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	<title>Le peuple des connecteurs &#187; Connecteur</title>
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	<description>La politique change. Voter n’est plus qu’un engagement parmi d’autres. Dans un monde toujours plus complexe, les partis et les systèmes hiérarchiques pyramidaux n’ont plus leur place. Il faut apprendre à vivre en réseau, à penser global et agir local.</description>
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		<title>Le procès du capitalisme</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 13:10:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connecteur]]></category>

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J’ai écrit ce texte en mars-avril 2009. Il aurait pu être le premier chapitre d’un nouveau livre. En même temps, je ne faisais que reformuler ce que j’ai souvent dit ici, peut-être juste donnant un peu de cohérence à quelques idées jamais évoquées en même temps. Je l’ai aussi uploadé sur Calaméo pour ceux qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" id="doc_230140779182330" name="doc_230140779182330" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" align="middle"	height="500" width="100%" ><param name="movie"	value="http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf?document_id=20474643&#038;access_key=key-1n6r8td4u19kuu01z40m&#038;page=1&#038;version=1&#038;viewMode="><param name="quality" value="high"><param name="play" value="true"><param name="loop" value="true"><param name="scale" value="showall"><param name="wmode" value="opaque"><param name="devicefont" value="false"><param name="bgcolor" value="#ffffff"><param name="menu" value="true"><param name="allowFullScreen" value="true"><param name="allowScriptAccess" value="always"><param name="salign" value=""><embed src="http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf?document_id=20474643&#038;access_key=key-1n6r8td4u19kuu01z40m&#038;page=1&#038;version=1&#038;viewMode=" quality="high" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" play="true" loop="true" scale="showall" wmode="opaque" devicefont="false" bgcolor="#ffffff" name="doc_230140779182330_object" menu="true" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" salign="" type="application/x-shockwave-flash" align="middle"  height="500" width="100%"></embed></object></p>
<p>J’ai écrit ce texte en mars-avril 2009. Il aurait pu être le premier chapitre d’un nouveau livre. En même temps, je ne faisais que reformuler ce que j’ai souvent dit ici, peut-être juste donnant un peu de cohérence à quelques idées jamais évoquées en même temps. Je l’ai aussi uploadé sur <a href="http://fr.calameo.com/read/0000697882ee0345fbe01">Calaméo</a> pour ceux qui préfèrent cette interface. Avec la démocratisation des ebooks, je me dis qu’il est agréable de lire les textes longs dans ces conditions.</p>
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		<title>Lectio spiritualis vs lectio scholastic</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2009/09/07/lectio-spiritualis-vs-lectio-scholastic/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 10:02:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connecteur]]></category>

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Dans Du lisible au visible, texte malheureusement épuisé, Ivan Illich évoque une révolution du livre survenue autour de 1150. Grâce à une douzaine de techniques (amélioration de la ponctuation, retraits, insertion de titres et de rubriques, division en chapitres, index des matières classées dans l’ordre alphabétiques…), le livre devient lisible et la culture de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/09/07/lectio-spiritualis-vs-lectio-scholastic/"><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2009/09/monastere.jpg" alt="Monastère" title="Monastère" width="450" height="316" class="alignnone size-full wp-image-9591" /></a></p>
<p>Dans <a href="http://cercamon.wordpress.com/2005/02/13/du-lisible-au-visible-ivan-illich-paris-cerf-1991/"><em>Du lisible au visible</em></a>, texte malheureusement épuisé, Ivan Illich évoque une révolution du livre survenue autour de 1150. Grâce à une douzaine de techniques (amélioration de la ponctuation, retraits, insertion de titres et de rubriques, division en chapitres, index des matières classées dans l’ordre alphabétiques…), le livre devient lisible et la culture de la lecture commence, trois siècles avant l’invention de l’imprimerie.<span id="more-9589"></span></p>
<blockquote><p>Cette collection de techniques et d&#8217;usages a permis d&#8217;imaginer le « texte » comme quelque chose d&#8217;extrinsèque à la réalité physique de la page.</p></blockquote>
<p>Nous avons là les prémisses de XML, du balisage minimal pour donner à un texte toute sa force.</p>
<blockquote><p>Mais la réflexion de toute une vie de lectures m&#8217;incline à penser que mes efforts pour permettre à l&#8217;un des vieux maîtres chrétiens de me prendre par la main pour un pèlerinage à travers la page m&#8217;ont, au mieux, engagé dans une lectio spiritualis aussi textuelle que la lectio scholastica pratiquée non au prie-Dieu mais devant un bureau.</p></blockquote>
<p>Illich attire l’attention vers deux formes de lecture. La <em>lectio spiritualis</em> ou lecture livresque : continue, profonde, intense, linéaire, à accès séquentiel, du début à la fin (quand je lis au lit, dans mon hamac, au bord de la mer ou en garrigue). La <em>lectio scholastica</em> : pratique, rapide, avec accès direct à l’information recherchée (quand je lis au bureau, devant mon ordinateur où défilent en continu les fils de conversations). Pour Illich, depuis le XIIe siècle, les technologies d’accès direct n’on fait que se perfectionner (et continuent de le faire avec l’informatique). Illich craignait toutefois que, sous l’influence des ordinateurs, la <em>lectio scholastica</em> devienne la norme et nous détourne définitivement de la lecture livresque, cette lecture au temps long, qui n’aurait été qu’une étape historique.</p>
<p>Dans le texte de 2006, <a href="http://bibliothecaire.wordpress.com/mots/bibliotheques-numeriques/4-le-livre-nest-pas-condamne-et-donc-la-bibliotheque-nest-pas-morte/">Le livre n’est pas condamné et donc la bibliothèque n’est pas morte</a>, où j’ai trouvé la piste Illich, Michel Roland-Guill est moins pessimiste :</p>
<blockquote><p>Il est remarquable qu’à partir du moment où la lecture monastique cesse d’être le modèle dominant de la lecture “légitime”, la forme roman s’impose progressivement dans le domaine de la littérature laïque en langue vernaculaire. Le roman est devenu le lieu de cette expérience, de ce voyage spirituel suivi et initiant qui était le sens de la lecture monastique.</p></blockquote>
<p>Quand je lis sur Internet, presque toujours, je suis en mode <em>scholastica</em>. Mais quand je lis sur mon eReader, je suis en mode <em>spiritualis</em>. L’électronique ne tue pas la lecture livresque, au contraire elle va peut-être fusionner avec la <em>scholastica</em>, nous permettant de basculer d’un mode à l’autre au gré de nos humeurs. Ce serait d’ailleurs logique dans la perspective des flux. Et comme Illich nous pouvons mêmes rêver de nouveaux lieux de lecture :</p>
<blockquote><p>Avec Georges Steiner, je rêve qu&#8217;en-dehors du système éducatif qui assume aujourd&#8217;hui des fonctions totalement différentes il puisse exister quelque chose comme des maisons de lecture, proches de la yeshiva juive, de la medersa islamique ou du monastère, où ceux qui découvrent en eux-mêmes la passion d&#8217;une vie centrée sur la lecture pourraient trouver le conseil nécessaire, le silence et la complicité d&#8217;un compagnonnage discipliné, nécessaires à une longue initiation dans l&#8217;une ou l&#8217;autre des nombreuses « spiritualités » ou styles de célébration du livre.</p></blockquote>
<p>Et si la lecture livresque était une façon de vivre une expérience spirituelle ? L’humanité ne s’est-elle pas détournée de Dieu en se tournant vers les romans et les héros romanesques ?</p>
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		<title>Into the flux</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2009/09/01/into-the-flux/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 08:31:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connecteur]]></category>
		<category><![CDATA[Flux]]></category>
		<category><![CDATA[Propulseur]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ou la vie sans objets
Ou le temps des propulseurs
Ou quand les petits ruisseaux font de grandes rivières.
À force de parler de flux et de penser par flux, je me demande si je ne suis pas en train d’écrire un nouveau livre, suite du Peuple des connecteurs et du Cinquième pouvoir tout en mettant en suspend [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/09/01/into-the-flux/"><img class="alignnone size-medium wp-image-9169" title="Jupiter" src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2009/08/jupiterredspot1-450x427.gif" alt="Jupiter" width="450" height="427" /></a></p>
<p>Ou la vie sans objets</p>
<p>Ou le temps des propulseurs</p>
<p>Ou quand les petits ruisseaux font de grandes rivières.</p>
<p>À force de parler de <a href="http://blog.tcrouzet.com/tag/flux/">flux</a> et de penser par flux, je me demande si je ne suis pas en train d’écrire un nouveau livre, suite du <em>Peuple des connecteurs</em> et du <em>Cinquième pouvoir</em> tout en mettant en suspend <a href="http://blog.tcrouzet.com/tag/starglider/"><em>Le socialisme selon Starglider</em></a>.<span id="more-9168"></span></p>
<blockquote><p>FLUX nom masculin (1306 ; du latin fluxus qui signifie écoulement). Écoulement d’un liquide quelconque hors de son réservoir habituel. Marée montante. Le flux impétueux de la foule. Flux de paroles, bavardage. Flux lumineux : quantité de lumière émise par une source lumineuse dans un temps déterminé. Par extension : écoulement de l’information en même temps que l’information elle-même qui s’écoule. Alors synonyme de flot.</p></blockquote>
<blockquote><p>PROPULSEUR nom masculin Qui transmet le mouvement. (1846) Engin de propulsion assurant le déplacement d&#8217;un bateau, d&#8217;un avion, d&#8217;un engin spatial. (2009) Par extension : celui qui crée le flux d’information, le met en mouvement, le filtre, le redirige, l’enrichit, le fusionne à d’autres flux… Exemple : écrivain, musicien, journaliste, éditeur, blogueur, commentateur sur Internet…</p></blockquote>
<p>Flux, traduction approximative de <em>stream</em>, doit être vu comme cet écoulement hors d’un réservoir initialement rempli par le propulseur. Il faut avoir en tête l’image d’un fleuve, ou plutôt de l’eau qui coule dans le fleuve, quelque chose de liquide, de palpable, qui ne se laisse pas enfermer, qui se déplace mais qui reste matériel, consistant, qui fusionne avec d’autres flots, s’enrichit, se divise en delta avant d’inonder la mer. Le Nil comme métaphore du flux.</p>
<p>Le flux s’inscrit dans la durée. Une fois qu’il a commencé à couler, il peut couler longtemps. Un livre, par exemple, ressemblait à une bouteille d’eau remplie une fois pour toute. On buvait tout les mots. Un flux se déploie dans le temps. Une fois la bouteille remplie par l’auteur, d’autres propulseurs viennent la faire déborder (de l’objet livre par exemple), l’auteur se joignant éventuellement à eux. Ainsi un livre devient flux en même temps qu’il circule et s’enrichit de commentaires et de discussions qui lui donnent une existence nouvelle. Tout cela s’attache, s’agrège, vit.</p>
<blockquote><p>Mauriac a toujours aimé cette image du flux et du reflux autour d&#8217;un roc central – qui exprime à la fois l&#8217;unité de la personne humaine, ses changements, ses retours et ses remous. Citation de Maurois dans le Robert.</p></blockquote>
<p>Le flux peut ainsi s’enrouler sur lui-même, s’auto-maintenir comme la tache rouge dans l’atmosphère de Jupiter. Il n’est pas par essence fugitif même s’il garde toujours sa capacité de s’écouler. Il peut résister aux perturbations plus qu’un objet solide car il a la possibilité d’absorber de nouvelles données en même temps que de se délester du trop plein. Un flux ressemble à un organisme. Tant qu’il y a circulation, il y a vie (un livre que personne ne lit n’est pas mort mais en hibernation).</p>
<p>À quoi donc pourrait ressembler <em>Into the Flux</em> ?</p>
<h3>Préface</h3>
<p>Vous lisez peut-être ce texte sur papier, peut-être aussi sur l’écran de votre ordinateur ou de votre mobile, ou peut-être sur une liseuse ou vous l’écoutez alors que vous conduisez ou il se matérialise dans votre esprit. Tout dépend de quand vous l’abordez. En 2010, peu après sa rédaction, ou plus tard, quand le monde est devenu flux. […]</p>
<h3>Sommaire imaginaire</h3>
<ol>
<li><a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/08/26/le-livre-echappera-pas-aux-flux/">Le livre sans papier</a> (avec rappel de la musique sans disque).</li>
<li><a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/08/17/vers-un-web-sans-site-web/">Le web sans site web</a>.</li>
<li>Les objets sans matière (avec les nanotechnologies même les objets deviennent flux).</li>
<li>La vie sans principe (indispensable Thoreau ou comment la liberté s’accroît avec la coopération grandissante – quand la vie devient liquide, elle s’écoule mieux).</li>
<li><a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/08/31/leconomie-des-flux/">La distribution sans prix.</a></li>
<li>La finance sans banque (monnaie vient de <em>currency</em> en anglais qui vient du latin <em>currere</em> qui signifie courir ou s’écouler – la finance est par essence un flux).</li>
<li>La politique sans politicien (ou la politique des flux).</li>
<li>L’art sans œuvre d’art (en parlant bien sûr de Fluxus – vivre est un art et la vie est une œuvre).</li>
<li>La spiritualité sans dieu (ou la métaphysique des flux).</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;économie des flux</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2009/08/31/leconomie-des-flux/</link>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 09:09:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connecteur]]></category>
		<category><![CDATA[Flux]]></category>

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		<description><![CDATA[
Dans un monde de flux où les biens s’écoulent, l’ancienne économie de la rareté de l’offre associée à la rareté de l’argent ne peut plus survivre. Sans doute faudra-t-il basculer vers un système financier où chacun pourra émettre de la monnaie et devenir banque centrale. Mais avant d’envisager cette entrée dans le flux de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/08/31/leconomie-des-flux/"><img class="alignnone size-full wp-image-9143" title="ben" src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2009/08/ben.gif" alt="ben" width="450" height="105" /></a></p>
<p>Dans un <a href="http://blog.tcrouzet.com/tag/flux/">monde de flux</a> où les biens s’écoulent, l’ancienne économie de la rareté de l’offre associée à la rareté de l’argent ne peut plus survivre. Sans doute faudra-t-il basculer vers un système financier où chacun pourra émettre de la monnaie et devenir banque centrale. Mais avant d’envisager cette entrée dans le flux de la finance, je voudrais inventorier les différentes modalités de rétribution adaptées aux flux, certaines incompatibles, d’autres complémentaires.<span id="more-9141"></span></p>
<ol>
<li>Proposer comme aujourd’hui les produits à un prix fixe, souvent élevé, plus de dix euros, est contre productif car on empêche le flux de s’écouler et, dans l’économie des flux, l’immobilisme équivaut à la mort. La pratique tarifaire actuelle a pour avantage de nous maintenir dans un monde connu et de ralentir l’avènement du monde des flux mais elle favorise le piratage. J’insiste sur ce point. Le piratage est inéluctable et sera de plus en plus facilité en même temps que les flux deviendront la norme (simple de copier une information qui passe à travers notre ordinateur).</li>
<li>Les revenus annexes : publicité, affiliation, merchandising, spectacles, conférences… compléteront la rémunération des créateurs comme ils le font déjà. Rien de nouveau de ce côté-là. Mais je ne vois pas pourquoi un écrivain devrait se transformer en pingouin pour continuer à écrire ses livres. Bientôt je vais vendre des t-shirts « Je connecte en propulsant, je propulse en connectant. »</li>
<li>Le micropaiement, 1 euro par œuvre par exemple, a pour avantage de rabaisser le ticket d’entrée à un prix psychologique très bas. Malheureusement 1 euro est souvent plus qu’insuffisant pour rentabiliser une œuvre, même quand beaucoup de gens paient. Dans beaucoup de cas, le micropaiement ne peut être qu’une mesure complémentaire. D’autre part, si tout le monde met un ticket d’entrée à 1 euro (imaginez lire ce billet pour 1 euro), Internet devient soudain payant et le monde des flux se tarie par feedback négatif, ce qui revient à tuer Internet. Enfin, un ticket d’entrée faible n’arrête pas le piratage, il ne fait que le rendre moins utile pour les gens normalement fortunés.</li>
<li>La licence globale est une sorte de taxe que tous les abonnés Internet paieraient, une redevance télévisée bis. Je suis farouchement contre car où va l’argent récolté ? Comment sera-t-il distribué ? Les copains des copains seront toujours servis les premiers comme cela se pratique dans le monde du théâtre (et logique que nombre de politiciens clientélistes soient favorables à cette mesure). Il y aura un comité de redistribution. Pourquoi est-ce qu’avec mon blog je recevrais plus ou moins qu’un autre blogueur ? Faudra-t-il être reconnu créateur pour recevoir ? Par qui ? Selon quels critères ? Cette approche va à l’encontre de la responsabilisation des gens et, comme le micropaiement, elle reste une source de financement insuffisante à moins de doubler le prix des abonnements (je dépense chaque mois plus en livres qu’en FAI).</li>
<li>Avec le mécénat global ou <a href="http://owni.fr/2009/08/25/sard-la-remuneration-des-auteurs-par-le-don-obligatoire/">SARD</a>, les internautes sont obligés de donner mais ils votent pour répartir leur dons selon une logique de digg. J’aime l’idée. Je la préfère de loin à la licence globale. Mais elle me fait un peu peur (voir notes). Par ailleurs, les sommes récoltées seront là encore insuffisantes à moins d’une lourde augmentation des abonnements.</li>
<li>On peut imaginer une autre forme de mécénat global où on est obligé de donner mais où on choisit explicitement à qui on donne. Je préfère de loin cette méthode plutôt formatrice. Je pourrais donner aux créateurs que j’admire pas à ceux que le « peuple admire le plus ». Danger, nous risquons de donner à nos amis. Sans doute faudrait-il trouver un compromis entre cette approche et celle actuelle du SARD (voir notes).</li>
<li>Le tout gratuit implique le don volontaire, donc un changement des mentalités. J’aime cette idée car elle fait reposer la création sur la seule responsabilité des gens. Ils donnent quand ils le veulent la somme qu&#8217;ils veulent aux créateurs qu’ils admirent. S’ils cessent de donner, plus d’œuvre. Favorisé par une certaine transparence (savoir combien un artiste a déjà reçu), un mécanisme de régulation devrait se mettre en place. En basculant dans un monde de flux, un monde de moins en moins matérialiste, les gens devraient être prêts à donner pour les choses qui seront le plus importantes dans leur vie. Comme toute révolution psychologique, ce basculement des mentalités ne peut pas s’effectuer du jour au lendemain. Toutefois, aussi improbable qu’elle paraisse, cette logique du don régit déjà notre monde. C’est ce qui me rend optimiste. Ne vivez-vous pas du don ? Que faites-vous quand vous empruntez de l’argent à la banque ? Vous recevez un don en échange d’une promesse de remboursement. Que font les banques et les États, ils empruntent pour rembourser leurs dettes. La chaîne de Ponzi n’est autre qu’une chaîne du don.</li>
</ol>
<p>En résumé, nous entrevoyons aujourd’hui trois formes de rémunération qui pourraient se compléter pour remplacer le modèle actuel du prix de vente.</p>
<ol>
<li>Micropaiement à la discrétion de l’auteur/distributeur et en aucun cas une modalité à généraliser.</li>
<li>Mécénat global juridiquement imposés par les gouvernements (et indépendant du micropaiement).</li>
<li>Plateforme de don direct ultra-simplifiée en même temps qu’une sensibilisation à cette nouvelle logique (ce que ferait déjà le mécénat global).</li>
</ol>
<p>Est-ce ainsi que nous sortirons du monde de la rareté, du monde des happy few, et entrerons dans le monde des flux ? Sans doute que nous n’avons pas encore eu les bonnes idées.</p>
<h3>Note sur le SARD</h3>
<ol>
<li>La version dure du mécénat global passe par l’État qui nous imposerait le don d&#8217;une somme forfaitaire.</li>
<li>Je suis pessimiste quant à cette idée. Il faut une loi pour favoriser l’auto-organisation de la rémunération. Mais je vois mal l’État passer des lois qui le désengage, c’est contre la logique étatique. Si l’État passait des lois pour pousser le système à fonctionner sans l’État se serait une révolution extraordinaire (surtout hors du monde de la finance). J’ai peur que ce ne soit pas demain la veille. Les gouvernants aiment trop le pouvoir et pas assez les hommes.</li>
<li>La version allégée du mécénat global, <a href="http://www.numerama.com/magazine/13673-SARD-pour-le-Mecenat-Global-pas-de-taxation-des-FAI.html">qui sera annoncée le 8 septembre</a>, ne passe par l’État mais par un engagement volontaire des créateurs et des internautes. Nous pourrons ainsi tester le système mais je ne vois pas bien d’autres intérêts. Quelle différence avec le don direct ? Ok, ça nous évite juste de voir partout fleurir des boutons de dons mais, à la place, nous aurons des boutons de vote. Beaucoup de bruit pour rien à mon sens.</li>
<li>Qui dit vote, dit populisme. Les productions grossières de TF1 récolteront tous les revenus. Je n’ai aucune envie que mon don aille à des œuvres que je ne respecte pas. Je suis totalement opposé à se système s’il n’est pas contrebalancé (même critique qu’à notre démocratie).</li>
<li>Au vote positif (+1), il faut ajouter un vote de censure (-1). Je veux que mon don n’aille pas nominativement à tel ou tel artiste, à tel groupe d’artistes (les racistes), à telle liste compilée par des tierces parties auxquelles je fais confiance… Je veux par exemple pouvoir donner tout aux écrivains et rien aux musiciens.</li>
<li>Je veux aussi que le système soit totalement transparent. Je veux savoir combien les artistes ont déjà reçu et arrêter de leur donner quand j’estime que c’est suffisant. Je veux pouvoir mettre des barrières. À Partir d’un certain seuil en euro, mon argent va ailleurs. Et si c’était ça le véritable socialisme ?</li>
<li>Dans le cas de la version dure du mécénat global, il faut empêcher le choix explicite du bénéficiaire d’un don. Sinon j’aurais la possibilité de cibler un ami qui pourrait me donner en retour, ce qui reviendrait à passer outre l’obligation. Je ne peux donc qu’exclure ceux à qui je ne veux pas donner.</li>
<li>En revanche, je dois pouvoir choisir dans quelle zone de la longue traîne des votes mon don se répartira. Je peux ainsi décider de financer la création underground.</li>
<li>Reste que tout cela est bien compliqué alors qu’il s’agit avant tout d’une révolution psychologique à effectuer. Tous ces artifices techniques ne font-ils pas que nous détourner de notre objectif ? Mieux vaut passer son temps à donner l’exemple et à expliquer qu’à mettre en place des usines à gaz.</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>Libre de publier mais pas libre de lire</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2009/08/25/libre-de-publier-mais-pas-libre-de-lire/</link>
		<comments>http://blog.tcrouzet.com/2009/08/25/libre-de-publier-mais-pas-libre-de-lire/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2009 17:02:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
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Jusqu’à l’avènement du Web, grosso-modo en 1995, la liberté d’expression était une illusion. Seule une élite de journalistes, écrivains, artistes, scientifiques… pouvait parler à leurs contemporains. Depuis, tout au moins en occident et pour peu que nous fassions l’effort de maîtriser quelques outils, nous avons la liberté de publier nos textes, photos, vidéos, musiques… sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="480" height="295"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/br5GJj4UyMw&#038;hl=fr&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/br5GJj4UyMw&#038;hl=fr&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="295"></embed></object></p>
<p>Jusqu’à l’avènement du Web, grosso-modo en 1995, la liberté d’expression était une illusion. Seule une élite de journalistes, écrivains, artistes, scientifiques… pouvait parler à leurs contemporains. Depuis, tout au moins en occident et pour peu que nous fassions l’effort de maîtriser quelques outils, nous avons la liberté de publier nos textes, photos, vidéos, musiques… sans l’aval d’un éditeur.<span id="more-8801"></span></p>
<p>Nous sommes libres de nous exprimer. Mais sommes-nous libres de lire ? Est-on libre quand on est forcé de lire un livre de poche imprimé en Garamond en corps 9 ? Est-on libre lorsqu’on doit aller sur le site du <em>Monde</em> pour lire un article du <em>Monde</em> et subir les publicités du <em>Monde</em> ? Est-on libre si on ne peut regarder une photo publiée sur Flickr que sur Flickr ? Est-on libre si on lit cet article uniquement sur <a href="http://blog.tcrouzet.com/">le blog de Thierry Crouzet</a> avec sa mise en page un peu négligée et flottante ?</p>
<p>Le lecteur ne doit-il pas gagner sa liberté à son tour ? Lire où il veut ce qu’il veut comme il l’entend ! Sur son ordinateur, son portable, <a href="http://blog.homo-numericus.net/article194.html">sa liseuse</a>, son agrégateur, lui-même installé sur divers appareils. C’est l’autre face de la liberté d’expression. Sans liberté de lecture, tant qu’il y a contrainte, des points de passage obligatoires, des pubs à avaler, des mises en forme à supporter, le lecteur reste le jouet de l’éditeur. Il n’est pas réellement libre. Et si le lecteur n’est pas libre, l’émetteur lui aussi n’est pas libre, il ne fait que le croire. Il parle souvent seul, pour le seul bénéfice de celui qui l’aide à parler (<a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/08/17/vers-un-web-sans-site-web/">souvent un propulseur à la mode 2.0</a>).</p>
<p>La double liberté de parler et d’être écouté ne peut s’envisager que dans un monde de flux, un monde d’information pure, c’est-à-dire d’information débarrassée de sa mise en forme et de <a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/08/17/vers-un-web-sans-site-web/">son contexte de propulsion</a>. Tant que le propulseur s’approprie l’information qu’il aide à propulser, il n’y aura pas de réelle liberté d’expression.</p>
<p>Dans un contexte de flux, d’information vagabonde, le modèle de rémunération actuel vole en éclat. Mais le modèle actuel est-il vivable ? Pas vraiment puisqu’il n’arrive pas à financer les coûts de production des œuvres. La liberté de publication, c’est-à-dire aussi la liberté de concurrence plus que le piratage, a cassé l’ancien modèle. La nécessité de la liberté de lecture nous impose d’imaginer autre chose que de simplement imposer des publicités en regard des informations.</p>
<p>Quoi ? Je ne suis pas devin. Juste conscient qu’un nouveau système de flux se met en place et qu’une économie adaptée l’accompagnera, tout comme un droit adapté. <a href="http://blog.jeanlucraymond.net/post/2009/08/24/Michel-Serres-crise-dans-l-education-et-droit-d-auteur-sur-Internet">Comme le souligne Michel Serre</a>, il ne sert à rien de vouloir appliquer les règles de l’ancien monde dans le nouveau monde.</p>
<p>Construisons-le, libérons nos flux, apprenons à vivre dans ce contexte, nous découvrirons un nouvel équilibre a posteriori. Nous avons la chance de pouvoir vivre quelque temps encore dans l’ancien monde, sur le dos de la bête. Profitons-en même si ça ne durera pas. </p>
<p>Comme aucune contrainte financière ne réduit aujourd’hui notre liberté de publier, aucune contrainte financière ne doit réduire notre liberté de lire. Nous devons pouvoir tout lire a priori. Ce n’est qu’une fois que nous aurons consommé cette transition que les nouveaux modèles s’imposerons. Nous trouverons le moyen d’aider les gens que nous lisons à continuer à nous enchanter.</p>
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		<title>Vers un web sans site web</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 08:37:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connecteur]]></category>
		<category><![CDATA[Flux]]></category>
		<category><![CDATA[Propulseur]]></category>

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		<description><![CDATA[
Les sites web ont été imaginés pour stocker des informations et les afficher à travers des navigateurs. Ce fut une révolution, notamment grâce à l’hypertexte décentralisé, mais aussi une façon de traduire à l’écran ce que nous connaissions sur le papier. Il suffit de voir à quoi ressemblent encore les sites des journaux (où même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-8399" href="http://blog.tcrouzet.com/2009/08/17/vers-un-web-sans-site-web/flux-2/"><img class="alignnone size-full wp-image-8399" title="flux" src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2009/08/flux.jpg" alt="flux" width="450" height="311" /></a></p>
<p>Les sites web ont été imaginés pour stocker des informations et les afficher à travers des navigateurs. Ce fut une révolution, notamment grâce à l’hypertexte décentralisé, mais aussi une façon de traduire à l’écran ce que nous connaissions sur le papier. Il suffit de voir à quoi ressemblent encore les sites des journaux (où même les blogs). À des journaux traditionnels ! Très loin du look Google ou des services 2.0 les plus avancés. On reste dans l’ancien monde de Gutenberg.<span id="more-8396"></span></p>
<p>Le web s’attachera-t-il longtemps à ce passé poussiéreux ? Je ne crois pas. Le web 3.0 n’existera jamais. Le web n’était qu’une étape transitoire, une façon de porter vers le numérique ce dont nous disposions déjà, un nouveau monde, certes, mais attaché à l’ancien monde. Incapable de vivre sans lui (d’où le problème du piratage qui n’est autre que le phagocytage de cet ancien monde).</p>
<p>Ce que nous avons appelé le 2.0 n’était pas une révolution du web mais l’arrivée massive de services. Nous avons inventé notre boîte à outils : coopération, diffusion, recherche, agrégation… Ces outils nous aident à manipuler l’information et à la faire circuler.</p>
<p>Notre fusée peut maintenant lâcher son premier étage qui jadis la connectait au sol. Elle s’élève vers quelque chose de neuf, un cyberspace dans l’esprit de Gibson, un univers de flux qui se croisent et s’entrecroisent, s’éclairent mutuellement, se dissolvent, se reconstruisent ailleurs… <a href="http://www.archicampus.net/wordpress/?p=371">phénomène évoqué par Nova Spivack</a>.</p>
<p>L’idée d’un lieu de lecture privilégié et monétisable, le site web, est révolue. Nous avons des sources d’informations, les blogs par exemple, qui propulsent l’information pure dans le cyberspace. Puis elle circule, s’interface, se représente, se remodèle. Elle n’a plus une forme donnée, une mise en page, mais un potentiel formel qui peut s’exprimer d’une infinité de façons. Je me moque de la forme originelle quand je lis sur un agrégateur, éventuellement ouvert sur mon mobile.</p>
<p>Nous allons sur le web pour publier, régler nos tuyaux à flux, les brancher les uns sur les autres, les combiner, les croiser, les filtrer, les comparer… Nous y affutons notre moteur et puis notre vie numérique se passe ailleurs. Dans notre desktop, nouvelle génération de navigateur, sorte de récepteur de flux, où tout se combine et prend forme.</p>
<h3>La fin du web, l’âge des propulseurs</h3>
<p>Les sites deviennent des bases de lancement. Nous n’avons plus besoin de les visiter. Ils ont leur importance, tout comme celui qui parle a de l’importance, mais nous n’avons aucune raison de nous trouver en face de lui pour l’entendre. Nous pouvons le lire ailleurs, l’écouter ailleurs, le voir en vidéo ailleurs…</p>
<p>Cette pratique est à vraie dire fort ancienne, familière au monde de l’édition. Pour un texte, la forme est transportable, c’est la façon dont les idées et les scènes s’enchaînent, dont elles sont rendues, écrites… Le fond et la forme font bloc. La mise en page est une forme supplémentaire qui, le plus souvent, intervient en fin de chaîne. D’une manière générale, un même texte est lisible de plusieurs manières au fil des éditions (cartonné, souple, poche, luxe…).</p>
<p>Dans le monde des flux, comme dans celui de l’édition, la forme finale garde une grande importance mais elle n’est plus gérée à la source. C’est le desktop qui agrège les flux, se charge du rendu. Suivant les desktops, nous aurons des philosophies différentes. Des templates s’y grefferont. Tout changera encore en fonction du device de lecture (ordinateur, téléphone, reader…).</p>
<p>Un modèle que nous croyons stabilisé, celui du web, s’écroule. Il restera peut-être des boutiques, des points localisés d’interface avec la réalité matérielle, mais pour tout le reste, pour tout ce qui est numérisable, le point d’entrée localisé n’a plus aucun sens. L’information sera partout, dans un état d’ubiquité et de fluidité. Les liens se réorganiseront dynamiquement, bidirectionnellement, un peu comme les signaux dans un cerveau.</p>
<p>Le web ressemblait au monde de la presse.</p>
<p>Le flux ressemblera au monde du livre, un monde où les livres seraient vivants, où chaque mot pointerait vers d’autres livres, où chaque phrase engendrerait des conversations avec l’auteur et les lecteurs. Ce n’est sans doute pas un hasard si de nouveaux readers voient sans cesse le jour en ce moment même. Nous devons pouvoir incarner le flux où que nous soyons.</p>
<p>Nous allons pousser des données dans le flux global. Certains d’entre nous se contenteront de régler la tuyauterie, d’autres d’envoyer avec leur blog des satellites en orbite géostationnaire, d’autres de courts messages microblogués, juste des liens, des sourires, des impressions pendant que d’autres expédieront des vaisseaux spatiaux pour explorer l’infini, des textes longs et peut-être profonds.</p>
<p>Le temps des propulseurs est venu.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol>
<li>Auteur, blogueur, éditeur, commentateur, retwitter… sont des propulseurs. Le consommateur passif est en voie de disparition. Si j’aime quelque chose, je le dis, donc je propulse.</li>
<li>Dans la logique du web actuel, un éditeur ne diffuse dans ses flux RSS que les résumés de ses articles. Le but étant de renvoyer du trafic à la source.</li>
<li>Dans la logique des flux, brider en sortie le flux RSS est une absurdité puisque la source n’est qu’un propulseur. Brider revient à refuser d’être lu. Plus personne n’aura envie d’aller visiter le propulseur.</li>
<li>Tous les sites médias brident leurs flux pour tenter de préserver l’ancien modèle publicitaire. Alors qu’ils survivent avec difficulté sur le web et <a href="http://www.statesmanjournal.com/article/20090814/OPINION/908140335/1049">envisagent presque tous de revenir au modèle payant</a>, un monde plus radicalement éloigné du leur apparaît. J’anticipe des jours de plus en plus sombres pour l’industrie de la presse.</li>
<li>Les journaliste qui deviendront des propulseurs s’en tireront. Ils apprendront à régler la tuyauterie. Nouvelle génération de plombiers.</li>
<li>Reste à inventer les outils de statistiques adaptées aux flux, comme les outils de monétisation des flux. Mais ceux qui attendront ces outils pour changer de paradigme seront une nouvelle fois laminés.</li>
<li>Peut-être que la monétisation s’effectuera <a href="http://www.mondaynote.com/2009/08/09/paid-news-on-mobile-why-it-could-fly/">au moment de la lecture sur le modèle iTune.</a> Je vois l’intérêt pour une œuvre originale, <a href="http://gwencatala.over-blog.com/">par exemple la nouvelle de Gwen</a>, mais quel intérêt pour une news reprise partout sans guère de variation ?</li>
<li>J’aime Twitter parce que c’est une technologie de lifestream qui révolutionne le web et nous fait enter dans l’ère des flux. J’aime Twitter parce qu’il devient un protocole auquel nous donnent accès des applications tierces. J’aime Twitter parce que je ne vais jamais sur Twitter. Je ne devrais même plus parler de Twitter mais uniquement d’une <a href="http://siliconangle.com/ver2/2009/08/11/could-wordpress-be-the-natural-successor-to-twitter-friendfeed-and-facebook/">Federal Public Timeline</a>. Elle m’aide à propulser mes textes et mes idées passagères dans le cyberspace naissant.</li>
<li>Le cyberspace nait aujourd’hui même. Le web restait dépendant de l’ancien monde matériel. Voilà pourquoi les marchants ont été les premiers à s’y épanouir.</li>
<li>Nous devons générer les flux avec nos outils, les mixer avec nos outils. Les flux doivent circuler et n’appartenir à personne sinon à leurs propulseurs respectifs. Nous sommes encore loin d’en être là mais c’est la direction. Un web où les sites s’effacent au profit de ce que nous avons à dire et à échanger.</li>
<li>Ainsi Twitter devra être remplacé par un protocole décentralisé et robuste. <a href="http://www.slate.com/id/2225283/pagenum/all/">Les développeurs y réfléchissent.</a></li>
<li>C’est à Mozilla de devenir un desktop pour agréger tous les flux. Seesmic et cie ont peu de chance de se tirer d’affaire.</li>
<li>Notre identité numérique sera concentrée sur notre point de propulsion, c’est là qu’elle s’incarnera, c’est de là qu’elle essaimera dans le cyberspace.</li>
<li>Je crois aussi que le point de propulsion doit être open source, pour que notre identité n’appartienne à personne. WordPress est le meilleur point actuel. Mais sans doute trop marqué par son passé blog. Il faut un outil ou des outils capables de gérer tous les types de propulsion possibles.</li>
</ol>
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		<title>Plus jamais de guerres !</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2009/07/21/plus-jamais-de-guerres/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2009 13:13:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
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Il est tentant de voir l’homme comme un cancer qui se répand sur la terre. Le pessimisme ambiant en temps de crise peut nous y pousser plus qu’à d’autres époques. Mais quelle est la réalité chiffrée ? Un article publié dans NewScientist démonte les idées reçues. La guerre ne serait pas une fatalité.

Il existe des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2009/07/nowars.jpg" alt="nowars" title="nowars" width="450" height="244" class="alignnone size-full wp-image-7860" /></p>
<p>Il est tentant de voir l’homme comme un cancer qui se répand sur la terre. Le pessimisme ambiant en temps de crise peut nous y pousser plus qu’à d’autres époques. Mais quelle est la réalité chiffrée ? <a href="http://www.newscientist.com/article/mg20327151.500-winning-the-ultimate-battle-how-humans-could-end-war.html?full=true">Un article publié dans <em>NewScientist</em> démonte les idées reçues.</a> La guerre ne serait pas une fatalité.<span id="more-7858"></span></p>
<ol>
<li>Il existe des cultures non belliqueuses (Aborigène, Inuit…). La guerre n’est donc pas codée génétiquement mais émerge dans certaines situations (la sédentarité par exemple).</li>
<li>Le pourcentage de morts à la guerre tend à diminuer (3% pour le XXe siècle, ce qui est peu comparé aux siècles antérieurs – mais j’avoue que n’aime pas parler de progrès humain en pourcentage).</li>
<li>Même la violence interpersonnelle à l’intérieur d’une culture diminuerait. Nous avons dix fois moins de chance de mourir d’un homicide qu’au moyen-âge.</li>
<li>Plus l’interdépendance augmente, moins il y aurait de guerres (qui impliquent sans doute trop de conflits d’intérêt).</li>
</ol>
<p>Ces observations me paraissent encourageantes, surtout dans la perspective du superorganisme. Les forces d’intégration seraient supérieures à celles de désintégration.</p>
<p>Les nomades semblent beaucoup moins belliqueux que les sédentaires. Mais ne sommes-nous justement pas en train de devenir des nomades culturels et économiques ? Nous sommes des nomades du cyberspace ? Nous nous mêlons les uns aux autres ? Et si nous voulons aboutir à un équilibre durable, il nous faudra aller plus loin. Nous détacher des possessions matérielles, de tous ce qui nous entrave, encore une caractéristique des nomades.</p>
<p>Bien sûr rien n’est acquis. Mais j’ai l’impression que chaque fois que nous réussirons à nous auto-organiser un peu plus, nous nous pacifierons un peu plus. Quand nous nous auto-organisons, personne ne décide, personne n’impose, il n’y a rien à combattre sinon des comportements. Mais fait-on la guerre pour changer les comportements ? La guerre contre qui d’ailleurs puisque personne ne dirige ? On peut tenter d’influencer les gens, c’est une autre forme de combat. Mais nous pouvons résister en disant ce que nous pensons. Nous avons une arme, Internet. C’est peut-être l’arme de dissuasion ultime !</p>
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		<title>Quand l&#8217;humanité devient un superorganisme</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2009/06/22/quand-lhumanite-devient-un-superorganisme/</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2009 11:36:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connecteur]]></category>

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		<description><![CDATA[
Rien dans l’univers ne saurait résister à un nombre suffisamment grand d’intelligences groupées et organisées. Pierre Teilhard de Chardin
Guerres, pauvreté, inégalités, crises économiques, dérèglements climatiques, épuisement des matières premières… Nous semblons incapables de juguler les pires de nos maux, ceux qui touchent la globalité de l’humanité. Rien ne se passe. En 1981, 2,5 milliards de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-medium wp-image-7459" title="Abeilles" src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2009/06/bees21-450x175.jpg" alt="Abeilles" width="450" height="175" /></p>
<blockquote><p>Rien dans l’univers ne saurait résister à un nombre suffisamment grand d’intelligences groupées et organisées. Pierre Teilhard de Chardin</p></blockquote>
<p>Guerres, pauvreté, inégalités, crises économiques, dérèglements climatiques, épuisement des matières premières… Nous semblons incapables de juguler les pires de nos maux, ceux qui touchent la globalité de l’humanité. Rien ne se passe. En 1981, <a href="http://blog.tcrouzet.com/2008/12/11/la-pyramide-ne-decolle-pas/">2,5 milliards de pauvres</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89missions_de_CO2">18 gigatonnes de CO2 dispersés dans l’atmosphère</a>. Un quart de siècle plus tard, toujours 2,5 milliards de pauvres et 26 gigatonnes de CO2 dispersés ! Alors que la quantité de souffrante engendré par la pauvreté ne diminue pas, nous saccageons la planète. Nous avons des problèmes, de gros problèmes.<span id="more-7454"></span></p>
<p>Allons-nous les régler en un temps raisonnable ? Que nous manque-t-il pour y parvenir ? La pauvreté par exemple. C’est une catastrophe, certains disent inévitable. Pourquoi le serait-elle ? Au nom de quels principes ? Ce n’est pas parce que la pauvreté existe depuis toujours qu’elle doit se perpétuer. Techniquement, nous pouvons nourrir tous les hommes, leur proposer un service de santé ou leur offrir un logement décent. Inutile donc d’attendre une technologie miracle pour nous acheter une bonne conduite. Nous disposons déjà de toutes les technologies nécessaires pour réduire la pauvreté. Et nous ne faisons rien.</p>
<p>Disons, pour être moins sévère, que nous ne faisons presque rien. Si, entre 1981 et 2005, le nombre de pauvres dans le monde n’a pas diminué, leur pourcentage est lui tombé de 55 % à 38 %. Est-ce satisfaisant ? La souffrance, elle, ne diminue pas. Les pauvres de 1981 et de 2005 vivent dans les mêmes conditions inacceptables. Pourquoi ? Qu’est-ce qui nous empêche de régler une fois pour toutes le problème de la pauvreté ? Les contraintes économiques. Les dissensions politiques. Des principes philosophiques. Autant résumer par l’égoïsme des uns, l’indifférence des autres. Le problème n’est donc pas tant la pauvreté que les raisons ancrées en nous qui la provoquent. Tant que nous n’aurons pas travaillé sur nous-mêmes, il subsistera des pauvres.</p>
<p>Qu’est-ce que signifie travailler sur soi-même ? N’est-ce pas grandir, progresser, gagner en maturité ? Nous devons évoluer individuellement et collectivement. Nous ne cessons d’ailleurs de le faire depuis la nuit des temps. On a l’impression que ce processus se déroule pas à pas, calmement, progressivement alors que, comme l’a expliqué Stephen Jay Gould, des mutations biologiques extraordinaires se produisent en l’espace de quelques générations.</p>
<p>&#8211; Mais la société humaine n’est pas un simple organisme !</p>
<p>Certes mais elle partage avec lui des propriétés communes, étant elles-mêmes un assemblage d’organismes. Des civilisations naissent, d’autres meurent, parfois s’effondrent en quelques années comme l’empire Aztèque. En toute probabilité, l’humanité traverse des phases de brusques transformations comparables à celles des organismes durant leur histoire. Les archéologues évoquent ainsi la révolution néolithique qui vit en plusieurs points du globe se développer l’élevage, l’agriculture, la confection de céramiques… et l’agrégation des premières communautés sédentaires.</p>
<p>Nous ne jugulerons la pauvreté, la crise climatique et d’autres crises tout aussi alarmantes que si nous réussissons une mutation du même ordre. Nous ne réussirons que si nous franchissons une nouvelle étape dans notre évolution. Si nous en restons au point où nous en sommes, il se produira ce que nous connaissons déjà. Guerres. Massacres. Génocides. Pogroms. Nous subirons, améliorant la situation à un endroit, la laissant se détériorer ailleurs. Ne rêvons pas d’un nouvel ordre politique si nous sommes incapables de penser en même temps un changement autrement plus profond.</p>
<p>&#8211; Les gens ont plus ou moins accepté que nos comportements provoquaient les changements climatiques, explique Elke Weber, une psychologue de l’université de Columbia . Cela ne signifie pas que les solutions technologiques ne sont pas importantes mais que, si la cause est comportementale, la solution passera par un changement de nos comportements.</p>
<h3>Pourquoi devrions-nous transiter ?</h3>
<p>Une espèce n’évolue brusquement qu’en réaction à des changements tout aussi brusques de son environnement. N’est-ce pas ce qui nous arrive ? Nous serons bientôt 9 milliards. Nous vivons de plus en plus près les uns des autres. Moins de 10 % de la surface terrestre se trouve à plus de 48 heures de voyages de nous ! L’interdépendance géographique ne fait qu’augmenter  en même temps que les interdépendances économiques, énergétiques, politiques, culturelles et écologiques. Jamais nous ne nous sommes trouvés dans cette situation d’interdépendance généralisée. Nous n’y sommes pas préparés. Nous ne savons pas gérer.</p>
<p>Individuellement, nous avons appris à réagir en cas de difficultés. Quand nous ressentons une douleur, nous nous soignons. Quand un virus entre dans notre organisme, nous le combattons. Plus nous sommes conscients de ce qui nous arrive, mieux nous luttons car nous pouvons seconder notre système immunitaire, au moins avec des médicaments. La conscience nous aide à survivre, en même temps qu’à jouir du monde.</p>
<p>Quand nous voyons quelqu’un d’autre souffrir, nous n’éprouvons pas la même souffrance que lui mais nous l’imaginons en nous souvenant de nos propres maux. Cette empathie nous pousse souvent à la compassion. Parce que nous connaissons la souffrance, nous pouvons aider ceux qui souffrent.</p>
<p>Mais quand nous ignorons qu’une maladie nous ronge, nous la laissons se développer jusqu’au point de non retour. De même, quand un fumeur apprend qu’il a 50 % de chance de développer un jour un cancer, il ne prend pas en général la menace au sérieux. La maladie n’étant qu’une hypothèse, il n’arrive pas à l’intégrer.</p>
<p>&#8211; En Alaska, région déjà affectée par le réchauffement climatique, les citadins ne le considèrent pas plus comme une menace que les autres Américains, explique Anthony Leiserowitz chercheur à l’université de Yale . Même en Alaska, seuls les gens qui travaillent au contact de la nature ont prit conscience du dérèglement parce qu’ils le subissent.</p>
<p>Tant que nous ne ressentons pas la douleur, notre raison n’arrive pas à l’intégrer. L’absence de conscience nous prive de toute chance de réagir. L’humanité ne se trouve-t-elle pas dans cette situation ? La pauvreté ou les dérèglements climatiques ne sont-ils pas des espèces de cancer dont elle est incapable de prendre conscience en tant qu’entité globale ?</p>
<p>L’humanité ressemble à un super organisme privé de cerveau. Elle ne mesure pas ce qui lui arrive. Comme elle ne souffre pas, elle ne juge pas nécessaire de se soigner, elle attend de ressentir la douleur, c’est-à-dire que chacun des individus qui la composent commencent à souffrir eux-mêmes. Comme elle n’existe pas en tant que globalité, elle attend que les problèmes globaux se manifestent localement. Incapable de faire de la prévention, elle compte sur une réaction du système immunitaire. Ce système, c’est nous.</p>
<p>Depuis longtemps, quelques uns parmi nous ont retroussé leurs manches. Mais ils se trouvent dans la situation de celui qui veut soigner un malade qui ne s’admet pas malade. Individuellement, ils ont pris conscience des maux globaux, mais l’organisme global n’est pas allé aussi vite. Son système nerveux encore immature est incapable de stimuler son système immunitaire.</p>
<h3>Vers une conscience globale</h3>
<p>Un malade qui ne finit pas par prendre conscience de sa maladie a peu de chances de s’en sortir. La prise de conscience est un préliminaire nécessaire. Par analogie, l’humanité en tant que super organisme doit elle aussi prendre conscience de ses maux. Elle doit se doter d’une forme de conscience. Ce n’est qu’armée de cette nouvelle compétence qu’elle résoudra des maux millénaires comme la pauvreté ou des menaces nouvelles comme les dérèglements climatiques. En tant que cellules conscientes du super organisme qu’est l’humanité, c’est à nous de créer la conscience globale, c’est à nous de prendre en main notre propre évolution.</p>
<p>Nous avons pour la plupart déjà expérimenté des formes de conscience qui nous dépassent. Quand nous travaillons dans une entreprise ou jouons dans une équipe de foot, nous avons en même temps conscience de nous-mêmes et conscience de l’entité émergente qu’ensemble nous constituons, l’entreprise, l’équipe. Il s’agit d’étendre cette expérience de conscience à l’humanité, à l’aide notamment des nouvelles technologies de communication. À force de nous lier les uns aux autres, nous nous sentirons peut-être membre d’une globalité qui émergera exactement comme l’équipe de foot émerge lorsque les joueurs apprennent à coopérer.</p>
<p>Cette révolution ne peut qu’être spirituelle, c’est-à-dire propre à l’esprit, cet autre nom souvent donné à la conscience. Nous devons en quelque sorte inventer la force qu’invoquent les chevaliers Jedi dans la <em>Guerre des étoiles</em>. Une fois que nous ressentirons cette force, nous trouverons le courage individuellement et collectivement d’agir pour régler les problèmes globaux. Sans cette mutation, nous continuerons comme avant.</p>
<p>Il ne s’agit pas de procéder à la synthèse des anciennes religions ou de créer une nouvelle religion mais, dans une autre direction, <em>a priori</em> pas antinomique, de créer une force de cohésion sociale à l’échelle de l’humanité, de doter notre corps global d’une conscience globale, seule capable de prendre en compte les problèmes globaux. Il en découlera une morale appropriée aux situations globales, morale qui jusqu’à présent n’a jamais eu l’occasion d’émerger.</p>
<p>Durant les années 1970, avec la popularité grandissante de l’écologie politique, une minorité d’occidentaux prirent conscience des problèmes tels que les dérèglements climatiques. Si on représente l’humanité d’alors comme un disque, les hommes conscients apparaissent à sa surface comme des points isolés. Depuis, ces points ne cessent de se démultiplier jusqu’à couvrit la totalité du disque. Individuellement, nous avons pris conscience.</p>
<p>Mais, pour la plupart, nous ne ressentons pas les problèmes globaux comme une douleur intérieure. Nous n’avons pas fait nôtre le corps global de l’humanité, nous ne sommes pas assez liés à lui. En quelque sorte, son système sanguin et nerveux ne nous irrigue pas suffisamment pour que nous l’éprouvions en tant que part de nous même. Il nous reste à nous lier les uns aux autres comme les neurones dans nos cerveaux, à densifier notre réseau social planétaire, pour que la conscience globale se manifeste en chacun de nous. À ce moment, chaque fois qu’un maux frappera la société globale, nous le ressentirons intérieurement, dans nos tripes. Nous pourrons alors réagir, nous soigner et, en nous soignant, soigner l’ensemble de l’organisme.</p>
<p>Si ce processus fonctionne pour les souffrances, il fonctionnera aussi pour les joies. Nous serons alors immergés dans une nouvelle dimension existentielle, une dimension spirituelle sans référence <em>a priori</em> à aucune forme de divinité. Cette proposition peut paraître surréaliste, utopique, farfelue mais pourtant nous sommes en train de créer la conscience globale. Certains d’entre-nous commencent à en ressentir les premières vibrations. Maintenant que cette conscience se diffuse nous sommes prêts à reconquérir le monde en donnant un nouveau sens à nos vies.</p>
<h3>Prendre conscience ne suffit pas</h3>
<p>Mais ne nous enflammons pas. Au iiie siècle avant Jésus-Christ, le père de la géographie, Ératosthène, découvrit que la terre était non seulement sphérique mais que son diamètre avoisinait les 40 000 kilomètres. Grâce aux manuscrits de la bibliothèque d’Alexandrie dont Ératosthène était le directeur, il traça une carte des terres connues, représentant avec une bonne précision l’Europe, l’Asie et le nord de l’Afrique. Il prit alors conscience qu’à la surface du globe, qu’il aurait modelé avec une mappemonde, il restait de la place pour d’autres continents, d’autres civilisations. Partant de l’ouest de l’Europe, on pouvait naviguer jusqu’à l’est de l’Asie.</p>
<p>Que se passa-t-il ? Rien. Depuis Homère, les Grecs croyaient que le monde ressemblait au bouclier d’Achille. Il était petit et plat. Au ive siècle, Anaxagore avait même déduit que le soleil lui aussi était petit, une soixante de kilomètres de diamètres, et se trouvait près de nous. Plus tard, les philosophes remirent peu à peu en cause cette vision. Ils comprirent que la terre était sphérique, le soleil immense et immensément loin, jusqu’à ce qu’Ératosthène parachèvent leur œuvre.</p>
<p>Mais rien ne changea dans la conscience des Grecs. Le monde restait petit, tel qu’ils l’avaient toujours connu et imaginé. Il fallu attendre la fin du xve siècle et Christophe Colomb pour que les réelles proportions du monde s’ancrent dans tous les esprits. Presque deux mille ans séparent la première carte réaliste du monde du premier voyage sur cette carte !</p>
<p>Nous sommes aujourd’hui dans une situation comparable à celle d’Ératosthène. Nous comprenons qu’en nous interconnectant massivement, nous pouvons engendrer une conscience globale. Qu’allons-nous faire ? Attendre des siècles ? Risquer de plonger dans la barbarie faute de pouvoir régler les problèmes globaux ou nous lancer dans l’aventure extraordinaire qui s’offre à nous ? Il est trop tôt pour répondre. Nous pouvons juste essayer de saisir ce qui est en train de se jouer durant nos vies et tenter de toutes nos forces d’y participer, pour notre sauvegarde, aussi pour notre plus grande joie.</p>
<p><em>PS : Voici encore un texte écrit en préparation de mon prochain livre et que je n&#8217;utiliserai pas car j&#8217;ai adopté un style très différent.</em></p>
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		<title>Oublions la crise climatique</title>
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		<pubDate>Wed, 20 May 2009 06:47:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Supposons comme Ray Kurzweil que les nouvelles technologies réussiront très vite à convertir 1 % du rayonnement solaire pour satisfaire tous nos besoins énergétiques. Imaginons que les biotechnologies réussissent à produire des aliments en quantité illimitée sans nuire à l’environnement tout en maintenant nos corps dans un état de santé remarquable. Imaginons, imaginons… Je nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Supposons comme Ray Kurzweil que les nouvelles technologies réussiront très vite à convertir 1 % du rayonnement solaire pour satisfaire tous nos besoins énergétiques. Imaginons que les biotechnologies réussissent à produire des aliments en quantité illimitée sans nuire à l’environnement tout en maintenant nos corps dans un état de santé remarquable. Imaginons, imaginons… Je nous crois capables de toutes ces prouesses. Je suis sûr que nous les réaliserons.</p>
<p>Mais après ? Aurons-nous pour autant réduit la pauvreté ? Les écarts vertigineux entre les riches et les pauvres ? La solution n’est pas technologique. Nous avons déjà la technologie pour nourrir convenablement l’humanité et lui procurer des services de santé élaborés. Si nous ne le faisons pas, c’est parce qu’il nous manque un sens collectif, une raison spirituelle de le faire.<span id="more-6238"></span></p>
<p>En l’absence d’un sursaut spirituel, je crains le pire, je crains le retour de la barbarie et de voir s’éloigner le rêve de Kurzweil. Si notre cher futurologue avait vécu dans l’Alexandrie du IIIe siècle avant JC il aurait pu aussi faire des prévisions faramineuses. Il aurait pu nous dire que nous devons penser exponentiellement notre évolution. Je crois que je me pense depuis toujours dans un temps exponentiel mais je n’oublie pas qu’une catastrophe est possible qui nous ferait perdre beaucoup de temps.</p>
<p>Nous avons besoin d’une raison, pourquoi pas d’une multitude de raisons, d’aller de l’avant. Nous avons besoin d’un sens (une signification et non pas une direction). Dieu a longtemps été le moteur. Il est insuffisant. Il ne nourrit pas l’athée que je suis. En plus la croyance en Dieu n’a jamais empêché les uns d’oublier les droits les plus élémentaires des autres. Nous devons inventer une spiritualité plus forte que la spiritualité religieuse.</p>
<p>Je n’imagine qu’une solution : la conscience collective. Créer la force qu’invoquent les chevaliers Jedi. Est-ce un rêve puéril ? Peut-être mais je suis ouvert aux autres propositions. <a href="http://www.goertzel.org/">Ben Goertzel</a> évoque l’idée d’une TransReligion/UNReligion. Il croit aussi que le Net a déjà peut-être développé une forme de conscience. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Francis_Heylighen">Francis Heylighen</a>, lui, affirme qu&#8217;Internet sera bientôt capable de s’auto-organiser sans que nous ayons à intervenir. Il produirait par lui-même de nouvelles connaissances !</p>
<p>Ces perspectives peuvent paraître <a>inhumaines</a> mais je les crois seules capables de nous rendre humains. Quand je regarde le monde autour de moi, je le trouve tantôt sublime, tantôt abominable.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol>
<li>Jeudi dernier, j’étais à Genève pour une conférence et j’ai passé l’après-midi avec <a href="http://www.archipress.org/">Réda Benkirane</a>. Il travaille à un livre sur l’Islam et la science. Il m’a fait remarqué que, aujourd’hui, plus personne ne crée rien de beau au nom des religions. N’est-ce pas un signe que leur temps est révolu et qu’il faut inventer une nouvelle spiritualité ?</li>
<li>Surtout qu’on ne me rappelle pas l’existence ici de l&#8217;integral philosophy. C’est encore un machin trop orienté développement personnel pour que ça nous soit d’une quelconque utilité. C’est collectivement que nous devons nous développer, c’est ainsi que nous nous épanouirons individuellement.</li>
<li>La nouvelle spiritualité ne fera pas la synthèse des religions existantes, c’est impossible, elle les laissera vivre leur vie, elle proposera quelque chose d’au-delà, peut-être pas contradictoire avec elle mais qui n’exigera pas le même ordre de foi.</li>
<li>Le consumérisme nous a poussés à tous acheter la même chose. C’est absurde. Nous possédons presque tous une télé alors qu’il nous suffirait d’aller la regarder chez nos voisins et ainsi renforcer nos liens collectifs. Non, pour maximiser la consommation, il faut aussi maximiser l’individualisme. D’une certaine façon, la croissance économique matérielle implique l’individualisme, l’homme aliéné.</li>
<li>La cohabitation est peut-être le seul moyen de réduire la vieille croissance et de la transformer en croissance spirituelle.</li>
<li>Dans <a href="http://pespmc1.vub.ac.be/Papers/Superorganism.pdf ">The Global Superorganism</a>, Francis Heylighen montrent comment notre civilisation peut être considérée comme un organisme.</li>
</ol>
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		<title>Les écureuils égoïstes</title>
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		<pubDate>Wed, 13 May 2009 10:11:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
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		<category><![CDATA[écureuils]]></category>

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Lorsqu’un écureuil récolte des glands et les enterre un peu partout, ils ne pensent qu’à se ménager des réserves pour l’hiver. C’est un égoïste. Mais son égoïsme peut s’avérer utile à la communauté des écureuils et plus généralement à beaucoup d’autres espèces. L’écureuil oubliera quelques glands, certains germeront et ainsi la forêt se propagera.
Cette histoire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2009/05/eastgraysquirrel1-450x337.jpg" alt="squirell" title="squirell" width="450" height="337"/></p>
<p>Lorsqu’un écureuil récolte des glands et les enterre un peu partout, ils ne pensent qu’à se ménager des réserves pour l’hiver. C’est un égoïste. Mais son égoïsme peut s’avérer utile à la communauté des écureuils et plus généralement à beaucoup d’autres espèces. L’écureuil oubliera quelques glands, certains germeront et ainsi la forêt se propagera.<span id="more-6131"></span></p>
<p>Cette histoire nous montre comment l’égoïsme peut engendrer une forme d’altruisme, processus décrit de manière plus théorique par <a href="http://blog.tcrouzet.com/2007/05/24/le-dilemme-du-prisonnier/">Robert Axelrod</a>. Elle montre aussi comment des gestes anecdotiques peuvent avoir un impact immense.</p>
<p>Depuis longtemps, je suggère que nous imitions les écureuils. Si, chacun à notre niveau, nous changeons nos habitudes, consommons moins et autrement, ces petits changements se cumuleront, feront boule de neige et ils auront plus d’impact que les agitations de nos politiciens perchés au sommet de la pyramide.</p>
<p>Mais pour qu’un cinquième pouvoir efficace émerge, chacun de nous ne peut pas se contenter de s’agiter dans son coin. Nous devons communiquer nos changements, les propager, favoriser le processus de boule de neige. À ce stade, nous nous trouvons dans deux situations assez opposées.</p>
<ol>
<li>Nous rencontrons des gens déjà convaincus que nous sommes collectivement en danger. S’ils n’ont pas déjà changé leurs habitudes, il est facile de leur communiquer nos trucs et astuces. Ils les adopteront avec joie car ils auront l’impression de participer au bien commun.</li>
<li>Nous rencontrons des gens qui se moquent des problèmes et attendent que d’autres les règlent pour eux. Pas facile de les transformer en écureuil. En plus d’être égoïstes, ils sont sourds. Il faut alors s’adresser à leur égoïsme. Par exemple leur suggérer des mesures qui leur feront économiser de l’argent et qui incidemment feront du bien à la planète. Le plus souvent l’altruisme n’apparaît que comme un effet collatéral.</li>
</ol>
<p>Sur le modèle des <a href="http://blog.tcrouzet.com/2007/09/14/trois-jours-au-vert/">alcooliques anonymes</a>, Quitterie Delmas, François Collet, ma femme et sans doute bien d’autres, tentent de créer des groupes de discussion où les participants s’échangent leurs bonnes pratiques. Je crois que la mayonnaise ne prendra de l’ampleur et dépassera le cadre des early adopters que si une manière d’adresser l’égoïsme de chacun de nous est découverte.</p>
<p>Par exemple, j’ai un ami <a href="http://renovetik.com">conseiller en économie d’énergie</a>. Pour commencer, il ne propose pas aux gens d’installer des chauffe-eaux solaires ou des panneaux photovoltaïques, mais d’isoler leurs combles et d’installer des réducteurs de consommation d’eau à tous leurs robinets. Le gain économique est immédiat. Les gens adhèrent. Tout le monde est prêt à sauver la planète si ça ne lui coûte rien. Il faut partir de cette réalité même si elle n’est pas agréable à entendre.</p>
<p>Peu à peu nous construirons une nouvelle morale écologique et un nouveau sens des responsabilités. Cette morale, comme toute morale, nous aidera à mieux vivre en société. Elle pourra soutenir d&#8217;éventuels interdits, comme la morale l&#8217;a toujours fait. Sans morale, je crois qu&#8217;il ne sert à rien de légiférer des interdits. La morale préexiste à la loi.</p>
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