Thierry Crouzet

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J’aime mon libraire

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Et je ne vais pas dire le contraire à la veille de sortir un roman. J’aime mon libraire pour les livres qu’il me donne envie de lire, ceux qu’il empile plutôt que d’autres, ceux qu’il cache, ou même refuse de vendre. Je l’aime pour nos conversations, je l’aime pour l’ambiance de ses étagères, pour les gens que je rencontre dans leurs méandres.

Je l’aime tant que l’entendre se plaindre me désespère. Plutôt que de croire que la technologie détruit ton métier, essaie de voir comment elle pourrait le réinventer.

Aujourd’hui, tu croules sous les nouveautés. Tu n’as pas le temps de les mettre en place que tu dois les retourner. Ton dos te demande pitié. Ta conscience t’implore de sauver tel ou tel livre que tu as aimé et qui pourtant est promis au pilon. Tu ne peux plus exercer le métier que tu aimes. Tu n’es plus qu’un manutentionnaire. Le soir, tu n’as plus la force de lire, et tu as même tendance à t’avachir devant la TV.

Il ne tient qu’à toi de changer la donne, peut-être pas tout seul certes, avec tes collègues, peut-être des jeunes inventifs, mais il existe une solution. Quand je te demande un livre que tu n’as plus en stock (et que parfois tu me donnes toi-même envie de lire), tu ne me proposes plus de le commander parce que tu sais qu’Amazon me le livrera plus vite que toi. Mais pourquoi ne peux-tu me faire payer le livre et me le faire envoyer chez moi pour le lendemain ? C’est techniquement possible. Et si je préfère un livre électronique, la procédure serait la même. Je pourrais même télécharger à travers ton WiFi.

Ce qui m’intéresse chez toi, qui me passionne même, c’est ta conversation, ton expertise, ton amour des livres. Ce n’est pas l’objet même que tu me tends de tes mains. Je veux que tu continues à me donner des idées de lectures, je veux que tu aies encore pour longtemps cette opportunité, donc que tu gagnes ta vie correctement sans te ruiner en séances d’ostéopathies trop peu souvent remboursées par les mutuelles.

Parce que si je peux recevoir chez moi tous les livres le lendemain, grâce à toi, tu n’as plus besoin de stocker des dizaines de milliers de références, juste au cas où passerait par hasard un acheteur. Tu pourrais te concentrer sur les œuvres que tu aimes et veux faire aimer. Et tu redeviendrais le libraire que j’aime celui qui, quand j’étais enfant, m’a transformé en lecteur, plus sûrement que n’importe quel professeur de français.

J’aime chez toi l’abondance de conseils, je me moque de la raté de l’offre, si tes conseils infinis peuvent être satisfaits sous 24 heures, à la vitesse des échanges numériques. Il faut que tu sois un libraire numérique, même si tu as encore une boutique. Et cette boutique j’y tiens parce qu’elle te reflète, elle est ton salon où tu m’invites avec des inconnus, nécessairement mes amis parce que les mêmes rêves nous amènent au même moment en ce lieu. Je tiens encore à cette proximité des échanges, j’aime te serrer la main, même t’embrasser. J’aime le contact physique, et pas tant celui du papier ou de l’encre, j’aime le contact charnel avec lequel débutent toutes les histoires.

Sois donc numérique, mais n’oublie pas ton corps. Au contraire, prends-en soin, ne te laisse pas casser par tous ces cartons. Tu es un prescripteur. C’est ton métier. Ne cherche pas à ressembler aux pharmaciens qui sont devenus de vulgaires épiciers, et je ne pense bien sûr pas à mon petit épicier qui s’efforce de dénicher pour moi les meilleurs produits, mais à ces géants robotisés et sans âme qui veulent tout vendre, sauf l’imaginaire. Ne suis pas leur exemple, car alors oui le Net te tuera.

Sois toi-même. Sois un lecteur parmi les lecteurs. Sois celui qui découvre ce que les autres ont oublié de voir. Et quand demain, si ce demain arrive, tous les livres seront numériques, ton métier restera intact, car indispensable pour tous les amoureux de la lecture.

Prépare-toi à demain en étant ce que tu es depuis toujours. Nous autres auteurs, éditeurs, et surtout lecteurs avons besoin de toi.

PS : Suite du 8 avril…

Tags: , Coup de gueule

  1. nessy du loch

    Merci pour cette superbe déclaration d’amour à une profession qui en a tellement besoin ! Merci doublement car tu sais comment j’aime les livres, certes, et ma libraire préférée !
    nota : “je me moque de la rareté de l’offre” plutôt que “je me moque de la ratée de l’offre” ? ;o)

  2. Moi aussi je nous aime

    Bonjour monsieur,

    Petit rappel terre à terre : un libraire, tout pétri d’amour pour les livres et la littérature qu’il soit, n’est ni un blogueur, ni un fonctionnaire. C’est un commerçant, et en tant que tel, il a deux colonnes comptables simples devant lui : les + et les -.
    Dans la colonne moins, il a principalement : son loyer, ses charges en tout genre (dont les frais de port ne sont pas lesmoindres), son salaire et celui de ses salariés, les livres qu’il achète pour pouvoir les vendre.
    Dans la colonne plus, il a une seule chose : les livres qu’il vend, avec une marge bénéficiaire d’environ 30% en moyenne (parfois plus au prix d’âpres négociations, parfois moins pour les libraires les moins bien lotis)
    Dans l’ensemble, il faut vendre beaucoup de livres pour équilibrer les colonnes (et encore plus si on veut payer les gens correctement)
    Je connais peu de libraires qui ont renoncés à lire le soir, peu qui s’avachissent devant la télé, peu qui n’ont pas un ou deux conseils formidables sous le coude, peu qui se plaignent sérieusement de leur mal de dos. Nous gérons l’avalanche de nouveautés avec parfois un certain effroi, mais dans l’ensemble, nous savons garder une pile d’un livre une année entière sur la table s’il nous tient à coeur.
    En fait je crois que notre seul problème, notre urgence, notre unique priorité, c’est de faire en sorte que les gens continuent d’acheter leurs livres chez nous. Qu’ils se déplacent pour justifier l’existence d’un lieu physique, qu’ils patientent plus de 24h car nous ne serons pas concurrentiels d’amazon (à moins que vous n’ayez un processus pour livrer quelqu’un en 24h qui coûte moins cher que les 2 ou 3€ que nous gagnons sur un livre de poche)et qu’ils réalisent que chaque bouquin acheté est important.
    Alors l’idée c’est pas de faire une campagne culpabilisante façon vous êtes responsables de tout. Mais disons que dans un monde où le geste de consommation devient aussi simple qu’un clic sur son téléphone, essayer de faire un pas de côté et de réfléchir à nos urgences, à nos priorité, à la ville qu’on veut, aux lieux auxquels on tient.
    Pour ma part, je n’ai pas mal au dos et veut bien vous parler des heures de littérature et si j’ai le temps, je vous offrirai le café. Mais si tout ça finit par devoir se passer par écran interposés (et ne nous leurrons pas, pour garder des boutiques physiques, il faut des livres physiques et des clients physiques), je trouverai un autre métier.
    Merci en tout cas pour la déclaration d’amour et bonne chance pour votre livre, sur les tables et sur les écrans

  3. Thierry Crouzet

    Moi je connais des libraires qui ont mal au dos… :-)

    Vous décrivez bien la position suicidaire de la profession. Si vous ne voulez pas offrir aussi bien qu’Amazon, Amazon vous tuera. Regardez ce qui se passe aux US. Exit peu à peu les libraires. C’est la réalité.

    Aujourd’hui on peut plus être commerçant à l’ancienne.

    Il vous faut donc une plateforme interprofessionnelle pour lutter contre Amazon sur son terrain. Si vous refusez de livrer en 24h, de vendre des ebooks, vous êtes condamnés à disparaître.

    Ce que je ne veux pas…

  4. Aldus

    Merci pour ce billet Thierry, le numérique peut aussi être l’allié des libraires, de plus en plus en sont convaincus! Paris Librairies, Les Libraires.fr, LaLibrairie.com, les réseaux ePagine, Tea/Decitre, Chapitre, Numilog, etc.; autant d’initiatives qu’il faut relayer.

  5. Je suis libraire et j'aime les auteurs...

    … sauf quand ils racontent n’importe quoi !

    Et au titre du n’importe quoi, vous venez de faire fort, très fort !

    Je vous trouve assez gonflé de venir nous expliquer, bien planqué derrière votre clavier sentencieux, comment nous devons gérer nos boutiques.

    Surtout que vous prenez Amazon comme modèle parfait. En fait c’est une blague ? vous voulez faire un peu de buzz pour lancer votre nouveau texte ?

    A l’inverse de mon collègue plus haut, je ne vais pas vous inviter à prendre le café mais plutôt à venir bosser pendant quelque temps et à ressentir concrètement si vos belles idées toutes faites peuvent fonctionner.

    Rassurez-vous, vous pourrez ensuite reprendre votre belle position de bloggueur qui profite de la crédulité des gens.

  6. Thierry Crouzet

    Vous devriez argumenter plutôt que dénoncer à l’emporte pièce… Perso, je viens chez vous quand vous le voulez. Et puis n’oubliez pas que ce billet est une réponse à un article d’un libraire, et même du président d’une assos de libraires… cf le lien 2 de l’article.

    ET franchement faire mon buzz de cette façon… un article qui n’intéresse que les libraires, c’est peut-être pas la bonne solution.

  7. Je suis libraire et j'aime les auteurs...

    Cher Monsieur,

    Je veux bien argumenter mais à ce niveau de désinformation, il faudrait un livre entier…
    Je vais plutôt me contenter de rester très premier niveau (un peu comme vous).
    Et voici donc ce que je pourrais écrire en tant que libraire à l’image de ce que vous avez commis dans votre billet :

    “J’aime les écrivains mais franchement les voir se plaindre sur leurs droit d’auteurs m’attriste profondément.

    Plutôt que d’essayer de se battre pour être publiés en papier, je leur conseillerai d’innover, de monter leur propre plateforme de vente en ligne numérique. Et s’ils n’ont pas les moyens techniques ou financiers ? Pas grave, qu’ils aillent se faire référencer sur l’Amas Zone (ça coûte 200 euros par an pour les plus petits contrats et en plus ils versent l’argent à une société de droit anglais…Que du bonheur).

    Ensuite, afin d’être lus, plutôt que d’essayer d’être poussés par les libraires, plutôt que d’aller sur des salons à la rencontre des lecteurs, je leur conseillerai d’acheter des espaces de pub Google (pareil, c’est pas cher au départ mais attention car pour être bien visible.. faut ouvrir grand le portefeuille).

    Plutôt que de voir leurs textes corrigés, amendés, améliorés, je leur conseillerai d’acheter MS Word et de profiter du superbe correcteur d’orthographe inclus.
    …”

    etc.. On pourrait continuer pendant longtemps l’enchaînement de lieux communs auxquels vous nous assignez.

    Ce que vous n’avez semble-t-il pas compris, c’est que le président de ce groupement de libraires (dont je ne fais pas partie) vous alerte vous lecteur sur la disparité de traitement dans l’économie du livre avec une entreprise prédatrice qui détruit des emplois en France (le pire étant qu’elle reçoit de l’argent publique pour ce faire !).

    A la place, vous nous servez un petit texte à côté de la plaque qui nous invite à nous plonger avec délices dans le tout numérique et dans lequel vous n’oubliez pas de communiquer sur la prochaine parution de votre ouvrage.

    Je trouve le procédé plus que douteux et j’en ai marre de passer pour un débile attardé qui ne comprend pas que des opportunités incroyables se présentent à lui s’il voulait bien mettre les doigts dans la prise.

  8. Thierry Crouzet

    Mais nous autres écrivains avons déjà monté des plates-formes de vente en ligne, publie.net par exemple, ou nous vendons en direct via immateriel.fr et de là sur toutes les librairies électroniques, sur Amazon notamment, et ça ne nous coûte pas 200€ mais une remise de 30% sur le prix de vente.

    De nombreux écrivains achètent en effet des publicités Google ou échangent des espaces promotionnels de blog en blog.

    Nous n’utilisons pas Word, mais Antidote, la classe au-dessus. Et souvent nous nous faisons passer nos textes pour les corriger.

    Tout cela, c’est aujourd’hui. Nous autres auteurs ne refusons pas le numérique, nous l’avons embrassé depuis longtemps, il a transformé notre façon d’écrire…

    Amazon ne disparaîtra pas. Vous devez apprendre à vivre avec comme nous le faisons. Il vous attaque sur votre terrain, si vous n’allez pas sur le sien, vous serez balayés.

  9. Valery

    Ce qui me navre dans l’article et dans cette discussion en générale c’est qu’on laisse supposer que tous les libraires pourraient s’en sortir.

    Si tousles libraires appliquent ce que Crouzet préconise, combien en restera-t-il dans 10 ans ? 1 sur 10, 2 sur 10 maximum.

    Oui si les libraires ne se réinventent pas ils sont tous condamnés mais même si ils se réinventent, ils restent dans leur grande majorité condamné.

    Qui paiera 20, 5 ou même 2 euros un conseil pour lire un livre ?
    Pour les meilleurs libraires, les plus passionnants, oui il reste une chance mais en grande majorité les libraires sont condamnés. C’est comme ça. Triste ou pas c’est un autre histoire mais c’est comme ça.

    Arrêtons de les faire rêver en expliquant que l’avenir leur appartient. Ils vont faire face à 10 ans d’enfer et après il en restera 1 à 2 sur 10. Voilà la réalité qu’ils ont à affronter.

  10. Thierry Crouzet

    L’affiliation fonctionne déjà avec tous les vendeurs en ligne… Si les libraires créent leur plate-forme de distribution, ils augmenteront leurs marges.

    Il se s’agit pas de payer plus cher chez eux, mais de payer au même prix qu’ailleurs, c’est à cette seule condition qu’ils ont une chance de survivre.

    Malheureusement, pour eux, la prescription glisse de plus en plus en ligne… et s’ils ne rivalisent pas sur ce terrain, ils n’auront plus de valeur ajoutée.

    J’espère qu’ils seront nombreux à survivre et qu’ils feront mieux que les disquaires…

  11. BS

    Ci-dessous la copie d’un billet publié à mon arrivée sur Feedbooks, librairie 100% numérique. Si vous le souhaitez, je peux compléter…

    Que fait un libraire sur Feedbooks ?

    Plus largement : qu’est-ce qu’un libraire 100% numérique ? C’est une question récurrente à laquelle il est difficile de répondre tant le métier de libraire 100% numérique n’est pas encore stable. Ce billet est une tentative de réponse à destination des lecteurs curieux et des stagiaires qui vont venir renforcer l’équipe de Feedbooks dans les mois qui viennent.

    Évidence. Un libraire papier ou numérique, c’est un commerçant qui vend des livres. Il y a des libraires érudits, des passionnés, des spécialisés, des éponges (je revendique d’être une éponge) et d’autres qui vendent en même temps des bananes, des produits hi-tech et des livres. Et à l’heure du numérique et des boutiques qui fonctionnent en pilotage automatique, Feedbooks ambitionne d’accueillir – avec la même attention – tous les lecteurs – de Bragelonne aux éditions de Minuit en passant par des offres émergentes-, et cela grâce au travail quotidien d’une équipe d’informaticiens et de libraires de qualité.

    Bref, chaque jour, le libraire sur Feedbooks classe au mieux en fonction de la spécificité et des attentes des lecteurs du genre ou du domaine concerné. Il est quelque fois plus facile d’indexer un roman nordique qu’un roman de genre. Classer, c’est trier, donc filtrer en vue de proposer la proposition la plus adaptée à la recherche.

    La deuxième travail au quotidien du libraire consiste à enrichir les notices avec des liens qui pointent des articles repérés sur le web. En partant du principe que la veille instruit le libraire qui peut effectuer des mises en avant, lesquelles reposent sur une expérience plus large que sur ses seules lectures, et que si cette veille sert au libraire, elle peut aussi servir le lecteur.

    Important. Il ne faut pas oublier que le libraire est avant tout un lecteur… et que sans les auteurs, il n’y aurait pas de livres. Il revient donc au libraire de mettre en avant les auteurs en proposant par exemple de nombreuses interviews.

    Spécificité. Feedbooks propose aussi un espace lié à l’auto-publication et un autre dédié au domaine public, deux services 100% gratuits. Ces deux points seront abordés dans un billet ultérieur.

    Derrière l’écran, il y a un libraire qui n’a pas le contact direct avec les lecteurs. Aussi, il doit mettre en place une autre stratégie de communication qui passe sur le net par l’animation d’un blog et des réseaux sociaux en partant du principe que le libraire n’est plus celui qui sait tout mais qu’il devient un passeur entre les œuvres et les lecteurs via aussi les lecteurs. Et c’est la grande force du web par rapport au magasin en dur. On s’y attelle sur Feedbooks avec pour la France une page sur Facebook, un compte twitter et ce blog.

    Dernier point. Télécharger un livre sur sa liseuse est facile pour la majorité des gens. Mais les DRM compliquent la démarche. Et c’est au libraire de récupérer et former les clients en difficulté. La FAQ de Feedbooks répond à 99% des questions que peuvent se poser les clients. La hotline sert aussi à échanger autour de nombreuses autres questions liées au livre numérique.

    Pour résumer, le libraire sur Feedbooks, c’est un libraire doublé d’un bibliothécaire, d’un documentaliste qui serait un peu journaliste et geek sur les bords. Libraire à l’heure du numérique sur Feedbooks, c’est bien un renforcement du métier !

  12. Pierrot

    Je suis libraire aussi, vous me faites rire;
    Avec moi, ça va aller vite, je fait partie de ceux qui ont mal au dos, se plaignent de temps en temps,
    Etc… ! Mais désolé, je n’ai ni le temps, ni l’argent de faire mieux que bosser 13-14 h par jours
    Et la, a 20h et 09 minutes je vous laissent vous entre tuer avec passion,
    Vous m’avez fait bien rire, et vive le libraire papier !!!
    Par contre je vous laisse déjà, je doit maintenant faire quelques factures, manger, me doucher et aller dormir car demain a 5h45, c’est rebelote !!!
    Ps:j’ai vu mon fils 14 minutes entre mes clients ;-)
    Pauvre auteur méprisant que vous êtes, je vous aime énormément, vous m’avez bien fait rire (jaune)

  13. Laurent

    Très bon article Thierry!

    J’aurais juste ajouté un truc; il faut que le libraire de demain ait une machine à imprimer à la demande, du genre qui fait des beaux livres bien reliés sur du beau papier qui sont intactes 40 ans après (…le contraire du livre de poche), livre que tu ne peux pas imprimer chez toi. Tu payerai 15€ le bouquin mais tu en aurais pour ton argent et ce serait l’occasion de venir en boutique, discuter, boire un verre et tout le reste.

    Laurent

  14. K.

    Bonjour,

    Je suis un peu choquée par cette naïveté dont vous faites preuve… Que les gens ignorent beaucoup de choses sur Amazon est à la fois normal et tout à fait excusable. Mais qu’ils se permettent, malgré cette ignorance, de rédiger des articles minés de fausses informations, en revanche, je trouve ça quelque peu dérangeant.

    Les libraires ne peuvent pas concurrencer Amazon en jouant sur le même terrain. Vous savez de combien de surface Amazon dispose dans ses entrepôts ? Vous connaissez les conditions de travail minables dans lesquelles travaillent les employés dans ces entrepôts ? Vous savez qu’Amazon ne paye pas d’impôt en France ? Vous savez qu’aucun libraire indépendant quasiment ne peut proposer, comme Amazon le fait, des frais de port gratuits parce que sinon il ne lui reste quasiment plus rien sur sa marge ? Vous savez qu’Amazon a un contrat avec la poste qui lui permet d’envoyer ses livres si vite, contrat que très très peu de libraires indépendants pourraient obtenir parce qu’ils n’enverront jamais autant de livres ?
    Et enfin, vous savez qu’un libraire ça n’est pas quelqu’un qui se contente de faire des billets sur les livres qu’il a aimé mais que c’est avant tout quelqu’un qui vous demande ce que VOUS vous avez aimé pour trouver le livre qui vous conviendra ? Et que ce genre de conseil, c’est quand même plus pratique en vrai que via un écran ?

    Je suis d’accord, il y a sans doute des choses à faire sur le numérique et contrairement à ce que vous pouvez penser, beaucoup de libraires y réfléchissent, mais c’est un peu facile de dire ce qu’il faut faire quand on est pas dans le jeu. Les libraires réfléchissent et s’unissent, attendent justement de voir ce qu’il va en être du numérique. Pour l’instant on n’en sait rien, arrêtons de toujours se précipiter.

  15. Nasham

    Libraire aussi, je suis sidérée d’entendre de telles bêtises de la part de quelqu’un censément informé (vous êtes auteur, merde… je ne sais pas, lisez Livre hebdo, allez parler avec les grossistes, les petites librairies, les petits éditeurs…) vous êtes, cher monsieur, navrant !
    J’espère que c’est par ignorance que vous pêchez, et pas par mauvaise foi.

  16. Alceste de la Motte

    Je suis un peu atterrée.
    Je ne sais plus si je dois rire ou pleurer.

    Oui, j’ai mal au dos.

    Non, il est hors de question que je me transforme en “Amazon de proximité” uniquement pour que ne te bouges plus le gras du cul, et en plus que je me frappe des frais de port à ma charge parce que si je devais les répercuter sur le prix de ton livre, tu tirerais la gueule alors qu’Amazon à l’agrément de pouvoir te l’envoyer gratos,eux. Et qu’en plus, je me frappe un tour de rein et des heures de queue pour te l’envoyer par la Poste.

    Oui, je préfère lire l’intérêt dans tes yeux quand je te parle d’un bouquin plutôt que d’essayer de te convaincre en trois lignes numériques qui pourraient être qualifiées de pompeuses (à vouloir trop bien faire) et pompantes (à vouloir trop en dire).
    Et franchement, toi auteur, je suis étonnée de te voir prôner le numérique sachant que ton bouquin circulera très vite de pc en mac sans que tu touches une noisette de son prix de vente, grâce au petit malin (car il y en aura toujours) qui n’aura pas voulu payer ta prose. D’autant que c’est moins drôle d’emmener sa liseuse à la plage, dans le métro, chez le caducée parce que a) quand y’a plus de batterie on l’a dans l’os et b) comment entamer une discussion avec quelqu’un qui bidouille un truc numérique semblable au smartphone si on ne sait pas qu’elle lit ce même bouquin qu’on a a-do-ré et que si elle aime ce genre, on peut lui conseiller ça, ça et ça..Et ça, aussi!
    Qui sait, la femme de ta vie est peut-être en train de lire ton bouquin et de l’apprécier mais t’en sais rien, parce qu’elle le lit sur une liseuse. Si, si! Souviens-toi de cette jolie brunette…

    Ah! Et oui, je me plains parce que si je ne le faisais pas, tu ne te souviendrais plus que j’existe physiquement, pas que derrière un écran et ton facteur.

  17. Mélanie

    Comme la plupart des gens qui réagissent j’oscille entre le rire (jaune, très jaune) et l’indignation profonde. J’espère que les personnes qui liront cet article liront aussi les commentaires, auxquels il faut rajouter un truc :

    Cette phrase : “pourquoi ne peux-tu me faire payer le livre et me le faire envoyer chez moi pour le lendemain ? C’est techniquement possible.” est, si ce n’est stupide (restons poli), en tous cas erronée ! Non, il n’est PAS techniquement possible de commander un livre un jour et de le recevoir le lendemain puis de le renvoyer dans la foulée chez notre client, (mais comment pouvez-vous penser que ça l’est???) Et même si ça l’était, il faudrait ajouter une facturation en frais de port. (qui sur Amazon sont offerts. Echec de la tentative de faire mieux que les meilleurs -pardon, je m’agace)

    Calmons-nous, et faisons comme si vous étiez de bonne foi. Après tout, vous l’êtes peut-être. Peut-être ne savez-vous pas ce qu’est un libraire, peut-être n’avez-vous jamais eu à négocier avec un éditeur. Dans ce cas je vous l’apprends : si un libraire tentait de jouer à votre jeu (“ha non mais moi je ne vais avoir dans ma librairie que les livres que j’adore, tout le reste ce sera sur commande”), il aurait en face de lui les réactions suivantes : 1) rires du représentant 2)une leçon sur le fait qu’un libraire devrait pouvoir conseiller et donc vendre des livres à n’importe qui, même aux gens qui ne lui ressemblent pas (c’est ma vision du métier en tous cas) 3)une question de type : mais moi éditeur, qu’est-ce que j’y gagne ? et donc, logiquement 4)aucune condition commerciale, c’est-à-dire pas de remise suffisante pour pouvoir financer son stock !! Ouvrir une librairie, c’est défendre certains des titres d’un éditeur en acceptant de donner une visibilité à tous, c’est jouer le jeu ! Il faut que ça aille dans les deux sens, et c’est normal.

    Ha mais ou sinon suis-je bête, il faut qu’on devienne des CONSEILLERS, sans aucune gestion logistique (c’est le côté pénible, coûteux) : il faut que nous travaillions pour Amazon !!! Bien sûr ! On vous reçoit, on vous conseille, on vous commande le livre stocké dans un graaaaaand entrepôt et vous l’avez chez vous le lendemain ! Et nous n’avons pas mal au dos ! Et nous ne nous plaignons pas !

    Dans cette configuration-là c’est vrai, votre idée fonctionne. Mais dans cette configuration-là sachez-le, tout libraire qui se respecte répondra : allez vous faire…

  18. Marly

    Article d’un client qui ne connait pas la moitié du métier, à croire. Voir les choses de l’extérieur sans se renseigner sur ce que vous citez comme exemple ne légitime pas vos “arguments”, loin de là !

    Que proposez vous aux libraires de proximité pour qu’ils proposent le même service qu’amazon, et continuent à gagner leur vie (ou essayer de) je cite : “Mais pourquoi ne peux-tu me faire payer le livre et me le faire envoyer chez moi pour le lendemain ? C’est techniquement possible.” ?
    Nous vous écoutons !

    Je cite la collègue très pertinente “Ah! Et oui, je me plains parce que si je ne le faisais pas, tu ne te souviendrais plus que j’existe physiquement, pas que derrière un écran et ton facteur.”

    Marly, libraire débutante ET étudiante en métiers du livre.

  19. céline

    Je ne vais pas ajouter grand-chose, la plupart de ce que je pense à été dit.
    Vous êtes un irréalite (ou juste idiot ?).

    En tant qu’auteur je n’ai jamais entendu parlr de vous, et ça ne me donne pas envie d’en entendre d’avantage.
    Vous qui n’êtes pas chez des lourds de l’édition (mis à part fayard), vous croyez que vos livres survivront si un système comme amazon gagne ? vous disparaîtrez purement et simplement. Vous crachez donc sur les libraires qui pourraient défendre vos livres en soutenant Amazon. Se tirer une balle dans le pied c’est une mentalité comme une autre hein…

    Peut-être êtes vous juste déçu que les libraires n’aient pas défendu vos chefs d’oeuvre ? J’en ai croisé des auteurs qui voulaient tous leur livre devant tous les autres, en vitrine et en pile de 20.
    Les libraires viennent-ils vous donner des conseils sur la façon d’écrire vos livres ? Non, alors laissez-les faire leur boulot.
    Autre chose vous parlez ”de payer au même prix qu’ailleurs”, vous êtes au courant de loi Lang ? Le prix du livre est unique monsieur.Partout en France. Et c’est entre autre ce qui vous permet de payer vos factures.

    Vous ne vous êtes absolument pas documenté sur ce que vous dites. Avant d’écrire des énormités pareilles, allez vivre le quotidien d’un libraire pendant un certain temps. Ou pourquoi ne pas ouvrir une librairie vous qui avez la science infuse ? je gage que vous mettriez la clé sous la porte en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

    Et je ne suis pas que lectrice, j’ai fait des études de libraires et travaillé en librairie.

  20. Laura

    Je ne sais pas trop comment réagir à la lecture de votre article, je l’avoue. Une partie de moi évidemment a envie de vous renvoyer dans vos cordes parce que d’une, je n’apprécie pas qu’on essaye de m’apprendre à faire mon métier quand, apparemment, on n’y connaît rien; de deux, quand on veut faire son malin et donner des leçons soit on se documente, soit on est réaliste, et il semble que vous ne soyez ni l’un ni l’autre.

    D’un autre côté, j’ai l’impression que vous n’avez aucune mauvaise intention, que vous avez une vraie tendresse pour les libraires et que, peut-être, tout cela ne résulte que de beaucoup de maladresses de votre part et de frustration de notre part, nous libraires que tout le monde souhaite sauver ces temps-ci mais sans se poser les bonnes questions à la base: c’est quoi le métier de libraire? comment ça se pratique concrètement?

    Donc je ne vais pas vous agresser, je vous laisse le bénéfice du doute, simplement une chose: je ne viens pas vous expliquer comment écrire vos livres, quelles tournures de phrases utiliser, quelle intrigue et quels rebondissements choisir. Je trouverais très déplacé de vous comparer à d’autres auteurs sans même vous connaître: “voyons monsieur Crouzet, c’est bien beau d’être écrivain, et il en faut, continuez, mais si vous n’avez pas la plume d’un Tanguy Viel, d’un Mathias Enard ou la folie d’un Tom Robbins, je vous conseille fortement de vous améliorer si vous ne voulez pas que les gens laissent tomber vos livres pour aller en chercher des meilleurs.”

    Si je me permettais de faire un tel jugement de valeur et de vous le balancer directement, sur un blog, sans même argumenter mon propos, vous auriez tous les droits d’être mécontent et de vous demander: “mais c’est qui celle-la? de quoi elle se mêle? elle compare des styles qui ne sont pas comparables, elle n’y connaît rien et elle donne des leçons”.

    C’est très précisément ce que vous avez fait dans votre article et pour les personnes concernées, même si l’intention de base était louable, c’est très irritant.

    Et enfin, une info en passant. C’est matériellement impossible de faire parvenir à un client sa commande en 24h. D’ailleurs, hors région parisienne, Amazon n’y arrive pas non plus. Parce qu’il y a des délais à respecter, tout simplement. Comment voulez-vous que votre libraire, avec la meilleure volonté du monde, prenne votre commande, le commande à son tour à son fournisseur parfois à l’autre bout de la france, se le fasse livrer, vous l’envoie ensuite par la poste et tout ça en moins de 24H? vous avez réfléchi deux minutes à un truc tout bête qu’on appelle, hum, “logistique” ? à moins que vous n’ayez une machine à téléporter dans votre cave (si c’est le cas je suis intéressée) c’est tout simplement impossible.

    Et est-ce que le vrai problème ce n’est pas l’impatience terrible qui fait qu’aujourd’hui, on ne peut plus patienter plus de 24h pour avoir ce qu’on désire? vite consommé, vite jeté, et on passe à autre chose, rien ne reste. C’est un énorme problème qui plombe notre société et notre rapport à la consommation, et qui finira par attaquer à la base tous les aspects de notre vie: consommation, travail, relations personnelles. Votre article est l’exemple que même des gens intelligents sont victimes de ce phénomène. Et là, on est tous très très mal…

  21. Bernard Strainchamps

    sans coquille

    -> C’est matériellement impossible de faire parvenir à un client sa commande en 24h.

    Sur Bibliosurf, pendant 5 ans, j’ai travaillé uniquement avec la poste et je peux assurer que de Paris, c’est possible pour 70% des commandes d’acheminer en France un colis ou une enveloppe à bulle en 24 heures.
    Les bureaux de poste pro ferment à 18 heures et le courrier part directement en centre de traitement.

    En disant que c’est impossible, vous faites passer Amazon pour un dieu et vous perdez en crédibilité.

  22. Laura

    Mais si vous ne l’avez pas en stock, le livre, que vous le commandez au fournisseur qui vous l’envoie et que vous le renvoyez par la suite, non je persiste, en 24h ce n’est pas possible.
    Je suis libraire dans le sud ouest, et mes fournisseurs ne m’envoient pas mes commandes dans l’heure par coursier désolée.

    Quant à la poste vous me faites un peu rire… un simple courrier porté avant la levée le matin n’arrive que 48H après à destination alors vous m’expliquez vos délais incroyables?

    tout le monde n’a pas la chance d’être à paris et de bénéficier des conditions particulières de cette région.

    et d’ailleurs, comme je le disais, Amazon ne livre pas non plus en 24h en province.

  23. Laura

    Mais on parlait bien des livres à commander et à envoyer en 24h là, pas de ce qu’on a déjà en stock… Donc votre première réflexion, je ne vois pas ce qu’elle fait là…

    Quant aux distributeurs et à l’idée de mutualiser les moyens, c’est évidemment une solution mais qui n’est pas encore mise en place. Donc à l’heure actuelle, encore une fois, on en revient au même.

    Quant à la poste, pour avoir été “libraire marketplace”, même en envoyant les ouvrages dès l’ouverture le matin, affranchis suffisamment, colisés, etc. les clients les recevaient… en 48h… ce qui est un délai très correct. Mais ça n’est pas le propos de ce billet, de même qu’une “conversation” entre deux personnes dansles commentaires n’a pas lieu d’être, surtout quand ça n’en est pas vraiment une.

  24. Bernard Strainchamps

    -> ça n’est pas le propos de ce billet, de même qu’une “conversation” entre deux personnes dansles commentaires n’a pas lieu d’être, surtout quand ça n’en est pas vraiment une.

    En bref, vous savez tout !

  25. librairie Neverland

    Bon alors puisque c’est moi qui ai (un peu) mis le dawa sur cette page en relayant sur un groupe facebook de libraire la “lettre d’amour”de Mr crouzet à son libraire ,je voudrais juste rajouter quelques petites choses sur tout ce qui a été dit.
    Déjà j ‘ai choisi de relayer l info sur un groupe public parce que je savais que les reactions ne seraient pas les même que sur celui plus fermé de sos librairie (réservé aux libraires). Pk ? tout simplement parce que si je n ‘approuve pas du tout du tout le texte dudit Mr je sais bien qu il est très révélateur d ‘une opinion assez généralisé chez nos clients (il suffit de voir les reactions.) Ma problématique aujourd’hui est simple: je m ‘interroge très serieusement sur le fait de rester libraire: j ‘aime ce boulot mais je le trouve bien plus ingrat que je n ‘aurais pu l imaginer. Cette histoire de commande par ex…comment peut on imaginer une sec qu’un livre commandé un jour par un libraire peut arriver le lendemain chez le client? Techniquement c’est infaisable comme beaucoup l ‘on expliqué mais en plus comble même amazon ne le fait pas!!!
    Mr Strainchamps a l ‘air de dire le contraire et j’ avoue être très très surprise et limite j ‘attends des preuves ;o)
    Au passage j’ai beaucoup aimé le “dire aux distributeurs…” non j ‘avoue je n y ai jamais pensé limite même je leur demande de ralentir!!!:oD

    Pou ma part il m ‘arrive pour rendre service a des clients de faire l aller retour à mon heure de dejeuner (que je saute) chez mon grossiste pour me procurer un livre très urgent (pour peut qu il l ‘ai en stock bien sur). Adieu ma marge correcte, ajoutons mes frais de déplacement mais bon…le client est roi comme on dit…^^ Alors est ce que pour autant je suis une mauvaise libraire quand je ne le fait pas systématiquement? Est ce que je ne suis pas au service du client? Est ce que cela veut dire que je “laisse la place” à Amazon? Franchement, ne trouvez vous pas qu il y a comme quelque part un peu une exagération des demandes? c’est même un peu du chantage , débrouille toi ou on fait travailler Amazon ^^ Je ne crois pas qu ‘on en demande tant à d’autre et c’est ce qui provoque l ‘exaspération de mes collègue je pense.
    Ah et au fait je vous ai dis aussi que j exerce ce metier depuis 5 ans bénévolement??? Pour le plaisir de servir mes clients justement ;o)

  26. Thierry Crouzet

    Vous manquez tout simplement d’imagination. Regroupez-vous, créez des plateformes, collaborez… Disposez d’un stock collectif, débouillez-vous pour que les centres de stockage disposent de service d’expédition vers les clients finaux… Je n’ai rien proposé d’autres. Rien n’est impossible. Mais si vous restez des commerçants isolés, vous ne survivrez pas et ce sera dommages pour tout le monde.

    Si vous voulez, on organise un débat via Skype, on l’enregistre, on écoute les uns, les autres et on le diffuse.

  27. Vava

    “Si les libraires créent leur plate-forme de distribution, ils augmenteront leurs marges.
    Il se s’agit pas de payer plus cher chez eux, mais de payer au même prix qu’ailleurs, c’est à cette seule condition qu’ils ont une chance de survivre.”
    Je ne dirais qu’une chose : Loi Lang. Prix UNIQUE du livre en FRANCE et autorisation à 5% de réduction UNIQUEMENT en cas de carte de fidélité.
    les prix sont les mêmes partout… sauf sur le net où les grandes structures sont hors la loi avec les 5% automatiques mais OUPS on peut rien y faire :(

    Pour le reste, je ne reprendrais pas ce que disent mes collègues, vous avez déjà pris une sacrée douche, et je suis loin d’être contre un débat sur skype si on arrive réellement à dialoguer (collègues en colère compris =D)
    J’aimerai cependant ajouter une chose : il vous faut être bien conscient du fait que le libraire est en bout de chaîne, il n’a aucun pouvoir sur les prix qu’il fait, très peu sur sa remise, encore moins sur ses délais de paiement, et absolument aucuns sur les délais de livraison/expédition. Personnellement, nos deux librairies ont un site internet (http://omerveilles.com), chacune une page FB, et nous vendons aussi nos livres d’occasion via des plateforme type price-minister, 2foimoinscher et Amazon… car nous les avons sur place.

    Les libraires, même en le souhaitant très fort, ne PEUVENT PAS faire ce a quoi vous faites allusion dans votre dernier commentaire :
    – Se débrouiller pour que les centre de stockage puissent envoyer aux clients directement ? Cauchemar logistique (qui paie quoi ? Comment ? Pourquoi passer par le libraire et pas directement par la maison d’édition ? Qui va gérer l’afflux de commande, les expéditions, quid des frais de livraisons qui vont exploser ? [parce qu’actuellement, 1 livre commandé et envoyé par la poste = frais de ports au TARIF DE LA POSTE])
    – Amazon n’en fait pas payer ? Mais tout simplement parce qu’Amazon prend une commission sur chaque vente faite via son site ^-^ chose que le libraire ne peut pas faire. Il ne peut pas prendre sa remise ET une commission. Il fait donc payer les frais.
    – Un stock collectif ? Pourquoi pas. Mais là aussi, cauchemar logistique : Avec qui ? ou ? Qui paie quoi ? Loyer ? Endroit ? Frais d’essence pour aller chercher les livres, et surtout… c’est bien beau d’avoir un hangar où stocker les livres, mais on les paie avec quoi ? Un livre, c’est un produit que l’on doit régler entre 30 à 90 jour après COMMANDE (pas après réception) et qui coûte au libraire entre 70 et 60% du prix qu’il va le vendre au client. Comment financer/gérer tout ça quand on sait que sur un poche a 7€ on en gagne 2 ? Comment avoir la tréso ? S’endetter jusqu’au cou ? (ne rêvons pas, les subventions et les mécènes, en librairie, ça ne marche pas T__T) Et le loyer du hangar ?

    Certaines librairies, comme Cannal BD ou BD Fugues font partie d’un label qui leur permet de négocier leurs remises au nom de TOUTES leurs librairies. Mais pas chez tous les distributeurs. Et LA aussi, elles sont dépendantes des délais de livraisons, parce que non, même en commandant directement au distrib, on peut pas les avoir en deux jours.
    Et puis, soyons réalistes, on parle de la poste là ^_^ quand on sait qu’elle met 3 jours pour envoyer une lettre à l’autre bout de votre village… un livre dès le lendemain ? Fi !

    Vos idées sont belles et bonnes, mais manquent d’un peu de documentation hélas.
    En plus se rabattre sur le : “vous manquez d’imagination” est un peu facile et légèrement vexant. Croyez-moi, on se casse la tête contre les murs pour trouver des idées nouvelles afin de réinventer la librairie et le livre, malheureusement, l’on a les pieds et les poings liés par les règles de la vie, un peu comme si je vous disais : “Auteur ! Autoéditez-vous ! Arrêtez de passer par ces éditeurs qui vous bouffent toute votre marge et envoyez vous-même les livres par la poste aux lecteurs ! Vous en vivrez, sinon, c’est que vous faites pas d’efforts ! Et puis j’aime mon auteur, mais ça serait bien s’il pouvait écrire son prochain livre demain et le publier directement, parce que franchement, attendre 1 an ou plus pour un nouvel ouvrage, c’est inadmissible, il va finir par se faire détrôner par les blogs et les webBD, faut qu’il se mette à la page en me transférant directement son manuscrit pas corrigé via PDF d’ici deux semaines ! PArce que j’ai finis le tome 1 et ça urge de savoir la suite !”. Ca donne envie de me mettre des baffes non ? ^-^ (réfléchissez-y avant de dire que ça n’a potentiellement rien à voir)

    Vava.

  28. Vincent Demulière

    Venez en discuter au salon pour le Futur du livre : https://www.facebook.com/Le.futur.du.livre?fref=ts

    Peut-être y rencontrerez-vous des personnes qui n’ont pas la même vision du livre que celle des commentaires.

    En passant, je suis stupéfait de tant de violence et parfois d’insultes…
    Que l’on ne soit pas d’accord avec quelqu’un, c’est normal, de là à l’insulter… Cela me laisse pantois.

  29. Thierry Crouzet

    Plutôt que vous arc-boutez, que de prouvez que ça marcherait pas, au moins par jeu, essayez d’imaginer à quelles conditions ça pourrait marcher.

    La plateforme, elle peut être développé par un tiers. Qui ponctionnerait un minimun votre marge en échange du service.

    Moi, si j’étais libraire, je proposerai immédiatement de livrer le lendemain plutôt que de perdre une vente. Je passerai par le service d’affiliation d’Amazon :-)

    C’est pas de la provoc!

  30. Vava

    Si vous étiez libraire, vous seriez déjà en cessation d’activité, j’en ai bien peur.

    Vava.
    P.S. La plateforme en question telle que vous venez de la décrire existe déjà : ça s’appelle un diffuseur, et la marge ponctionnée, des frais de port :/

  31. Alceste de la Motte

    Il faut bien un courageux pour montrer la voie aux plus prudents.
    Donc cher Mr Crouzert: Allez-y, on vous regarde!

    NB: je suis hyper prudente,je vous regarderai vous casser le gueule d’où je suis, avec mes plaintes et mes maux de dos.

  32. Jaël

    Je ne suis pas libraire, ni écrivain… je ne suis même plus le gros lecteur que j’ai pu être à une époque, et aujourd’hui, il me faut presque 4 mois pour venir à bout de l’intégral 3 du Trône de Fer…
    Mais j’accompagne des entreprises dans des démarches de changement, et ce que je peux apporter comme élément, ma réponse au billet de Monsieur Crouzet, est tiré de mon expérience : une mutation professionnelle, telle que vous la décrivez et appelez visiblement de vos voeux, n’est pas une chose aisée. Au delà des résistances au changement que la plupart des gens mettent inconsciemment (je n’ai pas ce mot qui a été galvaudé par les psychanalystes, mais je n’en ai pas d’autre), une entreprise ne peut modifier sa façon de faire aussi facilement.
    J’irais même plus loin en vous demandant quels sont vos éléments d’analyses pour préconiser ce type de changement? Vous-êtes vous entretenu avec les acteurs de ce marché? Avez-vous rencontrer, sur ce sujet, des libraires indépendants? Des libraires employant des personnes? Des employés? Avez-vous fait une analyse de leur activité? Si votre préconisation ne repose que sur une analyse du marché, de la concurrence d’amazone… je pense que vous avez de grandes chances de vous tromper. Car si la réponse était aussi aisé que “mettez-vous sur le même marché numérique qu’amazone”, je gage que les libraires auraient déjà identifié et mis en place cette solution.
    Et si au final le métier de libraire devient “vendeurs de livres numériques”, je pense qu’un libraire n’aura plus besoin que d’un ou deux vendeurs qui connaissent le livre, sont passionnés et peuvent nous intéresser à… et que le reste des employés n’aura besoin que d’être des techniciens issus d’une génération qui n’ouvre plus de livre… Donc, au final, je pense que le gain pour le métier de libraire sera nul.
    De plus, mais ça, c’est plus de la stratégie militaire (à l’époque où lire Sun Tzu, ou le Traité des Cinq Roues de Musashi ne me faisait pas peur), je pense qu’allait concurrencer amazone sur son propre terrain, alors qu’il doit avoir cinq ou dix ans d’avance… me semble un mauvais calcul.

    A l’époque, en cours de Français, quand on lisait encore du Molière, mon professeur m’a appris un truc bizarre. Il m’a dit que la première chose qu’il faisait avec un livre, c’était de le sentir. ça peut sembler curieux, mais j’ai gardé cette habitude. Mais j’ai essayé avec une liseuse de la fnac… et ça ne marche pas. Tout ça pour dire que je pense qu’au delà de la sauvegarde de leur métier, les libraires ont un autre combat à mener : celui de faire perdurer le livre en tant qu’objet. Car une tablette numérique ne sent rien. Et car, malgré le développement des liseuses et des tablettes, on a une génération qui ne lit plus, qui n’ouvrent de livre qu’en classe, qui nous sorte des expressions comme “la guerre mondiale de 78!”. C’est peut-être que le média numérique n’est pas le bon.

  33. Sophie

    Jael, votre expérience et vos propos m’intéressent et me semblent réfléchis et justes, je me permet de vous proposer de me contacter par commentaire interposé, je suis sûre que vous avez pleind e choses intéressantes à partager sur la conduite du changement – excuses à T Crouzet pour cette utilisation de l’espace commentaire. alire[@]alire.asso.fr

  34. Frédéric

    En sus de tout ce que vous avez écrit les uns et les autres, ce qui me navre par dessus tout dans cet article, ce sont les gogos du style de M Crouzet persuadé que la numérisation assurera la continuité des ventes de livres… Sitôt numérisé, sitôt piraté!

    Et franchement, qui a déjà acheté un bouquin via publie.net ???

    Et le commentaire de M Crouzet du 19 mars à 15h10 : la loi Lang, vous la connaissez?

    Personnellement, je vous votre “quatrième théorie” au retour dès on marrivée à la librairie, de toute façon je gagne plus de marge avec Gallimard qu’avec Fayard, mais j’ai hâte de vous télécharger illégalement quand vous numériserez. On verra la tenue de votre discours alors…

  35. Frédéric

    Et au final, pour les stocks collectifs, ça existe, ça s’appelle des GIE et ça marche tellement bien qu’ils viennent de fermer celui de Nantes!

    Rappelons aussi que le libraire n’est en rien responsable de sa livraison en 4 jours, ça c’est la faute aux distributeurs… Hachette tient à 48h de livraison avec ses dépôts de Nantes et de Lyon mais ça coûte beaucoup trop cher aux autres. Demandez aux représentants ! Alors, excusez-moi, M Crouzet, si des mastodontes de la taille d’Editis, de la Sodis ou d’Union Distribution n’arrivent pas à tenir ce genre d’entrepôt ou de délais, je ne vois pas comment un libraire qui n’a que 2 % de rentabilité puisse mettre ça en place.

    Mais j’ai sûrement tort, je ne suis que libraire.

  36. Piccolomad

    @ Frédéric : mais quelle véhémence envers le numérique !

    “Sitôt numérisé, sitôt piraté!” de nombreuses études (vous vérifierez sur Google, ah non, j’oublias, le numérique, c’est mal !) démontrent que le piratage ne nuit pas aux ventes… Pire encore, les pirates sont les plus grands consommateurs de culture…

    “Et franchement, qui a déjà acheté un bouquin via publie.net ?” Mais quel mépris ! Moi ! et tant d’autres!

    ” j’ai hâte de vous télécharger illégalement quand vous numériserez. On verra la tenue de votre discours alors”
    J’ai une mauvaise nouvelle pour vous : le monde change tout autour de vous ! Comment pouvez-vous mépriser à ce point le monde qui vous entoure?

    Vous me faîtes penser au maréchal ferrant qui dit que la voiture est un objet du démon parce qu’il sent qu’il va perdre son job. Un type arrive, vous ouvre des pistes, et vous lui assénez des arguments de rhétoriques adolescentes (en gros : ben de toute façons, c’est nul et ça marche pas !!)

    @ Thierry Crouzet : C’est bien beau tout ça, mais c’est pas simple de concurrencer des géants comme Amazon et Google, surtout qu’ils n’ont pas les mêmes moyens…

    Pourtant, oui, l’union pourrait faire la force. Mais quand on comprend que la BNF vend une exclusivité d’exploitation à des entreprises privées sur des œuvres libres de droits, on comprend que c’est tout le paysage de l’édition numérique qui a été dessiné par des industriels colossaux. Les libraires risquent de devoir s’adapter ou mourir. Peut être même que c’est une évolution, qui sait?

    Au fond, et on le voit bien dans les commentaires venimeux, le livre est un produit de consommation comme un autre, et les lecteurs des consommateurs. Au lieu de se réjouir du piratage comme d’un accès culturel au plus grand nombre, et de se poser la question de nouveaux modèles économiques qu’ouvre l’espace numérique, on s’obstine à les traiter de voleurs et à penser au livre non-vendu… Ce qu’il y a de beau dans ce nouveau paysage, c’est que l’édition numérique est historiquement gratuite pour le lecteur, et fait donc appel à d’autres systèmes économiques, et participe directement à l’évolution de l’édition (moine copistes, imprimerie, livres de poche, édition numérique…) qui vise à amener la culture au plus grand nombre…

  37. Sergio Salma

    Et si on envoyait balader tous ces putains de clients, acheteurs qui peuvent pas attendre 3 ou 4 jours pour un bouquin? Y en a marre aussi de ces désidératas d’enfants gâtés qui veulent immédiatement , dans l’heure le livre, le jouet, le hochet qu’ils ont décidé de posséder. Non , le libraire ne disparaîtra pas , il y aura des soucis pour certains , pour d’autres raisons que l’unique livraison 24 heures , comme la pizza en 30 minutes. C’est quand même incroyable qu’un “auteur” se targue d’avoir tout pigé en arrivant au lieu d’essayer de comprendre qu’une profession en mutation c’est pas une catégorie d’individus( j’allais dire “humains” ) qui doivent se conformer à la puissance économique. Au contraire même. Il faut encore plus être proches, encore plus d’amour pour les livres et les gens; ceux qui ont un peu de temps; ceux qui courent pas après des livres comme après des objets à posséder, à baffrer pour vite être rassasiés. c’est la même bêtise qui court quant à la gratuité de la culture; parce que ces gens , ces surconsommateurs, ils veulent tout, ils veulent avoir accès à tout et tout de suite et le moins cher possible. mais allez vous faire foutre, consommateurs de ce genre, on se passera de vous et de votre vision. Les éditeurs sont en train de soigner les livres, on n’a jamais été aussi bien servi( dans le livre photo, reportage, voyage, bande dessinée…) on a compris justement que l’offre numérique est une offre bien restrictive pour le moment et ce n’est pas le contenu du livre qui compte c’est le livre lui-même. Sinon, faites-le vous raconter votre livre et vous gagnerez du temps. Si la liseuse est bien pratique , il reste des millions de configurations où ça ne doit pas être obligatoirement ” pratique”; cette culture pratique, économique et efficace c’est l’aberration complète. Un livre ça se mérite, ça s’attend, ça se garde. L’auteur que vous êtes a déjà pas pigé un truc , l’ami, le libraire n’a pas à être efficace, comme l’auteur n’a pas à être efficace( racontez surtout une bonne histoire bankable sinon vous serez balayé comme une merde c’est en substance ce que vous dites à vos contemporains); allez donc bosser dans une banque, là c’est effectivement le temps et l’embrouille qui conduisent à l’enrichissement.

  38. Piccolomad

    C’est amusant, mais vous illustrez bien le truc : “Allez-vous faire foutre”, c’est ce que vous dites à toute une génération…

    Alors finissez de consommer ce que vous pouvez encore maîtriser, et puis voilà… Nous ne sommes que des enfants gâtés, etc… Mais à part rejeter la faute sur le consommateur (parce que c’est ce qu’il est, aussi pour vous !), vous ferez quoi quand il n’y aura plus assez de gens formatés à votre image pour consommer à votre façon?

    Un vendeur s’adapte à ses consommateurs, c’est la règle du jeu !

    “l’imprimerie est plusieurs fois coupable : elle corrompt les textes, mis en circulation dans des éditions hâtives et fautives, composées pour le seul profit; elle corrompt les esprits en diffusant des textes immoraux et hétérodoxes, soustraits au contrôle des autorités ecclésiastiques; elle corrompt le savoir lui-même, avili par sa divulgation auprès des ignorants”
    Dixit : le dominicain Filippo della Strada (XVè siècle)

    Ah, c’est mal ce qui arrive et vous êtes tous des méchants!
    Ouais, on va se faire foutre, mais 1 milliard de personnes réunies sur un même réseau social, c’est l’oeuvre de ces enfants du numérique qui doivent aller se faire foutre ! Tiens, d’ailleurs, le fait que vous puissiez vous exprimer, d’aussi loin, aussi vite, c’est de la fonctionnalité web 2.0, bâties par ces gens qui peuvent aller se faire foutre !

    Allez donc livrer votre pizza froide et foutez la paix à ceux qui construisent le monde de demain !

  39. Guixxx

    Pour une déclaration d’amour, c’est plutôt un flop… vous venez de vous mettre une partie de la profession à dos. Peut-être que si vous lisiez attentivement les commentaires, avec les arguments détaillés de certains, ça serait différent. Mais au lieu de ça vous persistez dans votre idée (définitivement erronée, qui plus est). Dommage.

    Sachez d’ailleurs que les libraires commencent à se fédérer depuis un moment déjà, le métier est en ébullition, le syndicat ne lâche rien, et ce qui pose souvent problème dans les solutions que les libraires trouvent… c’est les éditeurs ;)

    Bon courage pour votre livre !

  40. Aurélie

    He ben, le moins qu’on puisse dire c’est que personne ne vous a raté! Pourtant, c’était prévisible, tout ce déchaînement de rage. Pourquoi ne pas l’avoir évité par quelques formulations mieux dosées?

    Car l’affirmation qui vous condamne le plus c’est cette histoire de livraison rapide et je ne peux que me joindre aux autres commentaires, notamment celui qui parlait du “vite consommé” et — malgré son ton — celui de Sergio qui soulève quelques vérités. C’est qu’on ne veut plus attendre aujourd’hui. Il faut s’adapter aux clients, certes, sinon le commerce coule. Mais cela est dégradant de sentir que l’on passe d’un commerçant humain à un serviteur/serveur.

    Dommage de ne pas avoir un peu de patience parce que, qui sait, en attendant un livre commandé qui arrive sous trois jours, on peut toujours demander conseil au “libraire qu’on aime” et qui nous en proposera un autre (hop une vente en plus et hop une découverte et un plaisir de lecture en plus, un point partout). La pizza attendue n’en sera pas refroidie, au contraire, elle sera tout simplement mieux cuisinée et plus garnie. Elle aura gagné le goût de l’attente.

    Quant à ce sujet d’avancer avec la technologie, c’est difficile de dire qu’il faut tout changer quand les DRM sont contraignantes à ce point-là. Et au fond, c’est surtout apprendre la cohabitation qui est important… En attendant que la paranoïa du piratage se dissipe, le papier prime toujours. C’est forcément une évolution lente et je trouve ça largement plus naturel qu’une révolution.

  41. Frédéric

    @ Picccolomad :

    Mais bien évidemment, qu’on parle de consommation et d’argent, on parle de librairie, donc d’entreprises qui vendent du papier !!!! C’est Crouzet lu-même qui parle de ça, pas nous. Moi je ne suis pas là pour gloser comme un lycéen chevelu sur l’évolution de l’édition et la gratuité de la culture pour tous. On parle de commerce, d’emploi, de centre-ville, d’économie. La vie d’aujourd’hui, quoi, pas l’hypothétique de demain.

    Aaaaaah les nombreuses études disponibles via Google.
    Elles nous prédisent de belles ventes malgré le numérique, c’est sûr, regardez l’industrie du disque et du DVD. Des marchés qui brillent, aujourd’hui! J’ai assisté en direct à l’effondrement des deux, puisque je travaillais dedans. J’ai vu les gens être licenciés à tour de bras, les magasins fermés. Alors l’accès à la culture pour tous, je veux bien, mais qu’on ne pleure pas sur le chômage… D’ailleurs, la culture pour tous, parlons-en : les deux littératures qui se développent le plus aujourd’hui en France en terme de chiffre d’affaires sur Internet sont : Bragelonne qui produit de la sous-science-fiction et de la sous-fantasy, et Harlequin qui fait du roman à l’eau de rose (soulignons que ces deux maisons ont les mêmes chartes graphiques pour le livre papier). Ca donne envie.
    Sincèrement, on est dans une tornade du plus offrant et du plus rapide, ça me rappelle le très bon “Tout, tout de suite” de Morgan Sportès aussi chez Fayard. Ca parle de la perde des repères et de l’échelle des valeurs. A vous de lire comment ça se termine… Plus on habituera les gens à la rapidité d’une livraison, plus ils voudront aller vite. A partir de là, poussons votre rhétorique au bout : si je n’ai pas besoin d’attendre pour quelque chose que je peux avoir tout de suite autrement, pourquoi irais-je payer pour quelque chose que je peux avoir gratuitement ? C’est se voiler la face de croire que “les pirates sont les plus gros consommateurs”. J’ai fait de la culture mon métier et je n’ai pas écouté un cd ni vu un film (sauf au cinéma) en payant depuis au moins trois ans. Je dois être l’exemple qui confirme votre règle, mais j’en doute.

    Je vous fait penser à un maréchal-ferrant ? Je vous répondrai que vous, vous me faîtes penser à ceux qui prédisait la mort de la radio par la télé, la mort de la télé par le net, la mort des cartes routières par le GPS. Des oiseaux de mauvais augure. Aujourd’hui vous nous prédisez la mort du livre par le numérique depuis 10 ans déjà (j’ai commencé dans le commerce culturel en 2004). Pour un partisan du numérique, 10 ans ça représente 1000 ans, non?

    Vous me trouvez méprisant ? Pour reprendre l’argument de M. Crouzet, qui dit ne faire que répondre à un libraire qui se plaint, je réponds aussi à son mépris, qu’il nous agite avec son contrat de 6% chez Fayard, en nous affirmant qu’il a tout compris aux problèmes de la librairie et de l’édition en deux coups de cuillère à pot. Avant qu’il ne m’enterre, moi, c’est son livre que j’enterre. A corbeau, corbeau et demi.

    Ici, moi je n’attaquais pas le consommateur. La preuve, j’ai parlé des distributeurs.
    “Comment pouvez-vous méprisez à ce point le monde qui vous entoure ?” Que je sache, vous le faîtes que moi, si ce n’est plus, en promettant notre mort et celle des centre-villes. Que je sache, le livre numérique n’est pas encore la norme, donc ce qui vous entoure, Piccolomad, c’est encore le matériel…

    Le monde change autour de nous, merci, on était au courant. La seule différence entre vous et nous, c’est qu’on a peut-être un peu plus de modestie, de doute et de défiance quant à ce changement, ce futur que vous semblez déjà si maîtriser. Tellement maîtriser, même, que Monsieur Crouzet avait déjà dû prédire la levée de bouclier que produirait ses Saintes Paroles. (Saintes Paroles qu’il a déjà publié chez First et qui sont toutes… épuisées. On comprend qu’il souhaite donc leur numérisation.)

  42. Vincent Demulière

    @ Jaël, et à la suite de Sophie, je serais ravi de répondre à vos questions sur l’accompagnement au changement en librairie. Il y a de quoi échanger à ce sujet.

    Si vous êtes disponible le 13 et 14 avril, venez à Chenôve (21) participer au salon pour le Futur du livre : https://www.facebook.com/Le.futur.du.livre
    Vous pourrez partager votre expérience dans différentes tables rondes sur les métiers du livre, dont celui de la librairie.
    Par ailleurs, vous aurez ainsi l’occasion de voir en direct Thierry Crouzet, Sophie, moi-même et bien d’autres personnes…
    Je vous ferez partager mon expérience d’accompagnement au changement en librairie, métier que je connais parfaitement, ainsi aurez-vous quelques éléments de réponse.

    A très bientôt, donc.

  43. Piccolomad

    @ Frédéric : Vous vous trompez lourdement !

    Vous me prêtez l’envie ou la croyance de la mort du livre : pas du tout ! Je crois au numérique et au livre ! Je m’insurgeait quant à votre considération de “publie.net”, du numérique, du piratage… On est dans un discours vieilli et faux ! Le numérique n’est pas un fléau, le web n’est pas une bête immonde, c’est un outil qui, évidemment, sert un monde physique, nous les humains… Mais le numérique a une réelle influence sur nos vies… Nous vivons à l’age du numérique, et celui-ci a profondément modifié nos rapports aux choses, aux êtres, à la culture et à la consommation… Et c’est ainsi !

    Et oui, vous êtes profondément méprisant ! Vous êtes un prêcheur qui vient nous annoncer le “bien”, le “beau”, merci de nous dire ce qu’est la vraie Fantasy, et la “sous-fantasy”, qu’Harlequin c’est de la merde, etc… Apprenez nous encore ce que l’on doit aimer, lire, savoir !

    Il faut dégonfler, aussi, à un moment !

    Non, le “livre numérique” n’est pas la norme… En fait, le “livre numérique”, c’est même un truc qui ne saurait fonctionner car un livre ne peut être numérique, par définition. Mais l’édition numérique existe, elle, depuis fort longtemps, ne s’oppose pas au livre, et correspond à tout autre chose… Il ne faut pas tout mélanger, ni une cohérence d’usage d’une époque (convergence des supports, multi-devices, explosion technologique en terme de réseaux et de puissance, interopérabilité, connexion réseaux sociaux, nouvelles formes de consommation mobiles, lecture fragmentaire et lecture profonde sur écrans, etc), ni une volonté d’exploiter un marché pour créer un produit en inadéquation avec la numérique, ni le livre, les contenus, ou les éditions (comprendre ce qu’est une édition explicite la coexistence du livre et de l’édition numérique)…

    Non, je ne prédit pas la mort des livres, j’aime les livres ! Je prédit plutôt l’édition de contenus hier réservés au livre dans un contexte numérique… La nuance est énorme !

    Le numérique aujourd’hui impact directement l’économie, et l’édition numérique est assez ancienne pour que l’on comprenne ses différents modèles économiques.

    Et oui, dans un monde où on a accès à tout, tout de suite, où l’on sélectionne soi même ce que l’on souhaite consommer, parmi une quasi-exhaustivité, dans un monde méritocratique qui ne passe pas par les filtres des estampilleurs, oui, il est important de permettre un accès à la culture sous cette forme…

    Je me répète, mais le monde change… On peut faire semblant de ne pas le voir, ou s’y adapter.

  44. Sergio Salma

    2 ou 3 réflexions. Savez -vous qu’en France il y a environ 20% de la population qui a plus de 60 ans? Alors n’imaginons pas ( même si dans ces 60 ans et plus il y a et il y aura des amateurs de nouvelles façons de consommer) que tout est balayé très vite, que la nouveauté touche 100 % des personnes inéluctablement et immédiatement. Ça nous laisse une marge de manoeuvre. On parle de deux choses bien distinctes, la livraison rapide et le livre numérique. Les 2 “problématiques” ensemble provoquent évidemment des remous et des remises en question. Mais si depuis 4 ou 5 ans, ces éléments sont essentiels , arrêtons aussi de penser que seul le marché du livre et de la culture en général( à cause de la technologie) qui est en crise. Les restaurants, les concessionnaires bagnoles et à peu près tous les commerces sont confrontés à un choc majeur. je sais pas si vous savez mais ça secoue , l’économie etc…les banques, les sales coups, la merde, vous avez entendu parler? Sinon pour suivre encore une autre problématique” les libraires vont disparaître comme les disquaires” alors là c’est complètement un autre débat. La musique et le film sont des oeuvres immatérielles par essence , elles ont eu différents supports pour les transporter( la cassette, le cd, le vinyle…). Aujourd’hui avec le numérique et donc la dématérialisation , ces deux médias sont réellement menacés sous leur ancienne forme puisque tout le monde s’est adapté aux technologies ( presque tout le monde , mais les lecteurs VHS il doit en rester que quelques milliers en France)…ce passage de l’objet vers l’immatériel n’a donc RIEN à voir avec le marché du livre numérique. Et donc prédire une disparition du libraire parce que le livre va disparaître pour les raisons évoquées c’est il me semble complètement déplacé. J’ai un peu plus de 50 ans et je constate que les gens aiment se faire peur, toujours, tout le temps. Ça fait 30 ans que j’entends que le pétrole y en a plus que pour 30 ans. je suis amateur de bédé et ça fait 30 ans qu’on me dit que la bédé va disparaître. ça fait 30 ans qu’on me dit que le CD va disparaître, je reviens de la FNAC j’en ai encore vu des millions. ça fait 30 ans que les gens pensent que les oiseaux dans leur jardin vont disparaître du jour au lendemain( ah merde pour les abeilles ils avaient rien vu venir tiens) ; on vit dans l’angoisse permanente d’une fin de tout; c’est intolérable de penser comme ça , ça excuse toutes les psychoses et les névroses. Dont notre fabuleux auteur se fait écho; dire que faut s’adapter ou crever, la belle affaire. Ben ouais, qui a dit le contraire ? Pas la peine d’invectiver des gens dans la difficulté et votre titre en forme d’antiphrase moqueuse. Cool , les gens, pas de panique. Assoyons-nous. Un p’tit verre?

  45. libraririe neverland

    Moi je veux bien un petit verre oui…de toute façon je manque d’imagination il parait ;o) (comment ça on sent la libraire désœuvrée qui voulait discuter mais qui devant un tel dialogue de sourd se sent…consternée? Abattue? un truc dans le genre!!!)

  46. Camille

    Bonsoir à tous,

    Libraire officielle (car diplôme obtenu) depuis 1 an, et libraire officieuse depuis un peu plus de 2 ans, enfant qui rêvait d’être libraire à 8 ans, parce que les livres “réparent” les gens et leur permettent de s’évader, et parce que moi, les livres m’ont réparée et me réparent encore, je déplore une chose ici, qui a expliqué le système français ? C’est peut-être scolaire mais les clients en librairie ont besoin d’être éduqués, à mon avis, parce que comment soutenir un commerce si on n’en connait pas le système réel ?
    Dans la librairie où j’ai bossé avant, on avait la chance d’avoir une clientèle fidèle, et confiante, au point de parfois nous dire : j’ai besoin de ce livre pour demain 8h, vous ne l’aurez au mieux qu’à 13h, et sur Amazon, je suis client premium et je l’aurais à 9h, quand le facteur passera, désolé. Et quoi ? C’était pas grave, parce que l’honnêteté était là, l’urgence aussi, et le prochain livre, on savait que c’était chez nous qu’il viendrait l’acheter. Et puis, il y avait la démarche.

    En France c’est le bordel, je le savais déjà pendant les études, encore plus quand j’ai bossé, mais actuellement je fais un échange en Allemagne, pour 3 mois, et en une semaine j’ai déjà vu tellement de choses qui révolutionneraient le système… Et que j’imagine (car parait-il, il faut imaginer) impossible à mettre en place en France.

    Le système français se décompose en éditeurs/libraires + intermédiaires. Ces intermédiaires, diffuseurs et distributeurs. Les éditeurs mettent leurs stocks en “commun” auprès des diffuseurs/distributeurs, pour la gestion commerciale et logistique concernant la vente de leurs livres. Les stocks sont donc confiés à ces organismes. La diffusion s’occupe du commercial, donc vente et décisions concernant les remises attribuées aux libraires : les libraires reçoivent, pour les nouveautés à paraître, la visite de réprésentants, qui présentent les nouveautés de chaque maison d’édition partenaire de l’organisme de diffusion. (P.ex Sodis diffuse et distribue Gallimard, Bayard, Au diable Vauvert, Liana Levi, Odile Jacob… ; UD diffuse et distribue Actes Sud, Casterman, Autrement… juste quelques exemples). Ce sont aussi avec ces représ ou les services commerciaux de la diffusion qu’on négocie les remises, moyenne globale 35%; on dépasse rarement les 40%.
    Ensuite la distribution, partie logistique donc, qui traite les commandes envoyées par la diffusion et s’occupe des cartons à envoyer. Pour les nouveautés, on reçoit les livres au plus tôt 2 à 3 jours avant la parution, en général c’est le jour même. Pour des commandes de réassortiment (pour le fonds du magasin, donc, on a vendu un livre, on veut le recommander) il faut compter 3/4 jour selon les distributeurs, selon les régions, selon la saison, selon l’état du distributeur (il y a 2 ans à Noël, chez Volumen (seuil/martinière, et Milan à l’époque – je suis en spé jeunesse), c’était 1 semaine de délais de livraison, AU MIEUX). A partir de ces considérations, comment penser qu’on pourrait passer une commande client et obtenir le livre le lendemain ? L’organisation du système français est tentaculaire.
    Seule exception (j’ai envie d’ajouter : comme toujours), Paris. (Lyon et Nantes aussi, puisque GIE, bien que celui de Nantes ne soit plus). A Paris, on peut commander un livre le soir et l’avoir le lendemain midi, grâce à deux éléments : les dépôts parisiens : le dépôt Hachette distribution, le dépôt Interforum distribution, et le GIE (dans lequel on trouvera Volumen, Union Distribution/UD, MDS et tant d’autres) d’une part, et les coursiers, d’autre part (ou le libraire lui-même s’il se déplace).
    Nous on avait un coursier qui allait dans ces entrepôts plusieurs fois par semaine, et aux périodes “cruciales” (rentrée scolaire, Noël), y aillait même parfois quotidiennement. Mais même s’il nous livrait à 12/13h, on finissait les réceptions à 15h, parce qu’il fallait bien manger entre temps, accueillir les clients, et on était pas assez pour dépêcher une personne pour cette seule tâche. Multitâches tu seras. Comment dans ce cas, livrer le client chez lui dans la même journée ? Impossible. Ou engager un coursier qui ferait le tour ? Frais supplémentaires. La Poste ? Délais d’attente aux guichets interminables, accueil aux guichets souvent désagréable (même quand on est utopiste comme moi et qu’on sourit aux gens, qu’on reste poli, patient…), coût des frais de ports à notre charge, ou à celle du client ? DHL ou autres transporteurs ? Très rapide, efficace, trèèèès cher. Sur 35% de remise, quand on gère une librairie, se payer soi-même c’est juste inespéré, mais alors si on met ces nouvelles charges… HAHA.
    Augmenter nos remises ? Avec plaisir, mais on fait comment quand on voit combien prend la diffusion/distribution sur le prix d’un livre ? A savoir, de mémoire, quasi 20% (je peux me tromper, mais il me semble bien que c’est ça). Leur faire un joli sourire et leur demander de baisser leurs coûts ? Et les gens qui y bossent de baisser leurs salaires, et de simplifier le système ? Ce serait tentaculaire et ça prendrait des années, ça bloquerait des stocks, des commandes… Et à la fin peut-être qu’on s’y retrouverait mieux, oui, mais ces sociétés sont des sociétés financières également, elles appartiennent à des firmes, la plupart internationales, régies par l’argent, parce que la culture c’est bien mais faut pas déconner, faut que ça rapporte, et pour changer ça on fait quoi ? On boycotte ? Moi dans l’idée je suis pas contre, faut juste que les clients suivent, et que ces firmes y prêtent attention. Je dis peut-être une connerie, et à vrai dire je m’en fous, parce qu’avec tout ce qu’on se tape comme soucis dans la journée, réfléchir à comment révolutionner le système, franchement… J’ai pas toujours la force.
    Oui on pourrait vendre du numérique, pour l’instant les plateformes sont pas encore au top, au niveau des libraires c’est dur d’être informés, en tout cas jeune libraire, avec des cours de numérique dans la formation que j’ai suivi, franchement j’ai pas beaucoup d’infos, les bornes numériques de ce que j’en ai vu c’est bordélique et pratique pour personne, mais je m’avance pas trop parce que, comme je viens de le dire, j’ai pas tellement d’infos. Et après le boulot, rentrer chez moi et faire des investigations dessus… Bah j’avoue que je préfère prendre 1h pour me faire un bon repas, ou aller au ciné, ou discuter avec mon copain, ou mes parents, ou mes amis, ou juste lire un livre qui me fait envie. Je ne suis pas une super-woman de la librairie, j’aimerais bien, mais je suis humaine et la force d’imagination, parfois je l’ai, parfois non.

    Maintenant, une explication rapide du système allemand, pour ce que j’en ai vu. Il y a les libraires, les éditeurs et les intermédiaires. Que dis-je ? Un intermédiaire. Les Barsortiment, sorte de grossistes qui ont 90% de la production allemande en stock ET ont aussi (mais je ne sais pas à quel pourcentage) de la production internationale. Et ce n’est que de la logistique. Une partie de ces barsortiment s’occupe des commandes “instantanées”, qui sont les commandes clients, et l’autre partie s’occupe du réassort. Toute commande passée avant 18h est en général traitée dans la foulée puis livrée dans la nuit, avant 11h du matin le lendemain. Je dis en général car comme toute entreprise, il se peut que les stocks soient erronés et que certains livres manquent, ou encore qu’ils ne soient pas en stock du tout (les 10% restants). Les commandes se font par deux biais, Libri et NKV. Le premier est un logiciel de librairie, le deuxième un site de recherche et de commande en ligne. Pour Libri, la recherche est intégrée, et ces deux sites actualisés en permanence contiennent la totalité des livres disponibles en Allemagne. Si on ne trouve pas un livre sur Libri, c’est qu’il n’est pas en stock dans leurs barsortiments, mais il sera disponible chez NKV. Et s’il n’est disponible dans aucun des deux, on passe la commande à la maison d’édition, qui transfère le livre chez Libri ou NKV qui vous livre dans la foulée.
    Les remises sont vues avec les représentants des maisons d’éditions, qui sont regroupées en groupes : Suhrkamp a sous sa tutelle d’autres maisons, Random House aussi (groupe anglais mais très important en Allemagne). Sur ce point, ça ressemble à notre système de diffusion. Quand les commandes sont passées aux barsortiment, en moyenne 35/38%. Aux maisons d’éditions ? 40%, voire plus.
    Et les nouveautés… Eh bien il n’y en a pas toutes les semaines comme en France, ce qui fait que les nouveautés sont nouvelles pendant un an, parfois plus. Alexis Jenni se vend par exemple toujours très bien là où je fais mon stage, qui est une librairie internationale.

    Mettre en place en France un système comme le système allemand prendrait du temps, à cause de la finance internationale qui chapeaute les groupes éditoriaux, et parce que le système allemand a été mis en place en même temps que ces firmes internationales achetaient les maisons d’éditions et groupes éditoriaux. Chez nous, non.
    Mais qu’on se rassure, les frais de poste sont aussi chers en Allemagne, et les envois postaux d’un livre à un client par un libraire, quasi-inexistants.

    Autre point, en Allemagne le prix unique existe aussi, mais les 5% de remise ne sont pas autorisés. Ils sont réservés aux commandes de collectivités, tandis qu’en France pour celles-ci c’est 9%. Donc en Allemagne, Amazon ne peut jouer que sur les frais de port gratuits. Les délais sur Amazon sont identiques à ceux en France. Les libraires sont donc compétitifs sur ce point.
    Et pour ne pas faire illusion, j’ajoute que les pratiques de lecture en Allemagne sont totalement différentes. La vente de E-Book fonctionne de mieux en mieux, mais ne défavorise pas celle du livre papier, parce que la pratique générale est que le lecteur rencontre l’auteur. Que des auteurs ou des illustrateurs “connus” dans leur ville viennent chez les libraires signer ou dédicacer par avance des marque-pages, des affichettes, c’est courant. Que des libraires réservent des salles pouvant accueillir 300 personnes pour organiser une lecture avec un auteur, local, national ou international, est courant. Que les salles soient complètes et que l’auteur parle pendant plusieurs heures de son univers, de son écriture, c’est courant. En France, c’est plus rare, mais ça existe aussi.

    J’ai déjà écrit longuement et vais m’arrêter sur ce point. C’est bien d’aimer les librairies, et les libraires, c’est louable, bien qu’ici ce fût maladroit, et ce à plusieurs reprises, mais, pour reprendre mon ancienne collègue, libraire est pour moi, et pour la plupart d’entre nous, bien plus qu’un métier, c’est une passion. Qui dit passion dit déséquilibres, frustration, et pourtant cette envie constante de continuer, d’améliorer. Etre commercant n’est pas facile, surtout à une époque où tout va vite, tellement vite qu’on en vient à croire que tout SE DOIT d’aller vite. Etre patient, investit, à l’écoute aussi, et quand je vois les réactions spontanées et passionnelles de mes collègues, je comprends. Peut-être que j’en susciterai, peut-être pas, à vrai dire ça ne m’inquiète pas, chacun pense ce métier très personnellement, et malgré la passion, reste le côté réel : l’argent. La gestion d’une entreprise, de salariés, la paie à la fin du mois, le loyer à payer, la nourriture à acheter.
    Je comprends que les clients aient envie de plus de “modernité”, de rapidité, mais le système du livre en France n’est pas conçu pour cela, et on a beau faire tout notre possible, on est aussi, nous libraires, dépendants du système.

    Dans la librairie allemande où je travaille en ce moment, le gérant a ouvert la librairie il y a 40 ans, il travaille depuis l’ouverture du lundi au samedi, ne prend que très peu de vacances, mange après tous ses employés pour qu’ils puissent tous avoir une vraie pause repas et se détendre, ferme la boutique seul le soir, une fois que les commandes sont passées et la caisse comptée, les emloyés partent et lui reste pour fignoler les autres détails, il pointe tous ses avis de livraison, toutes ses factures, tous ses avoirs (facture des livres non-vendus qu’on retourne et qui nous sont remboursés, plusieurs semaines après le retour et souvent des mois après qu’on ait acheté le livre), étiquette tous les livres reçus. Ca lui prend du temps, ça lui prend de l’énergie, et il mériterait une paie en fin de mois, comme ses employés. Cela fait 15 ans qu’il a arrêté de se payer, pour pouvoir embaucher une personne supplémentaire, la payer convenablement, et en contrepartie, se décharger d’un peu de travail. Et quand je vois ça, sincèrement, j’espère que j’aurais toujours la même exigeance et la même passion dans 40 ans, Amazon ou pas, frais de port ou pas, numérique ou pas.

    En tous les cas j’espère que le métier de libraire ne disparaîtra pas, que les clients aussi passionnés que nous, tout comme les clients de passage continueront de pousser les portes de nos librairies, et que d’autres continueront à ouvrir des librairies, et à y croire.

    Bonne soirée à tous, je vous demande par avance de m’excuser si j’ai raconté des choses qui vous paraissent ou sont erronées, et vous souhaite à tous une bonne continuation.

  47. Bernard Strainchamps

    Hum… Qu’est-ce être libraire ? Déballer des cartons, vendre des livres que l’on n’a pas en stock ? Se plaindre du système ?

    Je me souviens d’une libraire qui lors de la création de Bibliosurf m’avait dit que je n’étais qu’un gestionnaire de base données. Au début, je l’ai pris pour du mépris ; à présent pour de l’ignorance d’un changement en cours.

    Ex. pour la sortie du prochain Nesbo, et sur un sujet
    assez convenu comme le roman policier nordique, le libraire peut encore apporter un plus en interrogeant sa base clients,
    en travaillant avec les auteurs et les lecteurs.

    Le billet est visible ici http://bit.ly/NM0oPP
    Il intègre
    – Un nuage d’auteurs les plus téléchargés
    – Interviews d’auteurs,
    – Présentation des séries sur un mode amusé
    – Géolocalisation d’intrigues
    – Enquête de lectorat.

  48. Frédéric

    @ Piccolomad :

    Je crois qu’on a un sérieux problème de compréhension et ce à plusieurs titres. On va donc se répondre point par point :

    1 – Je n’ai jamais dit que vous vouliez la mort des livres, mais que vous prêchiez la mort des librairies. Si vous me dîtes de “dégonfler” par rapport à de simples choix de lecture, qu’est-ce que je devrais vous dire, à vous qui donnez carrément des cours d’économie sur un secteur qui emploie 50 000 personnes, éditions et librairies confondues ? Pour conseiller des livres j’en avale, je ne pense pas que vous conseillez autant de secteurs et d’entreprises sur le numérique pour émettre un conseil, si on doit faire un ratio de comparaison.

    2- Oui, je suis méprisant, je n’ai jamais prétendu le contraire, je vous ai même dit que je l’étais pour répondre à Thierry Crouzet qui l’était aussi. Merci donc de me relire. Mais c’est étonnant que vous insistiez là-dessus, vous qui méprisez notre travail. Si, si, quand vous dîtes : “apprenez-nous ce qu’il faut lire, aimer, savoir.” Mais oui, Michel ! C’est l’un des buts de notre travail! Vous qui défendez apparemment l’édition numérique et donc le travail de l’éditeur, nous, libraires, sommes au même niveau d’activité professionnelle : on choisit des textes que l’on va proposer à nos clients pour les vendre. Editeur et libraire sont au même titre des “estampilleurs” selon votre terme. A vous de nous suivre ou pas, comme on suit un éditeur ou pas. On voit à longueur de journée ce qui se fait, et pour ma part j’ai même la chance d’être dans une librairie dans laquelle on peut lire sur notre temps de travail. Autant vous dire qu’il est mis à profit. Donc, non, je ne dégonflerais pas sur ce point, conseiller, c’est mon travail, que ça vous gêne ou non. D’ailleurs, historiquement, les grands éditeurs ont commencé comme libraires : Louis Hachette, Fernand Nathan, Larousse, Flammarion, et j’en passe. Cette tendance revient, regardez les éditions Critic, les éditions Dialogues, etc…

    Et si je n’ai pas le droit de dire aux gens que lire, vous vous gardez carrément le droit de dire qui a tort ou qui a raison. Jamais, ici, je n’ai assené à quelqu’un un “vous vous trompez lourdement” comme vous venez de le faire, surtout sur un sujet encore invérifiable. Quand je contredis T. Crouzet, j’ai des exemples quantifiables et vérifiables.

    Et, dernière contradiction, vous nous assénez qu’on doit se mettre au numérique, qu’on doit se mettre au numérique…. pour nous dire ici finalement que “l’édition numérique ne s’oppose pas au livre”. Bah, dans ce cas-là, on s’en fout, ici, non? Si l’édition numérique ne s’oppose pas au livre physique, donc à sa commercialisation, je ne vois pas pourquoi j’irais courir vers cet hypothétique marché comme tout le monde a couru vers la bulle Internet dans les années 2000.
    Vous me faites penser à une cliente qui, lorsqu’elle a vu que la Bible était sortie en collection Points2, a dit : “Beuah, je m’en fous, je l’ai sur mon Iphone”. Bon courage. A ce jour, elle ne l’a toujours pas lu.

    “Ce que l’on souhaite soi-même consommer parmi une quasi-exhaustivité”, comme vous dites, c’est sympa, mais sur l’art du pauvre qu’est la littérature, où tout le monde y va de sa plume parce que ça n’est pas compliqué en terme matériel, la masse empêchera une sélection de qualité. Vous regretterez peut-être les estampilleurs dont c’était le travail.

    A noter, depuis l’apparition de l’édition numérique, des fans-fictions ou autres : aucun titre n’est devenu un titre de fonds en librairie ou bibliothèque, sauf en bande-dessinée, où le talent de dessinateur est plus compliqué à avoir que d’aligner des mots sur Word ou Antidote.

    Dernières nouvelles de cette consommation numérique “libre”, sur à peine sept jours :
    – Apple vient d’obliger Izneo à censurer toute une collection de livres érotiques.
    – Bill McCoy, directeur de l’IDPF (International Digital Publishing forum)a précisé que pour s’imposer, le Kindle et ses contenus au format propriétaires, donc inexploitables sur d’autres supports, étaient vendus à perte. Et que ce dit-format propriétaire était plus dangereux encore que le piratage. Là où je vois un problème et vous non, d’autres en voient de plus grands.

    Alors à savoir ce que l’on veut : un monde méritocratique où la réussite passe par la reconnaissance de professionnels sur un support vraiment libre, le papier, ou par la reconnaissance du plus grand nombre, quand les grandes entreprises leur en laisseront néanmoins la potentialité numérique de le faire, en tout cas.

  49. Jean-Francois

    Thierry, Je viens de prendre une heure pour lire tous les commentaires. Je suis tout simplement sidéré. Ce qui est tout simplement sidérant, c’est que dans aucun des commentaires, pas un seul libraire ne prend en considération le fait que c’est le lecteur/consommateur qui décide in fine. Et manifestement, le lecteur/consommateur a pris l’habitude d’acheter ces produits culturels sur le Web que ce soit pour la musique, les films et bien évidemment le livre, et ce n’est pas prêt de s’arrêter.. Ce qui est choquant là-dedans, c’est que c’est bien facile de mettre tout sur le dos d’Amazon, Google et consorts. Les libraires ont trouvé un bouc émissaire. Perso, je n’achète plus de livre papier depuis 4 ans. Je refuse de refiler 50% du prix de vente pour financer la gestion des entrepôts, du transport, le loyer des libraires, etc.

    Autre chose qui est assez consternant : comment se fait-il que les libraires ne se soient pas réveillés plutôt. Amazon n’est pas juste né depuis hier, il me semble ? Apple et sa plateforme iTunes non plus ? Cela fait 10 ans que tout cela a commencé à exister. Comment se fait-ils que les soit-disant professionnels du livre n’est pas fait preuve d’un peu plus d’imagination, n’est pas anticipé tout ça ? N’ont-ils d’une certaine façon laissez grossir la bête, préférant se battre pour obtenir des subventions – subventions qui servent et serviront encore une fois à financer les besoins en trésorerie mais certainement pour investir dans ce que sera leur nouveau métier demain – plutôt que d’essayer d’être novateur, d’anticiper le fait que les habitudes de consommer du produit culturel dématérialisé étaient en train de changer ?

    La chaîne du livre porte bien son nom : tous les acteurs qui la forment sont bel et bien enchaînés dans un système qui de toute façon va exploser tant il ne tient pas compte des besoins et des attentes des lecteurs/consommateurs.

  50. Temps Futurs

    C’est marrant que tu en sois encore étonné et que tu hésites à répondre. La plainte est la forme de communication de base des petits commerçants français de manière générale. Ils se plaignent des conditions d’emploi avant de se mettre à leur compte. Puis la décision prise, ils se plaignent des conditions économiques d’investissement. Puis une fois endettés, il se plaignent des conditions d’amortissement. Enfin, ils se confrontent à la clientèle et ils se plaignent du manque de perception professionnelle de leur condition. Alors quant tu parles d’attitude suicidaire, tu es dans le vrai. C’est le propre des gens qui se regardent le nombril. Et comme dans toutes les composantes des artisans et des petits commerces de détail, seule une frange d’environ 10% sont capables de regarder au delà de leurs certitudes…

  51. TheSFReader

    @Frederic Dans le cas d’Apple, reniez-vous à un libraire le choix de refuser certains livres dans ses rayons ?
    Dans le cas d’Amazon, je vous rejoint parfaitement. Heureusement, et pour longtemps encore, rien n’oblige les éditeurs à passer exclusivement par Amazon et son format fermé pour distribuer les livres au format électronique. Et si un jour c’est le cas, vous inquiétez pas, ils auront tous les services de régulation anti-monopoles sur le dos. Microsoft a essayé. Ils ont eu des problèmes et ne sont plus tout-puissants.

  52. TheSFReader

    Tiens, une copie d’un article paru il y a un an sur mon blog, sur ma perception du libraire.

    Note : je ne suis ni auteur, ni libraire. Un lecteur comme un autre, frustré de ne pas trouver chez mon libraire ce que je trouve si facilement ailleurs.

    ***************

    Mon libraire

    Mon libraire, je ne vais plus dans sa boutique que pour des cadeaux… Et c’était déjà le cas avant de passer au numérique.
    C’est triste, je l’aime bien, et toute son équipe agréable et dynamique aussi.
    Et serviable avec ça ! Et toujours prêt à venir nous aider à choisir…

    Mais c’est là que ça se corse. La SF et Fantasy il ne connait pas vraiment, et c’est pas le genre des autres clients non plus. Alors le rayon SF&F l’est tout rabougri. Alors quand j’lisais encore papier, si j’voulais voir un éventail de possibilités, parmi lesquelles découvrir un nouvel auteur, j’allais à la FRAC. Mais c’est loin la FRAC, de chez moi et de mon travail, alors j’y allais pas souvent. Du coup quand j’avais découvert un auteur bien en fouillant à la FRAC, j’achetais ses autres livres sur Amazoin (oui, à l’époque je n’avais pas tourné le dos à AMZ), et 3 jours après ils étaient dans ma boite aux lettres, tranquilles (et moi aussi).

    Depuis, je suis passé en numérique, et ça non plus il connait pas. Et puis les auteurs indés anglo-saxons (en VO) c’est pas son fort. Alors son conseil sur de la SF indé anglaise numérique, j’suis pas persuadé là…

    C’est simple, je n’y vais plus que pour les cadeaux pour Mamie et Tatie à Noël. Et puis aussi pour ma fille, parce que là il a du choix qui nous convient.

    Ce qui me fait plaisir malgré tout, c’est que si je ne l’aide pas, lui, mon libraire, les auteurs dont j’achète les livres, eux aussi ils sont sympas. J’cause avec eux, j’apprend un peu à les connaitre, et des fois j’les fais connaitre; j’leur donne un coup de pousse. Des fois pour me remercier, ils me filent des bouquins gratos, mais quand c’est pas le cas, j’suis heureux de les payer pour le bonheur qu’ils me donnent. Et j’sais qu’au moins 70% de ce que je paie va dans leur poche, à eux !

    Des fois j’me sens un peu mécène, mais à mon échelle. 3$ par ci, 5€ par là. Au final, mon budget n’a pas vraiment évolué, voire même sans doute augmenté. Mais ce que je sais, c’est que le plus gros de ce que je paie va à l’auteur, pas à des “industriels de la culture”, des business angels ou des marketeux, et certainement pas aux fabriquants de DRMs.

    Et ça, c’est pas triste, ça me plait.

  53. a

    Bonjour,

    Hier, en ile de france sud
    il fallait absolument que je trouve un livre en achat ou en bibliothèque

    J’ai du téléphoner et me déplacer

    Finalement, je suis allée en désespoir de cause à la FNAC vélizy où j’ai trouvé le livre

    souvent
    je dois aller à Gibert Paris…

    c’est l’enfer …

    Pourquoi, les plateformes de type 3615 ELECTRE à l’époque du mintel
    n’existent pas en accès direct pour les lecteurs
    pour savoir où trouver rapidement un livre disponible près de chez soi ?

    C’est vrai
    qu’avec amazone
    j’attends 2 jours pour la livraison à domicile
    mais je ne me déplace pas et je trouve même des livres rares et épuisés

    Merci pour vos réponses…

    A lectrice

  54. Sergio Salma

    Frédéric, non seulement les grands éditeurs ont commencé comme libraires mais historiquement les premiers éditeurs ( ceux qui commencèrent cet étrange activité aux débuts de l’imprimerie) étaient toujours à la fois éditeurs ET libraires ( quand ils n’étaient pas carrément imprimeurs). C’est dans leurs propres librairies, leur propre magasin qu’ils écoulaient leur production. En bande dessinée, c’est frappant (en Belgique du moins) Casterman et Dupuis avant de devenir éditeurs sont des imprimeurs( Casterman depuis 1780 !).

    Ce qui pourrait nous amener à réfléchir sur le fait que les fournisseurs internet ou bien les sociétés comme Google ou autres pourraient devenir un jour des “éditeurs” d’un nouveau genre. En maîtrisant l’outil de diffusion ils pourraient très bien se positionner en partie dans ce domaine. Pour l’instant on le voit avec Apple, ils ne font que filtrer, sélectionner dans la gigantesque base de données. Quand ce n’est pas la BNF qui décide ( sauf contre-ordre des auteurs et des éditeurs respectifs) de diffuser en numérique des ouvrages indisponibles.

  55. Hylo

    Bonjour,
    un article qui m’agace. Moi, lectrice, renoncer à du livre papier ? Ne plus tenir un ouvrage en main ? Bien sûr, et le jour ou cette saleté de technologie bug ou tombe en panne, plus de bibliothèque ! Et comment faire pour dédicacer une tablette numérique dites-moi ? Au moins avec un livre imprimé, je peux me permettre de rencontrer l’auteur et parler avec lui le temps d’une signature, visiblement ce n’est pas votre vocation en temps qu’écrivain.
    J’aime mon libraire moi, je me rend chez lui depuis mes huit ans, et lui commande/achète des livres chaque semaine. Tout genre confondus, pour moi, pour des cadeaux.
    J’ai aussi travaillé chez un distributeur de livres, des millions envoyés chaque semaines au quatre coin de la planète, et qu’à entraîné le numérique ? Moins de boulot, des postes en moins.
    Le numérique c’est peut-être beau (emmener une bibliothèque en vacance c’est pratique), mais c’est la simplicité, les seules personnes que je connaisse possèdant une tablette on les deux, le même livre en papier et en numérique.
    Livre papier qui disparaît = imprimeurs, distributeurs, éditeurs, libraires au chômage. Pourquoi avoir des centaines d’employés (500 dans ma boîte), quand un type derrière un ordinateur peut gérer toutes les commandes en quelques clics, sans se fatiguer ?
    Et le contact avec le libraire, qui nous donne son avis sur les livres, connait ses clients et conseille pour un cadeau car il sait ce que la personne concernée à déjà, ou le genre qu’il lit. Quand on sait que sur les sites de distributions, certains sont là pour encencer ou descendre un livre selon leurs liens avec les auteurs et ou les éditeurs, par sûr que les avis soit vraiment impartial.

    Vous aimez les libraires peut-être, mais visiblement, vous n’avez jamais travaillez avec eux, allez-donc passer un mois non-stop dans une vraie librairie pour vous rendre compte du travail que cela représente.

  56. Céline

    Réponse à “a” : cela existe ! Pour Paris il y http://www.parislibrairies.fr/ les librairies indépendantes sont référencées, il suffit de rentrer le titre ou l’auteur, on sait dans quelle librairie il est disponible et le réserver. S’il n’est dispo nul part on peut le commander dans la librairie de son choix.

  57. céline

    Ah et je ne l’ai pas précisé, mea culpa, cela me paraissait évident :
    Certaines librairies ont une boutique en ligne où vous pouvez commander ou réserver directement, sinon un coup de téléphone ou un mail et votre libraire vous dira avec plaisir si le livre est dispo.
    Certaines librairies travaillent ensemble (les librairies gallimard ou librest pour ne citer qu’elles) et ont accès au stock des librairies partenaires. S’il n’a pas le livre que vous recherchez, mais qu’une librairie partenaire l’a,le libraire vous le fera réserver et vous pourrez le récupérer sans problème.

  58. Frédéric

    @ The SFreader

    Vous parlez de monopole, d’accord, donc pourquoi me poser cette question-bateau de renier à Apple le même droit qu’au libraire de faire des choix en supprimant des titres de ses rayons ?

    C’est IN-COM-PA-RA-BLE, dans la mesure où, justement, c’est une question de mesure. Quand je ne prends pas un livre d’une maison, je ne censure pas systématiquement toute la collection de cette maison voire toute son édition. Je juge au titre.

    De plus, quand je le fais, ça ne concerne que on point de vente, qui ne touche qu’entre 20 000 et 80 000 personnes si on s’en tient à ma zone de chalandise. Mais peut-être que mes concurrents l’ont, ce titre.

    Tandis que lorsqu’Apple bloque des livres érotiques, la censure est MONDIALE et systématique.

  59. Frédéric

    @ Temps Futurs : vous venez de synthétiser le quotidien des entrepreneurs français. Pourtant, j’entends souvent Renault se plaindre du coût du travail, j’entends Carrefour qui utilise le temps de pause pour diminuer la durée légale du temps de travail et donc sa rémunération, pourtant ce ne sont pas de “petits commerçants de détail français”.

    @Jean-François : en effet le lecteur/consommateur décide. En ce moment, le lecteur/consommateur se plaint pas mal de ne plus trouver de vendeurs de disque, de ne pouvoir utiliser ses fichiers i-Tunes que sur un nombre limité de supports. Ce même lecteur/consommateur râlera comme les petits commerçants de détail français quand son enfant bac+3 ne trouvera que des stages de 6 mois non rémunérés ou des emplois de manutentionnaires payés au SMIC dans un entrepôt en zone industrielle périphérique d’une grande ville où le prix du m2 l’oblige à vivre grâce aux allocations. Tout ça parce que, pendant un temps, on a refusé de payer 50% du prix d’un livre (soit 3€50 pour un poche, wouah, quelle économie individuelle) qui pourtant ajoutés les uns aux autres permettaient à des ouvriers du bâtiment, des assureurs, des cadres, des manutentionnaires (soit la gestion des entrepôts dont vous parlez), à des routiers, donc aussi à des fabricants de camions, des concessionnaires, des garagistes et des pompistes (soit le transport dont vous parlez), ainsi que les libraires, donc des petits commerces, des centre-villes animés, et de la rente du propriétaire du local (soit le loyer des libraires dont vous parlez) de vivre.

    Votre propos me rappelle fortement ce que vivent les grecs en ce moment, c’est à dire que pour éviter de payer 0.4 € de TVA, on contourne la loi, on fait du noir. L’Etat n’a plus d’argent, donc les banques n’ont plus, donc les gens n’ont plus. Magnifique morale du type qui a économisé 0.4€ et se croit malin mais qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
    “Allô, non mais Allô, quoi, tu parles d’argent mais tu sais comment il circule, allô ?”

    Alors que l’économie a le besoin le plus urgent possible que l’argent circule le plus vite possible, et donc profite à tous, comment est-ce qu’on peut encore tenir ce genre de discours ridicule ?

    Mais vous avez sans doute raison, les 50% de votre livre de poche sont tellement mieux aux îles caïmans ou sur un fonds de pension états-uniens. Sûrement plus utile qu’à la France. Dont vous faites partie, non?

  60. Frédéric

    @ Temps Futurs : vous venez de synthétiser le quotidien des entrepreneurs français. Pourtant, j’entends souvent Renault se plaindre du coût du travail, j’entends Carrefour qui utilise le temps de pause pour diminuer la durée légale du temps de travail et donc sa rémunération, pourtant ce ne sont pas de “petits commerçants de détail français”.

    @Jean-François : en effet le lecteur/consommateur décide. En ce moment, le lecteur/consommateur se plaint pas mal de ne plus trouver de vendeurs de disque, de ne pouvoir utiliser ses fichiers i-Tunes que sur un nombre limité de supports. Ce même lecteur/consommateur râlera comme les petits commerçants de détail français quand son enfant bac+3 ne trouvera que des stages de 6 mois non rémunérés ou des emplois de manutentionnaires payés au SMIC dans un entrepôt en zone industrielle périphérique d’une grande ville où le prix du m2 l’oblige à vivre grâce aux allocations. Tout ça parce que, pendant un temps, on a refusé de payer 50% du prix d’un livre (soit 3€50 pour un poche, wouah, quelle économie individuelle) qui pourtant ajoutés les uns aux autres permettaient à des ouvriers du bâtiment, des assureurs, des cadres, des manutentionnaires (soit la gestion des entrepôts dont vous parlez), à des routiers, donc aussi à des fabricants de camions, des concessionnaires, des garagistes et des pompistes (soit le transport dont vous parlez), ainsi que les libraires, donc des petits commerces, des centre-villes animés, et de la rente du propriétaire du local (soit le loyer des libraires dont vous parlez) de vivre.

    Votre propos me rappelle fortement ce que vivent les grecs en ce moment, c’est à dire que pour éviter de payer 0.4 € de TVA, on contourne la loi, on fait du noir. L’Etat n’a plus d’argent, donc les banques n’ont plus, donc les gens n’ont plus. Magnifique morale du type qui a économisé 0.4€ et se croit malin mais qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
    “Allô, non mais Allô, quoi, tu parles d’argent mais tu sais pas comment il circule, allô ?”

    Alors que l’économie a le besoin le plus urgent possible que l’argent circule le plus vite possible, et donc profite à tous, comment est-ce qu’on peut encore tenir ce genre de discours ridicule ?

    Mais vous avez sans doute raison, les 50% de votre livre de poche sont tellement mieux aux îles caïmans ou sur un fonds de pension états-uniens. Sûrement plus utile qu’à la France. Dont vous faites partie, non?

  61. Jean-François

    Et donc @Frédéric vous pensez redorer la profession de libraire avec vos commentaires. Je suis tellement heureux de tout commander sur le web quand je vous lis, cela en dit long sur le peu de respect que vous avez pour les lecteurs avec des jugements à l’emporte-pièce et rétrogrades.

  62. Frédéric

    @ Jean-François : je ne cherche pas à redorer l’image des libraires, elle n’en a pas besoin à mon sens, mais à la défendre.

    Vous m’accusez de manque de respect mais je trouve votre petite attaque un peu gratuite… Où est l’argument derrière ça ?
    Si vous en manquez face aux miens, ce n’est pas ma faute! D’où votre dernière publication de quatre lignes, sans utilité, juste agressive et mesquine.

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