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	<title>Thierry Crouzet &#187; Dialogue</title>
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	<description>La politique change. Voter n’est plus qu’un engagement parmi d’autres. Dans un monde toujours plus complexe, les partis et les systèmes hiérarchiques pyramidaux n’ont plus leur place. Il faut apprendre à vivre en réseau, à penser global et agir local.</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Feb 2012 18:28:47 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Les bonheurs retrouvés d&#8217;un déconnecté</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 13:51:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
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		<category><![CDATA[J'ai débranché]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Point m’a demandé de lister les bonheurs que j’avais redécouverts en me déconnectant. Voici le résultat, avec pour conclusion le bonheur de vivre à l’époque numérique. Les rêves En ligne, j’avais toujours quelque chose à lire, à écrire, à débattre, à voir, à écouter… Quel choc de me retrouver face à moi-même, sans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lepoint.fr/la-liste/un-sevre-du-net-retrouve-le-bleu-du-ciel-04-02-2012-1427360_312.php"><em>Le Point</em></a> m’a demandé de lister les bonheurs que j’avais redécouverts en me déconnectant. Voici le résultat, avec pour conclusion le bonheur de vivre à l’époque numérique.<span id="more-23109"></span></p>
<h3>Les rêves</h3>
<p>En ligne, j’avais toujours quelque chose à lire, à écrire, à débattre, à voir, à écouter… Quel choc de me retrouver face à moi-même, sans la moindre sollicitation extérieure&nbsp;! Au début, j’ai eu peur de cette vacuité, puis je me suis surpris à rêvasser en terrasse de café, au bord de l’eau ou allongé au sommet d’une montagne. Ne rien faire était magnifique. Ne penser à rien. Respirer, c’était tout. Alors mon esprit se mettait à frémir de mille étincelles. J’ai imaginé des histoires, des plans de romans, j’ai vécu intérieurement, avec intensité. Même la nuit mes rêves se sont transformés. Ils sont devenus plus lumineux, plus riches, plus hallucinatoires.</p>
<h3>Le vide</h3>
<p>Dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Taquin">le jeu de taquin</a>, il existe une case vide qui autorise le mouvement des pièces. La déconnexion a créé dans ma vie un vide, elle m’a placé au bord du précipice de l’ennui. C’était effrayant, mais j’ai pu me remettre en marche et j’ai compris que le Net, en saturant nos champs cognitifs, nous paralysait souvent. Nous avons besoin de béances, de vacances, pour avancer vers l’inconnu, vers des expériences pour nous inédites, c’est à cette seule condition que nous pouvons nous surprendre, donc nous sentir réellement vivre.</p>
<h3>La continuité</h3>
<p>Plus de mails, de tweets, d’invitations sur facebook, d’appels skype, d’alertes google, plus la possibilité de lire un blog tout en regardant d’un œil une vidéo, la déconnexion m’a éloigné du multitâche. J’étais tout à ce que je faisais, plus rien ne m’en détournait. Quand j’écrivais et n’avais pas d’idée, je n’avais d’autre choix que de plonger en moi-même, je ne pouvais plus trouver une échappatoire sur le Net. En étant plus concentré, j’ai eu la sensation que le temps s’allongeait, qu’il reprenait de l’épaisseur. Chaque journée devenait unique, je n’avais plus le soir en me couchant l’impression d’avoir participé à un brouhaha incohérent. J’avais échappé à la dictature du temps réel.</p>
<h3>Le corps</h3>
<p>Sur le Net, nous dialoguons le plus souvent par textes, en tout cas c’est mon cas. Les lettres sont notre moyen d’existence. À travers elles, nous nous projetons sur le réseau. Notre présence en ligne se prolonge au-delà de notre présence derrière le clavier. Nous finissons par être toujours présents. Et quand nous le sommes moins, nous comblons nos absences par des messages anodins sur les réseaux sociaux. Cette vie dans le temps réel du Net, c’est une vie perpétuelle, dans une certaine mesure hors du temps biologique. J’agissais comme si j’étais immortel.</p>
<p>Pourtant nous ne sommes pas encore des cyborgs. Notre corps nous est indispensable. La déconnexion me l’a rappelé presque avec brutalité. J’ai éprouvé des sensations physiques sublimes. Respirer devenait par moment un bonheur. Cligner des yeux au bord de la mer éblouissante. Apprécier les caresses d’un rayon de soleil. Toutes ces petites expériences provoquèrent en moi des explosions de joie. Mon corps s’était remis à vivre avec intensité parce que j’étais en train de comprendre que j’étais mortel. Il était à nouveau temps de vivre.</p>
<h3>La présence</h3>
<p>Une fois mon corps et la continuité du temps retrouvé, je me suis senti plus présent avec moi-même, mais aussi avec ma famille et mes amis. Quand entre nous une conversation s’alanguissait, je ne fuyais plus sur le Net pour en dénicher de plus palpitantes. J’affrontais nos silences, je les appréciais, je les interrogeais. Quand quelqu’un m’ennuyait, j’osais le lui dire. Nous n’avions pas d’autre choix qu’échanger jusqu’à ce que quelque chose de beau surgisse entre nous. Ne plus fuir aura été une façon de revivre.</p>
<h3>Les livres</h3>
<p>J’ai toujours été un grand lecteur. J’ai une immense bibliothèque avec des milliers de BD, de livres d’art, de romans, d’essais. Tous les genres se mêlent. Mes disques durs débordent d’ebooks. À quoi bon&nbsp;? Il aura fallu que je me déconnecte pour prendre conscience que ne je ne lisais plus. Je n’avais pas arrêté d’acheter des livres ou de les télécharger, j’avais arrêté de les lire du début à la fin. Je me contentais le plus souvent des premières pages et je sautais aux dernières.</p>
<p>C’est en retrouvant le silence, le temps long, en frôlant l’ennui, que je me suis remis à vraiment lire des livres. J’y plongeais sans que rien ne m’en arrache. J’ai retrouvé un plaisir oublié, notamment avec l’extraordinaire <a href="http://www.amazon.fr/Rêves-Gloire-Roland-C-Wagner/dp/2841725405"><em>Rêves de Gloire</em></a> de Roland Wagner.</p>
<p>Malheureusement, depuis mon retour en ligne, j’ai à nouveau réduit mon temps passé avec les livres. Ce n’est pas que je lis moins, mais je lis autre chose, les blogs notamment. Je sais qu’à l’avenir je serai obligé de me ménager des pauses loin du numérique. La déconnexion est une nécessité.</p>
<h3>La cyberculture</h3>
<p>C’est un paradoxe. En me coupant du Net, j’ai pris conscience avec une acuité redoublée des valeurs et principes qu’il m’avait inculqués&nbsp;: partage, entraide, coopération, auto-organisation, liberté, équité… J’ai découvert que je devais me battre pour elles, que sans elles le monde n’échapperait pas aux multiples crises qui l’agitent. J’ai compris que la vie en ligne m’était tout aussi indispensable que la vie hors ligne, que c’est en passant de l’une à l’autre que je vivrais heureux notre époque. J’ai alors vécu la déconnexion comme un périple initiatique. Je me suis vu changer, grandir…</p>
<p>Cette sensation m’a motivé dans l’écriture de mon livre. J’avais la chance de vivre une déconnexion extrême, je devais la partager avec ceux qui, par exemple pour des raisons professionnelles, ne peuvent pas tenter l’expérience. J’ai essayé de leur offrir une vie par procuration, exactement comme si j’étais un alpiniste qui racontait son ascension de l’Everest en solo, conscient que la plupart de ses lecteurs ne pourraient pas l’imiter.</p>
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		<title>Pourquoi j’ai écrit J’ai débranché</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 13:26:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[J'ai débranché]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour moi un livre n’est jamais terminé. Depuis quelques jours, je prépare une nouvelle version de L’alternative nomade et j’ajoute des chapitres imaginaires à J’ai débranché. Exemple. Nous sommes en mars 2011. La veille de ma déconnexion, Isa me surprend en train de râler devant le PC qui nous sert de serveur domestique. —&#160;Qu’est-ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour moi un livre n’est jamais terminé. Depuis quelques jours, je prépare une nouvelle version de <a href="http://blog.tcrouzet.com/alternative-nomade/"><em>L’alternative nomade</em></a> et j’ajoute des chapitres imaginaires à <a href="http://blog.tcrouzet.com/jai-debranche/"><em>J’ai débranché</em></a>. Exemple. Nous sommes en mars 2011.<span id="more-23086"></span></p>
<hr/>
<p>La veille de ma déconnexion, Isa me surprend en train de râler devant le PC qui nous sert de serveur domestique.</p>
<p>—&nbsp;Qu’est-ce qui t’arrive&nbsp;? Tu prends un dernier shoot&nbsp;?</p>
<p>—&nbsp;Je viens de télécharger Wikipedia, juste au cas où. Mais je ne réussis pas à l’installer sur cette foutue machine. La décompression dure des plombes, ça finit chaque fois par planter.</p>
<p>Isa me regarde, atterrée.</p>
<p>—&nbsp;Tu es fou ou quoi&nbsp;? Tu as peur d’être en manque. C’est comme si un alcoolo annonçait qu’il cessait d’acheter de l’alcool et qu’il remplissait d’abord sa cave.</p>
<p>—&nbsp;Six mois, c’est long.</p>
<p>—&nbsp;Tu es déjà en train de tricher.</p>
<p>—&nbsp;Je ne vois pas le rapport&nbsp;!</p>
<p>—&nbsp;Tu es incohérent. D’ailleurs, ton projet de livre est incohérent. Tu te plaignais de raconter ta vie sur les réseaux sociaux plutôt que de la vivre. Tu vas réussir à continuer tout en étant déconnecté.</p>
<p>—&nbsp;Sur les réseaux, je dois être toujours présent. Réagir à toutes les sollicitations. Plus j’en reçois, plus j’éprouve de plaisir. Alors il me faut augmenter la dose, en demander plus. Tout cela prend de plus en plus de temps, c’est un travail de tous les instants qui a fini par me consumer. En février, j’ai été victime d’un burn-out. À vouloir être toujours en ligne, j’ai explosé en plein vol.</p>
<p>—&nbsp;OK, tu as besoin de te reposer. Mais pourquoi écrire un livre&nbsp;?</p>
<p>—&nbsp;Parce que je suis auteur.</p>
<p>—&nbsp;Ce n’est pas une bonne raison.</p>
<p>—&nbsp;Je ne grimperai jamais au sommet de l’Everest, c’est pour ça que j’aime lire des livres sur l’alpinisme. Pour vivre quelque chose qui aurait pu me tenter, mais que je ne ferai pas. La plupart des gens ont un travail qui leur interdit la déconnexion. Par rapport à eux, je suis une sorte d’alpiniste. Je peux tenter une expérience qu’ils ne vivront jamais. J’essaierai de leur faire partager la mienne. Ce sera un récit initiatique vers plus de bonheur. Un machin plutôt littéraire. Il me faudra entrer dans les détails les plus anodins, les plus intimes. Affronter les silences, les vides, les désarrois. J’ai toujours aimé dans les romans la possibilité de traduire les hésitations. J’écarterai les idées théoriques, je me concentrerai sur les petits aléas quotidiens, je ne tricherai pas.</p>
<p>—&nbsp;On t’accusera d’être narcissique.</p>
<p>—&nbsp;Comment parler de mon expérience sans parler de moi&nbsp;? Si j’étais psychologue, j’aurais pris des dizaines de cobayes et j’aurais comparé leurs réactions avec objectivité. Ce n’est pas le cas. Je n’ai que moi comme témoin. Tout ce que je dirai ne vaudra que pour moi, mais peut-être que quelques lecteurs se reconnaîtront par moment.</p>
<p>—&nbsp;C’est bien ce que je disais, tu seras déconnecté, mais rien ne changera, tu continueras à te raconter.</p>
<p>—&nbsp;Oui, mais je n’aurai plus de retours immédiats des lecteurs. Leurs réponses ne seront plus là pour me procurer du plaisir. Je n’imiterai plus le fumeur qui allume cigarette sur cigarette. Je ne m’enfermerai plus dans un processus de type addictif. Je changerai de rythme existentiel.</p>
<p>—&nbsp;Tu vas avoir du boulot pour m’en persuader.</p>
<p><em>PS : Ce chapitre est aussi une sorte de réponse à ceux qui me reprochent d&#8217;avoir trop parlé de moi ou de ne pas avoir avancé de nouvelles idées, ce n&#8217;était pas le but (j&#8217;ai coupé près de 100 pages trop théoriques et qui ne s&#8217;inscrivaient pas dans le projet).</em></p>
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		<title>Reconnexion en cours</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 13:29:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[J'ai débranché]]></category>
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		<description><![CDATA[Je voudrais vous donner quelques nouvelles. Je vais bien, même si l’expérience de déconnexion m’a profondément marqué. Je ne m’attendais pas, par exemple, à montrer peu d’empressement à me reconnecter. C’est le cas. À l’exception de ce billet, et de peut-être un ou deux autres pour vous donner des nouvelles, je ne bloguerai pas jusqu’à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je voudrais vous donner quelques nouvelles. Je vais bien, même si l’expérience de déconnexion m’a profondément marqué. Je ne m’attendais pas, par exemple, à montrer peu d’empressement à me reconnecter. C’est le cas.<span id="more-22417"></span></p>
<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/jai-debranche/"><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/10/debrancher250.jpg" alt="" title="J&#039;ai débranché" width="249" height="397" class="aligncenter size-full wp-image-22394" /></a></p>
<p>À l’exception de ce billet, et de peut-être un ou deux autres pour vous donner des nouvelles, je ne bloguerai pas jusqu’à la sortie de <a href="http://blog.tcrouzet.com/jai-debranche/"><em>J’ai débranché</em></a>, le 16 janvier 2012 (le livre partira à l’imprimerie début décembre et sera remis aux chroniqueurs avant Noël).</p>
<p>J’ai rétabli <a href="http://blog.tcrouzet.com/informations/#mail">mon mail</a>, j’utilise les services utilitaires du Net, mais je me tiens à l’écart des réseaux sociaux (sauf pour vous annoncer ce billet). Vendredi, j’ai rebranché skype pour dépanner <a href="http://www.ebouquin.fr/">eBouquin.fr</a>. Je me suis alors rendu compte que j’avais perdu des habitudes que je croyais ancrées au plus profond de moi.</p>
<p>Dans les semaines qui arrivent, je compte me remettre à travailler une fois de plus à mon <a href="http://blog.tcrouzet.com/tag/eratosthene/">Ératosthène</a>, aussi arrêter de vendre en direct mes textes non édités. Soit je les offrirai gratuitement, sois je les donnerai à des éditeurs, notamment à <a href="http://www.publie.net/">publie.net</a>. C’est une conséquence d’une découverte effectuée durant la déconnexion. Un blog n’est pas une boutique.</p>
<p>Durant ma retraite, j’ai écrit un petit manifeste adressé aux indignés, <a href="http://blog.tcrouzet.com/ya-basta/"><em>Ya basta</em></a>, que François Bon a tout de suite publié. J’ai aussi remis en forme un texte illustré écrit pour l’essentiel à la fin des années 1990, <a href="http://blog.tcrouzet.com/interdit-aimer/"><em>Interdit d’aimer</em></a>. Il est disponible gratuitement au format ePub.</p>
<p>J’aurais beaucoup d’autres choses à vous dire, mais je préfère les garder pour plus tard. Quand vous aurez lu <a href="http://blog.tcrouzet.com/jai-debranche/"><em>J’ai débranché</em></a>, nous aurons des choses amusantes à discuter.</p>
<p>En attendant, plongez dans l’extraordinaire <a href="http://www.l-atalante.com/catalogue/la_dentelle_du_cygne/reves_de_gloire/48/698/roland_c_wagner/detail.html"><em>Rêves de Gloire</em></a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_C._Wagner">Roland Wagner</a>. Nombre de mes préoccupations s&#8217;y retrouvent en filigrane.</p>
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		<title>Nomade en Suisse</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2011/06/23/nomade-en-suisse/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=nomade-en-suisse</link>
		<comments>http://blog.tcrouzet.com/2011/06/23/nomade-en-suisse/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 23 Jun 2011 17:39:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[Podcasts]]></category>
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		<category><![CDATA[Conf]]></category>
		<category><![CDATA[con]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;étais déconnecté&#8230; et je publie ce billet en différé pour mémoire. Pour plus détails&#8230; Thierry Crouzet &#8211; L&#8217;alternative nomade from Rezonance on Vimeo.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/tag/jai-debranche/">J&#8217;étais déconnecté&#8230;</a> et je publie ce billet en différé pour mémoire. <a href="http://blog.rezonance.ch/wordpress/2011/07/25/thierry-crouzet/">Pour plus détails&#8230;</a><span id="more-22448"></span></p>
<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/10/Thierry-Crouzet.jpg"><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/10/Thierry-Crouzet-450x210.jpg" alt="" title="Thierry Crouzet" width="450" height="210" class="alignnone size-large wp-image-22449" /></a></p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/26466099?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="400" height="225" frameborder="0" webkitAllowFullScreen allowFullScreen></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/26466099">Thierry Crouzet &#8211; L&#8217;alternative nomade</a> from <a href="http://vimeo.com/rezonance">Rezonance</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
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		<title>Déconnexion totale 100 %</title>
		<link>http://blog.tcrouzet.com/2011/03/31/deconnexion-totale-100/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=deconnexion-totale-100</link>
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		<pubDate>Thu, 31 Mar 2011 16:37:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[J'ai débranché]]></category>
		<category><![CDATA[noepub]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est le dernier billet que je publie pour les neuf mois qui arrivent. Je me débranche après propulsion. Mon expérience de déconnexion commence maintenant. Vous me retrouverez en terrasse de café ou vous attendrez janvier 2012 et la publication chez Fayard du récit de cette aventure. Qu’est-ce que cela implique&#160;? Je coupe les commentaires sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le dernier billet que je publie pour les neuf mois qui arrivent. Je me débranche après propulsion. <a href="http://blog.tcrouzet.com/2011/03/18/je-ferme-mon-blog/">Mon expérience de déconnexion</a> commence maintenant. Vous me retrouverez en terrasse de café ou vous attendrez janvier 2012 et la publication chez Fayard du récit de cette aventure.<span id="more-22317"></span></p>
<p>Qu’est-ce que cela implique&nbsp;?</p>
<ol>
<li>Je coupe les commentaires sur le blog, pour ne pas crouler sous les spams et ne pas laisser les trolls se gaver allègrement.
<li>Je laisse active la détection des retweets.
<li>Je mets <a href="http://blog.tcrouzet.com/informations/#mail">mon mail</a> sur répondeur. Si vous m’écrivez, vous recevrez un message vous expliquant comment me contacter de manière ancestrale.
<li>Je bloque la connexion Internet sur mes ordinateurs et mon téléphone, mais elle restera à la portée de la main. Je serai comme un alcoolique qui à tout moment peut replonger.
<li>Pour m’informer, je ne disposerai plus que du bouche-à-oreille et des vieux médias. N’hésitez pas à m’écrire ou à me téléphoner pour me donner des nouvelles du vrai monde.
<li>Si vous vous ennuyez de moi, <a href="http://blog.tcrouzet.com/bibliographie/">vous avez de quoi vous occuper pendant les mois qui arrivent</a>. J’ai créé <a href="http://blog.tcrouzet.com/les-annees-blog/">un ePub qui rassemble l’intégralité de mon blog</a>. L’équivalent d&#8217;un gros tome de la Pléiade. J&#8217;ai publié en prime <a href="http://blog.tcrouzet.com/une-breve-histoire-de-linformatique/">l&#8217;ébauche de ma brève histoire de l&#8217;informatique</a>.
<li>Je modifie le look du blog pour mettre en avant mes livres et non pas les derniers billets.
<li>J’ai installé <a href="http://tcrouzet.com/thinkup/">un serveur ThinkUp</a> pour suivre <em>a posteriori</em> les conversations à mon sujet sur les réseaux sociaux. En toute probabilité il ne se passera rien, mais je n&#8217;arrive à débrancher franco.
<li>À partir d’un <a href="http://search.twitter.com/search.atom?q=crouzet">Search Twitter</a>, j’ai créé un <a href="http://pipes.yahoo.com/pipes/pipe.info?_id=bc53bead3dd9ee16abd42b203249958f">Yahoo Pipe</a> que j’ai donné à manger à mon Google Reader en vue d’archivage.<br/><br />
<a href="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/03/pipe.png"><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/03/pipe-450x299.png" alt="" title="Yahoo Pipe" width="450" height="299" class="alignnone size-large wp-image-22320" /></a></p>
<li>Ce fil RSS sera republié sur mon compte Facebook en automatique par <a href="http://twitterfeed.com">twitterfeed.com</a>. Je serai présent sur le Net sans y être. Mon identité numérique dépassera mon identité physique. Je vais devenir un fantôme.
<li>J&#8217;ai aussi configuré <a href="http://spotd.me">spotd.me</a> pour qu’il retwitte automatiquement les messages qui me seront adressés sur Twitter. Vous pourrez ainsi parler à mes 7&nbsp;000 followers. Je mets en quelque sorte mon compte à votre disposition. Ne le spammez pas.
</ol>
<p>Maintenant, je m’en vais vite m’installer au soleil sur la terrasse. J’ai des amis qui viennent fêter la déconnexion. Je vais essayer de ne pas trop penser à la bêtise que je suis en train de faire. La décyborisation sera-t-elle douloureuse ?</p>
<p>Vous aurez peut-être une chance de me croiser dans les mois qui arrivent à Tunis, à Genève, dans les Pyrénées, le Lot-et-Garonne ou en Bretagne, et qui sait à Paris. Et partout où on me proposera de venir. Je ne renie pas la connexion. Je vais la transposer du Net au physique, et ne comptez pas sur moi pour dire que je regagne la réalité, la réalité est tout autant sur le Net qu&#8217;en dehors. C&#8217;est ce paradoxe que je veux creuser.</p>
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		<item>
		<title>Système vulnérable</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Mar 2011 08:09:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[noepub]]></category>
		<category><![CDATA[Une brève histoire de l'informatique]]></category>

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		<description><![CDATA[Un dimanche de janvier 2008, le monde manqua s’arrêter et vous ne l’avez jamais su. Nous avons frôlé une crise planétaire comme si un météore avait manqué percuter la terre . Vous auriez pu être ruiné. Des centaines d’entreprises contraintes à la faillite. Des pays auraient pu déclarer l’état d’urgence. Internet aurait pu partir en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un dimanche de janvier 2008, le monde manqua s’arrêter et vous ne l’avez jamais su. Nous avons frôlé une crise planétaire comme si un météore avait manqué percuter la terre .<span id="more-22314"></span></p>
<p>Vous auriez pu être ruiné. Des centaines d’entreprises contraintes à la faillite. Des pays auraient pu déclarer l’état d’urgence. Internet aurait pu partir en fumée. La confiance que nous accordons aux systèmes électroniques aurait pu être détruite à jamais.</p>
<p>Et il ne se passa rien. La journée se termina comme un dimanche ordinaire, dans le calme avant le rush du lundi.</p>
<p>Cet après-midi-là, Dan Kaminski, un trentenaire un peu enrobé qui porte presque toujours un t-shirt sombre, un jean sombre et des baskets noirs, découvrit <a href="http://www.wired.com/techbiz/people/magazine/16-12/ff_kaminsky?currentPage=all">comment prendre le contrôle d’Internet</a>.</p>
<p>Il réussit à créer de fausses pages sur le site d’une des plus grosses entreprises mondiales. Quand quelqu’un saisissait son mot de passe, Dan l’enregistrait. Il pouvait après l’utiliser quand il voulait, pour vider un compte bancaire par exemple.</p>
<p>Dan devenait capable de tromper tous les internautes. Il pouvait intercepter leurs emails. Dans ces emails circulent parfois des mots de passe pour encrypter les transactions sécurisées. En fait, plus rien n’était sécurisé. La faille découverte par Dan mettait en danger l’économie mondiale bien plus qu’une quelconque crise financière. Le système complet pouvait exploser.</p>
<p>&#8211;&nbsp;J’ai cassé Internet&nbsp;! s’exclama Dan.</p>
<p>Par chance, il était honnête. Il contacta quelques spécialistes qui dans le plus grand secret corrigèrent le problème. Le 8 juillet, ils proposèrent un correctif, un patch dans le jargon, et ils demandèrent à tous les administrateurs réseau de l’installer.</p>
<p>Certains experts en sécurités exigèrent des explications avant de s’exécuter. Dan finit par accepter de leur révéler sa découverte. Quelques jours plus tard, la faille de sécurité se retrouva décrite sur un blog. Les experts de la sécurité avaient été incapables de tenir un secret.</p>
<p>Combien de sites furent piratés avant que le patch soit installé sur tous les serveurs&nbsp;? Personne ne le saura jamais. Des millions de dollars changèrent sans doute de main en toute impunité. Mais le pire avait été évité. Pour un temps tout au moins. D’autres failles attendent d’être découvertes et leurs découvreurs ne seront peut-être pas aussi honnêtes que Dan Kaminski.</p>
<p>Notre monde électronique est vulnérable.</p>
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		<title>Le citoyen augmenté par les réseaux sociaux</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 14:34:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[Conf]]></category>
		<category><![CDATA[technosphère]]></category>
		<category><![CDATA[une]]></category>

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		<description><![CDATA[Canevas de mon intervention lors de la journée Marseille 2.0, dernière conférence avant ma déconnexion totale. Churchill ne s&#8217;est pas trompé Nous avons tous en tête la fameuse citation selon laquelle la démocratie serait la moins pire des formes politiques. La plupart des gens en déduisent que nous devrions nous en contenter et ils refusent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Canevas de mon intervention lors de <a href="http://marseille20.capitale.pro/les-conferences-de-marseille-20-gouverner-20">la journée Marseille 2.0</a>, dernière conférence avant ma <a href="http://blog.tcrouzet.com/2011/03/18/je-ferme-mon-blog/">déconnexion totale</a>.<span id="more-22261"></span></p>
<h3>Churchill ne s&#8217;est pas trompé</h3>
<p>Nous avons tous en tête la fameuse citation selon laquelle la démocratie serait la moins pire des formes politiques. La plupart des gens en déduisent que nous devrions nous en contenter et ils refusent d&#8217;entamer la moindre réflexion politique qui questionne la démocratie. Cette citation sans cesse répétée a un effet inhibiteur.</p>
<p>Mais qu&#8217;a exactement déclaré Churchill le 11 novembre 1947 devant la Chambre des Communes&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Democracy is the worst form of government&nbsp;–except for all those other forms, that have been tried from time to time.</p></blockquote>
<p>Churchill n’a pas fermé la porte à l’innovation. Alors pourquoi ne pas imaginer autre chose, surtout quand nous avons la démonstration quotidienne que la démocratie représentative n&#8217;est pas la panacée. À mon sens, tous ceux qui cherchent à sauver la démocratie grâce aux nouvelles technologies perdent leur temps. Un pansement sur une jambe de bois n’a jamais fait repousser une jambe en chair et en os.</p>
<h3>La démocratie représentative</h3>
<p>Elle est à ma connaissance la seule forme de démocratie jamais expérimentée. Nous choisissons en votant, parfois en tirant au sort, ceux qui nous représenteront durant une période généralement assez courte. En parallèle de cette représentation, dans les démocraties directes comme la Suisse, on demande aux citoyens de se prononcer sur certaines questions par voie de référendum (la démocratie directe, ou participative, ne s&#8217;est jamais substituée à la représentation).</p>
<p>La démocratie telle que je viens de l’esquisser n’est qu’une évolution sommaire de la monarchie, une monarchie tournante. Elle s’apparente souvent à une oligarchie&nbsp;: une classe s’appropriant la plupart des postes électifs, surtout ceux décisionnels.</p>
<p>Le sociologue Vincenzo Susca fait culminer le mythe de la représentation avec la société bourgeoise, cette société des salons où on conversait entre gens de bonne compagnie.</p>
<p>La représentation n’est concevable que dans une société qui célèbre l’individualisme. Si je suis moi-même un individu fort, je veux voir un individu fort prendre les rênes du pouvoir en mon nom.</p>
<p>En introduction du <a href="http://blog.tcrouzet.com/le-peuple-des-connecteurs/"><em>Peuple des connecteurs</em></a>, j’ai affirmé que cette époque de l’individualisme dominant était derrière nous. À force de nous interconnecter, de partager avec les autres, nous nous éloignerions de l’individualisme pour devenir des êtres réseaux, des cyborgs comme je le dis aujourd’hui.</p>
<p>Nous sommes hautement individués, c&#8217;est-à-dire différents les uns des autres, mais en même temps nous n’existons pas sans les uns et les autres. Pour des êtres réseaux, la représentation n’a aucun sens. C’est un concept dépassé. Un individu seul ne représente rien, sinon des intérêts particuliers. C’est pour cette raison que j’ai parlé de l’émergence d’un <a href="http://blog.tcrouzet.com/le-cinquieme-pouvoir/">cinquième pouvoir</a>&nbsp;: une force décentralisée d’organisation interne de la société.</p>
<h3>La démocratie ne favorise pas l’intelligence</h3>
<p>Qu’est-ce que voter&nbsp;? C’est dire oui ou non, voire choisir entre une dizaine de possibilités. Par sa nature même, le vote suppose que les citoyens ne sont guère capables de nuances et surtout de se positionner suivant un large spectre de possibilités.</p>
<p>Un certain nombre de citoyens, qui se définissent eux-mêmes comme l’élite, définissent les choix possibles, souvent peu différents des uns des autres, et nous demandent alors de nous prononcer.</p>
<p>Le peuple a-t-il le pouvoir&nbsp;? Pas le moins du monde. On lui a simplement demandé de participer à une décision prémâchée. Or ce n’est pas décider qui est difficile, c’est imaginer des solutions et les mettre en pratique. Dans ces deux registres, il faut faire preuve d’intelligence, de courage, de responsabilité, d’abnégation… autant de qualités qui ont toujours été déniées au plus grand nombre. La démocratie maintient le peuple à l’état végétatif.</p>
<h3>Oubliez le tirage au sort</h3>
<p>Imaginons une démocratie qui reposerait sur le tirage au sort comme le propose Étienne Chouard. Nos représentants se porteraient volontaires et ils seraient désignés aux dès, comme en Athènes.</p>
<p>Ce système, en écartant les campagnes électorales et les débats, du même coup bien des corruptions, porterait au pouvoir des gens peut-être plus honnêtes, il éviterait les magouilles et assurerait le renouvellement constant de la classe politique. Mais il aurait aussi pour effet d’assécher la vie politique, l’intelligence que peuvent injecter les citoyens dans les débats. Le tirage au sort serait à mon sens pire que les élections. Il ferait disparaître le peuple au seul profit de ses représentants.</p>
<p>Comme l’élection, le tirage au sort suppose que nous avons besoin de représentants. Nous avons besoin d’un roi. Nous avons besoin d’un chef. Nous sommes trop stupides pour nous gouverner nous-mêmes.</p>
<h3>La démocratie non représentative</h3>
<p>Je crois malheureusement pour les petits-chefs en puissance que dans un monde complexe il n’existe plus d’autre possibilité que de basculer vers une démocratie non représentative.</p>
<p>Regardez ce qui s’est passé dans le monde arabe ces derniers mois. La révolte a surgi du peuple, elle l’a soulevé de l’intérieur, en chacun de ses points, sans coordination centralisée, sans la main mise de partis ou de clans. Une pure manifestation du cinquième pouvoir.</p>
<p>C’est pour moi observateur lointain le point le plus extraordinaire, le plus novateur, le plus subversif… J’espère que cette spontanéité des mouvements perdurera le plus longtemps possible, mais je crains un retour à des formes de gouvernance plus traditionnelles.</p>
<p>On ne peut prendre le pouvoir sur un système, physique ou social, que s’il est relativement simple, ou pour être plus précis, que si sa complexité est au plus égale à la complexité du système qui tente de le contrôler (Valentin Turchin).</p>
<p>Donc si dans un pays en révolte, après la chute du dictateur, les gens rentrent chez eux et se taisent, s’ils simplifient la société qu’ils avaient un temps enflammée, s’en est fait d’eux. Des chefs réapparaîtront, peut-être après une élection, mais ça ne change pas grand-chose. L’intelligence collective sera ignorée, qui plus est l’intelligence de chacun des citoyens. C’est ce que nous vivons dans toutes les démocraties occidentales.</p>
<h3>La révolution perpétuelle</h3>
<p>Pour s’échapper de la représentation qui bride l’intelligence collective et individuelle au profit de quelques intelligences plus ou moins élues, il faut que chacun de nous complexifie volontairement la société.</p>
<p>Plus nous complexifions, plus nous rendons le contrôle difficile, plus nous augmentons nos libertés&#8230; libertés dans nos têtes, liberté de penser, aussi liberté d&#8217;agir et donc de mettre en œuvre nos idées.</p>
<p>Comment complexifier&nbsp;? Si nous établissons de plus en plus de connexions avec de plus en plus d’interlocuteurs, nous complexifions le graphe social. Il ne s’agit pas juste de multiplier le nombre de ses amis sur les réseaux sociaux, il faut aussi animer les connexions, les faire vivre comme je l’explique dans <a href="http://blog.tcrouzet.com/alternative-nomade/"><em>L’alternative nomade</em></a>.</p>
<p>La plupart des socionautes ont peu de conscience politique. La plupart ne cherchent pas à étendre leur réseau. Très peu franchissent la limite de Dunbar (150 connexions). Ma proposition n’est donc pas implicite.</p>
<p>J’estime que nos usages des outils sociaux ont déjà complexifié la société au point où elle devient difficilement gérable pour une dictature. Il ne dépend que de nous d’accroître cette complexité au point où elle deviendrait difficilement gérable par quelques représentants.</p>
<p>Pour quelles raisons&nbsp;? Parce que nous avons des problèmes complexes à résoudre&nbsp;: écologiques, sociaux, économiques, spirituels… que les représentants n’ont aucune chance de résoudre à eux seuls. Nous devons nous y mettre tous ensemble.</p>
<p>Une fois plus connectés, plus liés aux pensées des autres, plus libres d’échanger avec eux, nous augmentons notre intelligence individuelle et collective, une intelligence que nous pouvons en partie mettre au service de tous.</p>
<h3>Liberté rime avec complexité</h3>
<p>Face à des problèmes complexes nous n’avons il me semble pas d’autres choix que de hausser notre intelligence collective à la hauteur de la complexité des problèmes.</p>
<p>Tenter de simplifier la société par la force ne fera pas disparaître les problèmes, notamment écologiques, d’autant qu’un problème complexe ne peut être réglé par une mesure miracle, mais par une myriade d’initiatives concurrentes.</p>
<p>Nous devons poursuivre sur la route de la complexification, une complexification qui ne cesse de se déployer depuis l’origine du vivant.</p>
<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/03/demopop1.png"><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/03/demopop1-380x450.png" alt="" title="Liberté et complexité" width="380" height="450" class="alignnone size-large wp-image-22264" /></a></p>
<p>J’aime rappeler que la croissance de la complexité est concomitante avec la croissance de la liberté. La synchronicité des deux courbes n’est pas une coïncidence, mais la conséquence de ce que j’ai appelé dans <a href="http://blog.tcrouzet.com/alternative-nomade/"><em>L&#8217;alternative nomade</em></a> le cycle de transformation.</p>
<p><a href="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/03/cycle2.png"><img src="http://blog.tcrouzet.com/images_tc//2011/03/cycle2-450x162.png" alt="" title="Le cycle de transition" width="450" height="162" class="alignnone size-large wp-image-22263" /></a></p>
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		<title>Vers une société de pair à pair</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Mar 2011 12:33:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[noepub]]></category>
		<category><![CDATA[Une brève histoire de l'informatique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans In Raimbows, le septième album de Radiohead, Thom Yorke chante&#160;: Has the light gone out for you? Cause the light’s gone for me It is the 21st century Cri de désespoir du leader du groupe Rock le plus populaire du début du troisième millénaire. Est-ce que la lumière t’a quitté&#160;? Parce que la lumière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans <em>In Raimbows</em>, le septième album de Radiohead, Thom Yorke chante&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Has the light gone out for you?<br />
Cause the light’s gone for me<br />
It is the 21st century</p></blockquote>
<p><span id="more-22308"></span></p>
<p>Cri de désespoir du leader du groupe Rock le plus populaire du début du troisième millénaire.</p>
<blockquote><p>Est-ce que la lumière t’a quitté&nbsp;?<br />
Parce que la lumière m’a quitté<br />
C’est le xxie siècle</p></blockquote>
<p>Pourtant Radiohead s’apprêtait à entrer dans une histoire plus positive. Pendant quelques semaines à partir du 10 octobre 2007, après deux ans de travail, le groupe diffusa gratuitement <em>In Raimbows</em> en téléchargement.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Nous avons vécu un moment excitant de connexion directe avec les fans, raconta Yorke à David Byrne , son grand inspirateur, leader des Talking Heads. […] Ce n’était pas une approche nihiliste, signifiant que la musique ne valait plus rien. Tout au contraire.</p>
<p>Radiohead donnait sa musique et laissait les fans payer à la hauteur de ce dont ils avaient envie. Ils payaient pour l’émotion et rien que pour l’émotion.</p>
<p>Plus d’un million de copies de <em>In Raimbows</em> furent téléchargées. 40&nbsp;% des fans payèrent, en moyenne 6 dollars. Radiohead reçut 3 millions de dollars de revenu net.</p>
<p>Le groupe britannique avait cassé le vieux modèle de la distribution&nbsp;: les compositeurs cèdent leurs droits à une compagnie qui transforme leurs créations en produits, en fixe le prix, les diffuse et récolte les bénéfices.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Ce que nous appelons aujourd’hui le business de la musique n’est plus de produire de la musique, expliqua David Byrne. À un moment donné, il est devenu celui de vendre des CD dans des boîtes en plastique, et ce métier disparaîtra bientôt. Mais ce n’est une mauvaise nouvelle ni pour la musique, ni pour les musiciens.</p>
<p>Les membres de Radiohead, depuis la fin quatre ans plus tôt de leur contrat avec EMI, ne voulaient plus être esclaves du système. Ils voulaient regagner leur liberté, exister par eux-mêmes. Internet leur donna cette chance.</p>
<p>Loin d’être un coup de marketing génial, cette histoire, à côté de milliers d’autres, montre comment Internet et les technologies numériques nous donnent de nouveaux pouvoirs, ouvrent de nouvelles possibilités, laissent présager l’avènement de cette civilisation où les ordinateurs vivent en symbiose avec nous&nbsp;!</p>
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		<title>Ségolène Royal et les sous-marins</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Mar 2011 10:16:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[noepub]]></category>
		<category><![CDATA[Une brève histoire de l'informatique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 25 janvier 2007, en pleine campagne présidentielle, Ségolène Royal arrive dans le studio parisien de RMC/BFM TV. La candidate socialiste porte un chemisier noir, un gilet beige. Elle a rejeté en arrière ses cheveux bruns, coupés mi-longs. Il est 8h20, le direct de Bourdin&#038;Co commence. Ségolène ne sait pas encore qu’elle perdra dans quelques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 janvier 2007, en pleine campagne présidentielle, Ségolène Royal arrive dans le studio parisien de RMC/BFM TV. La candidate socialiste porte un chemisier noir, un gilet beige. Elle a rejeté en arrière ses cheveux bruns, coupés mi-longs.<span id="more-22300"></span></p>
<p>Il est 8h20, le direct de Bourdin&#038;Co commence. Ségolène ne sait pas encore qu’elle perdra dans quelques secondes toutes chances de battre Nicolas Sarkozy. L’entretien débute bon enfant jusqu’à ce que Bourdin pose une question piège.</p>
<p>&#8211;&nbsp;On parle d’indépendance nationale. Alors avons-nous besoin d’autant de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins&nbsp;?</p>
<p>&#8211;&nbsp;Mais…</p>
<p>&#8211;&nbsp;On en a combien au fait&nbsp;?</p>
<p>&#8211;&nbsp;Mais je vous ferai la même réponse.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Ségolène Royal, on a combien de sous-marins&nbsp;?</p>
<p>Elle esquive, il insiste, elle finit par répondre&nbsp;:</p>
<p>&#8211;&nbsp;Nous en avons… euh… un.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Non, non, nous en avons…</p>
<p>&#8211;&nbsp;Deux, dit-elle avec le sourire d’une enfant prise à la faute.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Non, non, nous en avons sept.</p>
<p>Ségolène Royal baisse la tête et se gratte le nez. Elle aurait mieux fait de prendre exemple sur Robert Scoble, un des plus célèbres blogueurs américains. Dès qu’il se trouve en public et doit répondre à des questions, il ne cesse d’interroger Google pour chercher des faits qui étaieraient ses propos. Il n’a aucune honte d’avoir oublié un chiffre. Si on lui parle d’une ville qu’il ne connaît pas, il cherche où elle se trouve. Ses mains volent sur le clavier en même temps qu’il discute. Scoble n’existerait pas sans Internet.</p>
<p>On peut imaginer les débats politiques avec nos personnalités sans cesse penchées sur leur ordinateur. Les journalistes ne leur poseraient plus alors des questions stupides auxquelles un enfant connecté est capable de répondre en dix secondes.</p>
<p>On peut imaginer de même un autre système éducatif où on ne serait plus seul lors des examens&nbsp;? Car dans la vie, quand on travaille, est-on seul pour résoudre des problèmes&nbsp;? Non. On travaille en équipe. Alors pourquoi départager les élèves pour leur compétence à travailler seul alors que cette compétence ne sera presque jamais sollicitée&nbsp;?</p>
<p>Nous sommes dorénavant connectés. Tester nos compétences de déconnecté n’a aucun sens. Lors des examens, les enfants devraient disposer d’un accès haut débit et les problèmes qui leur seraient soumis devraient être repensés.</p>
<p>Jadis la mémoire était la compétence essentielle, plus on avait emmagasiné de données, plus on était brillants. Aujourd’hui, la capacité à trouver de l’aide sur le réseau importe plus. Loin d’être des solitaires et des individualistes, nous devenons des hypersociaux.</p>
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		<title>La naissance d’un nouvel état d’esprit</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Mar 2011 19:56:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Crouzet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[noepub]]></category>
		<category><![CDATA[Une brève histoire de l'informatique]]></category>

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		<description><![CDATA[Après s’être fait virer d’Apple où il travaillait en freelance, Ron Avitzur raconta qu’il avait vécu cette histoire comme une expérience de subversion de la structure de management. Comment peut-on arriver à dire une chose pareille après avoir été remercié&#160;? C’est tout simplement que Ron refusa son licenciement. Comme on avait oublié de lui retirer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après s’être fait virer d’Apple où il travaillait en freelance, Ron Avitzur <a href="http://www.pacifict.com/Story/">raconta</a> qu’il avait vécu cette histoire comme une expérience de subversion de la structure de management. Comment peut-on arriver à dire une chose pareille après avoir été remercié&nbsp;?<span id="more-22278"></span> C’est tout simplement que Ron refusa son licenciement. Comme on avait oublié de lui retirer son badge, il continua d’aller au bureau et de travailler sur son ancien projet. Il n’était plus payé, mais il lui tenait à cœur de terminer le travail commencé.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Je n’ai subi aucune des contraintes qu’on a d’habitude dans une grosse boîte. Je n’avais pas de budget, pas de personnel. Je ne répondais à personne, et personne n’avait de raison de faire ce que je demandais. Des dizaines de gens ont collaboré avec moi spontanément, motivés par la loyauté, l’amitié ou l’amour du travail bien fait. Nous étions des hackers, créant quelque chose pour le seul plaisir de le voir fonctionner.</p>
<p>Jusqu’à seize heures par jours, sept jours sur sept, durant six mois, Ron squatta les bureaux d’Apple.</p>
<p>&#8211;&nbsp;J’aurais aimé avoir ton logiciel quand j’étais à l’école, lui disaient les ingénieurs pour l’encourager.</p>
<p>Ron développait un outil graphique pour apprendre les mathématiques. Nous étions en 1993. Son logiciel avait besoin de plus de puissance de calcul que ne disposaient les Apple de l’époque. Un soir d’août, deux inconnus vinrent trouver Ron et lui proposèrent de faire tourner le logiciel sur un prototype du futur Power Mac. Ils passèrent la nuit à modifier le code et le lendemain ça marchait, cinquante fois plus vite que sur les anciennes machines.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Nous avons besoin de ton logiciel pour prouver la puissance des nouveaux Mac, dirent les deux inconnus.</p>
<p>Greg Robbins, un ami de Ron, se fit aussi virer. Il accepta de collaborer au projet non officiel. Quand des gens leur demandaient s’ils travaillaient chez Apple. Ils disaient la vérité.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Vous voulez dire que vous êtes freelance&nbsp;?</p>
<p>&#8211;&nbsp;En vérité non.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Qui vous paie&nbsp;?</p>
<p>&#8211;&nbsp;Personne.</p>
<p>&#8211;&nbsp;Comment vivez-vous&nbsp;?</p>
<p>&#8211;&nbsp;Très simplement.</p>
<p>Ron et Greg étaient passionnés, persuadés que leur logiciel éducatif rendrait service aux étudiants comme aux enseignants. Ils travaillaient gratuitement pour le bien des hommes. Comme eux des dizaines de milliers d’informaticiens développaient des logiciels dans le seul but de servir la communauté.</p>
<p>Si certaines entreprises comme Microsoft commercialisaient leurs produits et les protégeaient par copyright, des indépendants offraient à tous le fruit de leur travail, en laissant le code ouvert pour que d’autres puissent y collaborer librement.</p>
<p>Écrire un logiciel, comme écrire un livre, ne demande que du temps. Les informaticiens ont compris qu’ils peuvent offrir ce temps à l’humanité. Plutôt que de chercher à soigner les plaies du monde comme le font les ONG, et en complément d’elles, ils construisent un nouveau monde, un monde qu’ils espèrent meilleur.</p>
<p>À partir du 11 janvier 1994, Graphing calculator, le logiciel de Ron et Greg, se retrouva sur les nouveaux Macintosh. Un projet qui officiellement n’avait jamais existé produisit un logiciel que les enseignants utilisent depuis partout dans le monde pour illustrer des concepts abstraits. Nous étions entrés dans une nouvelle civilisation, la civilisation du don.</p>
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