Thierry Crouzet

Blogueurs en colère

Thierry Crouzet - Lundi 23 janvier 2012, 10:48 - 1 584 lectures

Vous autres agrégateurs de toute espèce partez d’un postulat erroné : vous nous donnez à nous blogueurs la visibilité, vous encaissez les bénéfices.

Mauvaise analyse.

Le blogueur se moque de la visibilité. Qu’il soit beaucoup lu ou peu lu ne lui rapporte rien.

Je parle bien sûr du blogueur qui m’intéresse, pas de celui qui fait la promotion indirecte de sa boîte ou de lui-même. Ces blogueurs existent, ils sont minoritaires et en général peu intéressants. On les repère à leur goût pour le politiquement correct (je vous laisse les nommer). Ils ne veulent froisser personne. C’est leur signature.

Ne croyez pas que je sois dans leurs camps sous prétexte que je publie des livres. Je n’ai jamais noté la moindre corrélation entre les ventes de mes livres et la fréquentation de mon blog. Je crois même que mes deux lectorats se recouvrent peu.

En tant que blogueur, j’aime les rencontres et les échanges féconds. Mieux vaut un bon commentaire que dix mille like. En conséquence, non aux agrégateurs qui en nous promettant une visibilité insignifiante s’enrichissent sur notre dos.

Le Web d’aujourd’hui célèbre un recul du droit du travail.

Agrégateurs, vous parlez de partage, alors partagez vos revenus. Toute autre attitude révèlera une posture malhonnête.

Je ne suis pas contre le droit de citation, mais à partir d’aujourd’hui, j’interdis aux entreprises à but lucratif de reproduire mes billets ou même des extraits qui excéderaient quelques lignes.

Dans le même temps, il me paraît légitime de piller les entreprises qui vivent du pillage. C’est un acte de résistance contre le nouvel esclavagisme.

Quand une entreprise utilise de la main-d’œuvre gratuite, je me donne le droit de m’emparer des contenus qu’elle produit de manière rémunérée et de les afficher sur un site de mon choix. Je peux à mon tour devenir agrégateur des agrégateurs et me battre avec leurs armes sur le terrain du référencement naturel. Qu’ils m’envoient leur cohorte d’avocats et qu’ils m’expliquent pourquoi eux se donnent un droit qu’ils me refusent.

Je n’entendrai pas la justification selon laquelle les blogueurs ont donné leur accord. Un accord arraché sur des bases mensongères, qui frisent l’escroquerie, m’apparaît caduc.

Pendant que les agrégateurs deviennent les phares du Web éditorial, les blogs se tarissent. Seb Musset avec qui je parlais la semaine dernière me disait qu’il avait plus de lecteurs il y a quelques années quand il était dans le fin fond du classement des blogueurs qu’aujourd’hui qu’il est au sommet.

Si nous ne nous défendons pas, les lecteurs perdront bientôt l’habitude d’explorer le Web à la recherche des perles rares. Il nous deviendra difficile de construire les petites communautés qui nourrissent notre imaginaire. Nous n’aurons plus de choix que d’implorer les agrégateurs pour qu’ils acceptent nos créations.

Restons libres. Notre blog, c’est notre enveloppe physique dans l’univers numérique. Si nous nous en dépouillons, nous renonçons à notre identité. Nous nous fondons dans une multitude indifférenciée. Nous devenons pâture pour les soiffards de la finance.

Au contraire, anéantissons-les. Refusons de nous soumettre à leur volonté. Poussons-les à payer pour publier. Faisons exploser leur business plan qui suppose l’esclavage consenti. Quand ils auront disparu du paysage, il restera des blogueurs fiers et divers. Le Web redeviendra un espace amusant à explorer, plutôt qu’un désert où germent par endroits des fleurs carnivores.

Note technique

Le Web lui-même est un agrégateur. Il lie entre elles des pages pour que nous puissions passer des unes aux autres. Cet agrégateur ne nécessite aucune base de données centrale des liens. Personne n’a le pouvoir dessus. C’est le coup de génie de Tim Berners-Lee.

Construire des agrégateurs dans le Web, c’est tenter de le centraliser. Quel intérêt ? Qui dit centre, dit point de passage obligatoire, donc possibilité d’instaurer des péages. Ouvrir un agrégateur, c’est commettre un coup d’État dans l’espace numérique, c’est tenter d’en casser la structure horizontale pour réintroduire des hiérarchies.

Les moteurs de recherche ont les premiers perpétré un tel crime. Nous avons accepté qu’ils reconstruisent dynamiquement la base des liens pour que nous puissions l’interroger plus facilement. Mais dès qu’ils ont commencé à choisir l’ordre d’affichage des résultats, ils ont recréé des hiérarchies, donc cassé la topologie ouverte du Web.

Au moins n’ont-ils jamais fait disparaître les pages elles-mêmes. Ils ont continué à pointer vers elles. C’était un compromis acceptable. Il en va tout autrement avec les agrégateurs éditoriaux. Ils détruisent en quelque sorte les sources. Ils les avalent tels des trous noirs informationnels. Ils nous vampirisent.

Il est peut-être déjà trop tard.

Addendum MegaUpload

Je suis pour la libre copie. J’estime que si un lecteur ne peut pas se payer un de mes livres, il doit pouvoir le lire. En revanche, il me paraît dangereux de laisser des sites s’engraisser en diffusant des copies pirates. Les copies doivent circuler librement en P2P, de manière décentralisée, sans point de péage. La fermeture de MegaUpload (et moins sa prochaine réouverture) est une bonne chose (même si je condamne la méthode qui, elle, révèle la peur panique d’un système qui s’effondre).

Les agrégateurs utilisent le même modèle financier que MegaUpload. Différence : ils pillent des œuvres qui ont été diffusées gratuitement. Elles n’en possèdent pas moins des auteurs. À quand une descente du FBI dans leurs locaux ? Vous pouvez attendre. L’esclavage n’est pas prohibé dans notre société.

Addendum Tout travail mérite salaire

Je ne suis pas d’accord. Il m’est arrivé de travailler dur pour planter des melons qui n’ont pas poussé. J’ai écrit de mauvais livres que je n’ai même pas réussi à publier. J’ai chaque fois beaucoup travaillé, mais je ne me suis jamais plaint de ne pas avoir été rétribué (même si j’aurais apprécié de bénéficier d’un dividende universel à ce moment).

En revanche, quand une entreprise exploite le travail d’individus sans contrepartie sérieuse, je ne peux pas l’accepter. Ces individus, par légèreté, par négligence, sont en train de nous ramener à l’esclavage. Ils sont les seuls responsables de ce glissement. Les entreprises qui les publient ne font qu’exploiter leur naïveté politique.

Tags: , Coup de gueule

106 commentaires pour “Blogueurs en colère

  1. NicolasR

    Joli coup de gueule, très fondé et aux mots très durs.
    Mais une question : est-ce que tu classes Google Actus dans ces agrégateurs esclavagistes ?
    En général, la sphère des blogueurs s’est toujours gaussée de voir la presse papier, ces monstrueux dinosaures qu’elle abhorre, tenter de négocier avec Google Actus. Et là, ton billet semble aller dans le même sens qu’eux, finalement.
    (Mais j’avoue ne pas te lire depuis très longtemps, peut-être avais-tu déjà quelques distances avec ces blogueurs qui se gaussaient, je ne sais pas).

  2. Thierry Crouzet

    Tout moteur de recherche est un agrégateur comme je dis en note.

    Google Actu, c’est un moteur de recherche… mais il pointe à l’extérieur, c’est pas un trou noir.

    Le référencement est acceptable (même si pour un blogueur il est de moins en moins nécessaire depuis les réseaux sociaux… c’est d’eux que je reçois mon trafic en général).

  3. PromoLivre

    Je n’aime pas plus les agrégateurs que vous, je ne les consulte jamais, bref, je les ignore.

    Etes-vous présent sur des agrégateurs sur lesquels vous ne vous êtes jamais inscrit ?

    Beaucoup d’acteurs sur Internet gagnent de l’argent avec du contenu qu’ils n’ont pas créé, et je pense d’ailleurs que le phénomène va s’amplifier, avec la quantité d’information qui augmente de façon exponentielle, le but va être de filtrer tout ça pour ne retenir que le plus intéressant, le plus pertinent,… mais pour qui ? Des algorithmes intelligents vont choisir à ma place, tout en gardant les critères secrets, justifiant par la même occasion le pistage à la trace de ma navigation internet, des mes centres d’intérêts,… Et maintenant une nouvelle composante dite “sociale”, si mes “amis” (le petit gros qui était au 3ème rang sur la gauche en 5ème avec vous, et qui vous a retrouvé sur Fessebouc) aiment, alors je devrais aimer.

    Sinon, pour en revenir aux agrégateurs, s’ils ne vous causent pas de désagrément, en quoi cela est-il gênant qu’ils génèrent de l’argent en partie grâce à vous ?

  4. Thierry Crouzet

    @Hervé Oui et Google aussi. Nous vivons une grande imposture.

    @PromoLivre Beaucoup d’agrégateurs ont utilisé par le passé mes billets, je donnais mon accord, c’est terminé à partir d’aujourd’hui. Je ne veux pas entretenir ce système. Il me gêne parce qu’il n’est pas équitable, parce que c’est une forme d’esclavagisme… et je suis contre l’esclavagisme. En plus, il assèche le Web décentralisé (et si nous nous parlons c’est parce qu’il existe).

  5. Pingback: intox2007 » HuffingtonPost.Fr : non au travail gratuit !

  6. Galuel

    Le ḡtravail productif de toute l’énorme ḡvaleur se trouve non rémunérée dans une économie privatrice et essentiellement matérialiste !

    Voilà donc un post qui plus encore légitime ḡ , et nous amène tous à mettre en avant dans le langage même ḡ pour exprimer toute la ḡvaleur, les ḡcitoyens, la ḡmonnaie, et tout ce qui fait le ḡtravail et nous amène à ne plus penser l’économie réductionniste mais toute la ḡéconomie !

  7. Pingback: Tous fichés sans liberté – «L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles» - G. Bernanos -

  8. Denis

    La partie relative à Seb Musset m’a interpellé. Hier, j’écrivais un billet sur la disparition – relative – des commentateurs.

    Extrait

    Entre-soi

    Oubliant les principes de séparation des champs privé et public, de nombreux blogueurs confondent blog et réseau social. Les contenus s’appauvrissent, laissant place à des tranches de vie ou des contenus construits par bribes, dont l’objet principal est de se lier entre blogueurs. La soif de se classer l’emporte très largement sur le souci de produire des contenus de qualité. Les commentaires sont devenus, pour l’essentiel, le fait des blogueurs eux-mêmes.

  9. dormomuso

    Le CC-NC-ND n’est pas, je crois, la bonne solution.

    A moins de l’utiliser en double licence avec une sorte de super copyleft, hyper contaminant, et éventuellement anti-publicitaire.

    Un site web pourrait ainsi reproduire un article utilisant une telle double licence uniquement si :
    - tous son contenu est librement ré-utilisable.
    - ou si l’auteur est rémunéré, après accord.

    Renoncer purement et simplement au copyleft serait nous priver de l’une de nos meilleurs chances. Amha.

    PS : je lutte aussi pour apprivoiser les nouveaux outils. Pour l’instant, je suis encore incapable d’échapper à la compulsivité en décidant à l’avance quelle plage de temps je m’accorde pour ceci ou cela. J’espère que, de votre côté, vous continuerez à garder le contrôle de votre liberté :-)

  10. Pingback: Au secours ! Le « Huffington Post » d’Anne Sinclair débarque ! | Pensez Bibi

  11. Pingback: Eric Mainville » Blog Archive » Qu’est-ce qu’un blogueur?

  12. Galuel

    Je cite :

    En revanche, quand une entreprise exploite le travail d’individus sans contrepartie sérieuse, je ne peux pas l’accepter. Ces individus, par légèreté, par négligence, sont en train de nous ramener à l’esclavage. Ils sont les seuls responsables de ce glissement. Les entreprises qui les publient ne font qu’exploiter leur naïveté politique.

    C’est une analyse à très courte vue dans un sens. En effet en réfléchissant ainsi Richard Stallman n’aurait jamais créé GNU et la GPL. Or si internet existe c’est sur cette base, car il fonctionne à 95% avec des logiciels libres.

    Parce que le libre permet le déploiement universel sans entrave.

    Ainsi quand un smartphone sous Androïd (GNU/Linux inside) est vendu, où est la “contrepartie sérieuse” pour les développeurs de GNU/Linux depuis 20 ans, leurs développeurs actuels et futurs ?

    Et quid des contenus sous Creative Common et toutes les licences copyleft en général pour toutes les ḡvaleurs connues mais aussi et surtout inconnues et en développement comme l’était GNU en 1984 ?

    Faudrait-il donc restreindre la ḡproduction et la ḡcroissance sous prétexte que leur transformation monétaire n’étant pas admise, on en viendrait à conclure qu’il faut se restreindre aux seules valeurs réductionnistes qui imposent un échange monétaire pour exister économiquement ?

    Ce n’est pas sérieux ! Cela reviendrait à ne pas diffuser une découverte scientifique guérissant le cancer parce qu’elle serait applicable sans échange marchand direct !

    Il est donc très étonnant de s’insurger quand vient le tour des contenus textuels, les derniers de la chaîne, quand depuis 30 ans des développeurs informatiques ont volontairement développé et adopté les licences copyleft telles que la GPL.

    C’est prendre le problème par le mauvais bout que de s’opposer frontalement à l’utilisation de contenus libérés sous prétexte de leur utilisation sans entrave y compris commerciale alors que c’est l’objectif.

    Le problème qui se pose réellement, n’est certainement pas de freiner la production et la diffusion sans entrave des ḡvaleurs, mais bien de mettre en évidence le ḡtravail partout où il est présent, c’est à dire universellement présent, de l’homme qui prend soin de l’inconnu en souffrance, jusqu’au développeur GNU compatible, qui ne se préoccupent que de trouver des solutions pour régler des problèmes sans que ces solutions puissent se limiter à des échanges marchands qui en freineraient l’efficacité !

    Il convient donc plutôt de se poser la question de la rémunération du ḡtravail pour l’ensemble des ḡvaleurs qu’il met à la disposition de tous !

    Il faudrait que la réflexion change de braquet !

  13. Thierry Crouzet

    Tu sembles oublier un truc (et pour moi un gros bug). Stallman a toujours été payé soit par une fac, soit par une fondation. Il n’a jamais bossé gratuitement. C’est une fadaise. Sa grande incohérence. “Travaillez gratos, mais moi je gagne ma vie en vous disant de faire ainsi.”

    Pour le moment, il n’y a pas de revenu universel. Il y a en revanche des impérialistes universaux. Selon moi quand ils utilisent des logiciels libres, ou d’autres créations libres comme nos textes, ils devraient partager leurs revenus. C’est comme ça qu’on créera peut-être un revenu universel.

    Pour ma part, j’ai créé des extensions GPL pour WordPress, ça ne me gêne pas que n’importe qui les utilise. J’estime qu’avec ces codes je participe bénévolement à un édifice collectif. ça me gêne d’autant moins que ce travail de codage n’est pas mon gagne pain.

    Tous les contributeurs GPL gagnent leur vie par ailleurs (aujourd’hui). Quand j’écris, c’est mon travail. Je veux bien en donner gratuitement une partie, mais si je me fais tout piller, je crève.

    C’est bien beau de parler de théorie, mais pas de ses conditions de possibilités.

  14. Galuel

    Je cite :

    Tu sembles oublier un truc (et pour moi un gros bug). Stallman a toujours été payé soit par une fac, soit par une fondation…

    Pas à la hauteur de son apport, très loin. S’il touchait proportionnellement à l’usage de GNU autant que MS a touché proportionnellement à l’usage de Windows il eût gagné énormément plus que Bill Gates, sans aucune mesure et le pseudo-géant MS sera mort et enterré que l’apport de Stallman vivra encore longtemps !

    Je ne peux que me réjouir que quelques individus éclairés aient choisis de supporter comme ils le pouvaient le projet GNU, c’est en effet un bienfait sans égal pour tous. Que Richard Stallman ait pu réussir à susciter des soutiens autour de lui me semble donc un grand bienfait.

    Sa grande incohérence. “Travaillez gratos, mais moi je gagne ma vie en vous disant de faire ainsi.”

    Non Stallman a toujours défendu l’assertion “free like in freedom, not like in free beer” .

    Tu lui fais un mauvais procès, parce que tu ne te concentres que sur des cas particuliers pressés par le temps et l’argent, mais pas pour des motifs logiques et cohérents.

    C’est ton discours qui est incohérent, qui affirme des choses parfaitement contradictoires avec le fondement de GNU. Au contraire les ḡvaleurs n’attendent pour être valorisées que la reconnaissance du ḡtravail, qui implique une rémunération non contrainte. C’est ce point qui bien qu’incompatible avec une monnaie privative, n’en est pas moins légitime et appelle à l’exigence d’une ḡmonnaie.

    Selon moi quand ils utilisent des logiciels libres, ou d’autres créations libres comme nos textes, ils devraient partager leurs revenus. C’est comme ça qu’on créera peut-être un revenu universel.

    Oui et c’est cohérent avec GNU. Ca ne peut passer que par une compréhension librement déployée et donc par l’explication. Une monétisation forcée serait contraire au fondement. Cela passe donc par la démonstration logique et l’acceptation commune, pas par un raisonnement uniquement individuel, car il s’agit de valeurs ayant une dimension fondamentalement commune, basées sur l’interaction partagée qui n’existe pas sans accord mutuel.

    Tous les contributeurs GPL gagnent leur vie par ailleurs (aujourd’hui).

    Ce n’est pas une raison valable que d’invoquer “aujourd’hui” pour ne pas se préoccuper de justice. La justice n’est pas quelque chose de figé, mais évolue en fonction de la compréhension de phénomènes nouveaux. Il n’est pas juste que l’apport en valeur ajoutée des ḡvaleurs se fasse sans que leurs producteurs reçoivent une rémunération à la hauteur de cette contribution essentielle.

    Quand j’écris, c’est mon travail. Je veux bien en donner gratuitement une partie, mais si je me fais tout piller, je crève.

    Tu utilises toi même des ḡvaleurs pour produire tes valeurs, comment pourrais-tu donc considérer ne pas appliquer pour autrui ce que tu considère comme légitime pour toi même ?

    Personne ne peut être forcé de créer des ḡvaleurs et le développement des ḡvaleurs n’est pas antinomique du copyright. Il n’y aucune contradiction à se poser la question de la rémunération de tous les ḡproducteurs, sans remettre en cause une seule seconde la liberté de choix de tout producteur quant à la diffusion de ce qu’il a produit.

    C’est bien beau de parler de théorie, mais pas de ses conditions de possibilités.

    Il est évident que concernant des valeurs libres, sans rémunération des producteurs, qui sont essentiellement indifférenciés, car agissant librement dans l’espace et dans le temps, il existe une contrainte forte quant à leur développement.

    Prendre conscience de cette contrainte est la condition première pour trouver les solutions pour la lever.

    S’agissant de valeurs communes, seule une prise de conscience commune peut arriver à un tel résultat.

    une prise de conscience commune n’existe pas sans prise de conscience de chacun des individus formant la communauté.

    Puisses-tu prendre conscience de cela.

  15. Thierry Crouzet

    Moi, j’ai jamais demandé autant que Gates, juste de quoi pouvoir bosser. Justement le #HuffPost veut gagner autant que Gates et ne rien laisser aux auteurs.

    J’utilise ma liberté de dire non à des sites comme #HuffPost parce que leur éthique contredit mes valeurs. Je ne suis pas contre le partage, pas contre la libre copie. Je ne fais qu’user de ma liberté, et c’est dans la contrainte que nait la liberté. Le free free n’existe pas. C’est dans le lien qu’on se libère comme j’ai tenté de le montrer dans l’Alternative nomade. #HuffPost ne propose pas un lien libératoire selon moi, mais un lien réducteur.

    Ton postulat final est celui que j’ai toujours défendu. c’est le sujet de l’alternative nomade et c’est pour ça que j’ai débranché ne parle que de mon expérience.

  16. Galuel

    Justement le #HuffPost veut gagner autant que Gates et ne rien laisser aux auteurs.

    Mais je ne dis pas le contraire.

    Ce que je dis c’est “ils se mettent en colère pour rien”.

    Et tu vois parfaitement ce que cela signifie !

  17. Bertrand Redonnet

    ” Je n’ai jamais noté la moindre corrélation entre les ventes de mes livres et la fréquentation de mon blog. Je crois même que mes deux lectorats se recouvrent peu.”
    Tout à fait…Ai fait la même constation et c’est tant mieux.

    Pour le reste, ai abordé la question sous un angle un peu différent

    http://lexildesmots.hautetfort.com/archive/2012/01/17/peripateticiennes-du-verbe.html

    et là :

    http://lexildesmots.hautetfort.com/archive/2012/01/17/pour-completer-le-texte-precedent.html

    Ceci étant dans un but non promotionnel, dois-je le préciser ?
    Cordialement

  18. Philippe

    Vous croyez vraiment que vos motifs de colère tel que la rémunération de votre travail, soit le sujet du siècle ? Et si chacun pensait plutôt à sa contribution pour laisser des lendemains plus souriant à nos enfants ? Imaginez-vous vraiment que le mode de vie virtuelle soit le but de l’évolution ? Il fut une époque pas si lointaine où l’on se réunissait pour partager un bon repas. Le mode de vie actuel n’a jamais créé autant de gens solitaire derrière leur écran.

  19. Thierry Crouzet

    Et pourquoi croyez-vous que j’ai écrit J’ai débranché ?

    Et le but de cet article n’est pas de réclamer un salaire, mais de refuser que des rapaces se gavent sur notre dos.

  20. Pingback: BlOg'X Office #143 : petit medley du Web | Autour du Web

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