Avis aux Parisiens. Invité par La Chaîne Parlementaire – Assemblée nationale pour une émission au sujet de la Net politique à l’occasion des régionales, je me retrouverai jeudi 18 en débat avec Franck Riester, Patrick Bloche et Dominique Wolton. Comme cette Net campagne n’a eu aucun intérêt, sinon à Montpellier grâce à Montpellier Journal et surtout à Frêche, la discussion dérivera sans doute… sinon je ne vois pas de quoi nous parlerons.
J’en ai profité pour accepter deux autres invitations, mercredi 17 un débat sur techtoc.tv et, le vendredi 19, une conférence sur les réseaux sociaux organisée par les étudiants du Master 1 en Commerce International à l’Université Paris 11. Elle se déroulera de 10h à 18h et j’interviendrai à 11h30 avant de participer à un débat.
J’ai aussi évoqué avec certains d’entre vous l’idée d’un apéro mercredi 17 au soir dans un café à définir, de préférence vers Bastille. Avis aux amateurs.
Nous pensons trop rapidement et en cours de route, et en pleine marche, au milieu des affaires de toutes sortes, quand même il s’agirait des choses les plus graves ; nous avons besoin de peu de préparation, de peu de silence même : – cela se passe comme si nous portions dans la tête une machine perpétuellement en roulement, qui, même dans les conditions les moins favorables, ne cesse de tourner. Jadis on remarquait à l’air de chacun qu’il avait pour un instant besoin de réfléchir […] et on s’arrêtait ; oui, quand la pensée « venait » on restait des heures immobile dans la rue […]
Ainsi, dans le paragraphe 6 du Gai savoir, Nietzsche évoque avec une certaine nostalgie un autre temps plus lent. N’avez-vous pas l’impression que nous avons souvent la même sensation, comme si le temps accélérait sans cesse ? En fait, le temps s’écoule toujours à la même vitesse, mais le passé, en se décantant, ne conserve que les choses qui nous paraissent profondes et intemporelles. Notre époque, elle aussi, apparaîtra lente pour les suivantes.
Narvic, ou est-ce que je dois dire Guy mais vous ne me ferez pas ajouter le smiley sourire, vient de me donner l’idée de regarder combien j’avais de lecteurs fidèles (il explique la méthode dans son billet).
Comme je ne suis pas chez moi et que je travaille, si on peut dire, sur mon portable, donc petit écran, j’ai fait défiler le graphique fourni par Google Analytics (sur la dernière année), avec une certaine angoisse voyant que le nombre de lecteurs ne cessait de diminuer avant de le voir remonter (cela prouve que je suis nul dans les moteurs de recherche).
Surprise : plus de 8 600 personnes lisent (ou tout au moins ouvrent tous les billets que je publie – peut-être via leur agrégateur en fait – j’ai 5 600 abonnés). Je n’accorde donc pas trop de valeur à ces chiffres.
Si je reprends les critères de Narvic, un fidèle revient au moins une fois par mois (peut-être pour lire plusieurs billets, ce que je fais souvent sur les blogs), je totalise 25 000 fidèles. Je trouve juste amusant que ce chiffre diffère peu de celui obtenu en essayant de mesurer l’équivalent livres de mon blog.
En tous cas, quel que soit votre nombre, merci de votre fidélité (à en croire certains, vous ne manquez pas de courage).
PS1 : Une idée me vient. Et si tous les blogueurs jouaient à ce petit jeu. On pourrait mieux se comparer par rapport la presse. Fait-elle le poids ? J’ai du mal à ne pas ajouter le smiley.
PS2 : La nuit porte conseil. Ces chiffres sont foireux. Ils voudraient dire qu’au moins 8 000 personnes lisent chacun de mes billets. Ce n’est pas le cas suivant les pages vues. Incohérence.
En toute probabilité, je devrais terminer mon twiller ce mois-ci avec un total de 4500 tweets. Ce graphique montre ma fréquence de tweet mois par mois, avec un record pour février 2010 que je devrais battre en mars pour boucler.
Sur cette vidéo que m’a signalée Xavier de Mazenod, je retrouve des images que j’ai vues chaque automne dans le Midi et aussi à Rome comme je le raconte dans Le peuple des connecteurs. Et nous autres humains serions incapables d’être collectivement intelligents ?
Des étudiants qui travaillent sur mes livres, et oui il y a des professeurs pervers, me demandent souvent des infos biographiques. J’essaie de mettre l’essentiel dan la page info du blog, mais je viens de faire ce qui ne se fait pas, écrire un début de notule Wikipedia où je me contente de parler d’avant 2006, avant la publication du Peuple des connecteurs. Si vous avez le courage, parlez du présent, ce n’est pas à moi à le faire.
En racontant sa vie sur le Web, François Bon m’a donné l’idée de creuser dans mon passé Web. J’ai retrouvé le premier texte que j’ai publié, déjà sous la forme d’un livre électronique, un carnet de voyage en Sicile. HTML garanti vintage, initialement publié chez Europe Online dont à l’époque, avant la faillite de cette proto-startup, j’étais l’administrateur français.
Petite crise d’orgueil et d’énervement face à ceux qui se réveillent aujourd’hui critiques du Web et se croient les premiers à penser ainsi. Je vous renvoie à un article que j’ai écrit en 2007, intitulé Danger : hypercentralisation. Non tous les gens qui comme moi s’enthousiasment pour le Web ne sont pas de débiles mentaux sous le charme des sirènes du marketing. Depuis longtemps, le 2.0 est une hypocrisie pour tous les gens lucides. Je vous renvoie également à un entretien du début 2006 où je balaie la version officielle du 2.0. Vous comprenez pourquoi je déteste les entrepreneurs, les faux prophètes… ils font du mal au Web parce qu’ils vendent de la poudre de Perlimpinpin… Aujourd’hui ils disent ce qu’il est de bon ton de dire. C’est tout. Question vision, cherchez ailleurs.
Je viens de mettre en ligne la version complète du livre, à l’exception des notes. Par rapport à la bêta 3.0, j’ai viré l’ancien chapitre 1, ce qui décale tout d’un cran.
Vous pourrez peut-être mieux comprendre maintenant le lien entre le Flux, le mimétisme, le nomadisme, l’individuation et la société. Vous verrez que c’est autant un livre de développement personnel qu’un livre politique. L’articulation s’effectue dans la partie 4 où je montre que nous lier nous libère.
Lorsque des gens s’opposent à la publication des sondages dès leur disponibilité, ils ne nous empêchent pas simplement de copier l’information sur nos blogs, ils interdisent au web de fonctionner : tout robot qui reproduirait automatiquement une information publiée ailleurs, à l’étranger par exemple, serait dans l’illégalité.
Pour se rapprocher des jeunes, il ne suffit pas pour nos politiciens d’utiliser les mêmes outils que les jeunes (blog, Messenger…) et faire croire qu’on aime les mêmes stars de variété. Pourtant les hommes politiques essaient systématiquement cette approche. Ils veulent paraître branchés, ils tombent dans le jeunisme, mais ce combat est impossible comme Gombrowicz l’a décrit dans toute son œuvre. La puissance de la jeunesse vous dévore, vous ne pouvez pas la canaliser, surtout pas l’arrêter, il faut presque agir avec elle comme le judoka qui s’appuie sur la force de son adversaire.
Les journalistes sont naïfs. Ils voient un compte Twitter avec des dizaines de milliers de followers et ils s’extasient. Ils font du détenteur du compte une star. Mais ont-ils un peu gratté derrière les apparences ?
Les sites web ont été imaginés pour stocker des informations et les afficher à travers des navigateurs. Ce fut une révolution, notamment grâce à l’hypertexte décentralisé, mais aussi une façon de traduire à l’écran ce que nous connaissions sur le papier. Il suffit de voir à quoi ressemblent encore les sites des journaux (où même les blogs). À des journaux traditionnels ! Très loin du look Google ou des services 2.0 les plus avancés. On reste dans l’ancien monde de Gutenberg.
Je vous rassure, je suis aussi un con. Que faisons-nous ? Nous ne cessons de parler des médias traditionnels et de linker vers eux. Nous leur donnons ainsi un poids démesuré dans l’écosystème du Web.
De plus en plus d’outils cherchent à nous éloigner de notre URL personnel, chez nous quoi, pour nous attirer chez eux. « Visitez dans notre centre commercial, ne restez plus sur votre terrasse à discuter avec vos amis, nous dit-on. Vous n’avez même plus besoin d’aller chez eux, ils viennent aussi. » Super.
Je dois être naïf. Je ne suis pas l’actualité alors je tombe des nues quand, sur Twitter, François Bon attire mon attention vers un article du Monde où j’apprends que la presse en ligne va recevoir 60 millions d’Euros de subvention.
« Vous êtes tous pourris, vous avez compris ? Vous êtes en état avancé de décomposition. Vous n’existez même pas. » Voici comment je pourrais résumer la pensée de Finkielkraut au sujet du Net après avoir écouté son entretien avec Pierre Lévy organisé par Michel Alberganti sur France Culture.
Ce texte, écrit début avril 2009, devait s'intituler Dire non à un monde pour dire oui à d’autres et trouver sa place dans mon prochain livre que j'imaginais initialement comme une narrative nonfiction. Pour reconstituer cette histoire, j'ai interviewé par ordre d'apparition Quitterie Delmas, Jean-Yves de Chaisemartin, Virginie Votier et François Bayrou. Mais, comme souvent quand j'écris, mes projets se transforment et je ne pense pas utiliser cette matière sans mon livre car je veux y traiter de la conscience globale.
Vous vous étonnez de perdre sans cesse plus de lecteurs. Vous êtes vraiment surpris ? Mais relisez-vos articles. Pour vous sauver de la banqueroute, vous êtes prêts à diffuser n’importe qu’elle idée qui vous conforte dans l’ancien monde. Plutôt que de vous adapter au nouveau paradigme, vous tentez d’en détourner vos lecteurs pris en otages. Est-ce la bonne stratégie ?