Thierry Crouzet

LIVRE 4,99 € | EBOOK 2,99 €

Sarkozysme ou comment favoriser les multinationales

28

Danger. Je me remets à bloguer malgré moi. C’est sans doute pour donner tort à Éric Mettout et raison à Seb Musset et Vogelsong (où parce que je suis en vacances à Nancy chez mes beaux-parents). Je me hasarde même à une brève pensée politique.

Alors que notre gouvernement s’apprête à imposer une TVA à 7 % à nos libraires, le Luxembourg abaisse la sienne à 3 %, ce qui bénéficie directement à Amazon. À cause d’une disparité des taxes en Europe, nous faisons le jeu des multinationales contre nos propres entreprises, surtout les plus minuscules et les plus attachantes, les librairies.

C’est un calcul intelligent. Comme le prix public du livre est fixe, les éditeurs gagneront plus en vendant sur Amazon. Donc ils favoriseront cette plate-forme au détriment des libraires, maintenant doublement condamnées par l’effritement de leurs marges et l’arrivée du livre électronique.

Je ne suis pas en train de pleurer sur le sort des librairies. Je les crois malheureusement condamnées sous leur forme actuelle. Elles doivent vite se réinventer en revenant à leur véritable cœur de métier : la prescription (sommes-nous prêts à payer quelque chose de gratuit en ligne ?). Je m’amuse plutôt de la bêtise de nos gouvernants. Demain, ils tenteront de corriger leur gaffe en imaginant une taxe Amazon. Et de taxe en taxe, de loi en loi, ils nous construisent une tour de Babel dont ils sont incapables de voir qu’elle croule de toute part.

Surtout n’oublions pas de voter en 2012 pour plébisciter l’un ou l’autre de ces canulars intellectuels. Comme chacune de leurs mesures nous rapproche du chaos, ils œuvrent pour la révolution.

Tags: , Coup de gueule

  1. Kty

    Il ne faut surtout pas se détourner de l’humain.. Les livres sur internet et les distributeurs comme Amazon ou les FNAC sont un danger. Censure, favoritisme en matière d’orientation de lecture et de pensée, n’est ce pas une prochaine étape envisageable et envisagée .. Si les petits éditeurs et libraires tombent? Le pouvoir aux mains des geants me fait peur.. Faire travailler
    les petits éditeurs… Créer un réseau de libraires
    en coopérative en lien avec un réseau de petits
    éditeurs en coopérative pourrait etre une
    solution ? Est ce que ça existe ? Il faut une gestion indépendante, solide et solidaire, et une sensibilisation.. C’est l’idée que j’en ai mais je ne connais pas bien ce monde.

  2. Thierry Crouzet

    C’est la fin du papier, déjà en cours aux US, qui achève les librairies… cela n’a rien à voir avec les éditeurs, eux ils suivent les évolutions de la techno.

  3. Kty

    Je continue à acheter mes bouquins chez Sauramps. Ils travaillent avec plein de petits éditeurs. Beaucoup ont mis la clé sous la porte.
    Ce n’est pas parce qu’on est à l’ère numérique qu’il faut suivre le troupeau. Si les petits éditeurs se regroupaient (sans se bouffer) ils pourraient etre plus à meme de faire face aux gros éditeurs, et développer un réseau de distribution spécial librairies. Trouver des accords. L’enjeu est la sauvegarde du patrimoine du livre, car …vous verrez ce que je vous ai dis dans une dizaine d’ années concernant l’orientation du lecteur… Et donc de sa pensée.
    Cordialement.

  4. al.jes

    @Kty : Pourquoi forcément sous forme coopérative, alors qu’il y en a sous forme associative (au moins des éditeurs – enfin, au moins un : celui que j’ai co-fondé cette année).

    @Thierry : J’ai beaucoup aimé ta conclusion, même s’il y a de fortes chances que je vote blanc.

  5. Thierry Crouzet

    @al.jes Moi il est probable que je ne voterai pas comme d’habitude.

    @Kty Les éditeurs et les auteurs peuvent d’autant mieux se regrouper que les coûts de production seront réduit, ce qui est le cas avec le numérique… il est pour eux une chance, pour nous tous, sauf pour les libraires.

    Je te conseille de lire mon édition interdite, c’est gratuit, tu verras que c’est tout sauf une façon de suivre le troupeau.

  6. Kty

    Je vais le lire avec intérêt. J’y comprendrai peut etre pourquoi ce n’est pas intéressant pour les libraires .. Pour la marge trop faible j’imagine .. Qui necessite d en vendre bcp pour pouvoir en vivre.. Je vais lire votre livre.. Merci.

  7. Shiro

    Quant à moi, le fait que plusieurs disent que le livre papier est voué à l’oubli m’attriste énormément. Parce qu’ils ont peut-être raison. Ce qui est sûr, c’est que plus le marché du livre électronique s’épanouira, plus les librairies seront désertées. J’espère toutefois que je ne serai pas la seule puriste à collectionner par dizaines, voire par centaines, des livres faits de papier, simplement pour le craquement de la reliure, l’odeur du papier et sa texture. Je comprends l’intérêt des livres électroniques. Moi-même, j’ai quelques classiques en anglais sauvegardés sur mon iPod. Mais je préférerai toujours la sensation du papier… Je serai l’une de ces dernières ombres parcourant les rayons, usant et abusant des conseils de ces libraires. Il faudrait vraiment qu’ils s’unissent. Ici, au Québec, il y a deux grosses chaînes de librairies, l’une appelée Archambault et l’autre, Renaud-Bray. Ensuite, ce ne sont que des petites librairies éparpillées dans les grandes villes. Mais ces librairies sont toujours les plus belles, les plus authentiques. Donc, voilà, espoir.

Comments are closed.