Archive : 2006

Le cinquième pouvoir en Belgique

31 Sunday December 2006

Tout en reprenant le titre du Times, Le soir évoque à son tour le cinquième pouvoir. Un lecteur vient de me le signaler tout en me renvoyant vers un billet qui, avec ses commentaires, critique l’article.

Je suis toujours surpris quand des acteurs potentiels du cinquième pouvoir crachent dans la soupe. On dirait que, dès que les médias évoquent leur univers, ils le mettent en danger. N’ayez pas peur, les journalistes ne voleront pas votre joujou.

Pour essayer de se placer au-dessus de la rumeur médiatique, certains blogueurs sont prêts à jeter le bébé encore fragile avec l’eau du bain. Ce n’est parce que les médias parlent d’une chose en la simplifiant que cette chose n’existent pas. Le fait même qu’ils en parlent prouve qu’il se passe quelque chose. S’ils en parlaient précisément, cette chose serait déjà advenue, convenue, dépassée… Ils en parlent mal parce qu’ils ne comprennent pas, parce que personne ne comprend vraiment. Le monde va-t-il changer pour autant ? Ce n’est pas une certitude, loin de là.

Et puis ne confondez pas le cinquième pouvoir avec les blogs et avec le web 2.0. Arrêtez de dire qu’on n’a pas de preuve de son influence politique. Nous n’en aurons jamais. Faut-il pour autant cesser d’en parler ? Non, il y a de nombreuses raisons de penser que le cinquième pouvoir a déjà influencé plusieurs fois la politique en plusieurs points du globe. C’est le sujet de la première partie de mon prochain livre.

Arrêtez de penser à la politique traditionnelle et essayez de voir en quoi les nouveaux outils changent la donne et impliquent de façon quasi irréversible la remise à plat des institutions démocratiques. Le vrai problème est là. Dans les commentaires sur le blog belge, j’ai vu évoquer les Sex Pistol, les anarchistes, les libertariens… oui il y a des bonnes idées à piquer partout. Des théories politiques jadis inapplicables sont désormais à notre portée.

Qui a dit que ce serait facile ? Personne. Il suffit de croire que nous pouvons y arriver car le salut planétaire passe par de nouvelles politiques.

Je termine l’année sur cette tirade… Bonne année à tous. Les débats reprennent dès demain.

Les connecteurs formeraient une secte

29 Friday December 2006

Hier dans un commentaire j’ai écrit :

Tu peux rester dans l’ancien monde… nous autres habitons déjà ce nouveau monde… et nous le trouvons plus agréable à vivre. Personne n’est forcé de nous rejoindre, les gens le feront à leur rythme quand ils seront prêts.

Quand je me lance dans ce genre d’envolée lyrique, emporté par l’enthousiasme, on m’accuse parfois d’être le gourou d’une secte – même quand j’essaie d’être très sérieux d’ailleurs… être sérieux je ne sais pas trop ce que ça veut dire car je suis persuadé que nous vivons pour nous amuser.

Cette accusation à l’emporte pièce doit quelque peu énerver Miguel Membrado et Bruno de Beauregard, en leur temps aussi accusés d’être membres  d’une secte, au point d’être ruinés (je raconte dans Le cinquième pouvoir). C’était pour eux beaucoup moins amusant. Heureusement, je n’ai pas pour clients la DST et les RG… peut-être qu’ils me lisent un peu. Alors j’essaie de ne rien leur cacher. Ça existe la secte de la transparence ?

Tout d’abord, je revendique ce que j’ai écrit dans ce commentaire, même si ça peut paraître ampoulé ou ridicule – j’aime Hermann Hesse et son style initiatique. Il est toujours plus difficile de proposer quelque chose de mieux que de casser comme la plupart des gens le font.

Plaçons-nous au temps où l’esclavage était chose admise et même chose banale. Il y avait alors des gens qui refusaient de faire travailler des esclaves, qui essayaient de démontrer qu’un monde sans esclaves était possible… Certains de ces antiesclavagistes dirent sans doute comme moi que ce nouveau monde était plus agréable à vivre.

Ces antiesclavagistes appartenaient-ils à une secte ? Je ne le pense pas. En leur temps, ils étaient utopistes, naïfs… tout ce que l’on voudra mais ils ne constituaient pas une secte, pas plus que les gens qui aujourd’hui pensent que la rémunération du capital n’est pas une obligation, que les chefs ne sont pas indispensables et que la croissance matérielle ne peut continuer infiniment dans un monde fini.

Par rapport aux antiesclavagistes, je suis même beaucoup plus tolérant. Vous n’allez pas le croire. Je ne force personne à adopter de nouvelles formes d’organisation sociale. Je parie simplement que sans de nouvelles formes, pour une large part à inventer, nous ne réussirons pas à faire face aux problèmes sociaux et écologiques. J’essaie de proposer des pistes, en m’inspirant de l’organisation d’internet et de la plupart des réseaux naturels. C’est tout. Je ne suis pas très original.

Ces nouvelles formes peuvent germer dans l’ancien monde. Internet en est la preuve. Dee Hock l’a montré avec Visa. Nous ne sommes pas forcés de détruire l’ancien monde. Le nouveau apparaît au-dessus de lui, comme une extension. Chacun peut faire l’upgrade quand il le veut. Je n’ai cessé de parler de révolution douce dans Le peuple des connecteurs.

Certains ont vu les chapitre de ce livre comme les dix commandements de la connexion, oubliant de lire semble-t-il la préface où j’annonçais mon désir d’exagérer afin de mieux montrer en quoi ma position diffère du politiquement correct qui risque de nous conduire à la faillite (l’exagération, c’est mon style… je n’y peux rien mais j’ai essayé de me contenir dans Le cinquième pouvoir).

Est-ce sectaire de prétendre que nous allons dans le mur ? Je ne suis pas le seul à faire ce constat, la plupart des personnalités politiques le font, ce qui justifie leur candidature. Est-ce sectaire de dire qu’il faut innover pour trouver des solutions durables ? Est-ce sectaire de rêver de croissance durable ? Car je pense que c’est possible.

Pour qu’il y ait secte, il faut qu’il y ait des membres. Mais les connecteurs seraient membres de quoi ? Ils ne forment pas un parti, une église, un groupuscule… Il n’y a rien de tout cela, pas plus que de status, de doctrine, d’interdits (Axel regarde la TV), de règles, de lieux de rassemblement… Le connecteur n’existe même pas. C’est une entité sociologique… un ensemble de comportements possibles dont personne ne peut se revendiquer à 100 % pas plus qu’à 0 %. Tout au plus quelques personnes peuvent se sentir des affinités avec une partie des choses que j’ai décrites. Elles peuvent même s’afficher sur une carte, mais ça ne va pas plus loin.

Dans mon Robert, secte viendrait du latin secta qui signifierait suivre. Mais justement les connecteurs ne suivent personne car ils se revendiquent libres. Pour eux, l’interconnexion est plus importante qu’un status quelconque. La personne se définit par les personnes avec qui elle interagit, non pas en elle-même.

Être connecteur, c’est avant tout être ouvert. C’est utiliser les nouveaux outils de communication pour multiplier les possibilités. C’est construire des autoroutes pour les idées par-dessus les autoroutes de l’information.

L’important est que les idées se rencontrent, qu’elles s’entrechoquent, donnent naissance à de nouvelles idées… pour que justement jamais nous ne restions figés sur un dogme ou prisonnier d’une forme de pensée.

Les connecteurs forment une non secte. Je ne les ai pas inventés. J’ai donné un nom à un ensemble hétéroclite de comportements qui me paraissent prégnants chez de nombreux usagers des nouvelles technologies.

Donner un nom à des comportements ne fait pas des gens qui exhibent ces comportements les membres d’une secte. Montrer du doigt les racistes et les xénophobes ne fait pas d’eux les membres de la secte de Le Pen.

Les connecteurs participent à des réseaux qui s’interconnectent à vaste échelle. C’est tout, j’ai envie de dire. Et c’est beaucoup, car c’est révolutionnaire.

Nous commençons par construire les autoroutes. Après nous allons commencer à construire. Faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Trop de politiciens jouent à ce petit jeu. Ils veulent tout changer sans méthode. Ou plutôt avec les vieilles méthodes qui ne marchent plus. Je suis pour l’action mais pas à n’importe quel prix. Ça c’est une petite pique à l’égard de Rachid Nekkaz.

Le monde a changé. Nous devons nous changer aussi. Sinon la dichotomie risque de devenir invivable.

RDV manqué avec France 3

28 Thursday December 2006

Hier soir lors du JT un reportage sur les blogs a été diffusé, dans lequel je devais apparaître mais où les images ont été coupées pour des raisons techniques. Ça m’arrange en fait. 1/ Mon livre n’est pas sorti et il est trop tôt pour en faire la pub. 2/ Le cinquième pouvoir ce n’est pas les blogs. Je sens que je vais devoir le répéter souvent.

En tout cas, j’ai apprécié de discuter avec la journaliste Cécile Laronce de France 3. Elle m’a posé quelques questions et voici mes réponses.

– À votre avis quel est le candidat qui se débrouille le mieux avec internet et les blogs ?

– J’ai envie de répondre le cinquième pouvoir, tous ceux qui ne sont pas rangés dans une case mais qui font tout de même de la politique, au sens le plus noble car ils ne cherchent pas nécessairement à être élus à quoi que ce soit. Ils sont très présents sur internet, très souvent mieux placés que nos politiciens connus. Mais pour parler plus particulièrement d’eux, c’est à ce jour Ségolène Royal qui a le mieux tiré son épingle du jeu.

– En quoi internet (et les blogs) a changé le destin politique de Ségolène Royal ?

– Grâce à son site Désirs d’avenir, elle a réussi à emporter haut la main les primaires socialistes. Elle dit d’ailleurs qu’elle fera 50 % sa campagne présidentielle sur internet. Sans internet, elle ne serait même pas candidate aujourd’hui.

Début 2006, on commence à parler d’elle mais tout le monde est encore persuadé que les mammouths du parti réussiront à la faire tomber.

Plutôt que de séduire d’abord les cadres du parti, puis les militants, elle fait le contraire. Avec son site, elle donne aux Français la parole, ils la prennent, ils créent d’ailleurs des dizaines d’autres sites Désirs d’avenir dans les régions, chacun de ces sites menant des campagnes locales et indépendantes.

Ségolène Royal a ainsi réussi à décentraliser sa campagne et à démultiplier sa force de frappe, ce qui était indispensable vu qu’elle n’avait pas l’appareil socialiste à son service exclusif.

– Quelle est l’originalité du blog de Ségolène Royal et des autres blogs de la ségosphère ?

– Ce n’est pas un blog, c’est un site et il n’est pas original. Si, un tout petit peu, en ce sens qu’il comprend une section où les militants peuvent soit disant participer à la rédaction du programme de Ségolène.

Pour moi, cette section très vendeuse est le de la poudre aux yeux. Ségolène a réussi à faire participer les militants à sa campagne, pour arracher les primaires, pour porter sa bonne parole, mais pas pour écrire un programme. Ségolène avait promis un livre collaboratif… nous l’attendons encore.

Dans le fond, Ségolène n’a pas un programme original. Juste une méthode un peu originale.

– Finalement à travers le prisme de la toile le candidat devient autre, plus proche de l’électeur…

– Il faut faire attention de ne pas prendre l’électeur pour un couillon car internet ce n’est plus la TV, tout le monde peut dire ce qu’il pense. Le cinquième pouvoir ne se laissera pas berner par des promesses participatives qui resteront des promesses.

Ailleurs dans le monde, des exemples concrets – en Corée du Sud ou aux États-Unis – nous ont montré qu’on pouvait faire de la politique autrement.

– Qu’est-ce que le cinquième pouvoir ?

– C’est justement l’ensemble des citoyens qui grâce aux nouvelles technologies ne sont plus réduits au silence. Ils peuvent s’exprimer, peser en politique, proposer de nouvelles politiques… surtout ils peuvent agir, notamment au niveau local.

– Peut-on s’attendre à des surprise grâce à internet pour les présidentielles ?

– Nicolas Sarkozy ne comprend pas internet. Ségolène Royal un peu plus mais elle ne joue pas le jeu à fond, elle reste trop socialiste, trop classique. Il y a de la place pour un outsider qui sera capable, lui aussi, de décentraliser sa campagne mais aussi de mettre en place une politique réellement participative. Depuis cinq ans, internet a pesé dans beaucoup d’élections, ce n’est qu’un début. Un Bayrou pourrait nous surprendre. C’est un internaute, il comprend ce qui se passe. Mais tout reste à faire de son côté.

– Qu’est ce qu’on pourrait encore améliorer en matière de blogs ?

– Si je le savais, je le ferai. Disons que je fais avec mon blog, ce qui me paraît bien. C’est ça internet. On ne se demande pas ce qu’on devrait faire, on le fait. C’est ça la nouvelle politique menée par le cinquième pouvoir.

Méchante globalisation

27 Wednesday December 2006

Je lis souvent à droite à gauche, parfois même sous la plume de gens que j’aime bien, des petites choses qui me choquent. Par exemple, la mondialisation s’accompagnerait d’une concentration des entreprises. Je pense qu’il s’agit d’une idée reçue.

Si la mondialisation impliquait la concentration, il devrait y avoir de moins en moins d’entreprises. Après une seule requête sur Google, j’ai l’impression que le contraire se produit, même en France. Il n’y a pas de moins en moins d’entreprises, à l’échelle mondiale je pense qu’il y en a de plus en plus au contraire.

Aujourd’hui nous assistons à une distribution des centres de décision, une distribution des pouvoirs. Elle se produit en interconnectant de plus en plus les hommes. La globalisation, c’est le passage d’un mode d’organisation pyramidal à un mode en réseau. Il y a globalisation car le réseau crée une interdépendance de toutes les économies mondiales, de toutes les entreprises.

Les médias communiquent souvent une image beaucoup plus négative de la mondialisation. Comme souvent, notre regard se laisse attirer vers ce qui fait beaucoup de bruit : les grandes fusions. Si elles mettent en jeu de faramineux capitaux, ce n’est pas pour autant que la majorité des hommes travaillent dans ces structures. Le fait justement qu’ils n’y travaillent pas montre que notre civilisation se dirige dans une autre direction.

Les concentrations m’apparaissent comme un cri au secours d’une forme de capitalisme. Il imite la grenouille qui cherche à se faire plus grosse qu’elle ne l’est. Il cherche à cacher qu’il traverse une crise profonde. Dans un monde en réseau, un monde complexe, la centralisation comme la concentration ne sont pas efficaces.

Lors de ma conférence au CERN, j’étais en compagnie de barons de la grande distribution. Très puissants. Mais leur marge nette fait pitié par rapport à celle de nombreuses boîtes internet que je connais. Ils gagnent plus d’argent au total mais leurs rendements sont mauvais, qui dit mauvais rendements implique une dépense énergétique inutile… inacceptable dans un monde en crise écologique.

Réponse à Rachid Nekkaz

26 Tuesday December 2006

Dans les derniers commentaires de Rachid, celui-ci par exemple, je devine un grand scepticisme vis-à-vis du cinquième pouvoir. Il n’est pas le seul à s’exprimer ainsi. Paradoxalement, dans les staffs des grands partis, plus personne ne doute de son importance, en tous cas comme force capable de faire gagner ou perdre une élection (ce qui le consacre déjà comme un certain pouvoir).

Dans la première moitié de mon prochain livre, j’ai étayé ce point avant de montrer en quoi l’émergence du cinquième pouvoir changeait les règles du jeu politique. À l’avenir, à mon sens, ceux qui les ignoreront n’auront aucune chance de faire évoluer la société (à moins qu’ils ne la prennent par la force… ce qui n’est pas impossible au vue de certaines dérives autoritaristes que connaissent en ce moment nos démocraties).

Rachid comme beaucoup d’autres cherchent l’expression du cinquième pouvoir là où l’on cherche habituellement l’empreinte du politique : dans les lois, des actes de gouvernement ou éventuellement dans le domaine associatif. Il faut regarder ailleurs… dans ce que j’appelle l’open source au sens large.

Le cinquième pouvoir ne change pas le monde actuel, il est en train d’en construire un nouveau dont les portes sont déjà ouvertes et s’ouvriront de plus en plus. Un monde où les échanges ne seront pas nécessairement monétisés et où la collaboration prendra un nouveau sens, en même temps qu’elle se déploiera à une échelle sans précédent.

Le cinquième pouvoir invente de nouvelles méthodes de cohabitation sociale, il invente l’après-capitalisme… Ça existe en informatique, dans l’agriculture, dans la culture… À quoi bon essayer de replâtrer l’ancien monde alors que nous sommes en train d’en découvrir un nouveau ?

Les sceptiques sont comme ces hommes qui au temps de l’esclavage n’imaginaient pas un monde sans esclaves. Ils n’ont rien vu changer jusqu’à ce que soudain l’esclavage soit peu à peu aboli. Idem pour les monarchistes. Nous vivons en ce moment une transition comparable.

Si elle était évidente pour tous, elle serait déjà en passe de se terminer, nous n’aurions même plus besoin de l’expliquer et de la promouvoir.

Il faut des méthodes nouvelles pour un temps nouveau. À certains moments dans l’histoire, on ne peut plus faire du neuf avec de l’ancien. Il faut accepter de changer.

Aujourd’hui, les réalistes sont ceux qui voient le changement… non pas les sceptiques qui ne le voient pas. Les réalistes sont tous ceux qui inventent de nouvelles façons de faire, par exemple de faire du business avec les outils web 2.0.

En théorie, on peut changer le monde de deux façons, pas nécessairement antinomiques d’ailleurs, de l’intérieur ou de l’extérieur. Je sais que de l’intérieur c’est toujours moins douloureux, j’espère qu’un leader éclairé réussira ce tour de force mais depuis de trop nombreuses années cette approche échoue.

J’ai essayé de construire Le cinquième pouvoir comme un livre initiatique, beaucoup moins engagé que Le peuple des connecteurs. À chacun de prendre conscience que de nouvelles possibilités s’offrent à nous.

Faut vite que j’aille boire un coup avec Rachid…

PS1 : Internet n’a pas 0,5 % d’audience mais 100 %… C’est un fait que les Américains ont compris, que les Sud Coréen ont aussi compris… 100 % des journalistes sont sur internet. À partir de là, internet a la même audience que les autres médias, c’est une audience indirecte… mais c’est le propre d’internet de fonctionner viralement.

PS2 : Il faut arrêter de se focaliser sur les élections… l’essentiel se passe ailleurs… les élus ont de moins de moins en moins de pouvoir… le pouvoir est entre les mains des citoyens… ils ont le pouvoir de changer le monde et personne d’autre. Je n’ai pas changé d’avis depuis que j’ai écrit Le peuple des connecteurs. Même si le cinquième pouvoir réussissait à faire élire son candidat, ça ne changerait pas grand chose. Seul compte ce que nous faisons tous au quotidien pour que le monde aille mieux.

PS3 : Il y a piste de la révolution intéreure, de type Gorbatchev. Il y a la piste extérieure, déjà à l’œuvre et qui change déjà le monde plus qu’aucune politique ne l’a jamais fait (aplatissement économique… aucune politique n’a voulu ça à l’échelle mondiale et ça se produit pourtant… c’est un premier pas vers une déclaration Universelle d’interdépendance).

PS4 : Il y a toujours des gens en difficulté, il y en aura toujours d’ailleurs, nous devons tout faire pour inventer un système où il y en aura moins… un système qui permettra à l’espèce humaine de s’en tirer sur cette planète. Je crois que la solution passe par une nouvelle méthodologie politique. J’ai l’impression de travailler à la construction de ce nouveau monde en faisant ce que je fais. Bien plus que Rachid ne le croit. Sans Descartes, sans sa façon de raisonner, notre monde technologique n’existerait peut-être pas. La méthode est essentielle.

PS5 : On ne peut pas faire du neuf avec seulement les vieilles recettes. Il faut être novateur, ne pas essayer de recoller les bouts de notre système. La révolution intérieure ne peut faire que ça. Le mieux qu’elle pourrait faire serait donner de plus en plus de place à l’autre monde. Mais le fera-t-elle ? Acceptera-t-elle de se sacrifier pour l’intérêt général ? Si elle ne le fait pas, je crains le pire, je l’avoue… car de plus en plus de gens comprendront que ça ne peut pas durer comme ça. Les gens au fond de leur banlieue le comprennent instinctivement… il leur manque juste la vision de l’autre monde. C’est à nous de la leur donner.

PS6 : Que tout le monde se remettent à discuter… fasse de la politique au sens où l’entendaient les Grecs. Que dix personne se mettent à faire du porte-à-porte ne changera rien… si nous sommes des milliers à parler à dizaines de milliers… ça change tout… tous les habitants de cette foutue planète sont à notre portée…

PS7 : Le cinquième pouvoir n’est pas centralisé, n’a pas d’objectif unique… Il ne faut pas chercher à le lire comme une force politique traditionnelle qui a pour ambition d’emporter une victoire quelconque. La politique, c’est à chaque seconde. Je ne crois pas que nous puissions prouver par une expérience que le cinquième pouvoir existe. Pour moi, il existe quand je regarde quelques évènements politiques survenus durant ces dernières années. Il existera de plus en plus parce que nous sommes en train d’inventer des outils de collaboration de masse…

Chronologie du cinquième pouvoir

24 Sunday December 2006

Je voudrais revenir sur l’histoire de l’appellation « cinquième pouvoir » telle que je l’ai reconstituée, ce dont je ne parle pas du tout dans le livre (on ne cesse déjà de me poser cette question).

1645 Leveller John Lilburne évoque l’idée de séparation des pouvoirs (info fournie par Sekonda).

1649 L’acocat et orientaliste John Sadler écrit : « On peut soutenir que, par droit de nature, les pouvoirs législatifs, judiciaires et exécutifs doivent être dans les mains de différents sujets. »  (info fournie par Sekonda).

1748 Montesquieu publie De l’esprit des lois où il présente les trois pouvoirs indispensables dans toute démocratie : exécutif, législatif et juridique (petit rappel sur le blog The 5th power).

1787 Le politicien britanique Edmund Burke invente l’appellation quatrième pouvoir (fourth estate).

1841 Thomas Carlyle vulgarise le quatrième pouvoir dans Heros and Hero Worship in History.

1965 Création du magazine Fifth Estate, qui se veut un véritable contre-pouvoir par opposition au quatrième pouvoir, jugé trop proche des pouvoirs traditionnels.

1978 Lester Bowie sort l’album The 5th power.

1989 Marcel Germon publie Les secrets du cinquième pouvoir: Avec Bernard Brochand voyage au coeur de la publicité, de la finance et de la politique.

1992 Pierre Doré publie un livre de marketing intitulé Le cinquième pouvoir.

1999 Claude Mollard publie Le Cinquième Pouvoir. Culture et Etat de Malraux à Lang (référence trouvée par Thierry Maillet).

2002 Yannick Chatelain et Loïck Roche publient Hackers ! : Le 5e pouvoir : -Qui sont les pirates de l’Internet ? Sur la quatrième de couverture on peut lire « Les hackers forment-ils (après la religion, le droit, l’État et les médias), un 5e pouvoir menaçant pour les gouvernements, les entreprises et les particuliers ? » Nous ne sommes pas loin du cinquième pouvoir tel que je le définis, sauf qu’en cinq ans les hackers sont devenu tous les citoyens. Une sacrée évolution ! (ajouté le 1/3/2007 suite à un mail de Yannick)

2003 Dans Le Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet se demande s’il faut créer un cinquième pouvoir pour contrer celui de la presse qui est de moins en moins indépendant.

11/10/2003 Richard Greeman publie une réponse à Ignacio Ramonet où il explique qu’il n’est point nécessaire de créer le cinquième pouvoir puisqu’il existe déjà.

2004 Gaëlle Grognet publie un essai qui fait suite à l’article d’Ignacio Ramonet. Je viens juste de le découvrir et je l’ai pas encore lu mais il s’agit encore de rétablir un contre-pouvoir.

01/2006 Dans La Révolte du Pronétariat, Joël de Rosnay et Carlo Revelli évoquent le cinquième pouvoir, dans la lignée d’Ignacio Ramonet. Je ne relève pas alors l’expression. Même Carlo n’y pense pas quand je recherche un titre pour mon nouveau livre.

05/2006 Toujours dans cette lignée, Erick Jonquière publie un billet sur son blog.

07/2006 Je commence à travailler à mon nouveau livre, le sujet étant alors « en quoi internet bouleverse la politique », sous-titre resté sur la couverture finale.

04/08/2006 Ne trouvant pas de titre explicite, je publie un billet où je demande à mes lecteurs de chercher quelque chose.

04/08/2006 Le jour même, Erick Jonquière m’envoie un mail et me propose Le cinquième pouvoir. Ça fait immédiatement tilt. Tout de suite, le cinquième pouvoir prend corps, il n’est pas seulement un contre-pouvoir qui va prendre la suite du quatrième mais un nouveau pouvoir exécutif et législatif, il est le pouvoir primordial, celui du peuple. Il ne faut surtout pas le réduire aux blogs, même pas le réduire à internet, c’est un mouvement de fond qui correspond à la montée du désir de participation chez les citoyens. Il s’exprime aujourd’hui parce que la technologie va permettre son ascension. Ce jour-là, Driss Messaoudi publie un billet intitulé le cinquième pouvoir, encore un de ces hasards de plus en plus fréquents sur internet.

22/08/2006 Le cinquième pouvoir devient le titre officiel.

25/08/2006 Philippe Astor publie sur News.fr un article au sujet du cinquième pouvoir après avoir discuté avec moi.

13/09/2006 Évocation du cinquième pouvoir dans un article de Libération, là aussi après un interview avec moi.

08/12/2006 Couverture de L’Express, je ne suis pas consulté, l’appellation suivant sa nouvelle acceptation commence sa vie propre (les journalistes annoncent la sortie de mon livre).

12/12/2006 François Bayrou et Nicolas Sarkozy parlent du cinquième pouvoir lors du leweb3.

11/01/2007 Sortie de mon livre.

Lors du travail sur le titre, le cinquième pouvoir s’était déjà manifesté de lui-même, c’est un pouvoir de l’action, il ne faudrait pas le limiter à un contre-pouvoir, ce serait, surtout de la part des politiques, une erreur.

RDV au divan le 23 janvier

22 Friday December 2006

À l’occasion de la sortie de mon livre, pour remercier tous ceux qui ont participé aux discussions ici et ailleurs, j’organise un apéro le mardi 23 janvier entre 19 et 21 heures à la librairie Le Divan. Si vous pensez venir, laissez un petit commentaire… pour que nous ne manquions pas de champagne.

Librairie Le Divan, 203 rue de la Convention, 75015 Paris. Métro Convention.

Podcast avec Thierry Maillet

22 Friday December 2006

C’était aussi le 12 décembre, juste avant ma bafouille en anglais, ouf, c’est plus facille. Le blog de Thierry Maillet, ne manquez pas aussi son livre Génération participation. Filmé par Malo, éditeur de MM2editions et créateur de cluster21.com.

The long tail live

22 Friday December 2006


With my fabulous english… Vous voyez, je suis honnête : même quand je fais rire je ne cache rien. Faudra que je le refasse en français un de ces jours. Source vpod.tv

Jeu, set et match

21 Thursday December 2006

Le cinquième pouvoir est dans la boîte. Me reste à générer le PDF final et à l’envoyer à l’imprimeur. Merci à tous pour votre aide.