Attali n’a pas prévu le Flux

Nomade

Mon nou­veau livre ayant pris une tour­nure très nomade, j’ai lu L’Homme nomade d’Attali. Les sept pre­mières par­ties racontent notre his­toire du point de vue des nomades. C’est une col­lec­tion de dates, de noms de tribu, une longue liste de copier-coller de Wiki­pe­dia. Un sur­vol sans pro­fon­deur qui a le mérite d’éveiller par­fois la curio­sité, jamais de l’étancher (tout cela sent le tra­vail de quelques nègres).

Attali a repris l’idée d’une Alter­na­tive Nomade de Chat­win sans lui appor­ter aucun cré­dit. Je suis même pas sûr qu’il l’ait lu. Il liste en pas­sant, avec d’autres, sans s’arrêter, pressé.

Attali part du constat que nous avons été nomades pour l’essentiel de notre his­toire jusqu’à la révo­lu­tion néo­li­thique il y a 10 000 ans. Nous serions à nou­veau en train de rede­ve­nir nomade. L’état séden­taire n’aurait été qu’un épiphé­no­mène. C’est ni plus ni moins que la thèse que Chat­win a for­mu­lée pour la pre­mière fois en 1969.

Dans les deux der­nières par­ties, Attali prend enfin la parole et tombe dans son tra­vers habi­tuel : « Il semble aujourd’hui pos­sible de dis­cer­ner l’avenir le plus loin­tain sans rien connaître du détail des pro­chains évène­ments. » Noter la façon adroite de retom­ber sur ses pieds pour ne pas être pris en faute flagrante.

J’ai déjà sou­vent dit com­bien je trou­vais cette rhé­to­rique mal­hon­nête. Jouer à pré­voir l’avenir pour­quoi pas mais annon­cer que c’est une science, c’est insup­por­table, une façon de ber­ner les imbé­ciles. En plus ça fait vendre parce que les gens attendent des oracles.

Je suis un pop­pe­rien. Est scien­ti­fique une théo­rie fal­si­fiable. Les pré­vi­sions d’Attali ne le sont pas car il faut attendre l’avenir, tou­jours situé loin, pour savoir s’il aura rai­son. Nous ne pou­vons nous-mêmes les fal­si­fier et, le jour où ce sera pos­sible, Attali ne sera plus là. Tout le monde s’en fichera. En consé­quence, Attali abuse de la technique.

On ne peut pré­voir que les évolu­tions linéaires, celles qui reviennent à pro­lon­ger les courbes exis­tantes. Mais face à des bou­le­ver­se­ments his­to­riques cette méthode est vaine. Ainsi dans ce livre de 2003 Attali passe à côté de la crise du capi­ta­lisme. Il croit que les entre­prises dépas­se­ront les États, se défe­ront d’eux. C’est tout le contraire qui s’est pro­duit avec les banques en 2008 et ça recom­men­cera (est-ce un détail ?).

Attali ima­gine la fusion des séden­taires et des nomades, il parle de trans­hu­mains. Moi je crois que nous bas­cu­lons déjà dans un état qui intègre et trans­cende le séden­ta­risme et le noma­disme. C’est le « trans­cende » qui est impor­tant. Quelle est la nou­veauté radi­cale, celle qui pro­voque la rup­ture, celle qui équi­vaut à la séden­ta­ri­sa­tion à l’époque néo­li­thique ? Le flux. Le fait que l’information soit en train de deve­nir liquide.

Attali nous décrit un monde où le flux n’existe pas. Il évoque bien le noma­disme vir­tuel grâce à Inter­net mais il ne voit pas que nous avons inventé un nou­veau ter­ri­toire où nous noma­di­ser, un ter­ri­toire qui pour nous n’a rien de vir­tuel. Ce texte est-il vir­tuel ? Êtes-vous virtuels ?

Pour Attali, l’argent, la foi et la liberté sont les valeurs des nomades. Le séden­taire aurait le sens du long terme et de la nature. N’est-ce pas plu­tôt le contraire ? La plu­part des nomades jus­te­ment ont sou­vent atta­ché beau­coup d’importance à pré­ser­ver la terre. Attali dit encore que l’éducation, la santé et la pro­tec­tion de l’identité sont le propre du séden­taire. Dou­teux, contes­table, faux.

La liberté vaut pour le noma­disme dans le flux mais l’argent et la foi, je ne vois guère. En même temps, par ins­tant, Attali dit des choses pas absurdes : « […] cha­cun pui­sera, pour se construire, une morale per­son­nelle, tout en recon­nais­sant aux autres le droit d’en faire autant. Sa culture, sa pro­fon­deur phi­lo­so­phique, sa morale par­ti­ci­pe­ront ainsi à la diver­sité des éthiques à venir. » Ni plus ni moins que le rela­ti­visme prôné par les post­mo­dernes durant les années 1990. Mais pour­quoi écrire au futur ?

Attali reste englué dans la démo­cra­tie contem­po­raine comme si elle ne pou­vait pas évoluer. Il pense trop à l’Amérique, à la Chine, à l’Islam… comme si à force de lire la presse il ne pen­sait plus qu’à ce dont parle la presse. À le lire, j’ai l’impression que nous aurions atteint cette fin de l’histoire théo­ri­sée par Fukuyama. À force de lis­ter les inva­sions nomades, Attali croit que c’est de l’extérieur que vient tou­jours le chan­ge­ment. Il oublie la pos­si­bi­lité de l’insurrection. Je crois ainsi que c’est de l’intérieur que le chan­ge­ment actuel arrive (et je ne parle pas au futur). Les séden­taires se noma­disent. Ils changent de ter­rain de jeu et de règles de jeu en pas­sant au flux (le flux est-il un détail ?).

  • del.icio.us
  • Facebook
  • LinkedIn
  • Posterous
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • FriendFeed
  • Twitter
  • Identi.ca
  • Print

Tags: , / Dialogue

5 Tweets

51 commentaires à “Attali n’a pas prévu le Flux”

  1. gravatar.com mtislav ip:1
    2 December 2009 @ 17:33

    Crou­zet nous réécrit l’insurrection qui vient ?

    Lire Attali ? Trop tragique.

  2. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    2 December 2009 @ 17:41

    J’ai écrit l’insurrection qui vient en 2005 quand je tra­vaillais au peuple des connec­teurs ;-)

    Et j’ai pas lu Attali par plai­sir :-) Je connais rien de plus insipide.

  3. gravatar.com steph ip:3
    2 December 2009 @ 19:44

    Attali… Hon­nê­te­ment, c’est une perte de temps. Depuis des années, il se com­plet dans un cos­tume pous­sié­reux qu’il tente de dépous­sié­rer en “inven­tant” l’avenir.
    Comme c’est pas lui qui écrit, il ne sait pas de quoi il parle.

    Je crois que le terme d’insurrection est mal choisi.
    Il ne s’agit pas d’une insur­rec­tion. Du reste toutes les insur­rec­tions ont mené nul part (mai 68, mani­fes­ta­tions monstres en tout genre, etc…). Tout le monde attend l’insurrection depuis des années (un nou­veau mai 68 ? une nou­velle prise de la bas­tille ?) mais elle n’aura jamais lieu, car toutes ont été des échecs.

    Je par­le­rais plu­tôt de r-évolution ram­pante. Pour­quoi se prendre la tête à chan­ger un sys­tème par la force ?
    Pour­quoi ne pas chan­ger, tout sim­ple­ment ?
    C’est ce que font des mil­lions de gens : ils télé­chargent de la musiques, des films, lisent les presses en ligne, invitent les potes à la mai­son plu­tôt que de cas­quer au resto (en plus on peut pas fumer), ils cultivent un petit bout de jar­din (même sur un bal­con), ils regardent moins la télé, se docu­mentent en ligne avant d’aller dis­cu­ter avec le ven­deur de la fnac pour un achat (pour se rendre compte que ce der­nier ne com­prends rien à ce qu’il vend), uti­lisent skype ou msn pour par­ler des heures aux amis plu­tôt que de payer la note de FT, se débrouille pour trou­ver des bon plans en ligne (le bon coin, ebay, face­book) , décident en ligne avec les potes pour savoir s’ils vont aller se faire vac­ci­ner (avec toutes les salades qu’on nous sert, com­ment ne pas pen­ser que le gou­ver­ne­ment essaye de nous rou­ler dans la farine ?), véri­fient les conne­ries de mr le pré­sident de la répu­blique (soit disant devant un cer­tain mur un cer­tain 9 novembre 1989…), etc etc etc …

    Bref, tout ça se déroule dans une sorte de marge, hors sys­tème, hors canaux tra­di­tion­nels dont on sait qu’ils sont pipés et contrô­lés par des ren­tiers qui s’en foutent roya­le­ment à par­tir du moment ou le pognon rentre.

    Ce n’est pas une insur­rec­tion.
    C’est un sys­tème paral­lèle qui se déve­loppe et concur­rence peu à peu celui mis en place par les dif­fé­rents pou­voirs (du pole emploi au asse­dic en pas­sant par le ser­vice des cartes grises, rien ne fonc­tionne cor­rec­te­ment, beau­coup de ser­vices sont débor­dés, blo­qués dans l’incapacité d’anticipiter, de voir au-delà de l’urgence immé­diate — c’est très valable aussi dans le privé).
    Une démerdo-cratie ou démo­cra­tie assy­mé­trique, ou tout est flu­di­fié, liquide (mais loin d’être trans­pa­rent, on est bien d’accord, mais est-ce néces­saire d’être trans­pa­rent?), se pro­pa­geant, se dif­fu­sant, depuis n’importe où vers des mil­lions de n’importe autres.
    C’est un sys­tème inven­tif, on tente, on expé­rie­mente, on se plante, on réus­sit, on se redresse, on change, on vire de 180 degrés, …
    Comme toute les lames de fond, invi­sible pen­dant long­temps avant qu’elle n’éclate au grand jour, per­sonne ne peut ni la contrô­ler, ni la régu­ler.
    Ce n’est pas le para­dis ou un nou­vel havre, non, c’est un moyen de contour­ner les dif­fi­cul­tés impo­sées par le sys­tème actuel

  4. gravatar.com Pierre-Alexandre Xavier [@tempsfuturs] ip:4
    2 December 2009 @ 19:59

    Insur­rec­tion, culture paral­lèle, émer­gence de l’invisible, résis­tances… Ça vaut une table ronde tout ça. Ce qui est sûr, c’est qu’on invite pas Attali, ou alors pour lui tailler un cos­tard. Mais de toutes façons il s’en fout. Ses bou­quins se vendent comme des sachets de brioches de super­mar­ché.
    Son royaume c’est la fic­tion et fran­che­ment, je ne suis même pas sûr qu’il les écrivent ses bou­quins tant ils sont dif­fé­rents dans leurs styles et n’ont en com­mun que le nom de l’auteur…

  5. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    2 December 2009 @ 20:35

    Une insur­rec­tion c’est un chan­ge­ment qui vient de l’intérieur par oppo­si­tion à une inva­sion qui vient de l’extérieur. Mais l’insurrection n’a pas néces­sai­re­ment à être vio­lente. Celle que j’imagine en tout cas.

  6. gravatar.com steph ip:3
    2 December 2009 @ 20:41

    Donc, tu impli­cites que, poten­tiel­le­ment, nous sommes tous des insur­gés ?
    C’est une idée, mais en même temps, je me sens pas insurgé.

  7. gravatar.com Pierre-Alexandre Xavier [@tempsfuturs] ip:4
    2 December 2009 @ 20:53

    Insur­gés, c’est ce qu’elle raconte la dame dans son livre au titre accro­cheur… Mais qui dit insur­rec­tion, dit oppo­si­tion, résis­tance, contre-pouvoir (et inver­se­ment).
    C’est vrai que ça vient de l’intérieur. Mais de l’intérieur de quoi et contre qui ?
    Autant de ques­tions exis­ten­tielles aux­quelles le bon Jacques ne pou­vait décem­ment pas répondre. Lui, il n’y a que sa pro­pa­gande qui l’intéresse…

  8. gravatar.com J ip:5
    2 December 2009 @ 22:45

    Mmmmh. Attali, insur­rec­tion, démer­do­cra­tie, et tou­tim
    :-/ (moue)

  9. gravatar.com Stella Star ip:6
    3 December 2009 @ 5:35

    On aurait tort de croire que lire Attali est une perte de temps : étant jus­te­ment, à lui seul (ou avec ses nègres !) — une vaste impos­ture nui­sible et arro­gante, il est le reflet de l’époque et per­met donc, par ses non-livres, de mieux la cerner…

  10. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 December 2009 @ 8:09

    Pas tous insur­gés… ça se serait… mais j’écris un manuel d’insurrection indi­vi­duelle… faire sa révo­lu­tion pour soi c’est déjà pas mal et ça com­mence par là.

  11. gravatar.com Che 00 ip:7
    3 December 2009 @ 9:21

    faire sa révo­lu­tion pour soi”

    Pour J il faut pré­voir deux tomes.

    Et si je par­lais son lan­gage j’ajouterais : en forme de suppositoire.

  12. gravatar.com charlie ip:8
    3 December 2009 @ 10:09

    Mouais, bon l’avantage d’Attali, c’est que ça se lit en 20 mn. J’ai fait ça pour l’avant der­nier (ou l’avant-avant der­nier ?) : sau­pou­drage de dates et événe­ments his­to­riques plus ou moins roman­cés, sur fond de néant ana­ly­tique et d’une convic­tion éton­nante que connaître la date de la mort de Jeanne d’Arc per­met de pré­dire l’avenir.
    Après Maf­fes­soli et qui tente de faire pas­ser ses impres­sions fumeuses pour de la socio­lo­gie, Attali ! Atten­tion Thierry, on rigole, on rigole, mais tu vas fati­guer :-)
    Nostra­da­mus, c’est plus drôle.

    Sinon, je dois dire que la lec­ture des com­men­taires m’a… heu… déprimé ?
    Si “chan­ger” c’est invi­ter des potes à dîner et dis­cu­ter avec le ven­deur de la fnac, on les a pas sor­ties des ronces…
    Et le “toutes les insur­rec­tions ont mené nul part”… Déjà, mai 68, en France, c’est une grève géné­rale, pas une insur­rec­tion. En même temps, je com­prends bien que si “chan­ger”, c’est trou­ver le “bon plan sur ebay”, une manif, c’est car­ré­ment 1789.

    Révo­lu­tion” c’est encore un autre pro­blème.
    (si je vous emmerde à écrire tou­jours les mêmes com, dites-le, hein, parce que à force, je me demande. Mais bon, je n’ai pas beau­coup dormi, je suis un peu fati­guée, etc.)
    Donc, “révo­lu­tion”. Sert à dési­gner cer­tains événe­ments his­to­riques, déli­mi­tés. Ex : la Révo­lu­tion fran­çaise, la Révo­lu­tion russe, la Révo­lu­tion ira­nienne. A part ça, his­to­ri­que­ment, ce n’est pas un concept d’analyse. Les auteurs qui cherchent à en faire une caté­go­rie cafouillent assez vite, à par­tir des trois exemples pré­cé­dents : il faut trou­ver des points com­muns, les trans­for­mer en “causes”, évacuer les dif­fé­rences pro­fondes entre ces trois socié­tés. Sans même par­ler du fait que la “Révo­lu­tion” est for­cé­ment défi­nie par son issue (et oui, sinon, ce n’en est pas une), ce qui me pose un petit pro­blème rap­port à la logique.
    Après, poli­ti­que­ment, c’est autre chose. Notam­ment en France, depuis le congrès de Tours, l’opposition révolutionnaires/réformistes s’est rejouée à plu­sieurs reprises et a struc­turé assez pro­fon­dé­ment la gauche. C’est une tra­di­tion qui pèse lourd, puisqu’elle a lar­ge­ment dépassé son milieu d’origine. C’est davan­tage une idéo­lo­gie.
    A mon avis, ça ne sert à rien.
    Insur­rec­tion, c’est à peu près pareil, sauf qu’il y a plus d’exemple de faits à mettre dans la rubrique.
    Le pro­blème reste tou­jours le même : com­ment arti­cu­ler l’individuel et le col­lec­tif… Chan­ger pour soi “c’est déjà pas mal”. Sans doute. Mais ça ne va pas suf­fire :-)

  13. gravatar.com Pie 000 ip:7
    3 December 2009 @ 10:29

    Char­lie, il y a deux types de révo­lu­tions (en plus des autres pour les ama­teurs de mouches) :

    1 — les révo­lu­tions sociales :
    on change la forme de la société, l’organisation du pou­voir, les pri­vi­lèges, le droit du tra­vail, la répar­ti­tion des richesses, etc

    2 — les révo­lu­tions cultu­relles :
    on change les valeurs fon­da­men­tales de la vie, les buts pour­sui­vis, la valo­ri­sa­tion morale des hommes selon leurs acti­vi­tés (prêtres, guer­riers, cultivateurs…)

    -

    On a certes tou­jours besoin de révo­lu­tions sociales pour amé­lio­rer la condi­tion des uns ou des autres,

    mais les grands enjeux qui sont devant nous appellent sur­tout une révo­lu­tion culturelle.

    -

    Par exemple : l’attitude face à la consom­ma­tion.
    La remise en cause de la valo­ri­sa­tion des hommes par leurs pos­ses­sions maté­rielles, etc.

    -

    Il n’y a pas besoin d’insurrection armée pour cela, c’est une révo­lu­tion culturelle.

    Ici l’exemple à suivre n’est pas tel­le­ment la Révo­lu­tion Fran­çaise (qui a aussi amené la société de consommation).

    On cherche une révo­lu­tion qui ne se contente pas de chan­ger les rap­ports de force entre les hommes.

    On est davan­tage dans une réflexion sur l’être et l’avoir.

    -

    Il y a une révo­lu­tion que tu ne cites pas, c’est la révo­lu­tion chrétienne.

    A part l’illuminé phy­rezo le fan du pape, on n’est pas croyant ici, et on ne cherche pas une nou­velle religion,

    mais la révo­lu­tion chré­tienne est inté­res­sante : révo­lu­tion cultu­relle qui por­tait sur la défi­ni­tion de la per­sonne et sur les objec­tifs de vie, sur l’attitude face au monde et ses pos­ses­sions, sur la valeur réelle des hommes au-delà de leurs rangs sociaux…

  14. gravatar.com J ip:5
    3 December 2009 @ 11:17

    je n’ai pas trop saisi le rap­pro­che­ment Attali / Maf­fe­soli de la part de dixit triple bour­sou­flure ‘la brillante belle et tout et tout Char­lie’
    :)

    thierry, après bien des réflexions et des conver­sa­tions sur ce sujet ”Chan­ger la société Ver­sus Chan­ger l’individu à com­men­cer par soi même”, j’en suis arrivé à la conclu­sion que c’est abso­lu­ment intri­qué, de plu­sieurs façons pas le temps d’exposer pré­ci­sé­ment désolé.

    d’autre part, j’ai pu noter qu’il arrive que cet argu­ment “change toi toi même” sous ses appa­rences de sagesse et son indé­niable qua­lité masque soit une peur des consé­quences per­son­nelles à s’engager dans le chan­ge­ment social, soit un refuge après le constat de la dif­fi­culté à agir sur les règles de fonc­tion­ne­ment de la société.

  15. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 December 2009 @ 11:39

    Je dis qu’on peut consciem­ment chan­ger la société en chan­geant sa façon de vivre. C’est ça faire de la poli­tique. Bien sûr que les deux sont liés. Mais les hommes poli­tique qui veulent tout chan­ger et sont inca­pables de se chan­ger me dépriment. Suf­fit de regar­der tous ces écolos inca­pables de vivre en écolo. Lepage par exemple.

    Aujourd’hui on est assez libre pour engen­drer d’immenses trans­for­ma­tions à notre niveau. ça ne nie pas d’autres méthodes. Mais c’est autres méthodes ont peu de chance d’aboutir si ça com­mence pas aussi à notre niveau.

  16. gravatar.com J ip:5
    3 December 2009 @ 12:27

    eh bien dis donc, tu n’aurais pas trop fumé avec Mary­lin toi? :) : ”Mais c’est autres méthodes ont peut de chance”

    sinon, pour­quoi fais tu le lien entre ce que je disais et les organes et per­son­nages poli­tiques (actuels)?
    tu appliques ainsi un rétré­cis­se­ment éton­nant de ta part.

    il y a de mon point de vue plus de Poli­tique par exemple en Jimmy Whales ou Page&Brin (oh!) qu’en Sar­kozy ou Aubry ou les autres.
    si tu veux, l’âme de Jau­rès elle serait pas au PS ou au PC à l’heure actuelle, et celle de De Gaulle pas à l’Ump ou au Modem ; quant à celles de Rous­seau ou Robes­pierre je te laisse voir.

    c’est très impor­tant le ‘Actuel’, tou­jours.
    il n’y a que les 000 -;) pour ne jamais prendre en compte la dimen­sion ‘Temps et Cir­cons­tances’ dans les analyses.

  17. gravatar.com Pierre-Alexandre Xavier [@tempsfuturs] ip:4
    3 December 2009 @ 12:50

    Chan­ger la société en com­men­çant par chan­ger soi-même…

    L’idée est sédui­sante mais pure­ment Socra­tique. La liberté d’action ou de pen­sée ne suf­fisent pas, d’autant qu’elles ne sont que des vues de l’esprit, ou plu­tôt le fait d’interprétations per­son­nelles et rela­tives. Ce qui manque dans la pro­po­si­tion de chan­ge­ment per­son­nel, ou de révo­lu­tion inté­rieure, c’est le modèle.

    Qu’il soit ancien, adapté ou nou­veau, c’est le modèle que cherchent tous ceux et celles qui dési­rent le chan­ge­ment. Il ne s’agit pas sim­ple­ment de chan­ger (le méca­nisme) mais aussi de pas­ser d’une forme à une autre, de chan­ger vers quelque chose d’autre (la trans­for­ma­tion). Et si l’exemplarité per­son­nelle est un fac­teur inci­ta­tif du chan­ge­ment, il ne peut être force de loi par le fait de sa sin­gu­la­rité. Plus sim­ple­ment, ce qui est bon pour moi ne l’est pas néces­sai­re­ment pour les autres.

    Si le chan­ge­ment est à l’origine de la fabri­ca­tion de l’espace et de la dyna­mique poli­tiques, c’est sur les modèles et sur les contre-modèles que tout le monde se casse les dents : les poli­ti­ciens, les phi­lo­sophes, les socio­logues, les intel­lec­tuels de toutes sortes, les idéo­logues et les oracles post-modernes. On ne pro­duit que des fic­tions ou des inter­pré­ta­tions limi­tées par les concep­tions individuelles.

    Jusque ici, on s’est ser­vit de l’utopie et/ou de l’histoire pour fabri­quer l’avenir sou­vent de manière mutuel­le­ment exclu­sive, l’un contre l’autre. Cette oscil­la­tion constante entre l’idéalisme (fic­tion du futur) et le maté­ria­lisme (inter­pré­ta­tion du passé) n’a débou­ché que sur des révo­lu­tions fac­tices, où une élite a rem­placé une autre élite dans un schéma pyra­mi­dal qui confine au Moyen-Âge féo­dal. Et le plus sou­vent, ces dépla­ce­ments de puis­sance se sont fait dans le sang et les larmes.

    Car chan­ger soi-même pour chan­ger la société, c’est aussi chan­ger pour chan­ger les autres. Pour­quoi vou­loir chan­ger les autres ? Pour­quoi vou­loir façon­ner la société à notre idée tout à fait per­son­nelle ? N’y a-t-il pas là un anta­go­nisme irré­duc­tible qui ne peut débou­cher que sur la confron­ta­tion et la vio­lence ? Ne faut-il pas repen­ser la notion même de chan­ge­ment à l’aune de cette nou­velle ère des flux et de la liqué­fac­tion des rela­tions humaines.

    Les fron­tières s’effacent, les iden­ti­tés se dis­solvent, les cadres sont poly­morphes et les repré­sen­ta­tions sociales deviennent pro­téi­formes. Le tout s’opère de manière conju­guée à l’échelle pla­né­taire pro­vo­quant toutes sortes de réac­tions spon­ta­nées et impré­vues. Dans un tel monde, le passé et le futur deviennent des notions floues, indis­cer­nables, vagues, sus­cep­tibles d’être modi­fiés par nos per­cep­tions et nos projets.

    Le chan­ge­ment serait donc une constante, pas un pro­jet. Et le pro­jet serait une acti­vité à la fois diri­gée et instable. Il serait à écrire au quo­ti­dien en l’enrichissant de tous les échanges et du renou­vel­le­ment. Il serait le pro­duit de l’individu tout autant que de son dia­logue régu­lier avec les autres. Peut-être est-ce cela le modèle de société pour l’avenir : réécrire tous les jours son iden­tité, son pro­jet exis­ten­tiel, son his­toire per­son­nelle. Et par là réus­sir, non à chan­ger le monde, mais à accep­ter les trans­for­ma­tions du monde plu­tôt que de ten­ter vai­ne­ment de résis­ter au cou­rant des métamorphoses.

    Une telle concep­tion ne repo­sera plus seule­ment sur la pro­duc­tion et la recherche de modèles, mais sur­tout sur l’usage et l’échange. Elle sup­pose une réelle prise de conscience des don­nées pré­sentes, sans trop s’attacher à des rêve­ries futures et hypo­thé­tiques et en résis­tant modé­ré­ment au poids des sou­ve­nirs et de l’histoire. Elle néces­site donc la com­bi­nai­son de deux ver­tus : l’honnêteté et la res­pon­sa­bi­lité. Et bien qu’elles soient sou­vent absentes de notre milieu quo­ti­dien, ces ver­tus ne sont ni abs­traites, ni sym­bo­liques. L’honnêteté comme la res­pon­sa­bi­lité sont des atti­tudes fon­dées sur une per­cep­tion per­son­nelle et intime. N’est-ce pas là le début d’une révo­lu­tion intérieure ?

  18. gravatar.com charlie ip:8
    3 December 2009 @ 12:59

    @ Merle 3,14116 : pour chan­ger, je suis à la fois entiè­re­ment d’accord avec toi et pas du tout :-)
    Je me demande fran­che­ment si tu as lu mon com quand je lis “il y a deux types de révo­lu­tion”.
    Déjà, je ne com­prends pas du tout com­ment on peut sépa­rer social de cultu­rel, sur­tout si l’organisation du pou­voir et les pri­vi­lèges font par­tie du pre­mier et que les valeurs fon­da­men­tales du second.
    (mm, si on s’engage sur ce ter­rain, on va finir par se trai­ter mutuel­le­ment de maoïstes ;-)
    Ensuite, je reprends : pour moi “révo­lu­tion” n’est pas une caté­go­rie ana­ly­tique opé­ra­toire. Donc où il y en a 3 (citée) qui sont des événe­ments his­to­riques contin­gents (sic) ou il n’y en a pas 2 mais 150 ou 8 ou 33, qui sont les usages poli­tiques du mot. D’où la dis­cus­sion sté­rile qui ne peut que s’en suivre. Révolution/réforme, changement/rupture, le cli­vage se situe là (d’où l’absence de la révo­lu­tion chré­tienne) et je ne suis pas sûre du tout qu’il soit per­ti­nent. Les événe­ments, même lorsqu’ils ont l’air sou­dains, bru­taux, sont pris dans un ensemble de logiques et pro­ces­sus plus larges. Qu’on les isole pour les évoquer, dis­sé­quer, expli­quer, ok. Mais c’est tout le pro­blème de l’essentialisme face à la construc­tion théo­rique : il ne faut pas la confondre avec la réa­lité dont elle tente de rendre compte ; il n’y a jamais de formes “pures” de révo­lu­tion, de tran­si­tions, de quoique ce soit.

    Là où je te rejoins, c’est sur la ques­tion de l’être et de l’avoir. Ca me fait pen­ser aux débats sur la décrois­sance, c’est pour cela que je disais qu’on ne peut se conten­ter de pen­ser le chan­ge­ment au niveau indi­vi­duel. On y retrouve les mêmes pro­blèmes : oui, il faut chan­ger au niveau indi­vi­duel. D’une part parce que ça com­mence for­cé­ment par là, d’autre part parce que l’interdépendance aug­men­tant dans nos socié­tés, cela a un impact, même s’il est dif­fi­cile de l’évaluer (et impos­sible de le mesu­rer). Mais cela ne suf­fit pas. Parce que l’interdépendance est com­plexe, qu’elle s’accompagne his­to­ri­que­ment d’une divi­sion du tra­vail de plus en plus impor­tante et du coup d’une dilu­tion des res­pon­sa­bi­li­tés indi­vi­duelles. Il est de plus en plus ardu de maî­tri­ser un pro­ces­sus de pro­duc­tion dans son ensemble et de mesu­rer les consé­quences de ses actions. En plus, nous sommes des ani­maux sociaux. Ca ne veut pas sim­ple­ment dire qu’on a des rela­tions avec les autres bes­tioles, mais aussi qu’il existe des struc­tures sociales com­plexes, qui, même si elles sont des construc­tions humaines, pro­duisent des effets de réel qui nous échappent. Pour en reve­nir à la décrois­sance, en appli­quant ce que je dis : oui, il y a des choses inté­res­santes (les mon­naies, le rap­port à la consom­ma­tion, etc.) mais les solu­tions pro­po­sées sont pour l’instant tota­le­ment insuf­fi­santes. C’est très bien de deve­nir auto­suf­fi­sant, de rem­pla­cer son den­ti­frice par de l’argile et de tri­co­ter ses chaus­settes avec la laine de ses mou­tons, mais col­lec­ti­ve­ment, c’est pas gagné. Outre le carac­tère assez régres­sif de cer­tains cou­rants (non, je n’irai pas vivre dans une yourte pour réduire mon bilan car­bone), heu… qu’est-ce qu’on fait des villes ?
    Je trouve beau­coup plus inté­res­sant le cou­rant de l’économie de la tran­si­tion, qui pro­pose de relo­ca­li­ser les écono­mies, les pro­duc­tions. Ce sont des modèles qui pré­ci­sé­ment, font la jonc­tion entre se chan­ger et chan­ger, entre l’individuel et le col­lec­tif, qui laissent les spé­ci­fi­ci­tés locales s’exprimer, qui font aussi la part belle à l’imagination, l’expérimentation, la diver­sité des solu­tions.
    Der­nier point : le “change toi toi-même, la société chan­gera” me dérange aussi pas mal. C’est aussi (pas seule­ment, mais il faut le prendre en compte) une façon de ren­voyer les indi­vi­dus à leur res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle, ce qui ne serait pas pour me déplaire, mais sans que nous en ayons tous les moyens (finan­ciers mais pas seule­ment, je ne refais pas le cou­plet sur l’information, la culture et les dis­pa­ri­tés sociales). Coupe l’eau quand tu te laves les dents, trie tes pou­belles et… ça ne suf­fira pas. Et l’industrie, et les normes tech­niques, etc. ne sont jamais remises en cause.

    @ J : deux rap­ports entre Attali et Maf­fes­soli : les récentes lec­tures évoquées par Thierry et le côté total fumeux sous un habillage de science sociale à deux balles. J’ai tou­jours pré­féré les auteurs de science fic­tion aux futu­ro­logues et les essayistes aux faux socio­logues. Entre le neu­neu qui pré­voit l’avenir et le mec qui fait sou­te­nir la thèse d’Elisabeth Tes­sier, il y a une cer­taine proxi­mité dans l’imposture.
    Et si on pou­vait se pas­ser d’allusions sexistes pour se recen­trer sur mes com­men­taires, ça m’éviterai d’être désa­gréable (j’ai loupé 008 sur ce coup la der­nière fois, mais c’est valable pour tout le monde). Non mais.

  19. gravatar.com Henri A ip:9
    3 December 2009 @ 13:18

    Vivre au jour le jour comme l’explique en 30 lignes P.A.X. ou vivre en fai­sant ren­trer dans 30 ans d’histoire 2000 ans d’histoire et inver­se­ment comme le fait en per­ma­nence triple caméra.
    Man­ger, chier, dor­mir, se repro­duire ( ou pas )cor­rec­te­ment pour une par­tie ou une majo­rité ou la tota­lité des gens, ce choix est un bon début. Ce choix fait, est déjà un chan­ge­ment de soi, non ?

  20. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    3 December 2009 @ 13:36

    @PAX C’est jus­te­ment les modèles qui empêchent le chan­ge­ment car ils impliquent la répé­ti­tion… Chan­ger, c’est se déga­ger des modèles.

    Une société c’est un modèle que tout le monde duplique. Si la société doit chan­ger, s’il le faut (est-ce sûr ?), elle ne le fera que parce que un bon nombre de gens arrê­te­ront de dupli­quer la même chose.

    Comme les poli­ti­ciens sont élus par des dupli­ca­teurs, c’est peu pro­bable que le chan­ge­ment vienne d’eux… il reste plus que nous pour chan­ger. Et ce chan­ge­ment ne concerne jamais que nous parce que nous sommes membres de la société.

    @Charlie On parle de tran­si­tion jus­te­ment pour dire que les choses changent en pre­nant du temps… car tu ne peux pas nier que les choses changent et que ce chan­ge­ment ne s’effectue pas à vitesse constante. Bien sûr il faut se poser cette ques­tion pour une infi­nité de dimen­sions, mais ça ne change pas grand chose au chan­ge­ment qui arrive de toute façon (parce qu’une société est une machine thermodynamique).

  21. gravatar.com J ip:5
    3 December 2009 @ 13:56

    tu es jolie quand tu t’énerves Char­lie, tu sais :) :)

    pour Maf­fe­soli, je ne te suis pas, anec­dote Tes­sier com­prise ou non c’est sans impor­tance ; je trouve ses ana­lyses sur nos socié­tés per­ti­nentes, et ce qui ne gâche rien pour moi par­ti­cu­liè­re­ment adap­tées aux chan­ge­ments induits par le Net.

  22. gravatar.com charlie ip:8
    3 December 2009 @ 15:00

    @ Thierry : heu, oui, je ne peux pas nier. D’ailleurs, je ne le fais pas. Donc ?

    @ J : Chuck Nor­ris dans ta face ! Si Maf­fes­soli pro­po­sait des ana­lyses sur la société, ça se sau­rait. Que ce soit per­ti­nent ou pas, c’est une autre ques­tion. Et non, Tes­sier n’est pas “sans impor­tance”, c’est un rap­port à la rigueur et à l’honnêteté intel­lec­tuelle qui se joue. La socio­lo­gie sup­pose un mini­mum de règles, notam­ment de citer ses sources et ses ter­rains empi­riques, de pré­ci­ser les condi­tions d’élaboration d’un concept d’analyse et ses limites. Maf­fes­soli peut écrire ce qu’il veut, où il veut, comme tout un cha­cun, tu appré­cies ou pas, libre à toi. Ce que je lui reproche, c’est d’utiliser son étiquette de socio­logue pour légi­ti­mer un dis­cours qui n’est pas de la socio­lo­gie. Idem pour la thèse de Tes­sier : qu’elle fasse de l’astrologie, des horo­scopes ou des livres de cui­sine, je m’en tape, mais à un point… Qu’elle fasse une thèse d’astrologie, pfuit. Mais qu’un groupe d’universitaire, dont MM, qua­li­fie cette thèse et trans­forment Tes­sier en doc­teure en socio­lo­gie, c’est hal­lu­ci­nant. Elle aurait fait une thèse de socio, ok, mais là, non. Ca contri­bue à entre­te­nir une confu­sion déplo­rable entre dif­fé­rents registres de discours.

    Je ren­voie à ce que disait Thierry sur Pop­per, même si je pense que ça ne s’applique pas tel quel aux sciences sociales (et d’ailleurs à pas grand chose, mais bon, gar­dons l’idée cen­trale). En socio­lo­gie, on doit pou­voir véri­fier la construc­tion du modèle, et les don­nées empi­riques. C’est la seule chose qui jus­ti­fie l’autorité du dis­cours scien­ti­fique : la pos­si­bi­lité de se situer hors d’une lutte sur les valeurs morales. C’est ce que je passe mon temps à écrire ici : ne mélan­geons pas les types de dis­cours, c’est impro­duc­tif. Avoir un point de vue moral ou poli­tique et l’exprimer, ce n’est pas la même chose que faire une ana­lyse his­to­rique ou socio­lo­gique. Bien sûr, c’est poreux comme typo­lo­gie, les orien­ta­tions poli­tiques influent sur les choix métho­do­lo­giques, etc. Mais si on veut avan­cer, je suis convain­cue que c’est indis­pen­sable. Je l’ai dit sur Hadopi, sur la révolution…

    Bon, j’ai vrai­ment l’impression d’écrire la même chose tout le temps et vue les réac­tions ou l’absence de réac­tion que cela sus­cite, je me dis aussi que ça ou pis­ser dans la mer pour faire mon­ter le niveau, c’est pareil. Est-ce que per­sonne ne lit pour ne jamais me répondre que des trucs qui n’ont rien à voir ? Est-ce que tout le monde consi­dère que ça n’a rien à voir avec la choucroute ?

  23. gravatar.com J ip:5
    3 December 2009 @ 15:27

    ah ça, elle a la per­son­na­lité pétillante :)

    je com­prends ta posi­tion de rigueur intel­lec­tuelle et métho­do­lo­gique vis à vis de cette his­toire Tessier-Maffesoli (et qui n’a donc rien à voir avec les ana­lyses de Maf­fe­soli, donc).
    mais toi, com­prends tu la posi­tion de Maf­fe­soli vis à vis de Tes­sier…? ;) réfle­chis y, oh femme, et par­donne à l’homme faible… re :)

    bon, c’est quoi le point pré­cis sur lequel tu veux que les pauvres créa­tures de ce blog (moi com­pris) réagissent, ce qu’ils feront avec plai­sir j’en suis certain?

  24. gravatar.com Henri A ip:9
    3 December 2009 @ 15:32

    A Char­lie Nor­ris :
    Atten­tion, dans “tout le monde”, il y a moi.
    A quoi peut bien ser­vir la socio­lo­gie et sur­tout à qui ? On peut chan­ger “socio­lo­gie” par “phy­sique fon­da­men­tale” par exemple, c’est le même genre de pro­blème.
    Existe-t-il de la vul­ga­ri­sa­tion cor­recte en sociologie ?

  25. gravatar.com charlie ip:8
    3 December 2009 @ 15:52

    @ J : hé si, ça a à voir avec les “ana­lyses”, faut tout lire avant de répondre.
    Cette fois, c’est un dou­blé cir­cu­laire suivi d’un Jean-Claude (JCVD, pour les fans de ce phi­lo­sophe du 20e siècle)

    Sinon, ben, c’est le point d’avant “Bon”.

    @ Henri :
    C’est vrai.
    Ca sert (au moins) à aug­men­ter ma capa­cité d’énervement. Oui.
    Pas des masse mais un peu. Mais sur des trucs pré­cis. Et puis c’est comme tout, ça dépend de ce qu’on appelle vul­ga­ri­sa­tion. Et de ce qu’on appelle cor­recte. Du coup, je ne sais plus trop.

  26. gravatar.com Mao 000 ip:7
    3 December 2009 @ 18:49

    ou l’absence de réac­tion que cela suscite”

    Une panne de Hüm­mer en par­tant ache­ter une Rolex. Loin de toute sta­tion Total.

    Il a fallu faire venir un avion ravi­tailleur depuis l’Afghanistan.

    L’avion a failli avoir un acci­dent avec Hulot et Yann Arthus, qui se pro­me­naient en hélico.

    Reve­nons au sujet de la baisse de la consom­ma­tion :-)

    -

    Tu as rai­son bien sûr @ 12:59

    Mais la décrois­sance a deux versants :

    1 — il y a la décrois­sance dure : se pas­ser du confort qui pro­cure un avan­tage réel au quo­ti­dien.
    Pas facile à adop­ter et généraliser.

    2 — et la décrois­sance qui com­mence par lut­ter contre les faux objets :

    on revient à René Girard :

    - c’est une chose (dif­fi­cile) de tri­co­ter ses chaus­settes ou d’avoir des couches lavables.

    - c’est une autre chose, plus facile, de ne pas ache­ter trente paires de chaus­sures, qui n’ont aucune uti­lité réelle sinon le prin­cipe girar­dien du mimé­tisme social et de la riva­lité par l’avoir.

    -

    Avant de deman­der à cha­cun de retour­ner dans le Lar­zac, on peut déjà s’attaquer à la société publi­ci­taire qui engendre un mimé­tisme consu­mé­riste sans valeur réelle de confort objectif.

    -

    Le monde de la pub est bien plus l’ennemi que le monde poli­tique, pour notre pro­blème actuel.

    Ce qui n’était pas le cas au XVIIIe siècle.

    -

    Le mal aujourd’hui ce n’est pas l’oppression poli­tique des masses mais leur perte dans une consom­ma­tion qui ne comble pas.

    On peut s’attaquer à la consom­ma­tion inutile en chan­geant cultu­rel­le­ment la valo­ri­sa­tion de l’avoir :

    -

    ces­ser de valo­ri­ser un mec parce qu’il a le der­nier gad­get ou le der­nier modèle de chaus­sures, ou parce qu’il est parti en vacances à New York quand le plouc res­tait dans l’Auvergne.

    Inver­ser les snobismes.

    Cela com­mence dans les cours d’école : éduca­tion popu­laire, mimé­tisme social à construire sur une autre base que la mode consumériste.

    -

    Qu’un enfant ne se sente pas valo­risé quand il a une paire de chaus­sures der­nier cri, ou le der­nier modèle de téléphone.

    -

    La blo­go­sphère est enva­hie par la société du mar­ke­ting consu­mé­riste, c’est ce qui me fait rela­ti­vi­ser la “révo­lu­tion Inter­net”. On ne quitte pas le mimé­tisme consumériste.

  27. gravatar.com Groddeck 000 ip:7
    3 December 2009 @ 19:04

    Qu’un enfant ne se sente pas valo­risé quand il a une paire de chaus­sures der­nier cri, ou le der­nier modèle de téléphone.”

    Fran­che­ment, rien que se fixer cet objec­tif et l’atteindre, ce serait déjà un grand pas en avant.

    La clé c’est de détruire cultu­rel­le­ment la valo­ri­sa­tion sociale par l’avoir,
    quand cet avoir ne comble pas vrai­ment mais sert juste de sub­sti­tut sym­bo­lique à la grosse qué­quette, dans la course de la riva­lité mimé­tique entre les hommes.

    (Ou à l’absence de pénis pour les filles, qui se vengent de cette cas­tra­tion ori­gi­nelle trau­ma­ti­sante par l’achat de 30 paires de chaus­sures et 15 sacs à main : pénis et couilles de substitution).

    Mode de valo­ri­sa­tion cultu­relle, mode de valo­ri­sa­tion sexuelle : des fon­da­men­taux à la base de la société.

  28. gravatar.com Connecteur 000 ip:7
    3 December 2009 @ 19:25

    Un exemple pra­tique : les cadeaux de Noël.

    Dès le jeune âge, on donne à l’enfant l’idée que la magie s’accompagne d’une pos­ses­sion matérielle :

    à noël on va avoir quelque chose, et cette chose est cen­sée nous appor­ter le bon­heur et chan­ger notre vie.

    Idem pour l’anniversaire : chaque année de la vie s’accompagne d’un cadeau matériel.

    L’objet est censé jalon­ner notre par­cours de vie.

    L’objet sym­bo­lise notre déve­lop­pe­ment et notre ascen­sion per­son­nelle et sociale.

    —-

    Pour­quoi ne pas inven­ter d’autres jalons de vie que l’objet ?

    On peut rem­pla­cer l’objet par d’autres formes de réa­li­sa­tions / valo­ri­sa­tions de soi.

    Les sujets sur les cadeaux de noël dans les JT ça donne la nau­sée. Des familles vont encore se sai­gner à blanc, et tout cela pol­lue la planète.

    Inven­ter autre chose que l’objet comme cadeau:

    J, si tu es age, à noël tu pour­ras ren­con­trer Char­lie. Tu sais, la petite boxeuse que tu avais très envie de voir ?”

    Henri, pour ton anni­ver­saire, on t’offre une ren­contre avec Bono qui va t’apprendre la musique”.

    -

    Pour­quoi ne pas rem­pla­cer ainsi les objets-cadeaux par des rencontres-cadeaux ?

    On déplace ainsi la valo­ri­sa­tion sociale de la consom­ma­tion vers la ren­contre et le lien constructif.

    Ren­con­trer quelqu’un qu’on admire devient un cadeau, plu­tôt qu’avoir encore et tou­jours un nou­vel objet matériel.

    Voilà un exemple de révo­lu­tion cultu­relle dès l’enfance.

  29. gravatar.com Stella Star ip:6
    3 December 2009 @ 19:35

    [(Ou à l’absence de pénis pour les filles, qui se vengent de cette cas­tra­tion ori­gi­nelle trau­ma­ti­sante par l’achat de 30 paires de chaus­sures et 15 sacs à main : pénis et couilles de substitution).]

    Zut, je n’ai que 5 paires de chaus­sures et un seul sac à main (épaule, en fait). Je ne suis donc pas une vraie femme. Non mais vous vous ren­dez compte de ce que vous écri­vez par­fois ! :-)

  30. gravatar.com Henri A ip:9
    3 December 2009 @ 19:38

    Ho 000 !
    Plus fort que toi, on ne peut pas !
    Tu com­mentes tes propres com­men­taires main­te­nant ?
    Vas dire à qui que ce soit : Pour noël, tu ren­con­tre­ras Triple.
    Sachant que cela se pas­sera sous 7 degrés.

  31. gravatar.com steph ip:3
    3 December 2009 @ 20:00

    Il y a une killer app à déve­lop­per :
    un AD Block pour télé­vi­seur (bah ils sont numé­riques main­te­nant).
    Dès qu’il y a de la pub, hop, un clib vidéo ou un mini docu de 10 minutes (le temps de l’écran pub) sur les lions en afrique du sud…
    Comme l’ad block et le flash block de fire­fox ;)

    C’est ça “se démer­der pour contour­ner” le sys­tème, c’est lais­ser le choix aux uti­li­sa­teurs. Ceux qui veulent la pub, conti­nue­rons, ceux que ça insup­portent, pour­ront voir autre chose sans lever le doigt de la zappeuse.

  32. gravatar.com Jiang Quing ip:10
    3 December 2009 @ 20:53

    ;-) et mon cadeau, qui c’est ?
    Contente je suis, 000. Et d’accord égale­ment.
    C’était juste pour ne pas par­tir comme une vilaine après avoir râle.
    Peux pas com­men­ter : ai la grippe je crois…

  33. gravatar.com Attali n’a pas compris le flux | Owni.fr ip:11
    3 December 2009 @ 21:05

    […] » Article ini­tia­le­ment publié sur Le Peuple des connecteurs […]

  34. gravatar.com Lacan 000 ip:7
    3 December 2009 @ 22:03

    je n’ai qu un seul sac à main (épaule, en fait). Je ne suis donc pas une vraie femme”

    Henri pourra vous expli­quer que c’est le syn­drome clas­sique d’une absence de pénis refou­lée tant la cas­tra­tion ori­gi­nelle a été pour vous traumatisante.

    N’assumant pas cette cas­tra­tion, inca­pable de la sur­mon­ter, vous la niez en ne lui accor­dant pas ses sub­sti­tuts clas­siques que sont les sacs à main mul­tiples et les trente paires de chaussures.

    Le mieux serait de gran­dir et d’assumer votre manque :

    avec une bonne paire de gants de boxe comme Char­lie l’affaire serait faite, vous pour­riez vous dire : “moi aussi je suis capable d’avoir un pénis”.

    Char­lotte assu­mant l’errance tra­gique de la fémi­nité en pre­nant ce pseudo hom­masse de “Char­lie”, qui laisse pla­ner comme pos­si­bi­lité la pos­ses­sion du Phal­lus comme île sal­va­trice, terme de son errance métaphysique.

  35. gravatar.com J ip:12
    3 December 2009 @ 22:19

    xxxxxxxxxxxxxxxx

    eh bien ça ne l’a pas arrangé sa pro­me­nade en hum­mer ; eeeenfin…

    car­ré­ment un double cir­cu­laire char­lie! elle est too much -:)

    oui, j’avais noté ton “Si Maf­fe­soli pro­po­sait des ana­lyses sur la société, ça se sau­rait”…
    pas relevé, suis pas d’accord d’ailleurs.
    pré­féré le point Tes­sier, qui sem­blait te tur­lu­pi­ner bien plus.

    tu parles de ça juste avant Bon je sup­pose : “Je ren­voie à ce que disait Thierry sur Pop­per, même si je pense que ça ne s’applique pas tel quel aux sciences sociales (et d’ailleurs à pas grand chose, mais bon, gar­dons l’idée cen­trale). En socio­lo­gie, on doit pou­voir véri­fier la construc­tion du modèle, et les don­nées empi­riques. C’est la seule chose qui jus­ti­fie l’autorité du dis­cours scien­ti­fique : la pos­si­bi­lité de se situer hors d’une lutte sur les valeurs morales. C’est ce que je passe mon temps à écrire ici : ne mélan­geons pas les types de dis­cours, c’est impro­duc­tif. Avoir un point de vue moral ou poli­tique et l’exprimer, ce n’est pas la même chose que faire une ana­lyse his­to­rique ou socio­lo­gique. Bien sûr, c’est poreux comme typo­lo­gie, les orien­ta­tions poli­tiques influent sur les choix métho­do­lo­giques, etc. Mais si on veut avan­cer, je suis convain­cue que c’est indis­pen­sable. Je l’ai dit sur Hadopi, sur la révolution…”

    allez, je risque le mawa­shi geri, soyons fous, soyons exotiques -:)

    Concer­nant ce ”ne mélan­geons pas les dis­cours”. C’est vrai qu’ici, comme ailleurs, on a régu­liè­re­ment ce glis­se­ment entre dimen­sion valeurs sociales (ce que tu appelles morale ou poli­tique) et ana­lyse socio­lo­gique du sys­tème social (les faits, et leur ana­lyse scien­ti­fique). Cela me fait pen­ser à une conf à laquelle j’ai assis­tée où Col­lo­vald (c’est amu­sant, tiens) expo­sait ses thèses dans le cadre du ques­tion­ne­ment sur la sou­ve­rai­neté popu­laire. Une per­sonne dans la salle lui a ensuite demandé de se posi­tion­ner vis à vis du popu­lisme, et plus clai­re­ment du FN ; ce qu’elle a refusé de faire, expli­quant qu’en tant que socio­logue elle venait de trai­ter des faits, de les expo­ser, et n’avait pas à por­ter de juge­ment de valeur.
    Tou­te­fois, dans la mesure où pour ce qui regarde les exemples que tu donnes (Hadopi, révo­lu­tion ou que sais je mais l’important étant ce désir de chan­ge­ment sous tendu, chan­ge­ment au pas­sage pro­ba­ble­ment ques­tion de sur­vie pour notre espèce) sont ins­crits non pas dans la seule ana­lyse scien­ti­fique, mais dans l’action ou l’envie d’action, il me semble nor­mal que le sujet des Valeurs soit pris en compte, et condi­tionne pour par­tie les dis­cours.
    Plus pro­saï­que­ment, cela revient à dire De quelle société vou­lons nous.
    Hadopi par ex—>quel inter­net vou­lons nous, quels rap­ports à la culture vou­lons nous, quels sens aux modèles écono­miques et cultu­rels vou­lons nous, etc). Les ana­lyses devant ser­vir alors comme moyens pour se créer une repré­sen­ta­tion men­tale per­ti­nente et pra­tique pour l’action dans le sens des valeurs fon­da­trices.
    Nous sommes donc éloi­gnés de la seule démarche scien­ti­fique si on consi­dère les choses comme celà, aussi.

    Mais il y a un autre pro­blème fré­quent égale­ment, et qui lui me semble plus ennuyeux car en plus d’éloigner de la rigueur soci­lo­gique néces­saire, il des­sert ce dont je parle ci des­sus (pro­blème que relève sou­vent Henri Le Rigou­reux, et dont 000 est le spé­cia­liste). C’est le che­vau­che­ment des champs concep­tuels, ou des objets d’études pour employer le terme adé­quat.
    Par exemple, dans le papier de Thierry, il y a à mon avis cette erreur quand il met en balance l’objet d’étude Ter­ri­toire (Attali, noma­disme, …) et l’objet d’étude Infor­ma­tion (Crou­zet et ses pré­dé­ces­seurs -;), flux).
    Ceci est un biais par rap­port à la rigueur de l’analyse socio­lo­gique que tu évoques.
    Atten­tion, je ne dis pas que qu’il n’y pas de rap­ports entre ces deux objets, sur­tout pour inter­net, je dis que la jux­ta­po­si­tion ainsi faite est erro­née ; ou pour être plus pré­cis insuf­fi­sante, car néces­si­te­rait que ces deux objets soient trai­tés simul­ta­né­ment dans le cadre d’un objet super­or­donné pour com­pa­rer les concep­tions d’Attali et de Thierry.

    Quant à Pop­per, ce serait long, mais je suis d’accord avec toi. Ce n’est pas adapté aux sciences humaines. Que ce soit car elles ont des spé­ci­fi­ci­tés qui les rendent irré­duc­tibles au prin­cipe de réfu­ta­bi­lité, ou que leur niveau de déve­lop­pe­ment ne soit pas encore suf­fi­sant pour cela, c’esst une autre ques­tion, non tran­chée à ma connaissance.

    De toutes les manières, et là je m’adresse à Thierry (ceci dit sans prendre la défense d’Atali dont le cynisme m’exaspère ; aparté tou­te­fois, il ne faut pas oublier que pour le sujet que nous aimons, le Net, il fait par­tie de la minus­cule poi­gnée de res­pon­sables fran­çais qui depuis /20 ans ont jaugé conve­na­ble­ment l’importance du sujet, ne l’ont pas méprisé, et à ce jour s’expriment dans le sens tout de même d’un inter­net à l’opposé du gou­lag numé­rique que la majo­rité des res­pon­sables fran­çais ignares pré­parent sciem­ment ou laissent pré­pa­rer!), les pro­pos d’Attali donc rele­vant de la pros­pec­tive, le fait qu’ils ne puissent pas être véri­fiés ne lui est pas reprochable.

  36. gravatar.com Pierre-Alexandre Xavier [@tempsfuturs] ip:4
    3 December 2009 @ 23:48

    @Thierry Crou­zet — « C’est jus­te­ment les modèles qui empêchent le chan­ge­ment car ils impliquent la répétition… »

    Je suis d’accord (et c’est ce que je dis autre­ment) bien que je ne crois pas que la répé­ti­tion (ou le mimé­tisme) soit un défaut, ou un obs­tacle à une révo­lu­tion inté­rieure col­lec­tive. L’exemplarité fait force. Son défaut est le culte (de la per­son­na­lité), piège dans lequel Attali se prend systématiquement.

    D’autre part, je ne crois pas qu’une société ne soit que le modèle que tout le monde réplique. Cela dis­qua­li­fie la plu­ra­lité avé­rée de beau­coup de socié­tés pas­sées et pré­sentes. La société est aussi un désir de rap­pro­che­ment, d’extension de la rela­tion fami­liale, d’appartenance à une repré­sen­ta­tion col­lec­tive qui n’est pas obli­ga­toi­re­ment réplication.

    @Charlie — On lit. On aime. On n’a rien à ajou­ter. Logi­que­ment, on la ferme. Cepen­dant, un petit mot gen­til pour dire qu’on appré­cie est le bien­venu. Désolé de le faire si tard dans l’échange.

  37. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    4 December 2009 @ 8:00

    @J J’ai parlé de Pop­per parce que Attali dit que pré­voir le futur est devenu une science… Si j’ai pas le droit d’invoquer Pop­per dans ce cas, vous allez m’expliquer. Sinon Attali a par­fois des intui­tions au sujet du Net, il sait vague­ment que c’est impor­tant (on va pas lui dres­ser une sta­tue pour ça non?).

    Quand au dis­cours qu’il faut pas mélan­ger les genres… C’est quoi l’art sinon le mélange, le remixage… J’ai jamais pré­tendu tenir ici un dis­cours scien­ti­fique ni quoi que ce soit d’autre… L’approche trans­dis­ci­pli­naire est pour moi aujourd’hui vitale. Les connexions ne doivent pas avoir de fron­tière pour ne pas bri­der notre ima­gi­na­tion ni notre imaginaire.

    Quand on crée un lien sur le net on n’a pas à se deman­der si on a le droit ou pas. Je fais pareil dans ma tête et quand j’écris. Je sens que ça va deve­nir un billet.

  38. gravatar.com J ip:5
    4 December 2009 @ 16:10

    sacré thierry crou­zet :)

    et je ne sau­rai jamais si ton post réponse ci des­sus est au pre­mier degré ou est fait ainsi pour d’autre raisons.

    mais quelles confu­sions :)

    ceci dit gentillement.

  39. gravatar.com Thierry Crouzet ip:2
    4 December 2009 @ 17:32

    J’avais oublié que tu étais un mec génial… je t’ai demandé de m’expliquer un truc pas de faire le pitre.

  40. gravatar.com J ip:12
    4 December 2009 @ 17:55

    non je ne suis pas ”génial”, tu es pénible quand tu prends ces pos­tures ; je com­prends bien que pour avan­cer et pas­ser à l’écriture il t’ai fallu soli­di­fier ta confiance en toi, mais quand même :)
    relis le post de char­lie elle le vaut pro­ba­ble­ment bien, et si ça te tente le mien

  41. gravatar.com versac contre les crapauds fous ip:7
    5 December 2009 @ 2:02

    ver­sac — meil­cour attaque la théo­rie du cra­paud fou :

    http://www.meilcour.fr/general/les-dix-commandements-de-jay-rosen.html

    Contrai­re­ment à la faible fable du cra­paud fou, celui qui réus­sit dans l’univers tou­jours chan­geant du web, c’est celui qui s’adapte chaque matin, pas celui qui va contre la foule. Certes, l’un peut mon­trer une voie, mais c’est facile. Réus­sir, c’est s’adapter très vite, tou­jours, pour une orga­ni­sa­tion. C’est fati­guant, ça vous rap­pelle France Tele­com ? Désolé, mais le web va plus vite que cha­cun d’entre nous, parce qu’il nous mul­ti­plie. Mais bon, en France, semble-t-il, mieux vaut exal­ter le mythe du savant fou incarné dans un cra­paud qui change de direc­tion, que de louer les formes évolu­tives d’un entre­pre­neur doué.”

    -

    Comme d’hab, il n’a rien com­pris, ou plu­tôt il com­prend avec son petit regard de ven­deur d’aspirateurs sorti d’école de commerce.

    Il cherche ici la réus­site per­son­nelle, et non l’innovation à long terme.

    Son papier incite d’ailleurs les boites à perdre de l’argent en ten­tant le mar­ke­ting social : c’est à dire à lui don­ner de l’argent à lui, patron de boite spé­cia­lisé dans la chose :

    L’extrême atten­tion por­tée au ROI indi­vi­duel de chaque action mar­ke­ting fait par­fois perdre de vue l’ensemble. Il faut perdre de l’argent dans des opé­ra­tions d’image, de lien social, et il faut abso­lu­ment se sou­ve­nir que le vrai bon mar­ke­ting est celui qui prend des risques. C’est avec ce risque que le suc­cès peut venir.”

    Sacrés ven­deurs d’aspirateurs! Money money money.

  42. gravatar.com J ip:5
    5 December 2009 @ 11:40

    sait tu triple 0 que la matière prin­ci­pale pour un concours d’entrée en école de com­merce est la philo?

    ils sont plu­tôt bien je trouve ces points dans le papier de ver­sac ; faut pas être sec­taire comme ça mon petit Bour­sou­flure… :)

  43. gravatar.com J ip:5
    5 December 2009 @ 11:52

    et chuck van damme, elle fait dodo? :)

  44. gravatar.com Old Power ip:7
    5 December 2009 @ 22:08

    ls sont plu­tôt bien je trouve ces points dans le papier de versac”

    ver­sac est au ser­vice des ins­ti­tu­tions.
    Il a fait la cam­pagne de l’UMP île de france.

    Sa phi­lo­so­phie, c’est d’utiliser les nou­veaux outils pour ser­vir les vieux pou­voirs et les vieilles logiques de puissance.

    Un peu comme tes copains de Cybion, remarque :-)

  45. gravatar.com J ip:5
    6 December 2009 @ 11:16

    tu as sans doute rai­son ; ce qui n’est pas blanc ne peut être que noir, et ces deux non-couleurs suf­fisent à tout penser.

  46. gravatar.com Ironie 000 ip:7
    6 December 2009 @ 12:14

    ce qui n’est pas blanc ne peut être que noir”

    …dixit avec iro­nie le mec le plus mani­chéen du site, pour qui tout de Fin­kiel­kraut est à jeter, et ne tient pas en place quand nar­vic en défend un bout. :-)

    Tu fais de l’ironie tra­gique là. C’est du Racine, tu parles contre toi sans t’en rendre compte.

  47. gravatar.com J ip:5
    6 December 2009 @ 13:14

    à vrai dire, je m’attendais à cette réac­tion et ce ren­voie vers Finkielkraut.

    j’ai dis ce que je pen­sais de cette per­sonne, en tant qu’intellectuel, homme de réseaux, homme media­tique, et homme tout court, et je n’en retire pas une virgule.

    va com­prendre, là aussi, oh pédant bour­sou­flé ;)

  48. gravatar.com La fin du Net c'est maintenant ip:7
    7 December 2009 @ 0:04

    Cette fois c’est la fin d’Internet. L’agonie.

    Les plus hauts repré­sen­tants des citoyens du peuple expriment leur désa­mour d’Internet :

    Amel Bent: “Je n’aime pas Internet”

    Moi j’aime pas inter­net de manière géné­rale”: c’est ce que la chan­teuse a déclaré à Programme-tv.net (une réfé­rence populaire !).

    http://www.lepost.fr/article/2009/12/06/1827428_amel-bent-je-n-aime-pas-internet.html

    Elle pré­sente son album comme “un vrai dia­logue avec les gens sur les choses de la vie”.

    Sa mère est coif­feuse, c’est une vraie populo.

    C’est pas une intello retran­chée dans ses bouquins.

    J, il ne te reste plus qu’à déni­cher le manuel du par­fait sui­cide par Gabriel Matzneff.

    Paix à ton âme citoyenne.

  49. gravatar.com ownicrew ip:13
    2 December 2009 @ 17:33

    #Owni­Crew Attali n’a pas prévu le Flux http://bit.ly/4sdUvK

    This com­ment was ori­gi­nally pos­ted on Twit­ter

  50. gravatar.com hug_h ip:13
    2 December 2009 @ 22:58

    RT @crouzet: Attali n’a pas prévu le Flux – j’aime bien me le payer http://bit.ly/5FBYZF

    This com­ment was ori­gi­nally pos­ted on Twit­ter

  51. gravatar.com jberrebi ip:13
    2 December 2009 @ 23:01

    RT @hug_h: RT @crouzet: Attali n’a pas prévu le Flux – j’aime bien me le payer http://bit.ly/5FBYZF

    This com­ment was ori­gi­nally pos­ted on Twit­ter

  52. gravatar.com sycom ip:13
    3 December 2009 @ 13:10

    // Attali n’a pas prévu le Flux:
    Mon nou­veau livre ayant pris une tour­nure très nomade, j’ai lu L’Homme nom.. http://tinyurl.com/y8vuucc

    This com­ment was ori­gi­nally pos­ted on Twit­ter

  53. gravatar.com JeromeLesur ip:13
    3 December 2009 @ 18:47

    http://tinyurl.com/yhhaxwf Attali n’a pas prévu le Flux

    This com­ment was ori­gi­nally pos­ted on Twit­ter

Commenter “Attali n’a pas prévu le Flux”




Titre (facultatif)

Propulseurs dans le flux
télécharger / acheter
Nous sommes tous des pousseurs d'informations.

Le cinquième pouvoir
télécharger / acheter
La décentralisation de la puissance politique.

Genius locus
télécharger / acheter
Polar écolo-minimaliste.

Croisade
télécharger / acheter
Un techno-thriller dont vous pourriez être la victime.

J’ai eu l’idée
télécharger / acheter
« Du sérieux, du pro­fond, du léger, du comique… » Henri Alberti