Slow blogging métaphysique

J’en pro­fite pour envoyer cette vidéo dif­fu­sée sur France24 le 21 novembre, juste parce que j’y appa­rais en bonbon.

Quelques nou­velles. Jeudi, j’ai envoyé mon manus­crit à mon éditeur. Les 150 pre­mières pages qui tiennent en gros même s’il reste pas mal de tra­vail. Les 80 pages sui­vantes flottent encore un peu. Je vous avoue que je m’attends à une réac­tion pas for­cé­ment posi­tive tant j’ai écrit ce que j’avais envie d’écrire et pas ce que mon éditeur attend que j’écrive. Ce livre est une col­lec­tion de billets qui se suivent.

Je me pose mille ques­tions sur la forme que doivent prendre mes pro­chains textes. Je sais que l’idée de livre n’a plus guère de sens et, à la fois, je sais qu’en m’enfermant plu­sieurs mois sur un manus­crit j’avance dans une autre direc­tion, et sur autre rythme, que sur le blog. J’ai besoin des deux formes. Mais je n’ai pas trouvé encore com­ment publier en ligne des textes longs qui auto­ri­se­raient en même temps l’interactivité.

J’ai bri­colé ces der­niers jours avec Com­ment­Press, un tem­plate Word­Press qui per­met de com­men­ter cha­cun des para­graphes d’un texte. Quand mon manus­crit tien­dra, je le publie­rai sur cette forme dans une sec­tion pri­vée pour afi­cio­na­dos. Ce sera l’occasion d’expérimenté. Il est par­fois dif­fi­cile de vivre une époque de transition !

Sinon je tiens le rythme sur Croi­sade et c’est peut-être le plus important.

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3 Tweets 14 Other Comments

21 commentaires à “Slow blogging métaphysique”

  1. gravatar.com Comment 0 ip:1
    28 November 2009 @ 22:31

    com­ment publier en ligne des textes longs qui auto­ri­se­raient en même temps l’interactivité”

    Quelle que soit la forme de publi­ca­tion en ligne, on ne peut pas réagir à 200 pages qui sont balan­cées d’un coup.

    Era­tos­thène” j’ai décro­ché tout de suite: tu envoyais trop de texte trop rapi­de­ment. Du coup je n’ai même pas suivi si tu avais fini ou pas.

    On a nos vies, nos lec­tures, on peut réagir au mieux à une page par jour.

    Ou alors il faut que Char­lie nous fasse la lec­ture, n’est-ce pas J ?

  2. gravatar.com Tweets that mention Slow blogging métaphysique -- Topsy.com ip:2
    29 November 2009 @ 0:13

    […] This post was men­tio­ned on Twit­ter by Jean-Marie Gall and breizh2008, owni­crew. owni­crew said: #Owni­Crew Slow blog­ging méta­phy­sique http://bit.ly/68Od7Y […]

  3. gravatar.com narvic ip:3
    30 November 2009 @ 13:56

    Nos réflexions blogo-métaphysiques se croisent. ;-)

    Je me pose beau­coup, en ce moment, la ques­tion de la “réflexion décon­nec­tée”. Tu n’y es pas pour rien d’ailleurs…

    J’ai blo­qué depuis quelques temps, par exemple, sur les réac­tions sur le web après les pro­pos de pla­teau radio-télévisés anti-internet de Fin­kiel­kraut. On était vrai­ment dans le flux, dans le réac­tif ins­tan­tané, entre “petites phrases” média­tiques et commentaires/billets/tweets réac­tifs “à chaud” sur le net. Et à part ta propre ten­ta­tive (“Si Fin­kiel­kraut avait rai­son ?), qui n’a pas vrai­ment pris, on est resté au degré zéro de la réflexion…

    Pour­tant, en fai­sant un effort (c’est à dire avec du tra­vail !), en se plon­geant dans les écrits livresques de Fin­kiel­kraut (en se décon­nec­tant du bruit média­tique — et des polé­miques — qu’il entre­tient volon­tai­re­ment autour de sa per­sonne, comme tous les autres !, pour assu­rer sa pro­mo­tion), on peut déjà consta­ter que Fin­kiel­kraut pour­suit sa réflexion sur inter­net depuis long­temps déjà (il a pro­duit un texte long et struc­turé, non polé­mique, sur le sujet dès 2001).

    En conti­nuant à creu­ser, on voit que cette réflexion déjà ancienne res­sur­git ces der­niers temps, notam­ment aux USA où elle sus­cite un réel débat (cf. notam­ment Andrew Keen, “Le culte de l’amateur” : je ne sais pas si Keen à lu Fin­kiel­kraut, ou s’il “réin­vente” ses idées de son côté, mais il s’agit bien de la même thématique).

    Face à Fin­kel­kraut comme Keen, les réac­tions épider­miques du “petit monde du web” sont plu­tôt déce­vantes. L’intérêt même de leurs objec­tions est nié, et la seule réponse qui est ren­voyées est très pauvre: ils n’y connaissent rien à inter­net, ce ne sont que des réac­tion­naires qui disent n’importe quoi. Bref, c’est assez court. Inter­ac­tif, certes, mais tota­le­ment super­fi­ciel… :-(

    Pour trou­ver une réponse construite et argu­men­tée à ces objec­tions au net (le net recèle une menace fatale pour la Culture), ce n’est là-encore pas sur le web que j’ai dû aller cher­cher, mais dans les livres, et sin­gu­liè­re­ment dans un livre que tu connais un peu, et que j’ai relu en entier pour l’occasion ;-) : “Le peuple des connec­teurs”… (sur le net, c’est une nou­velle forme de culture qui émerge)

    Je veux juste en venir à quelque chose de bien pro­saïque fina­le­ment, presque un lieu com­mun : le recul, la décon­nexion, sont par­fois utiles voire néces­saires à la réflexion. De plus, sur cer­taines ques­tions, tout n’est pas sur le web. Il faut même effec­tuer un tra­vail d’aller-retour entre web et hors-web, et aussi entre flux et fond, entre chaud et froid, etc.

    Slow blog­ging méta­phy­sique… ou l’art de la décon­nexion… ;-)

  4. gravatar.com Thierry Crouzet ip:4
    30 November 2009 @ 14:07

    Je me rends compte que je n’utilise plus twit­ter en ce moment d’ailleurs. :-) J’avance pour­tant. Sur la ques­tion Finki, j’ai beau­coup avancé d’ailleurs, j’en parle dans le livre… et aussi de la connexion/déconnexion… c’est la même oppo­si­tion que nomade/sédentaire…

  5. gravatar.com La Feuille » Archive du blog » Textes longs, textes courts : temps longs, temps courts ip:5
    3 December 2009 @ 9:59

    […] Dans un autre billet, il explique encore : « Je me pose mille ques­tions sur la forme que doivent prendre mes pro­chains textes. Je sais que l’idée de livre n’a plus guère de sens et, à la fois, je sais qu’en m’enfermant plu­sieurs mois sur un manus­crit j’avance dans une autre direc­tion, et sur autre rythme, que sur le blog. J’ai besoin des deux formes. Mais je n’ai pas trouvé encore com­ment publier en ligne des textes longs qui auto­ri­se­raient en même temps l’interactivité. » […]

  6. gravatar.com ownicrew ip:6
    29 November 2009 @ 0:00

    #Owni­Crew Slow blog­ging méta­phy­sique http://bit.ly/68Od7Y

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  7. gravatar.com jmgall ip:6
    29 November 2009 @ 0:05

    Slow blog­ging méta­phy­sique http://bit.ly/5FD8X9

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  8. gravatar.com breizh2008 ip:6
    29 November 2009 @ 0:12

    RT @jmgall: Slow blog­ging méta­phy­sique http://bit.ly/5FD8X9

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  9. gravatar.com JM Salaun ip:6
    3 December 2009 @ 14:42

    «Je sais que l?idée de livre n?a plus guère de sens»

    Bizarre cet a priori. Tant qu’on en res­tera à ces ostra­cismes, on n’avancera pas.

    «Il faut leur don­ner de la flui­dité. Une page par jour? Et ne pas figer la suite même si elle est déjà écrite. La lais­ser libre d?évoluer en fonc­tion des réactions. »

    D’autant que cette forme là n’est pas vrai­ment nou­velle, il s’agit du feuille­ton qui a fait la for­tune des jour­naux quand ils sont deve­nus popu­laires, y com­pris dans la réac­ti­vité face au lectorat.

    La ques­tion de la lon­gueur du contenu sur le web est sou­mise, il me semble, à deux impé­ra­tifs de l’économie de l’attention. Je pointe du doigt et je tape sur l’épaule. D’une part la néces­sité du rendez-vous régu­lier, de l’habitude qu’il fau­dra bien faire coïn­ci­der tôt ou tard avec les heures de la jour­née, car il dépend de la dis­po­ni­bi­lité des gens, comme dans les médias de flots. D’autre part, la néces­sité de l’accroche qui passe aujourd’hui prin­ci­pa­le­ment par les moteurs et les réseaux sociaux.

    Mais la concen­tra­tion est contra­dic­toire avec la connexion, je le répète conti­nuel­le­ment non pas pour de simples rai­sons tech­niques, mais bien à cause du modèle socio-économique qui est sup­porté par la tech­nique. C’est pour­quoi pour des textes longs, le livre, éven­tuel­le­ment dans sa ver­sion tablette, a plus que jamais tout son sens.

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  10. gravatar.com narvic ip:6
    3 December 2009 @ 15:38

    Deux com­men­taires supplémentaires.

    J’aime bien la remarque de JM Salaun : « la concen­tra­tion est contra­dic­toire avec la connexion ». Je res­sens ça aussi. Pour lire des textes longs (et pareil pour en écrire), j’éprouve ce besoin de décon­nexion, de limi­ter, autant que pos­sible, les occa­sions d’être dérangé ou dis­trait (même par la seule pos­si­bi­lité d’aller véri­fier si je n’ai pas reçu un nou­veau mail).

    Ma seconde remarque porte sur la linéa­rité de la lec­ture. Quand je lis un texte long, c’est sou­vent en plu­sieurs séquences (même si je pré­fère quand c’est pos­sible lire d’une traite). Il me faut chaque fois faire un effort de concen­tra­tion pour me repla­cer men­ta­le­ment dans une conti­nuité de lec­ture en repre­nant le texte.

    Je suis sou­vent gêné par l’hypertexte dans ce cas : que ce soient les liens cli­quables sur le net, ou leur forme « archaïque » des notes (quand elles sont en bas de page, ça va. Quand elles sont ras­sem­blées en fin de cha­pitre ou d’ouvrage, c’est pour moi une vraie gêne).

    Je ne suis pas per­suadé que la ques­tion soit celle de l’interface. Il me semble que la ques­tion acti­vité sociale ver­sus acti­vité soli­taire est pré­pon­dé­rante. Les textes courts, l’hypertexte, la navi­ga­tion, s’intègrent bien à une acti­vité sociale (com­men­taire, conver­sa­tion, par­tage de lec­ture, etc.). Mais, pour moi en tout cas, pas la lec­ture des textes longs…

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  11. gravatar.com Gérard ip:6
    3 December 2009 @ 17:05

    On lit 25% plus len­te­ment sur écran. La lec­ture à l’ancienne, c’est-à-dire d’un sup­port à écri­ture, ne gagne abso­lu­ment rien à son pas­sage à l’écran, bien au contraire. L’aspect fugace de la lec­ture entraîne beau­coup plus d’incompréhension et de mal­en­ten­dus que sur le papier. La sur-interprétation abonde, le juge­ment y est d’autant plus péremp­toire qu’il n’a aucun argu­ment sérieux à faire valoir. Lec­ture = temps. Pas le temps, pas de lec­ture. De l’affordance, de la réac­ti­vité, mais pas de pensée.

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  12. gravatar.com tcrouzet ip:6
    3 December 2009 @ 17:17

    Tout est ques­tion d’interface… notam­ment avec le texte. Le papier est une inter­face, un écran aussi, l’eink aussi… Quand je dis qu’il faut inven­ter une inter­face je pense pas obli­ga­toi­re­ment à l’écran, mais je sens aussi la néces­sité d’introduire l’interaction dans les textes longs. C’est pas contra­dic­toire avec la concen­tra­tion… j’ai besoin d’avoir cette pos­si­bi­lité autant en tant qu’auteur que lecteur.

    Quand au livre oui il est mort avec le flux… un texte n’est qu’un flux particulier.

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  13. gravatar.com Guillaume ip:6
    3 December 2009 @ 18:13

    Une réponse à toutes vos ques­tions est en cours de développement…

    Welo­ve­words sera le 1er réseau social fran­co­phone pour les auteurs de textes courts avec un maxi­mum d’outils de par­tage et de pro­mo­tion des textes. Les pro­blèmes de flui­dité dont vous par­lez sont au cœur de nos pro­blé­ma­tiques (nous avons prévu une vision­neuse tout à fait élégante).
    Nous serons en ligne en février, d’ici là, venez voir notre blog http://www.doyoulovewords.com

    A bien­tôt,

    Guillaume

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  14. gravatar.com Hubert Guillaud ip:6
    3 December 2009 @ 19:38

    Je suis pro­fon­dé­ment en désac­cord avec le pré­sup­posé que la connexion soit contra­dic­toire avec la concen­tra­tion, car la connexion ne veut pas dire néces­sai­re­ment être dérangé, cela peut aussi vou­loir dire accé­der. La concen­tra­tion n’a rien à voir avec nos outils, mais avec notre volonté. On peut igno­rer nos mails, nos agré­ga­teurs, twit­ter et se concen­trer sur une lec­ture longue voire très longue, en ligne. On peut même y reve­nir, reprendre là où on en était, tout comme un livre. Les inter­faces comme Com­ment­Press pour ma part, ou la mise en flux d’un livre (comme le jour­nal de Georges Orwell, me semblent depuis long­temps démon­trer qu’on peut lire un livre dans ce type de for­mat, avec notre propre tem­po­ra­lité et notre propre linéa­rité et notre propre dis­po­ni­bi­lité. Etre connecté ne veut pas dire obli­ga­toi­re­ment avoir une acti­vité sociale en ligne, être dérangé ou dis­trait. Encore une fois, la connexion c’est aussi l’accès.

    Ce n’est pas en ver­sion tablette que j’ai envie de lire des textes longs, c’est au for­mat web, afin de pou­voir avoir accès à tous les outils qui me per­mettent d’augmenter le texte que je lis le cas échéant, de pou­voir réagir, de don­ner mon avis.

    Je pense pro­fon­dé­ment que c’est une ques­tion d’interface, de la manière dont les textes longs sont acces­sibles ou peuvent venir à nous.

    Le feuille­ton n’est certes pas une forme nou­velle (mais je moque pas mal de la nou­veauté), la ques­tion est sur­tout com­ment faire vivre un contenu long ? Com­ment le rendre acces­sible et mani­pu­lable ? Com­ment faci­li­ter à la fois une lec­ture dans sa lon­gueur et nos envies de réactivité ?

    Je vais y reve­nir, car ça me semble, à moi capi­tal. Je n’ai pas très envie d’accéder à des livres/fichier au for­mat élec­tro­nique, qui m’impulsent dans la même posi­tion de lec­ture que le livre papier. Je veux chan­ger de mode de lec­ture. Pou­voir à la fois être concen­tré sur ma lec­ture et à la fois pou­voir inter­agir avec l’auteur.

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  15. gravatar.com Christophe D. ip:6
    3 December 2009 @ 19:43

    Une grosse dif­fé­rence entre l’interface papier et l’interface numé­rique est la pos­si­bi­lité de para­mé­trage (on peut aussi para­mé­trer un livre, mais côté pro­duc­tion seule­ment). Pour ceux qui pré­fèrent lire un texte long d’une traite, sans être dérangé, rien ne devrait empê­cher de le faire sur sup­ports numé­riques — avec la pos­si­bi­lité de ne pas affi­cher les liens, les com­men­taires et autres enri­chis­se­ments pos­sibles. Il faut bien entendu que les fonc­tions appor­tées soient un plus pos­sible et non quelque chose d’imposé et de dérangeant.

    Je retiens égale­ment cette phrase de Gérard : « Pas le temps, pas de lec­ture. »
    D’où l’intérêt d’ouvrir les textes longs aux lec­teurs qui n’ont pas for­cé­ment l’envie ou la pos­si­bi­lité de se concen­trer sur des textes longs (même si je peux com­prendre que cela fasse bon­dir cer­tains auteurs sur cer­tains types de textes qui sont for­cé­ment construits pour être lus dans leur inté­gra­lité) avec des fonc­tion­na­li­tés qui devraient être pro­chai­ne­ment pos­sibles par le for­mat numé­rique (mon pré­cé­dent com­men­taire ne donne qu’un exemple). Quelqu’un qui n’a pas le temps mais qui est inté­ressé par un sujet, une idée ou un auteur « ne res­te­rait plus à ma porte » devant un pavé fer­me­ment déli­mité de plu­sieurs cen­taines de pages, mais aurait au moins la pos­si­bi­lité de regar­der par la fenêtre pour en tirer quelques infor­ma­tions. Mieux vaut cela au refus com­plet du texte de la part de ceux qui n’ont pas le temps ou l’habitude de lire du texte long, que ce soit sur papier ou sur écran d’ailleurs.

    C’est un sujet qui me touche par­ti­cu­liè­re­ment car j’ai la sen­sa­tion qu’on touche là à l’un des prin­ci­paux enjeux de la lec­ture numé­rique : ame­ner plus de lec­teurs vers les textes et pas seule­ment faire gon­fler le CA d’Amazon, de Sony et autres indus­triels. Passionnant.

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  16. gravatar.com JM Salaun ip:6
    3 December 2009 @ 21:56

    Hubert Guillaud dit :
    «La concen­tra­tion n’a rien à voir avec nos outils, mais avec notre volonté. »

    C’est là faire un péché d’orgueil en contra­dic­tion avec l’histoire des médias. Encore une fois, ne par­lons pas d’outil sans rela­tion avec leur envi­ron­ne­ment socio-économique, cela n’a pas grand sens. Bien sûr, on peut se concen­trer sur un écran, mais le sys­tème du web, dans son écono­mie actuelle tend à réduire cette concen­tra­tion. Bien sûr on peut faire un effort de volonté pour la main­te­nir, mais ce n’est pas de cette façon que l’on construira un média pérenne dans sa dimen­sion sociale et encore moins économique.

    Lorsque je disais que la forme feuille­ton exis­tait depuis long­temps, c’était pour mon­trer com­bien elle était liée à une forme de média, le pre­mier à avoir inven­ter l’économie de l’attention. D’ailleurs sous une forme papier, comme quoi il ne s’agit pas de sup­port, mais bien de modèle socio-économique. Le feuille­ton au 19ème siècle est ensuite devenu livre pour bien des auteurs et pas des moindre (Dumas, Zola, Sue, etc.). Autre­ment dit, la forme longue était le livre. On peut peut-être ima­gi­ner des formes longues sous for­mat numé­rique ne repre­nant pas celles des pages du livre, par des liens, par de l’image et du son. Mais dès que l’on place les éléments sur le réseau dans un for­mat ouvert et connecté, alors on est sou­mis à la logique du Web.

    La notion de flux me parait très ambigüe. Renvoie-t-elle au temps qui passe, au signal, au réseau ? Sans pré­ci­sion, il est facile d’affirmer une chose ou son contraire à par­tir du même mot.

    En disant cela, je ne me dés­in­té­resse pas des formes à inven­ter sur le net.

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  17. gravatar.com hguillaud ip:6
    3 December 2009 @ 22:21

    Oui Jean-Michel, entendu comme cela, je vous suis plus volon­tiers. Per­met­tons à ce média (même s’il n’est pas qu’un média), de faci­li­ter aussi la concen­tra­tion. Or, il le per­met égale­ment. Quand je vois des expé­riences uti­li­sant Twit­ter en classe par exemple, je vois des étudiants qui se concentrent pour syn­thé­ti­ser ce qui est dit, pour com­prendre ce qu’ils entendent, et pas néces­sai­re­ment une dis­trac­tion sup­plé­men­taire. Quand je vois les mêmes cher­cher des com­plé­ments en ligne, des argu­ments sup­plé­men­taires, pour ma part, je vois les pos­si­bi­lité d’augmentation et de concen­tra­tion que cela per­met. Quand je vois les com­men­taires ou les track­backs sous un billet, je vois aussi les liens qui per­mettent d’approfondir. Résu­mer l’internet à un outil de dis­trac­tion me semble ne le voir que sous un angle, une forme de ce qu’il per­met. Dit autre­ment, la logique du web n’est pas qu’une logique de dis­trac­tion, bien au contraire.

    Oui, la notion de flux est ambigüe. Il nous faut aller plus avant pour pré­ci­ser ce qu’elle est.

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  18. gravatar.com narvic ip:6
    3 December 2009 @ 23:49

    Loin de moi l’idée de résu­mer inter­net à un outil de dis­trac­tion. Et d’ailleurs, je ne témoigne que de mon propre usage et de mon sentiment.

    La concen­tra­tion est une ques­tion de volonté ? Sûre­ment. Mais j’en ai peu. Pour ma part la ques­tion n’est pas tel­le­ment celle de l’écran contre le papier, mais bien celle de la connexion. Me lan­cer dans un texte long sur écran, ça veut dire pour moi cou­per ma connexion inter­net. Sinon, je ne sais pas résis­ter à faire des pauses, lire quelques mails, jeter un oeil sur mon agré­ga­teur ou sur Twit­ter. Bref rompre ce moment d’isolement tem­po­rel et social de la lec­ture longue, pour me rebran­cher sur des flux sociaux. Il m’arrive sou­vent de m’y perdre. Reve­nir à la lec­ture longue après de telles pauses est sou­vent très difficile.

    Avec le livre papier (pas vrai­ment essayé les liseuses dans ces condi­tions), je pro­fite plu­tôt des pauses que je m’accorde pour aller aux toi­lettes ou dans le frigo.

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  19. gravatar.com tof ip:6
    4 December 2009 @ 11:09

    J’ai du mal a sai­sir l’interet de trans­for­mer un contenu sta­tique en flux dyna­mique. Cela me semble aussi inadapte que les BD qui sont trans­for­mees pour etre lues sur iPhone ou PSP: la lec­ture se fait plus ou moins cases, alors que le decou­page a ete spe­ci­fi­que­ment fait pour un for­mat de page donne, et exploite celui-ci pour par­fois don­ner des com­po­si­tions ori­gi­nales (plu­sieurs planches dans la BD Pro­mo­thea d’Alan Moore et JH Williams, ou bien dans Lit­tle Nemo de Win­sor McCay), voire pour explo­ser les cases. Par consequent, ne pou­voir appre­hen­der la page (ou la double-page par­fois) dans son inte­gra­lite ne per­met pas d’en pro­fi­ter comme on le devrait.
    La logique vou­drait plu­tot que l’on pro­duise du contenu exploi­tant les spe­ci­fi­cites d’un nou­veau sup­port, plu­tot que d’essayer de bidouiller pour trans­po­ser du contenu d’un autre support.

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  20. gravatar.com Frederic Kaplan ip:6
    8 December 2009 @ 11:18

    Pas­sion­nante dis­cus­sion… notre pre­mier constat avec Books­trap­ping (http://www.bookstrapping.com) c’est que la fre­quen­ta­tion du site est plu­tot bonne mais que mal­gré tout encore rela­ti­ve­ment peu de per­sonnes com­mentent les pages des livres. Il y a sans doute pas mal de rai­sons pos­sible a cela. L’interface loin d’être opti­male en est sur­ement une. Mais je crois qu’il y a aussi autre chose qui n’a pas ete vrai­ment évoqué dans la dis­cus­sion ici. Avec les textes longs, l’auteur gagne en « autorité ». Le texte long, et encore plus le livre publié, sont du coup plus dif­ficle à com­men­ter à la legere. Alors qu’un billet court est par essence moins finis, plus ouvert à la discussion.

    Dans books­trap­ping nous sommes face à un para­doxe inter­es­sant puisque nous essayons de lan­cer des dis­cus­sions sur des mor­ceaux courts (les pages) de textes longs (les livres). Mais pour les com­men­ta­teurs c’est un exer­cice plu­tot dif­fi­cile par ils ne peuvent pas faire abs­trac­tion du fait que la page s’inscrit dans l’ensemble du bou­quin et que donc ils ne com­mentent pas veri­ta­ble­ment un pro­pos isolé. Il y a tou­jours le risque que la reponse a leur com­men­taire soit quelques pages plus loin. C’est dangereux.

    Sur le bou­quin de Gilles Lipo­vetsky, « le bon­heur paradoxal » j’ai essayé autre chose. Limi­ter mes com­men­taires à la mise en relief de cer­tains pas­sages du livre, sans leur asso­cier veri­ta­ble­ment de juge­ment.
    http://www.bookstrapping.com/fr/2070379884/
    En tant que lec­teur j’ai trouve cette acti­vité assez adap­tée a mon flux de lec­ture. Si cette uti­li­sa­tion se confirme comme per­ti­nente je modi­fi­rai l’interface de books­trap­ping pour faci­li­ter ce type d’annotation inter­me­diaire entre le book­mark et le com­men­taire… Vos avis sont bienvenus.

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  21. gravatar.com hguillaud ip:6
    8 December 2009 @ 13:59

    @Frédéric : C’est égale­ment une grande par­tie de mon usage : le relevé de cita­tions… Mais si 500 per­sonnes font des rele­vés de cita­tion dans le même livre, tu risques sur­tout de le rendre entiè­re­ment acces­sible . Moi ça ne me gène pas au contraire… Ca per­met­trait même de construire des moteurs de références…

    Mais je suis per­suadé qu’il y a des auteurs et des éditeurs qui vont trou­ver à redire.

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  22. gravatar.com Frederic Kaplan ip:6
    8 December 2009 @ 15:46

    Je ne crois pas du tout que les edi­teurs (et encore moins les auteurs qui de toute facon ne gagnent en gene­ral presque pas d’argent avec leurs livres) sont oppo­sés a rendre le contenu de leur livre entie­re­ment acces­sible. Le pro­bleme c’est qu’il n’y a aujourd’hui pas vrai­ment de maniere adapté pour le faire. Si on met le livre com­plet sur Google ils demandent semble-t-il d’avoir les droits d’exploitation inter­na­tio­naux des­sus. Ce qui n’est pas accep­table pour la plu­part des edi­teurs. Il y a d’autres pla­te­forme de dif­fu­sion (scribd, etc.) mais elles reviennent fina­le­ment a mettre le pdf en ligne, ce qui n’a pas un grand interet.

    Ce qu’il faut creer aujourd’hui ce sont des inter­faces pour per­mettre la pro­pa­ga­tion, l’enrichissement et la dif­fu­sion du contenu des livres sans pour autant deman­der d’avoir les droits d’exploitation des­sus. De ce point de vue plu­sieurs edi­teurs se sont mon­trés tres inter­essé a ce qu’on deve­loppe ce ser­vice sur books­trap­ping : rendre le contenu de leurs col­lec­tions acces­sibles par un outils qui per­mettent d’enrichir le contenu et de le rendre simu­la­te­ne­ment acces­sible, com­men­table, aug­men­table sur plu­sieurs formes (lec­ture web, lec­ture sur iPhone). D’apres ce que j’ai pu voir, pour pou­voir bene­fi­cier d’un tel ser­vice il sont tout a fait pret a prendre le « risque » (quel risque?) de rendre le contenu du livre entiè­re­ment accessible.

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