Thierry Crouzet

Je ferme mon blog et me déconnecte

J’ai lancé l’idée de me couper du Net pendant six mois, puis une nuit une semaine plus tard je me suis fait peur et me suis retrouvé à l’hôpital en train de lire les blogs sur mon iPhone, je me suis alors dit que mon idée n’était pas qu’une idée de plus.

Quand est-ce que le Net me fait plus de mal que de bien ? J’ai éprouvé de façon pressante le besoin de faire la part des choses. Pour mieux comprendre ce qu’être connecté signifie, j’ai ressenti le besoin de me déconnecter et de m’arracher au stress des timelines. Je me suis dit que je devrais imiter les sages qui s’isolent quelque temps dans le désert. Il me fallait me couper du flux, de mon réseau social, de ma mémoire… d’une part peut-être essentielle de mon intelligence… pour retrouver un temps long dont j’ai perdu l’usage.

Sous l’impulsion d’Arash Derambarsh, j’ai proposé cette idée d’une enquête sur moi-même, dans la lignée d’Hunter S. Thompson et du Gonzo jounalism, à Olivier Nora, patron de Fayard, qui m’a tout de suite renvoyé vers sa directrice littéraire, Isabelle Seguin. L’idée les a séduits. Le livre, au titre provisoire J’ai débranché, sortira en janvier.

Qu’est ce que je vais faire d’ici là ? Du 1er avril au 30 septembre, je me placerai au niveau technologique 1985. Plus de Net et de mail. Je raconterai comment ma vie évolue, comment elle se réorganise, comment j’arrive à revivre à l’ancienne… tout en parlant de ma vie de connecté j’espère avec distance et humour.

J’en vois déjà qui diront que ça va leur faire des vacances et que surtout je ne réapparaisse jamais. Je ne les entendrai pas. Pour me faire parvenir des nouvelles, il faudra me téléphoner, m’écrire, m’envoyer des fax ou venir à ma rencontre chez moi ou dans les conférences que je ne m’interdis pas de donner, bien au contraire, elles me seront vitales.

Après le bouclage du livre, je me reconnecterai. Mais je le ferai de manière invisible. Je ne bloguerai pas et ne dialoguerai pas ouvertement sur les réseaux sociaux avant la parution du livre. Si je réapparaissais avant, je serais incapable de tenir ma langue. Donc je vais m’éclipser du Web pendant neuf mois et suivre un conseil que m’a un jour donné Nicolas Taleb :

People notice your absence, not your presence. Make yourself scarce.

Je ne veux pas m’inscrire dans la lignée de Nicolas Carr, c’est-à-dire dénigrer le Net. Je veux mieux comprendre ce que je vis depuis vingt ans, ce que de plus en plus de gens vivent. J’atteins peut-être un point de questionnement que beaucoup d’autres atteindront très vite. Je ne fais que les précéder de quelques années.

Si je mesure la force politique du Net, si je n’ai cessé de la décrire et de la théoriser, je n’ai pas pris le temps d’élaborer un art de vivre avec le Net. C’est à cette tâche que je veux m’appliquer dans les mois qui arrivent, à la politique intérieure. Qu’est-ce qui m’est indispensable ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Avant de me lancer, j’ai besoin de vous encore une fois.

  1. L’usage du Net modifie la topologie cérébrale. Il me faut trouver une équipe de neurologues qui accepterait de me scanner le bulbe rachidien au début de l’expérience et à la fin pour voir si une transformation se produit.
  2. Je ne sais pas si je suis addict au Web, si je vais éprouver un manque, en tous cas je veux que des psychologues m’aident à objectiver l’expérience.
  3. Ma vie sociale se déroulant essentiellement via le Net, je vais procéder à une espèce d’amputation de mon système de communication. Avant le 1er avril, envoyez-moi par mail vos numéros de téléphones pour que je puisse vous prévenir si je passe par chez-vous. Attention, je vais hanter les terrasses des cafés comme je le faisais avant de disposer d’une connexion en continu.
  4. Je n’utiliserai plus qu’un téléphone mobile d’ancienne génération. Il me faut voir si Orange peut me fournir une puce (celle de mon iPhone n’allant pas dans les vieux machins). Sinon je prendrais un téléphone à carte, sans SMS.
  5. J’écrirai l’ensemble de J’ai débranché sans me connecter au Net. Ce sera un livre documenté à l’ancienne.
  6. Je n’impose pas la césure à ma famille. Isabelle et les enfants auront le droit de se connecter. Je vais vivre avec la tentation perpétuelle de me rebrancher (exactement comme l’alcoolique qui n’a qu’un geste à faire pour replonger).

En attendant, vous allez encore devoir me supporter pendant deux semaines.

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235 commentaires

  1. Gabriel

    Ca va etre tres difficile. En deux mots: Bon courage.

    Question: la raison du choix des 6 mois ? je crains en effet que ce ne soit pas assez.

  2. Baudouin

    Je prends la rechute dans les six premières semaines à 2 contre 1…

  3. Dr_Cube

    Excellente initiative ! J’ai hâte de voir de quoi il en retourne. Je suis moi-même un drogué du net, et je ne peux concevoir de ne pas consulter mes emails de la journée sans ressentir un manque et un stress profond. Je suis conscient de cette addiction depuis longtemps, et je sais aussi qu’elle me fait perdre un temps considérable sur ma productivité.

    Je pense qu’il faudra croiser votre expérience avec celle de ces pauvres chinois qui se font enfermer dans des camps de réhabilitation pour accros à Internet…

  4. Romain

    Quand tu dis “je ferme mon blog”, tu veux dire que ton blog passera hors ligne au 1er avril ou alors tu le laisses quand même online ?
    à part ça, bon courage pour pas replonger, je pense que ça sera une expérience vraiment intéressante ;)

  5. Julien

    Bonjour,

    Je viens de découvrir vote site et je vous avoue que cette expérience ne peut qu’être bénéfique. Il est vrai que dans notre monde sur-connecté nous sommes devenus dépendants et boulimiques vis à vis de l’information. Il suffit de suivre l’actualité du moment sur la catastrophe au Japon ou encore de vouloir se renseigner sur quelque thème que ce soit (santé, e-réputation, j’en passe…). Ne pouvons tout contrôler. Je pense que nous allons forcément, un moment ou un autre, revenir à des utilisations plus restreintes d’Internet et des réseaux sociaux.

    Je vous soutiens et serais ravi de vous rencontrer pour en discuter.

    Julien

  6. 000

    Très bonne idée : Eric Besson propose de l’étendre à tout le pays.

    Jusqu’à l’élection présidentielle de 2012, coupure générale du Net en France, l’élection se fera à l’ancienne, avec TF1 et Le Figaro papier.

  7. did

    Excellent. Bravo.
    Les paris sont ouvert (Baudoin m’a fait beaucoup rire, ça fait du bien) : tu vas tenir le coup parce qu’un livre, ça motive. Sans un livre au bout, je doute que tu ne craquerais pas.
    Pour ma part, je suis total addict au net, emails, facebook, blogs, infos… mais, si cela génère du manque, c’est sans stress. J’ai souvent du mal à saisir le stress dont certains parlent lié à cela. J’y trouve au contraire du plaisir, de l’enthousiasme, des motivations, des connexions enrichissantes, des amitiés qui se développent. Tout ça est hyper positif dans ma vie.
    Le désir d’une déconnexion, je la ressens aussi, mais par rapport au dessin. Mon dessin ne serait plus le même si je déconnectais de tout et que je revenais à dessiner 4 heures par jour un seul sujet, que dis-je, 4 heures ? 8 heures, 20, 50, 100, 1000… J’aimerais savoir comment il évoluerait si je ne dessinais plus en fonction des stimulations visuels des blogs, des BD, du ciné. Mais, je n’ai pas les moyens financiers de faire cela. Si un mécène lit ces lignes… :)

  8. Avant c'etait mieux

    Bon allez moi je vends ma bagnole, me fais couper le téléphone, l’électricité et l’eau courante histoire de revenir à 1788 pour voir si je comprends plus de choses…

  9. Iza

    Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne me surprend qu’à moitié.
    Comme d’hab, ça m’intéresse….

    En ce qui me concerne, tu auras remarqué que je vis un sevrage partiel depuis quelques mois …. on peut en parler si tu veux (même plus le temps de le rédiger).

    Plus de connexion à la maison (et pas de 3g mais de l’Edge poussif), énormément de sollicitations au travail donc peu de temps pour les expérimentations antérieures.

    Mais quand même un peu de drogue quotidienne. Je lis mes mails, je jette un oeil aux timelines de Fb et twitters deux ou trois fois par jour (10 à 15 fois ??? peut être ;-))) entre deux RDV. Je parcours deux trois blogs avant de quitter le bureau et avant le déjeuner.

    Ce n’est pas rien, ce n’est pas aussi radical que ce que tu comptes faire… c’est sur. Mais c’est tellement moins qu’avant que ça produit tout de même son petit effet.

    Super excitant en tous cas…

  10. 000

    “ce n’est pas aussi radical”

    Oui Iza, c’est encore trop pour obtenir le prix Moubarak.

    Ce mouvement général de lassitude face au Web était prévisible, car tout le monde s’est excité sur l’outil, et bien peu sur les conditions requises pour produire du bon contenu et de bonnes connections.

    Nous avons beaucoup trop de facilités à publier, et nous perdons de vue l’essentiel : qu’en faire ? Que dire ? Qu’est-ce qu’une oeuvre ? Qu’est-ce qui mérite d’être écrit, distribué, discuté, connecté ? qu’est-ce qui va compter dans notre vie ?

    Ce n’est pas le nombre de RT sur Twitter qui est un bon indicateur.

    Faire la différence entre la satisfaction passagère d’écrire un truc provoc ou mimétique qui nous vaudra 500 RT ou 500 000 visiteurs immédiats,

    et la satisfaction plus profonde de bâtir une oeuvre qui nous semblera l’accomplissement d’une vie, en prenant le temps de cela, ce temps que ne laisse pas la foule d’excités assoiffés de flux sur Twitter.

    La question n’est pas de devenir Cyborg, mais des conditions requises pour qu’il sorte quelque chose de bon de cela.

    -

    C’est ce qui m’intéressait peu dans le débat sur les nouvelles formes d’édition en ligne : trop de focalisation sur la nouveauté des outils, et en réalité un contenu distribué qui n’était pas tellement novateur ni intéressant.

    Le premier âge d’Internet a été le développement des outils. Maintenant il reste à savoir qu’en faire qui comble une vie.

  11. bertrandkeller

    Sage décision Thierry. Je sais que je suis un modèle pour beaucoup de monde mais de là à t’inspirer.

    Travaillant dans le web, j’avoue que je suis plutôt connecté au web. Seulement, je n’ai pas cédé aux sirènes des smartphones ; sur twitter je ne suis qu’un nombre très limités de personnes ; je n’ai pas de profil facebook.

    Durant mes vacances, ou mes week-end, je ne touche à aucun appareil électronique pour me connecter au web. Aucun manque ne m’assaille. Seul le côté pratique peut intervenir : billets de train…

    J’ai décidé de ne pas me rendre esclave du flux, malgré la pression sociale. J’ai gardé la maîtrise de mon temps. Ainsi, je n’ai aucun problème pour vivre déconnecté.

    Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais cela découle d’une réflexion sur une gestion maîtrisée de l’énergie et du temps.

    Je me demande donc si ce que tu recherches ce n’est pas être comme moi.

  12. René

    Vous qui vous définissez comme un guérillero et avez dit pis que pendre sur les éditeurs, pourquoi ne pas appliquer votre propre discours et éditer ce livre en auto-publication ?

    Désolé pour la contradiction mais j’ai envie d’avoir votre réponse.

  13. Serge Meunier

    Bonjour Thierry

    Cela ne me suffit pas d’allonger la liste de ceux et celles qui relaient l’information quant à cette aventure ; je viens vous taquiner.

    Vous en avez du bol qu’un interlocuteur de l’édition vous envoie illico ou presque vers sa directrice littéraire. Ensuite, vous allez vivre tandis que, nous autres, nous nous arrachons les synapses car un saut est à effectuer : la civilisation en cours de mue étoufferait de sa chrysalide…

    Michel Serres a commenté récemment comme la contemporanéité nous transforme – au sens de nouvelles pratiques, dont l’intelligence collective. Peut-être aussi de la psychologie donc. Vous seriez ainsi le contre-expérimentateur de l’addiction lors d’une apnée à la Jules Verne et c’est le réel palpable, charmant, quotidien et enjôleur votre Nautilus ?..

    Il est vrai que les time-line se saisissent de nous et que, si elles nous façonnent vers une noosphère, elles nous violent littéralement en tant qu’êtres sensibles ; nous sommes devenus des agités au sens du stress technologique.
    D’un autre côté, comme tous les forts tempéraments vous êtes entrain de contribuer à votre propre mythe, c’est ça ? Vous allez briller par votre absence, vous faire désirer comme un Monte-cristo dont on ne sait sous quels traits il reviendra ?..

    Taquinement
    serge

  14. 000

    @ René

    On dit du mal des éditeurs quand on n’en trouve pas. :-)

    Quand on en trouve, on est en général très content de pouvoir signer, toucher une avance, être assuré d’un bon réseau promotionnel à la sortie du livre.

    (Jusqu’au jour où l’on dispose d’une assez grosse base de lecteurs pour pouvoir se passer du travail marketing des éditeurs.)

    Parmi tous les groupes de musique qui se sont auto-promus en ligne, je n’en connais pas qui ait refusé un producteur traditionnel quand l’offre est venue.

    L’auto-organisation c’est bien en discours. En pratique, on est bien content d’avoir des grosses sociétés à l’ancienne qui signent les chèques, que ce soit pour la littérature, la musique ou le cinéma.

    Des sociétés qui, pour pouvoir signer ces chèques, se battront contre la libre distribution du contenu en ligne.

  15. Dilidou

    J’me trompe peut-être mais si “je me placerai au niveau technologique 1985″ est vraiment la référence quant aux technologies qui seront acceptées pendant cette retraite, ça veut dire aussi que pas de portable !!
    Donc un problème de carte SIM, compatible ou pas, en moins! ;)
    Et on se rabat sur le bon vieux fixe !
    On, spectateurs, tolérera les touches au lieu du cadran circulaire tournant, hein, mais pas plus !

    Alors bon courage dans cette expérience/épreuve !

  16. Thierry Crouzet

    @Dilidou Je ne suis pas addict côté tel portable. J’utilise jamais SMS ou presque. Je pense que je vais en garder un pour ne pas emmerder ma femme surtout (et recevoir mes appels sur le tel fixe de la maison). Ce qui m’importe et me pose problème c’est de me couper du search, des timelines, du réseau social, de mon blog… tout le reste n’a pas d’importance.

    @René et 000 L’édition interdite n’attaque pas les éditeurs, je l’ai déjà dit cent fois, surtout pas le fait d’être édité, je pense que c’est mieux que de ne pas l’être, et je le dis dans ce texte… en revanche je pense en effet que la masse des autopublications et l’autocensure qui l’accompagne entraînera un changement de société. C’est cela le véritable sujet de l’essai.

    @Serge Si je mène cette expérience ce n’est pas, a priori, pour rejeter la connexion mais pour en mesurer les forces et les faiblesses et tenter de retrouver le temps long que j’ai effectivement perdu. Le meilleur des deux mondes et tenter des les unifier. C’est un besoin intense en ce moment chez moi.

    Quand à mon absence, je pense que je ne manquerai à personne. Et si je manque, il y aura mes livres. De quoi occuper les 9 mois sans problème. :-)

  17. Pingback: Le bloc-notes du vendredi

  18. Nessy

    Et bien bon courage ! J’ai déjà vécu une coupure de ce type : 7 ans sans télé, sans radio et sans journaux mais avec abonnements à 3 biblio municipales + une biblio universitaire. Mais c’était de 93 à 2000, avant d’être reliée à internet ! Je trouve intéressant de te faire scanner le bulbe rachidien. C’est clair qu’on ne pense pas de la même façon depuis qu’on est connecté, ça serait marrant de le voir en image. Tu vas peut-être ressentir des trucs bizarres comme les personnes amputées ressentent des démangeaisons sur des membres fantomes. Du coup, l’aide psy risque d’être pertinente. Les démangeaisons du cerveau, je le sens pas trop. Trouve un palliatif, genre le jardinage, si le nuage de Fukushima pourrit pas trop la terre. Ou le vélo. Quand au temps prévu, neuf mois, toutes les mères te le diront, c’est vite passé :)

  19. the bad neuroscientist

    Je suis dans le milieu des neurosciences, je voulais juste vous signaler que les choses ne sont pas aussi simple que “L’usage du Net modifie la topologie cérébrale”. Je ne suis absolument pas specialiste des effets du net sur le cerveau mais comme toujours avec le cerveau, faire une etude scientifique d’une deprivation d’internet pendant 6 mois demande de la rigueur, et surtout des hypotheses serieuses.

    Je sais bien que les communications scientifiques grand public laisse a penser qu’il suffit de faire une jolie image du cerveau a 2 moments differents pour voir des differences interpretable, tout ceci est juste une blague. D’abord, comme vous le dites bien, vous aller changer votre mode de vie, ceci ne va pas etre uniquement une deprivation du net donc mais un grand nombre de variables vont changer. Un des conditions necessaire en science est le “toutes conditions egales par ailleurs”.

    Pour resumer, mon avis est que l’aspect cerebral des choses ne peut etre interessant qu’avec une etude extremement contraignante pour vous, ce qui n’est pas le but ici j’imagine. Par contre le suivi par un psychologue, et surtout le recit de votre experience vecue seront beaucoup plus interessant, et valide scientifiquement, que quelques belles images en couleur de votre cerveau.

  20. Iza

    @000 : bon, ben du coup, je trouve 3 mn pour entrer dans le détail. Pas de lassitude non. Une lassitude très rapide de ce que tu décris … la fascination de la timeline, de l’info pour l’info vient très vite en effet, et sans doute de plus en plus vite plus nous expérimentons. Mais je ne suis absolument pas lassée de “La question n’est pas de devenir Cyborg, mais des conditions requises pour qu’il sorte quelque chose de bon de cela.”.

    Par contre, tenter des choses pour trouver du sens est harassant. Les expérimentations que j’ai pu mener, que Thierry a mené, que d’autres mènent tous les jours, demandent une énergie folle. Je ne suis pas lassée, mais l’articulation avec d’autres types d’efforts n’est pas facile.

    Pendant un temps je me suis spécialisée, donc le temps et l’énergie investis étaient rentabilisés par l’exploitation que je pouvais faire de mes expériences dans mes interventions en formations ou d’expertise auprès des acteurs de mon secteur.

    La nature de mon taf a changé, c’est beaucoup moins simple d’expérimenter. Du coup, je me retrouve avec un usage plus “standard” des réseaux et de l’internet. Un usage dont il n’y a plus grand chose à dire, dont il est à la fois plus facile de se détourner (quand je suis en vacances, je passe sans pb dans ma brousse tout ce temps là sans me connecter), et plus difficile de s’extraire quand il devient juste un moyen de se vider la tête à la fin de ma journée de travail (n’oublie pas que je n’ai pas la télé ;-)))))

    Voilà le bref bilan de l’évolution de ma pratique.

    En revanche, je travaille toujours avec l’aide du réseau et là pour le coup, j’aurais du mal à me passer du mail et des quelques réfs utiles tous les jours (juridiques notamment).

  21. Thierry Crouzet

    J’ai envie de regarder cet aspect… pour essayer toutes les approches possibles… et je pense qu’on peut essayer de faire les choses sérieusement sans pour autant vouloir prouver quoi que ce soit.

  22. Jeanne

    L’epub c’est une bonne idée, ça occupera en attendant ton retour. Euh, on pourra le télécharger ? Même contre menue monnaie ?

  23. Serge Meunier

    Bonsoir les gens,

    C’est une expression de ma fille – forte en thème et que cela défoule un peu de laissé-aller. Effectivement, il y a du monde. Je me dis qu’à nous tous, nous pourrions nous cotiser afin de me faire un beau cadeau…
    Mais ça n’est pas le sujet. J’ai particulièrement aimé l’intervention que ponctue : “vivre sans internet me parait presque plus difficile que vivre sans électricité”. Avec mon esprit tortueux, j’imagine le choix cornélien ayant effectivement été réalisé ! Ceci dit, il est bientôt samedi…

    Taquinement toujours

  24. 000

    “Je trouve intéressant de te faire scanner le bulbe rachidien.”

    On va lui trouver une tumeur, et en janvier c’est un bouquin sur les médecines parallèles qu’il publiera, comme en son temps David Servan-Schreiber (dont la tumeur cérébrale avait été découverte par hasard, alors qu’il passait un scanner pour faire une démonstration pour ses élèves).

  25. @CGisabelle

    Je me permets de reprendre ici l’idée que j’avais esquissée lors que vous avez commencé à évoquer l’éventualité de votre déconnexion : il pourrait être intéressant de croiser votre expérience avec celles de personnes qui sont touchées par la fracture numérique.

  26. @CGisabelle

    Je télétravaille pour une association nationale d’aide alimentaire, nous avons un chantier d’insertion sur le MIN de Perpignan, pas très loin de chez vous, ça pourrait s’organiser. En tout cas, votre expérience (et la façon dont vous allez appréhender le non-accès à l’e-administration par exemple) nous apportera sûrement un regard différent sur ces problématiques récurrentes rencontrées par nos salariés non connectés.

  27. Ferocias

    Bonne retraire numérique!
    Ca donne un côté monastique dans ce monde de rapidité et d’échanges immédiats.

  28. Scribe

    C’est vrai qu’internet devient de plus en plus omniprésent dans nos vies de connectés, et on a parfois le sentiment d’être submergé d’informations, de mails, de tweets, de mises à jour de statuts Facebook.

    Il y a deux ans j’ai décidé de quitter Facebook, c’était devenu trop addictif pour moi. La pression sociale pour y retourner était assez grande – peu de gens ont compris pourquoi j’ai voulu quitter LE réseau social sans lequel on est un ringard, un has-been.

    Alors là, se déconnecter totalement pendant 9 mois, ça va être délicat, mais bien sûr vous vous adapterez. Nassim Nicolas Taleb était peut-être un peu optimiste, en tout cas sa citation : parmi mes ex 250 contacts Facebook, peu se sont soucié de savoir ce que je devenais et depuis que je n’y suis plus, beaucoup de soirées ou de sorties s’organisent sans même que je ne soit au courant. Alors dans votre cas, couper tout contact numérique, ça va faire un grand vide. Prévoyez de la lecture ;-)

    Bon courage

  29. meriem

    Bonjour, Thierry
    Je passe peu par ici mais je ne me suis jamais totalement éloignée. Son contenu et sa forme sont éloignés de moi mais j’étais là au début de l’écriture du twiller.
    Là, je suis interpelée. (évidemment: on part dans l’expérience et je vois le côté “analyse psychologique” du fonctionnement; du manque comme de son absence: analyse de l’expérience.)
    Et c’est justement à ce moment-là que je ne pourrai pas te suivre: l’ironie de la chose ne m’échappe pas. Je te lis grâce à Iza, Pacco, Henri, Lény. Via internet. Ca me titille.
    Bonne route.

  30. Fakir Séditieux

    Soit tu es persuadé de gagner les prochains 133 millions du prochains euromillions, soit tu as enfin décider de profiter de la mer pour faire du bateau à longueur de journée afin de te préparer à naviguer vers des lieux plus idylliques les uns que les autres.

    Là il est certains que tu remplaceras sans effets secondaires la netitude par la zenitude. Et ce pour tes prochains 6 mois.

    Mais après bonjour l’angoisse… du retour, genre pire que la rentrée des classes pour les petits nenfants.

    Que tu tentes pareille expérience pourquoi pas. Moi ce que je vais surveiller c’est si tu la réédites un an après :-)

  31. revaz

    “Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps
    Tu t’demandes à qui ça sert toutes les règles un peu truquées
    Du jeu qu’on veut te faire jouer
    Les yeux bandés.

  32. Florence

    Au risque de me faire taxer d’extrémiste (tant pis, j’assume ;-)) je ne pense pas que la coupure puisse être complètement réelle dans ces conditions. Tu ne vas peut-être pas utiliser Internet personnellement, mais tu vas vivre dans une maison connectée, avec des gens qui vont continuer à l’utiliser. Internet va forcément s’inviter dans ta vie, ne serait-ce que par le biais des conversations familiales. À moins que ta femme et tes enfants arrivent à filtrer les choses et ne plus rien évoquer de ce qu’ils font / apprennent / découvrent via le réseau. Mais ça me paraît bien compliqué !
    Cela dit, je trouve l’expérience intéressante. De celles qui pourraient me tenter, mais dans un contexte vraiment déconnecté. Là, pour moi, ce serait trop difficile. Comme m’interdire de boire une bonne bière avec devant les yeux mon mari qui sirote la sienne…

  33. Thierry Crouzet

    Mes enfants ont 4 et 6 ans… donc leur usage du Net est plutôt limité à poissonrouge.org. Ma femme ne partage pas vraiment mon réseau social, n’est pas une adepte des timelines et a un usage du Net purement utilitaire. Et elle m’a bien prévenu qu’elle refuserait même d’acheter mes billets de train. ça va être sportif.

  34. Aventure inintéressante

    Euh…. ma grand mère fait ça tous les jours et elles se portent très bien…. et des millions de Skyblogueurs de 13 ans mettent fin à leurs blogs tous les jours sans se cacher derrière des pseudo-science (une bouilli mal finie de science sociale, de science dure mal assimilée, d’écrivain raté infoutu de se faire publier mettant ça sur le compte du système afin de cacher sa propre médiocrité).

    Et oui, il y’a bien une différence entre publier un manuel sur comment utiliser un Nordinnator et écrire une oeuvre. Et puis là, vous allez nous pondre un bouzin papier/ concept digne d’une real TV : “Il va vivre pendant 6 mois sans Internet comme en 1985″ *mettre n’importe quel générique débile* Berk…

  35. did

    Euh… votre grand-mère n’a jamais été intensément dans le flux du net à tambouiller des idées et des analyses pertinentes sur les mutations de la société actuelle. Ce que propose Thierry, ce non-évènement, n’est pas extraordinaire, évidemment. Ne serait-ce pas les commentateurs qui en font monter la sauce ? Commentateurs dont vous êtes (Pourquoi commenter quelque chose qui est inintéressant ?). Si ce que propose Thierry n’est pas à tomber de sa chaise, c’est sûr, mais c’est tout aussi intéressant que bon nombre de livres de vrais écrivains, puisque publiés (selon vous), qui remplissent les rayons des librairies.

  36. Pingback: A lire ailleurs… du dimanche | Paumadou

  37. Tassin

    Excellente idée!

    J’ai hâte de voir le résultat de l’expérience… ou pas du coup!

  38. Serge Meunier

    Bonjour,
    A lire l’engouement de certains et la circonspection d’autres, il y a une pression autour de l’événement.

    Quelqu’un de pointu a répondu pour ce qui est du cérébral : le cerveau fonctionnant “autrement” est plus une image que relevant de l’imagerie…

    Revenir à un avant de la connexion est par définition impossible. D’autre part, c’est délicat de ne pas faire quelque chose, c’est même absurde : on ne va dire “untel ne fait pas”…

    De plus, une fois postulé ne plus se connecter, il y a rien moins que l’infini du possible : est-ce que ça n’est pas déjà l’objet du journalisme, de la littérature ?..

    Il ne faut pas que le fait de ne plus se connecter et fermer son blog devienne un centre autour duquel tournent se (re)connecter et (ré)animer son blog. Ainsi le cadre de l’expérience est peut-être encore flou ?..

  39. Thierry Crouzet

    Fermer mon blog n’est que la conséquence de ne plus me connecter… en fait il ne sera pas fermé puisqu’il sera toujours accessible… seulement je n’irais pas y publier.

    Pour moi, c’est une expérience vitale que de ne plus m’accrocher à ma vie sociale en ligne et aux outils de recherche, on verra bien ce que cette expérience me fera écrire.

    C’est du gonzo, rien de plus… des dizaines d’auteurs pratiquent cette forme d’écriture, je trouve qu’elle conviens à notre temps et je l’aime… elle découle de mes années jeu de rôle.

  40. Rachel

    Bonjour,

    Et je me demande s’il y a un café dans votre village.

    Ce lieu où, avant, était commentée l’information.
    En direct, en brandissant le journal, levant la voix, les yeux au ciel, le coude pour certains… et où les gens refaisaient le monde.

    Ce lieu, le café, aujourd’hui, est devenu aseptisé. L’on est prié de ne pas parler trop fort et de ne pas se mêler de la conversation de ses voisins. Et réciproquement ! que le voisin ne soit pas indisposé par les conversations des tables d’à-côté, ça peut donner des idées!

    Donc s’il y a un café dans votre village, j’espère que vous irez… souvent y boire un jus d’orange. Pour y recréer les liens sociaux de ceux qui à force de communiquer avec des amis du bout du monde, ont oublié de regarder et d’écouter à côté d’eux.

  41. Raffa

    J’ai ressenti le besoin de me déconnecter (reconnecter ?) aussi.

    Sur et “acteur” du net depuis 94, autant dans ma vie privée que professionnelle, j’ai constaté (autant que possible) que mon cerveau ne fonctionne plus tout à fait comme avant, que ce soit pour la lecture, pour la concentration , la capacité de synthèse, les méthodes de travail etc. En mieux, en pire ? En différent en tout cas. Heureusement je n’ai pas succombée à la mobile révolution en plus.

    Je n’ai pas voulu (ou pu ?) faire une coupure brutale comme toi. J’ai mis presque 2 ans à me déconnecter petit à petit, mais en ayant toujours gardé un contact (au moins d’une heure par semaine) avec le net (mail, recherche d’info et veille) pour des raisons pro et privée. Honnêtement se fut difficile, j’ai même cru que je n’y arriverai pas seule, mais je peux désormais passer des jours entier sans me connecter et sans en ressentir le besoin, j’ai réappris la vraie mesure du temps, celle qui se déroule dans mon jardin par exemple. Le fossé entre mes visions du temps avant et après est abyssal. Ma vie sociale (virtuelle et réelle) a changé aussi, forcément.

    Tout ce que je peux dire c’est que je ne ferai pas machine arrière, tant pis et tant mieux si ma présence sur le net est plus discrète.

    Bonne reconnexion Thierry, à bientôt.

  42. Serge Meunier

    Bonjour,

    Petite participation à ce débat intéressant. Je me rends compte être un addict au Mac, à Twitter en tant que vigie, serait-ce pour relayer une journaliste blogueuse de Jsezira qui donne des nouvelles du maghbreb ou pour comprendre Fukushima et les retombées que cela a chez nous pour le nucléaire.

    Père divorcé, j’ai aussi un bon et vrai contact avec ma fille universitaire dans une ville distante de 60 km et moins dispo, lors d’échanges par mail ; pareil avec mon fils qui monte une Junior Asso autour de sa pratique sportive et que j’aide parfois à rédiger un texte en travaillant avec lui “à distance” : ce qui n’empêche pas le lien, AU CONTRAIRE !!!

    Je me dis que nous sommes acteurs d’une mutation de la société et pas seulement de la gestion de nos egos respectifs ; suis par ailleurs partisan des solutions non exclusives ; je veux dire par là que me décider à être moins sur Internet n’a pas de sens (moins n’étant pas la définition de quelque chose), je préfère rester vigilant et me réorienter vers plus de promenade en fin de journée et l’arrivée du printemps, plus d’échanges incarnés…

    A mes yeux, il n’y a donc pas de dualité entre des pratiques, certaines saines et d’autres virtuelles qui nous dévoreraient. Elles ne nous dévorent que si nous nous laissons dévorer.

    Amicalement

  43. Thierry Crouzet

    J’utilise jamais le mot virtuel pour parler de ma vie en ligne. Elle est tout aussi IRL que celle hors ligne. J’ai simplement perdu quelques sensations, celle du temps long, des compétences, celle de peindre des aquarelles, je voudrais en me coupant du Net essayer d’en chercher la cause… non pas pour nier le Net, je vais revenir, mais pour tenter de comprendre en quoi nos vies se transforme. C’est une expérience.

  44. did

    Bien d’accord avec Serge Meunier.
    La cause Thierry ? Peut-être simplement parce qu’aujourd’hui, on a tellement de possbilités… on n’a simplement pas le temps de tout faire. Blogs ou aquarelle c’est comme boire ou conduire.
    Au début on avait les promenades, puis un gars a inventé le conte. On avait le conte et les promenades. Puis une fille a inventé la danse, on avait les promenades, les contes et la danse. Puis, un gars a inventé le théatre. On avait les promenades, les contes, la danse et le théatre. Puis, une fille a inventé l’aquarelle. On avait les promenades, les contes, la danse, le théatre, l’aquarelle… puis, la peinture à l’huile plus difficile, puis la photo, puis la radio, puis le ciné, puis la télé, puis la BD, puis l’internet, puis les blogs… mais on a toujours le même nombre d’années et le même nombre de bras. :)

  45. Thierry Crouzet

    Mais le Web nous immerge dans le temps réel, un peu comme la politique, c’est assez différent de la plupart de ce que nous avons connu par le passé. Je veux y voir clair. Il me semble qu’il faut y voir clair. Et pas simplement foncer en avant.

    Et puis il y a aussi une relation avec écriture/lecture longue… que le Web rend presque impossible et pourtant je les crois encore nécessaires.

  46. paille

    “Je ne sais pas si je suis addict au Web….”
    “Ma vie sociale se déroulant essentiellement via le Net”

    Tu as ta réponse :)

  47. did

    Dans la vie, y’a plein de souffrances, même sans addiction. :)
    Moi je suis addict à dormir la nuit, à manger plusieurs fois par jour, à aller me balader au soleil, à voir des amis… bizarre, toutes ces choses ne paraissent pas négatives comme addictions alors que le net, oui. Pourquoi ?

  48. Thierry Crouzet

    C’est parce que c’est quelque chose de nouveau dont nous n’avons pas encore pris la mesure… on sait qu’il faut en gros dormir 7-8 heures pour être en forme. Pour le Net, on n’a pas cette expérience… et puis ont fait tant de choses différentes sur le Net. lesquelles ont du sens pour nous ? lesquelles ne font que nous bouffer du temps ?

  49. Serge Meunier

    Bonjour,
    Sauf erreur et en conservant du bon sens, une addiction c’est psy au sens d’une dépendance dont les conséquences sont néfastes. En échanges mails, édition de news et consultation web, il arrive que je pratique parfois quatorze heures par jour et que j’en sorte un peu groggy. Mais invitez-moi dix jours en montagne sous un ciel pur et dans un cadre si possible aride – genre haute-maurienne – et je n’hésiterai pas longtemps. L’addiction est réservée aux profils addictifs. Le reste est littérature !
    Amicalement

  50. did

    Si, comme dans d’autres parties du monde, on passait 14 heures par jour à travailler pour nourriture et logement, le net ne serait pas un problème. C’est une question de nanti qui ne savent pas quoi choisir entre un baba au rhum et un chou à la crème.

  51. Thierry Crouzet

    @Serge Tu prends ton téléphone en montagne et ton GPS ?

    Et puis 10 jours ce n’est rien… je suis sûr que les psys ont plusieurs sortes d’addictions dans leur catalogue, certaines qui ne commencent à peser qu’après plus de 10 jours… (le sexe :-)).

    Donc aujourd’hui je ne sais pas si je suis addict, si je ne le suis pas tant mieux… en revanche je sais que je suis attaché à mon réseau social et que ne plus échanger avec mes amis, ou ne serait-ce que les lire me manquera… comment vais-je vivre sans eux ? Comment vais-je réorganiser une vie centrée autour du Net autrement ? C’est bien le défi. Ma vie IRL est sur le Net aujourd’hui.

  52. Serge Meunier

    Eh l’ami !
    On se calme, je passe 14 heures par jour sur écran car je collabore à l’émergence d’un dispositif de consultation web, que j’aide mes enfants par mail interposé, que je travaille sur un projet pour polyhandicapés, que j’échnage ici et d’autres blogs. Gardez vos sucreries et le misérabilisme sur les pays où la vie est dure ; c’est trop dommage ces oppositions… stériles !
    Respectueusement

  53. Serge Meunier

    Salut meuh non, ici c’est Meunier : toutes mes excuses et d’ailleurs je me répète puisque j’avais terminé par respectueusement. Où ai-je la tête ?..

  54. Pingback: Comme @crouzet je débranche

  55. Serge Meunier

    Bonjour
    Bien sûr que Th se déconnectera mais de façon très connectée. C’est paradoxal, c’est donc très humain. J’ai d’ailleurs adoré l’intervention de quelqu’un ici qui demandait comment on pourrait suivre ça en live. Notre intérêt à tous et toutes me semble de pousser la chose dans ses retranchements afin que l’expérience en soit fertilisée ; au fond, nous en faisons partie…
    Amicalement

  56. Michel Lecour

    Il convient d’être respectueux et admiratif ; la déconnexion est une chose, et, comme l’addiction, elle suppose de supporter l’absence, mais il y a plus.
    Ce que fait Thierry est respectable et admirable dans le sens où il est cohérent avec lui-même (ce n’est pas si courant). Il passe à l’acte dans la foulée de son idée. Il expérimente, il teste, il se teste, il se mesure. Il est impliqué ET engagé. Il ose risquer l’échec, ou la réussite, la découverte, ou la banalité. Gandhi disait qu’une idée non suivie d’action est stérile.
    Et bien transformer la réalité, c’est d’avoir tenté, pas d’avoir (seulement) pensé.
    Je me suis déconnecté de FB et de Twitter durant un an, mais pas du mail ni de mes RSS. Et c’était déjà intéressant, expérimentalement.
    Là c’est bien plus fort.
    Et il va en ressortir plus fort, mieux armé pour se (re)connecter avec vigueur et sérénité, et pas parce que c’est dans l’air du temps.
    Et il va nous faire vivre des expériences nouvelles : le fax ! incroyable, j’aurai pas cru devoir en repasser par là. Et le courrier ! La Poste va devoir embaucher !
    Vive l’audace !

  57. Triple

    Quand on pense que la révolution sur Internet est programmée pour le 7 mai, et qu’il va tout rater.

    Dans ses carnets il écrira : “aujourd’hui, rien de spécial”, le jour même où les Sans-culotte connectés vont changer le monde.

    Le jour où Etienne Chouard lancera en ligne la grande convocation des Etats Généraux du nouveau monde, Thierry écrira : “Passé un bon moment au bord du lac en lisant Goethe, après un tour en vélo”.

  58. anis

    Vous allez avoir plus de temps. énormément.
    A vous de découvrir comment le combler…

  59. fruhauf

    Je vous dis : “Bravo!”. Pour ce Buzz d’une grande et énormissime intelligence. Et puis,juste le jour du 1er Avril, cela ne sent pas du tout le Poisson.

    Très bien rédigé, du vécu.
    Excellentissime.
    Je remercie Isabelle de m’avoir fait lire.

    Fred.

  60. Laetitia K

    @000, je n’ai aucune idée de qui tu es mais morte de rire!!

  61. Serge Meunier

    @Laetitia K
    Bjr Laetitia K ou toute personne abritée derrière ce pseudo, je ne sais qui tu es mais m’associe à toi pour être mort de rire. A propos il y a sur Twitter ce matin un commentaire à propos des gesticulations de Copé disant que, ce qu’il souhaite au fond, c’est qu’on débatte et parle de lui. Il mérite donc sa carte de “faiseur” : faiseur de buzz. Il faut absolument que nous nous y mettions tous et toutes pour inventer un bouton like dans la vraie vie, genre point rouge au feutre indélébile sur le bout du nez de tous les faiseurs du monde qui n’ont de cesse que d’attirer l’attention à eux et ajouter du bruit au bruit.
    Ah, mais mon agenda m’informe du fait que nous sommes le premier Avril – une date ceci dit contestée en rapport avec l’effectivité réelle du début du vingt-et-unième siècle dont on se souvient en effet comme cela avait été controversé…

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  67. K.Gulsum

    Je ne suis pas “addict” d’internet , mais votre livre m’a l’air très intéressant ! Je vous souhaite bon courage et vous remercie de partager cette expérience avec nous! J’ai 16 ans et je commence petit à petit à passer un peu plus de temps sur les réseaux sociaux. Cela m’inquiète pas vraiment car je consulte les réseaux sociaux maximum 40min par jours ce qui est pas très important comparé à vous (vous et d’autres addicts d’internet). Je suis impatiente d’acheter et lire votre livre :)

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