Connecteur
12 May 2009 / 2 commentaires »

Au cœur de l’Angleterre, à quelques kilomètres au nord-est de Nottingham, le village d’Oxton égraine ses maisons opulentes dans un paysage de bocages et de bois parsemés d’étangs peu profonds. Dans cette campagne riante, on retrouve par endroits les vestiges de l’ancienne forêt de Sherwood, havre de Robin des bois et de créatures fantasmagoriques. Parmi elles, des crapauds jaune-gris, dits Bufo bufo ou crapauds communs.
Au mois de mars, quand les nuits s’adoucissent, ils s’éveillent de leur somnolence hivernale. Ils s’ébrouent, dégagent la terre et les feuilles mortes qui les recouvrent et lancent leurs premiers croissements de l’année. Une soudaine envie d’aimer les emporte. Ils n’ont d’autres désirs que de regagner leur mare natale qu’ils reconnaîtront à la composition chimique de l’eau. Ils bondissent droit à travers champs, leurs pattes écartées, les ventres des femelles tout aussi bombé que ceux des jumbos jet. Ils atterrissent par rebonds maladroits, nagent s’il le faut, croisent des routes, leurs yeux imbéciles indifférents aux voitures et aux camions qui les déchiquettent par centaines. Lire la suite de cet article »
30 April 2009 / 8 commentaires »

Pouvons-nous créer un gouvernement mondial maintenant ? Sommes-nous assez sages ? Il me semble qu’il serait dangereux de créer un tel gouvernement avant que nous ayons pris conscience qu’il existe un spectre de problèmes auquel correspond un spectre d’organisations. Il serait dangereux de créer un gouvernement mondial sur le modèle pyramidal de nos gouvernements nationaux. C’est au nom des hommes qu’il faut gouverner non au nom d’une idéologie posée a priori. Lire la suite de cet article »
22 April 2009 / Commenter »

Cette carte parle d’elle-même. Le monde est devenu minuscule, géographiquement massivement interconnecté. Encore une raison pour ne plus chercher à vouloir lui appliquer les règles inventées au temps des Égyptiens, des Grecs ou des Romains, voire, ce qui est à peine plus moderne, durant la révolution industrielle. Aucun de nos ancêtres ne s’est trouvé dans la situation où nous trouvons tous aujourd’hui. Moins de 10 % de la surface terrestre se trouve à plus de 48 heures de voyage !
19 April 2009 / 48 commentaires »

À quoi ressemble notre structure sociale ? Nous ne le saurons peut-être jamais, notamment parce qu’elle se transforme sans cesse. Nous pouvons en tout cas aujourd’hui nous la représenter de deux manières assez différentes, comme une pyramide ou comme un réseau. En fonction de la représentation choisie, la nature de l’engagement politique change du tout au tout. Lire la suite de cet article »
17 April 2009 / 56 commentaires »
Un Airbus serait plutôt compliqué. Un organisme vivant serait plutôt complexe. Différencier ces deux notions me paraît fondamental.
Par compliqué, on tend un système composé d’un grand nombre de sous-systèmes, eux-mêmes composés de sous systèmes et ainsi de suite et où chacun des sous-systèmes est plus simple que l’ensemble auquel il participe. C’est le cas pour un avion. On termine avec les boulons et des composants élémentaires. Lire la suite de cet article »
22 March 2009 / 13 commentaires »
Pourquoi Twitter marche et va marcher de plus en plus ? Parce que c’est extraordinairement simple, si simple que de nouveaux usages jaillissent chaque jour. Certains disent que Twitter est le site le plus important depuis l’apparition de Google, j’ai envie de dire qu’il est beaucoup plus important.
Si des moteurs de recherche existaient avant Google, le microblogging/micronetworking n’existait pas avant Twitter. Il ouvre un nouveau champ, exactement comme les blogs en leur temps. Une nouvelle famille d’outils entre en jeu. Le seul point commun avec Google, c’est la simplicité de l’interface.
J’avoue que j’ai mis trois ans à comprendre ce qui se passait. J’ai découvert Twitter en 2006, notamment grâce à Loïc Le Meur qui n’arrêtait pas d’en parler. J’ai créé mon compte le 9 mai 2007. Au début le microblogging ne m’a pas passionné. À cette époque, il se limitait à dire « Je suis en taxi pour Roissy. » « Je viens d’arriver à New York.. » « Un tremblement de terre vient de faire des morts en Chine. » Moi qui me moque de l’actualité, je me moquais d’autant plus de l’actualité en temps réel de mes amis, encore plus de recevoir des news des quatre coins du monde. C’était ça twitter, c’est encore beaucoup ça il est vrai.
En 2007, j’ai compris qu’il se passait quelque chose de plus intéressant. Je rencontrais des gens qui se servaient de Twitter en entreprise comme un outil de productivité, je pense par exemple à Guilhem Fouetillou de RTGI. Quand les membres d’un projet twittent leurs questions, leurs idées, leurs doutes, tous les collaborateurs ont conscience du groupe et peuvent s’entraider on the spot. Je me suis dit que Twitter pouvait devenir l’outil de l’émergence de la conscience collective.
J’ai alors écouté pas mal de chuchotements, puis j’ai arrêté car je trouvais peu de voix qui alors me passionnaient et, surtout, je n’avais pas moi-même envie de twitter. J’étais plongé dans mon roman sur Ératosthène et dans un travail solitaire. Twitter nous fait sortir de notre bulle, il nous projette dans une dimension collective qui n’a jamais existé au préalable, une dimension bruyante comme un hall de gare et qui peut vite devenir assourdissante.
Aujourd’hui, tout change en même temps que de plus en plus de gens commencent à twitter. On peut retrouver ses amis, les gens qui travaillent sur les mêmes sujets, des outils comme TweetDeck facilitent la lecture et la classification des voix, la recherche dans les fils est performante, Twitter devient une extension du web. Des gens comme Robert Scoble suivent des dizaines de milliers de fils !
Le plus extraordinaire, c’est que Twitter est devenu une plateforme de microblogging parmi d’autres. On peut twitter comme moi sans jamais se connecter sur twitter.com. On peut même créer un site concurrent de twitter.com en quelques clics grâce à un outil comme identi.ca.
Exactement comme avec l’email, nous ne sommes pas prisonniers d’un service. Nous pouvons en changer, exporter de l’un à l’autre nos fils et nos amis. Twitter, en ouvrant totalement son API, a créé un nouvel écosystème dans le pur esprit décentralisé du Web.
Facebook, que j’avais jugé extraordinaire pour son environnement de développement, m’avait très vite chagriné pour son côté centralisé. Facebook est mort (je ne l’utilise plus que comme un annuaire depuis fin 2007). Twitter permet de créer un véritable réseau social, un réseau où les gens s’écoutent et se parlent, un réseau dynamique et vivant, non pas un réseau qui se réduit à un simple annuaire. Quand un contact te fatigue sur Twitter, tu le vires car tu veux plus l’entendre. Sur Facebook c’est l’accumulation débile.
Quel sera le service qui sera au microblogging l’équivalent de Google pour le search, je pense que nous ne pouvons pas encore le savoir. Twitter est l’équivalent d’Altavista au milieu des années 1990. Peut-être Twitter réussira à rester la plateforme de référence mais rien n’est moins sûr. Les contraintes du microblogging restent à définir à mon avis.
Pourquoi 140 caractères par SMS ? Ok, à cause des téléphones. Mais ça n’a plus aucun sens maintenant que tous les téléphones ont le mail. La taille limitée est une contrainte, comme je l’expérimente avec mon twiller, elle est en grande partie responsable du succès du microblogging mais est-ce la contrainte idéale ? Sans aucun doute non.
Moralité de cette histoire, plus on nous donne des outils simples, plus nous trouvons des moyens de les utiliser. Peut-on imaginer quelque chose d’encore plus simple que le microblogging ? J’aimerais bien trouver.
20 March 2009 / 18 commentaires »
J’aime particulièrement les cartes des réseaux parce c’est sans doute en les contemplant, comme un voyageur qui rêve au-dessus des cartes géographiques, que j’ai eu l’intuition qu’une autre civilisation était en train de germer dans l’ancienne.

Je réfléchis à un nouveau livre qui raconterait un voyage dans cette nouvelle civilisation, sous la conduite de toutes ces cartes. Si vous connaissez des cartes, n’hésitez donc pas à me linker vers elles. Phyreso à twitté une carte de la complexité. Pas à proprement parler un réseau mais elle pointe vers tous ceux qui nous ont permis de tracer les nouvelles cartes.

Ce livre en projet, plus que faire de la théorie, veut raconter la vie des gens qui ont déjà fait un pas vers la nouvelle civilisation. Par exemple les agriculteurs qui passent par les AMAP. Tous ceux qui changent leur façon se travailler, de s’alimenter, de vivre. Les développeurs de la communauté Open Source. Les hackers. La liste est longue. Ils ne se connaissent pas nécessairement, ils croient vivre dans des mondes étrangers mais ils habitent la même carte.
Si vous avez des idées de gens dont l’histoire mérite d’être racontée, des gens qui ont dit non à un monde pour un autre, idem, linkez-moi, connectez-moi. Je raconterai par exemple l’aventure de Veja. Mais toujours avec la carte en tête. Quand on change de représentation, on ne voit plus rien de la même façon.
9 March 2009 / 19 commentaires »
Tout ce dont je vais parler plus loin doit être pris du point de vue psychologique. Nous pouvons avoir une vision pyramidale du monde, nous le représentant comme un organigramme ; tout comme nous pouvons nous le représenter comme un réseau (entendu comme décentralisé et distribué).
Rien n’empêche de combiner ces deux visions, et peut-être d’autres, mais ces jeux avec les représentations ne me paraissent possibles qu’après une prise de conscience encore loin d’être universelle.
Quant au monde en soi, il est ce qu’il est, un mix de ces possibilités, et sans doute de bien d’autres choses qui nous restent à découvrir et que nous ne découvrirons peut-être jamais faute d’une intelligence suffisante. Quoi qu’il en soit, je pense que nous ne pouvons pas nous empêcher de nous représenter le monde. Certains psychologues et neurologues définissent d’ailleurs la conscience comme cette capacité de se représenter la réalité.
Le monde comme pyramide
C’est, je suppose, la représentation la plus répandue. J’ai mis longtemps à m’en défaire. Quand je l’ai rejetée, je n’avais rien d’autre pour la remplacer. Je savais qu’elle ne me convenait pas, qu’elle ne correspondait pas au monde que j’observais, mais je n’avais rien d’autre à lui substituer.
Quand j’ai commencé à travailler, j’avais en tête cette idée de la pyramide. Je me retrouvais rangé dans une case d’un organigramme. Et naturellement j’ai eu envie d’escalader cette structure. La plupart d’entre nous se laissent tenter par ce désir de croissance. Nous le poursuivons jusqu’à atteindre notre niveau d’incompétence.
Cette croissance sociale est consubstantielle de la pyramide. Une fois qu’on est bloqué vers le haut, on tente souvent de se rassurer en élargissant la pyramide au-dessous de nous. Il faut plus de gens dans la structure pour que presque tous les membres de la structure se sentent grandir. C’est ainsi que se produit la croissance économique, elle aussi consubstantielle de la pyramide.
Il n’est pas surprenant que nos gouvernants, enfants de la pyramide, militent presque systématiquement pour plus d’enfants par femme. Ils veulent plus de gens en dessous-deux. Cette volonté d’accroître à tout prix le nombre d’humains m’a toujours choqué. Elle découle elle aussi du désir de croissance inévitable dans une pyramide.
Tout en bas, des gens se trouvent écrasés par la structure qui les domine. Ils n’ont aucun espoir. Mais pour la plupart des autres, la pyramide a l’avantage de la clarté. Elle indique le chemin à suivre. Tu montes. Tu jalouses ceux qui sont plus haut. Tu désires ce qu’ils possèdent. Pyramide et consumérisme se confondent de même qu’individualisme. Tu es seul dans ta case de l’organigramme. Et quand tu montes, tu prends la place de quelqu’un d’autre. Soit tu le pousses vers le haut, sois tu le rabaisses. La pyramide implique des batailles sans fin.
Comme la lutte est âpre, chacun tente de sécuriser sa position. Ça entraîne des lourdeurs, des blocages, ça freine le développement de la croissance, à tel point que les pyramides finissent toujours par succomber sous leur propre poids (les grandes entreprises ne durent jamais très longtemps). Ce mécanisme d’autorégulation évite que le système pyramidal ne s’emballe. Mais entre temps, chacune de ses composantes consomment sans compter dans l’unique but d’atteindre le sommet.
Quand il s’agit de se parler, les membres de l’organigramme ne parlent qu’à leurs subordonnés ou à leurs supérieurs directs. S’ils court-circuitent les niveaux hiérarchiques, ils mettent en danger des positions solidement sécurisés, ce qui entraîne la répression. La liberté n’est pas encouragée dans la pyramide.
Dans ce monde, il n’y a pas de place pour l’homme. Il n’est qu’un rouage de quelque chose qui le dépasse. Il se rassure en regardant vers le sommet, très loin de lui, il attend un signe, une bénédiction.
Le monde comme réseau
Quand, au contraire, on voit devant soi un réseau on n’a personne vers qui se retourner. Je conçois que c’est flippant. Pas de haut, pas de bas, pas de centre. Vers où aller ? Il n’y a pas de chemin tout tracé et c’est à chacun de trouver sa propre voie.
La seule croissance envisageable, c’est celle du nombre de liens qui nous relient aux autres. L’ascension sociale dans un réseau revient à accroître la taille du réseau en lui ajoutant des interconnexions.
Alors que dans une pyramide, la croissance est matérielle, il faut que la pyramide grandisse physiquement, dans un réseau, elle est qualitative. Quand je noue une nouvelle relation avec quelqu’un, je ne suis pas dans le matériel. La croissance d’un réseau est en large part immatérielle, donc compatible avec un monde physiquement limité.
Rien n’empêche qu’au cœur du réseau subsistent de petites pyramides, des entreprises familiales par exemple. Elles peuvent s’y maintenir car aucun gros monstre n’a le désir de les avaler. La croissance n’étant plus une obsession, chacun peut se trouver le régime existentiel qui lui convient le mieux.
On ne le découvre qu’après une initiation. Ça peut paraître élitiste mais je crois que c’est tout simplement plus humain. La case où nous allons vivre n’existe pas avant notre naissance, elle n’existe d’autant moins que le monde change de plus en plus vite et qu’il se réinvente sans cesse. Dans un réseau, l’éducation est le maître mot.
Quand vous voyez quelqu’un au centre d’un hub, vous ne pouvez pas prendre sa place. Vous pouvez tenter de construire un réseau aussi vaste que le sien, mais son réseau lui appartient en propre, c’est sa vie.
Vous pouvez tenter de briser sa réputation, de casser ses liens, mais vous ne les récupérez pas pour autant. Les mécanismes sociaux ne sont plus les mêmes que dans une pyramide. Il existe sans aucun doute des comportements types, mais à coup sûr nous les avons pas encore tous identifiés.
Cette vie dans le réseau n’est pas plus idyllique que dans la pyramide. Elle prend simplement en compte l’augmentation vertigineuse de la complexité et de la population en même temps que la finitude du monde physique. Ces contraintes impliquent une autre vie. Une vie d’une certaine façon plus sociale, moins individualiste, car il s’agit de se lier les uns aux autres.
27 February 2009 / 14 commentaires »
Alors qu’il y a deux ou trois ans, on me traitait de fou parce que j’annonçais une terrible crise de la complexité, avec la potentialité de violences insurrectionnelles, c’est aujourd’hui Le Monde qui aborde ces sujets sans que personne ne soit particulièrement choqué.
Je crois que l’émergence d’une nouvelle civilisation, celle des réseaux, au sein de l’ancienne, celle des pyramides, provoque les crises économiques, sociales, écologiques, politiques, spirituelles… Si cette hypothèse d’une nouvelle civilisation est fondée, nous ne sortirons des crises qu’en comprenant les nouveaux mécanismes qui se développent. C’est ça qui m’intéresse et non pas la violence inhérente à toutes crises de grande envergure.
Si on voit le monde social comme un réseau, on ne peut plus se comporter comme si on le voyait comme une pyramide. L’ascension vers le sommet n’a plus de sens par exemple. L’accomplissement n’est plus d’escalader en écrasant les autres mais en étendant le réseau, en créant de nouveaux liens, en devenant un hub.
Dans le réseau, les rapports ne sont plus dominés par les anciens mécanismes commerciaux, je vends, j’achète, mais par des mécanismes encore vagues : le don, l’échange, le partage…
Hier, je discutais avec un ami qui instinctivement, depuis toujours, vit dans la société des réseaux, et il m’a dit se méfier de la logique du don. Ça lui rappelle le colonialisme. L’occident venant donner la civilisation.
Pour ma part, je n’aime pas trop l’échange car il a encore une connotation commerciale. Échange, c’est je te donne et tu me donnes en contrepartie.
J’imagine que dans la nouvelle civilisation la contrepartie ne serait pas une condition nécessaire. Quand des musiciens mettent en téléchargement leur musique gratuitement, la contrepartie est facultative. Les fans font un don uniquement s’ils le désirent.
Leur don n’a pas pour but de payer l’œuvre qu’ils possèdent déjà, ni de rétribuer le travail passé, mais, à mon sens, d’encourager le travail à venir. « J’aime ce que tu fais. Je veux que tu continues. Je te soutiens. Je participe à ton travail à ma façon. Je partage avec toi une expérience. »
Pour moi, la nouvelle civilisation remet le partage au centre de la vie. Nous partageons des moments, des plaisirs, des expériences, des émotions, des rêves, du travail… Quand on crée un lien dans un réseau, il est réciproque, il marche dans les deux sens (le web, encore unidirectionnel, reste très primitif). Créer un lien, c’est nécessairement un partage.
La civilisation consumériste a détruit ces valeurs. Je crée un truc puis je vais faire de la pub pour presque te forcer à payer ma création. Le créateur disparait du processus. Tu payes un objet pour le posséder. L’opération s’achève à ce moment. Si tu es satisfait, tu reviendras consommer et je ferai tout pour t’y inciter.
Tu payes pour rémunérer ce qui est passé non pour te tourner vers l’avenir et investir dans quelque chose d’hypothétique. En tous cas, c’est mon cas. Quand je vais acheter des pâtes au supermarché, je n’ai pas l’impression de participer à la création des pâtes de prochaine génération. Tout ce processus est totalement impersonnel. L’achat est désincarné.
Dans la logique du partage, c’est tout le contraire. Tu te retournes vers le créateur pour l’encourager. C’est un dialogue, même s’il peut-être minimaliste quand on achète de la musique.
Partager, ça évoque aussi pour moi la tarte qu’on découpe. Le gâteau il n’est pas infini. Tu partages ce que tu as au moment du partage. Bien sûr tu peux préparer un nouveau gâteau, mais tu ne le partageras qu’à ce moment. On a trop longtemps fait comme si le gâteau était infini, on l’a trop longtemps partagé par anticipation.
Je suis conscient que tout cela n’est pas encore clair mais il y a quelque chose qui pointe, quelque chose qui se met en place… Dans ce processus, la technologie a un grand rôle à jouer car elle facilite le partage.
12 February 2009 / 21 commentaires »
Voilà le titre d’un livre que j’écrirai peut-être. Sous-titre : La fin d’un monde, le début d’un autre. Un autre titre pourrait être : Initiation au présent.
Dans le premier chapitre, j’expliquerai la raison systémique de la crise : l’apparition d’une nouvelle société au sein de l’ancienne et la tectonique des plaques que ça engendre. Chaque crise serait une nouvelle fissure. Dans les chapitres suivants, je tenterai de décrire la nouvelle société et comment les premiers habitants y vivent.
Peut-être faudrait-il au passage faire une sorte de portait des grandes motivations sociétales. Par exemple, dans notre société la consommation est le moteur. Les gens se lèvent le matin pour gagner de l’argent qui leur permettra de se payer des trucs (tel est en tout cas le dogme officiel).
Durant l’antiquité grecque classique, la notion d’héroïsme était centrale. Il fallait mener une vie héroïque pour entrer dans la mémoire des hommes.
La religion, le soin de sa postérité, a aussi été longtemps une motivation centrale, tout comme l’épanouissement spirituel, ce qui est revenu à la mode avec le new age.
D’autres motivations existent : le pouvoir, la gloire, le droit d’appartenir à une coterie comme le décrit Proust. Tout cela se mélange mais j’ai l’impression que, en fonction des époques, une force prédomine et tire toutes les autres.
Quel moteur pouvons-nous invoquer à l’avenir ? J’avoue que je n’ai pas la réponse et que le but du livre serait pour moi de l’esquisser. Je chercherai un chemin pour moi-même.
Je ne suis pas un consommateur compulsif.
Je ne suis pas attiré par la religion.
Le développement personnel type new age m’excite peu.
J’attache de l’importance à la connexion, à l’échange, au partage, au débat, à l’expérience esthétique, au voyage… à la construction. Il y a sans doute quelque chose par là, une chose mieux adaptée à notre temps que la consommation.
L’écologie, la responsabilité, la liberté… ne sont pas des raisons de se lever le matin. Pour vivre juste, sans doute faut-il passer par ces cases, ou sont-elles corolaires, mais en aucun cas elles ne sont un objectif.
Idem pour le développement durable. Je veux que monde dure pour que mes enfants soient heureux mais je sais bien que cela ne suffira pas à les rendre heureux. C’est une condition nécessaire mais non suffisante.
Je n’ai pas la solution toute prête, je n’ai pas le mot qui remplacerait consommation, voilà ce qui justifie pour moi d’écrire un livre.
Mon intuition est que la connexion est la solution. Une société du lien. Il faut imaginer des publicités pour cette nouvelle façon de vivre. Il faut que les anciens slogans publicitaires puissent être remplacés.
La connexion rend plus heureux, la vie de connectée est plus amusante, connecté on peut se dépasser, on peut construire des choses impensables…