L’année dernière, Geneviève Morand m’a suggéré d’écrire Une brève histoire de l’informatique en reprenant l’idée de Stephen Hawking et sa Brève histoire du temps. L’informatique, c’est notre temps contemporain. Pour la plupart de nous, directement ou indirectement, elle rythme nos vies.
J’ai laissé reposer cette idée jusqu’à ce que le fils d’un ami passe trois jours avec moi lors d’un stage. Il m’a alors demandé comment des machines matérielles pouvaient gérer des informations immatérielles. Il aurait pu aussi bien me demander comment nos corps matériels peuvent engendrer nos esprits immatériels. Ces deux questions n’ont peut être pas exactement la même réponse mais elles ont beaucoup de points communs.
Si la première est clairement technologique, la seconde est clairement philosophique. En fait, elles sont l’une et l’autre technologique et philosophique. L’informatique est une technologie qui nous amène à nous poser des problèmes philosophiques. Elle en résout certains, elle en crée d’autres et, en conséquence, elle influence nos vies, donc la manière dont nous vivons, donc la manière dont nos sociétés s’organisent. Avec l’avènement de l’informatique, technologie, philosophie et politique sont plus inséparables que jamais.
Des domaines longtemps étrangers convergent aujourd’hui. Pour comprendre notre époque, pour nous y épanouir, il est sans doute utile de s’intéresser à chacun d’eux et de noter leurs interconnexions grandissantes. Une Brève histoire de l’informatique, sous-titrée Technologie, philosophie et politique, aurait pour but de questionner ces interconnexions. Je donnerai une conférence sur le sujet à Genève le 18 juin prochain, en compagnie d’Albert Jacquard entre autres.
J’attendais votre défaite. Si vous l’aviez emporté, vous auriez sans doute persisté sur une voie qui ne peut que conduire le Modem dans le mur. Maintenant au pied de ce mur, vous avez une chance de construire un véritable mouvement d’idées.
La danse du ventre entre la droite et la gauche ne mène à rien. Partout dans le monde, la politique est bipolaire, non par un hasard mais parce que les forces sociales poussent à la bipolarité. Il n’y a pas de place pour un Modem qui serait une troisième voie intermédiaire. Si une politique alternative veut exister, elle doit démontrer que la droite et la gauche ne représentent que deux variations sur un même thème. Elle doit les ranger dans le même camp pour s’opposer à elles deux dans le même élan et avec les mêmes arguments.
Une fois que les idées nouvelles seront clairement intégrées, clairement promues, elles pourront alors séduire les gens et éveiller en eux une nouvelle espérance. Il faut construire l’idéologie avant de conquérir des sièges électifs. Ces deux dernières années porteuses pour vous d’échecs électoraux viennent de le démontrer.
J’ai la naïveté de croire encore que vous pouvez, avec d’autres comme Corinne Lepage, être le ciment d’une nouvelle idéologie. Vous en avez intuitivement perçu les germes mais vous n’acceptez pas leurs conséquences. Vous devez écouter les voies nouvelles qui s’élèvent un peu partout dans le monde. En France, il n’y a plus de force de progrès identifiées parce qu’elles se dispersent et s’expriment hors des partis. Vous pourriez endosser cette casaque délaissée et lui donner une couleur inédite.
Vous êtes un porte-parole honnête. Vous l’avez encore une fois démontré en refusant toute compromission. Il vous faut maintenant exercer vos talents au nom d’idées nouvelles. Tous les autres chemins se sont refermés. C’est une chance. Il serait dommage que vous fassiez marche-arrière maintenant que vous avez largué toutes les vieilles amarres.
Tout le monde parle de Mediapart dans le landernau internet francophone. Je me suis abstenu de tout commentaire jusqu’ici mais je ne tiens plus.
Un jour, certains Messieurs conspuent internet et le journalisme citoyen, le lendemain ils se lancent dans le business. Je passe. Mais vouloir faire payer ce qui partout ailleurs est gratuit, c’est une idée à la con bien de chez nous. Idée assez logique pour des gens qui ne pipent rien au web d’ailleurs – heureusement pour eux il existe encore des investisseurs qui y pipent encore moins.
L’histoire ne va pas repartir en arrière, en France ou ailleurs. Je crois ainsi que Chris Anderson, lui, est un visionnaire. Avec son Why $0.00 is the future of business, il nous montre une direction qui semble maintenant irréversible sur internet.
A decade and a half into the great online experiment, the last debates over free versus pay online are ending. […] The Web has become the land of the free.
Peut-être que Google va décider de faire payer ses services. Ce serait une bonne idée non ? Oui, la meilleure façon de faire banqueroute comme le montre Anderson. Alors bonne chance Mediapart. Lecteurs. Surtout ne payez rien. Ce sera bientôt gratuit.
PS1 : « L’erreur serait de croire qu’il existe un seul modèle d’affaire viable » me dit Paul. Justement, le modèle payant est longtemps apparu comme le seul modèle. Aujourd’hui, il est de plus en plus dépassé sur le web, en tout cas pour la diffusion de contenus (musique, vidéo, logiciel, information…) et de services (recherche, mail, blog…). Nous devons inventer de nouveaux modèles et ne pas nous accrocher au seul modèle que nous avons longtemps connu. Google, en rendant gratuit les services premiums proposés par ses concurrents, a tout de suite gagné beaucoup plus qu’eux.
PS2 : Avec les tarifs proposés pour son abonnement, Mediapart devra faire de l’audience de masse pour atteindre la rentabilité (quoi que ses initiateurs disent). Le journal vivra sur le même marché que les autres medias et devra jouer le même jeu qu’eux. Par ailleurs, les mêmes journalistes travailleront pour lui et écriront les mêmes papiers que pour les autres médias. Depuis des décennies, la presse ne vit que grâce à la pub. L’information est entrée dans le domaine du gratuit depuis longtemps. On ne paie plus pour une information. On paie d’ailleurs de moins en moins pour se divertir (jeu en ligne par exemple).