ouvert sur un autre où géné­ra­le­ment il prend du sens et de la signi­fi­ca­tion. Si le sys­tème tech­no­lo­gique auquel la civi­li­sa­tion du flux appar­tient, n’est pas dif­fi­cile à défi­nir et à cer­ner ( les TIC), qu’en est-il de la socia­li­sa­tion, de la phi­lo­so­phie et sur­tout de l’économie qui le sous tend?

    Il n’est pas dif­fi­cile de faire déjà un paral­lé­lisme entre flux d’information, flux de mar­chan­dise et flux de capi­taux… D’autre part sans deve­nir trop tech­nique le flux d’information dans l’entreprise com­mer­ciale, est direc­te­ment lié à la ges­tion (et pas seule­ment) des stocks, des fichiers et des flux moné­taires. C’est le vaste réseau des EDI (échange de don­nées informatisées).

    La civi­li­sa­tion du flux devient donc la civi­li­sa­tion du sys­tème. Le concept de civi­li­sa­tion du flux ouvre une porte d’analyse pas for­cé­ment positive…Ce qui me gène, c’est une forme d’inconscient sous-jacent qui semble applau­dir uni­que­ment… Est-ce qu’il ne convien­drait pas alors de mettre un plu­riel: la civi­li­sa­tion des flux? La civi­li­sa­tion des systèmes…

    Une chose est cer­taine, c’est que le concept de civi­li­sa­tion du flux est très inté­res­sant et ne peut être dis­so­cié de l’analyse sys­té­mique. Cepen­dant il ouvre une porte, en tant que sys­tème for­ce­ment ouvert, vers un hori­zon qui n’est pas, seule­ment, celui d’un temps au beau fixe.

    Pour rap­pel, les écono­mistes sont les pre­miers à avoir fait allu­sion aux flux. Ils ont com­paré, la cir­cu­la­tion des biens et de la mon­naie, aux flux dans le corps. Ce concept est apparu au XVIII avec une école que l’on nomme les phy­sio­crates. Je crains hélas que la civi­li­sa­tion du flux ne soit, pour l’instant, que la forme actuelle, la plus élabo­rée du capitalisme.

    Ce qui me gène, aussi, c’est l’enthousiasme qui reste un non dit… Il ne s’agit pas en effet que de propulser!

    Eric de Trévarez

  11. gravatar.com Dicedi ip:5
    3 November 2009 @ 19:30

    beau­coup de jour­na­listes au chô­mage, ça va faire beau­coup de pro­pul­seurs d’info…Peut-être même un peu trop non?

  12. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 November 2009 @ 23:10

    @Eric Si en plus je devrais aussi ima­gi­ner tous les aspects néga­tifs… ;-) Des tonnes de gens s’en chargent, ils ne font que ça toute la jour­née, avoir peur du len­de­main… nous nous complétons.

    Quand à la sys­té­mique j’ai jamais rien com­pris à ce gali­ma­tias… tout comme à la psychanalyse.

  13. gravatar.com 000 ip:6
    4 November 2009 @ 1:22

    j’ai jamais rien com­pris à ce gali­ma­tias… tout comme à la psychanalyse”

    Le truc c’est que tu négliges des don­nées fon­da­men­tales, sans les­quelles le reste ne tient pas la route.

    C’est un peu comme si un construc­teur d’avions disait :

    j’ai jamais rien com­pris au moteur à com­bus­tion, mais j’ai vu des oiseaux voler et je vais construire des avions”.

    Et tant pis s’il ne tient pas le vol.

    Pour construire un avion, il ne faut pas écar­ter toutes les don­nées gênantes au pré­texte que ce serait être néga­tif et se com­pli­quer la vie.

    Ou alors tu suis la route des fous qui se sont écra­sés après 3 minutes.

    (C’est sur­tout gênant quand ils embarquent des gens en vol.
    C’est là qu’il faut des experts poin­tilleux qui réclament un exa­men minu­tieux de la sécu­rité de la machine)

    Tu veux aller trop vite et résoudre trop sim­ple­ment des pro­blèmes compliqués.

  14. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    4 November 2009 @ 9:07

    Il y a cer­taines choses si com­pli­qués que jamais per­sonne n’y a jamais rien com­pris même ceux qui les avaient inventées.

  15. gravatar.com Un nouveau job pour les journalistes au chômage | Owni.fr ip:7
    4 November 2009 @ 12:52

    […] » Retrou­vez l’article ori­gi­nal et ses com­men­taires sur Le Peuple des Connecteurs […]

  16. gravatar.com miltrist ip:8
    7 November 2009 @ 1:07

    En quoi “pro­pul­seur” serait-il un nou­veau job pour jour­na­liste ? Etre un pas­seur, (j’ai hor­reur de ce mot pro­pul­seur et je ne vous dit pas ce que je pense de l’iconographie choi­sie en tête d’article!), être un relayeur (aujourd’hui, jour­na­liste de liens) m’a tou­jours sem­blé être une des briques de l’adn jour­na­lis­tique. Que la trans­mis­sion soit aujourd’hui plus hori­zon­tale, que la conver­sa­tion soit plus poly­pho­nique n’y change rien (sinon plus de plaisir).

    Certes, pro­pul­seur s’accorde mieux au voca­bu­laire du flux, mais dans votre approche, maître-nageur sau­ve­teur ferait aussi bien l’affaire et cela ne chan­ge­rait rien au fond. A force de se repaître de la ges­ti­cu­la­tion des patrons de l’industrie de l’information dont le modèle écono­mique est sous la ligne de flot­tai­son, on en vient à lan­cer des bouées, DU HAUT VERS LE BAS, aux pauvres sou­tiers jour­na­listes en cours de noyade !

    Désolé Thierry, je lis tou­jours vos billets avec inté­rêt et je par­tage l’essentiel du rai­son­ne­ment ci-dessus, mais le titre du billet ne passe pas. Per­son­nel­le­ment, je pense plu­tôt nou­velle chance. “Un nou­veau job”, “un nou­veau rôle”, ces deux expres­sions contiennent un je ne sais quoi de condes­cen­dance qui semble igno­rer que la notion de par­tage a tou­jours été une valeur ori­gi­nelle des métiers de l’information..

    Me voilà bien sérieux tout d’un coup !

  17. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    7 November 2009 @ 9:23

    Comme je l’ai déjà dit en com­men­taire le mot pro­pul­seur intègre et trans­cende par­ler et écrire… pas­seur ne va pas du tout, à la limite il est syno­nyme de connecter.

    J’ai arra­ché ce texte au cadre plus large de mon livre… je pense fran­che­ment que les jour­na­listes ne devien­dront pas des pro­pul­seurs devien­dront des chô­meurs. Et il en ira de même pour les écri­vains, les cinéastes… pour tous les créa­teurs de contenu.

  18. gravatar.com FreeBEEz ip:9
    2 November 2009 @ 22:58

    RT @crouzet: Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage http://bit.ly/yesSC /< bcp de choses ds ce nvo job…

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  19. gravatar.com tweetfrancais ip:9
    2 November 2009 @ 23:59

    RT: RT @crouzet: Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage http://bit.ly/yesSC /< bcp de choses ds .. http://bit.ly/38vut1

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  20. gravatar.com oli2be ip:9
    3 November 2009 @ 0:05

    Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage http://bit.ly/yesSC (via @crouzet) [++]

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  21. gravatar.com rosselin ip:9
    2 November 2009 @ 23:09

    RT @crouzet sur le jour­na­lisme, jour­na­lisme de liens, journalistes-propulseurs et journalistes-producteurs. http://bit.ly/yesSC

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  22. gravatar.com thierryweber ip:9
    3 November 2009 @ 0:09

    Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage http://bit.ly/yesSC (via @crouzet)

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  23. gravatar.com ferocias ip:9
    3 November 2009 @ 0:22

    RT @rosselin @RT @crouzet sur le jour­na­lisme, jour­na­lisme de liens, journalistes-propulseurs et journalistes-producteurs http://bit.ly/yesSC

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  24. gravatar.com ownicrew ip:9
    3 November 2009 @ 0:07

    #Owni­Crew Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage http://bit.ly/3vcbbl

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  25. gravatar.com rosselin ip:9
    3 November 2009 @ 1:14

    @Donjipez C un terme inventé par @crouzet (http://bit.ly/yesSC) Qqun qui pousse l’info vers les autres. Qui fait des RT, publie des liens…

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  26. gravatar.com proxiti ip:9
    3 November 2009 @ 1:35

    @florencedesruol Pro­duc­teurs et Pro­pul­seurs : bon article de @crouzet : http://tinyurl.com/yfy9nf4

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  27. gravatar.com AymericPontier ip:9
    3 November 2009 @ 2:47

    #mis­cel­la­nées Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage http://j.mp/2IFAt3

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  28. gravatar.com StevenJambot ip:9
    3 November 2009 @ 2:53

    Créa­teur de liens, nou­veau job pour jour­na­listes au chô­mage ? http://bit.ly/1k4gR3 [@crouzet]

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  29. gravatar.com AlexLemarie ip:9
    3 November 2009 @ 3:20

    Billet super inter­es­sant de @crouzet Créa­teur de liens, nou­veau job pour jour­na­listes au chô­mage ? http://bit.ly/1k4gR3 (via @StevenJambot)

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  30. gravatar.com Monolecte ip:9
    3 November 2009 @ 10:50

    Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage – @crouzet http://is.gd/4LLRi

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  31. gravatar.com maccimum ip:9
    3 November 2009 @ 10:57

    Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage… http://bit.ly/RdWcH

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  32. gravatar.com albertedenis ip:9
    3 November 2009 @ 11:55

    Un nou­veau job pour les jour­na­listes au chô­mage : http://bit.ly/1k4gR3

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  33. gravatar.com nicocre ip:9
    3 November 2009 @ 14:19

    Le jour­na­liste comme “pro­pul­seur” d’infos, créa­teur de liens (par @crouzet) : http://tinyurl.com/yfy9nf4

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  34. gravatar.com Luis_AL ip:9
    4 November 2009 @ 14:41

    Ave­nir des jour­na­listes au cho­mage par Thierry crou­zet dans le peuple des connec­teurs – http://bit.ly/3ZLgYB

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  35. gravatar.com Foguenne ip:9
    6 November 2009 @ 19:16

    Un nou­veau job pour les jour­na­listes au cho­mage” par Thierry Crou­zet http://bit.ly/RdWcH

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Titre (facultatif)

L'alternative nomade
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Vers une complexité volontaire.

Le cinquième pouvoir
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La décentralisation de la puissance politique.

Turista
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Voyager dans un pays inconnu avec une femme inconnue.

Équinoxe d’automne
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Paris, le 21 septembre 1991, j’avais 28 ans.

Croisade
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Un techno-thriller dont vous pourriez être la victime.